‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 97 sur 151 · I.NlOIiSK DU ÇOUDK · texte numérisé non relu

I.NlOIiSK DU ÇOUDK

lésions, on peut SQupçoiînier tics déchirures plus ou moins étend nos des parties molles, [.es expériences sur le cadavre, démontrent que le muscle brachial antérieur et la capsule fibreuse peuvent être rompus en avant. Leur partie flottante s'interpose quelquefois entre les surfaces articulaires.

Comme dans toutes les lésions du même genre, il faut d'abord réduire les parties déplacées. Dans ce but, on exerce une traction sur lavant-bras étendu, on le fait fléchir aussi complètement que possible. L'expérience cadavérique démontre que ce mouvement suffit pour dégager du milieu des surfaces articulaires les parties molles qui peuvent s'être insinuées entre elles ; l'expérience clinique en démontre aussi les avantages, ainsi que l'observation suivante en oifre un exemple.

XXVIIIe Observation.

Un jeune lioramt de seize ans tomba sur la main. A la suite de cette chute, l'avant-bras fut forcément étendu sut le bras. Je le vis cinq jouis après son accident; il éprouvait de très vives douleurs, et il ne pouvait ni étendre ni plier le' coude ; on ne reconnaissait aucune fracture ni aucune luxation. , l'étendis l'avant-bi as sur le bras, j'exerçai sur lui des tractions comme s'il se fût agi d'une luxation en arrière, je pliai ensuite forcément l'avant-bras sur le bras; des ce moment les douleurs se dissipèrent presejue entièrement, il le jeune homme put exécuter des mouvements assez étendus de flexion et d extension : il ne tarda pas à se rétablir parfaitement.

Après le mouvement de flexion comme préliminaire du traitement, l'immobilisation du coude ne doit jamais être négligée, si les douleurs et le gonflement font présumer la déchirure des parties molles. L'étendue des désordres de ce genre, que l'expérimentation cadavérique démontre à la suite de l'extension forcée, directe ou latérale, fait aisément comprendre combien le repos est nécessaire, soit pour prévenir et calmer l'inflammation, soit pour obtenir une cicatrisation régulière.

Lorsque, après une immobilité plus ou moins longue, tous les accidents aigus sont dissipés, il reste assez souvent de la roideur. On doit alors exercer de nouveau des tractions sur l' avant-bras et le plier à angle aigu. Cette pratique est depuis longtemps celle de M. Gensoul ; mais comme elle est insuffi-

santé pour rendre au coude sa mobilité perdue, il est utile de l'associer à l'usage de l'appareil de mouvement. On peut apprécier les effets de cette combinaison par l'observation suivante.

XXIXe Obsep.vation. — Ankylose incomplète suite d'une inflammation aiguë traumaliijue. Emploi de l'appareil de mouvement. Guérison.

Achille Mégemond, âgé île quinze ans et demi, d'une bonne constitution, nie fut amené le 5 juillet 1847. Il s'était fait un mois auparavant une luxation complète du coude droit qui avait été réduite immédiatement. Une inflammation intense s'était manifestée à la suite de cette luxation, et L'avant-bras avait été maintenu dans une complète immobilité. Voici l'état dans lequel il se trouvait lorsqu'il fut soumis à mon observation.

Le coude a 3 centimètres de circonférence de plus que celui du coté opposé. Le gonflement dont i! est le siège est dur et sans fluctuation. L'avant-bras, placé dans la position moyenne entre la pronation et la supination, est fléchi à angle droit sur le bras. Ce n'est qu'avec beaucoup d'efforts que l'on peut produire un mouvement obscur de flexion et d'extension dans l'articulation du coude; l'ankylosc parait presque complète.

Je diagnostique une ankylose fibreuse, suite d'une inflammation aiguë presque complètement éleinte. J'établis que le seul accident à craindre est la persistance de l'immobilité ; mais que cette ankylose deviendra de plus en plus solide si l'on abandonne le malade à lui-même.

Le 9 juillet, le jeune Mégemond entre dans la maison de santé de madame Moussier, où il est soumis au traitement suivant.

Le membre malade est placé dans l'appareil de mouvement trois ou quatre fois par jour. Des mouvements de flexion et d'extension sont imprimés à Pavant-bras à l'aide de cet appareil, et Ton ne larde pas à reconnaître que la mobilité se rétablit d'une manière sensible dans l'articulation. La flexion et l'extension, dans les limites que l'on peut atteindre sans occasionner beaucoup de douleur, sont alternativement produites et maintenues quelques instants à l'aide de la vis dépression qui fixe sur l'arc de cercle régulateur les tiges de fer auxquelles on attache l'avant-bras. Les résultats de ce traitement furent prompts et très satisfaisants. Non seulement les mouvements de la jointure se rétablissaient, mais encore l'engorgement des parties environnantes diminuait d'une manière notable.

Sept semaines après le début du traitement, la mobilité de l'articulation est telle que le malade peut faire le signe de la croix sans incliner la tête. Il peut aussi mettre et nouer sa cravate; en un mot, bien que les mouvements de Pavant-bras ne soient pas aussi ('tendus que ceux du côté gauche, ils sont suffisants déjà pour les usages les plus habituels du membre. Ils s'accomplissent sans douleur, bien qu'ils s'accompagnent quelquefois d'un craquement assez fort. I.es mouvements de pronatiton et de supination sont presque entièrement rétablis.

Malgré l'amélioration très sensible qui se remarquait alors, la guérison n'était pas complète; la circonférence du coude malade avait un centimètre de plus que celle du coude opposé, et les mouvements extrêmes de flexion

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