‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 98 sur 151 · FRACTURES DES OS DU COUDE · texte numérisé non relu

FRACTURES DES OS DU COUDE

et d'extension étaient impossibles. Il fallut encore deux mois et demi de l'usage de l'appareil de mouvement pour obtenir ce rétablissement complet; mais après ce temps, on ne pouvait remarquer aucune différence entre le

côté sain et le côté malade.

Depuis l'époque où cette observation a été publiée dans mon Mémoire sur /es appareils de mouvement, j'ai obtenu plusieurs résultats aussi favorables. Je eiterai, entre autres, l'exemple d'un enfant que nous avons soigné, M. Geasoul et moi, et cbez lequel mon honorable confrère commença le traitement, suivant la méthode que j'ai citée plus haut, par des tractions énergiques sur l'avant-bras, suivies immédiatement d'une flexion forcée. Quelques jours après l'opération, nous prescrivîmes l'usage de l'appareil de mouvement (fig. 65), que Jes parents emportèrent chez eux, et dont ils firent un usage assidu; le coude reprit une mobilité complète en quelques semaines.

Art. II. — Fractures des os du coude.

Parmi les fractures des os qui forment l'articulation du coude, les unes excluent, en quelque sorte, l'existence d'une luxation; les autres coexistent avec un déplacement permanent ou passager des os. Parmi les premières, la plus importante et la plus commune est la fracture transversale de l'extrémité inférieure de 1 humérus. Elle est ordinairement la suite, chez les enfants ou les vieillards, du renversement forcé du coude en arrière. Les autres sont la fracture oblique intracapsulaire de l'extrémité inférieure de l'humérus, celle de l'oléciàne et de la tète du radius par écrasement, enfin de l'apophyse coronoïde, par une pression d'arrière en avant de la poulie numérale.

A quelques exceptions près, dans lesquelles des causes directes brisent les os, toutes les lésions que nous venons denumérer sont le résultat de mouvements forcés et particulièrement de l'extension directe ou combinée avec l'adduction ou l'abduction. Voyez du reste, sur ce su)ct, le résumé des expériences que nous avons laites, M. Pommiès et moi (1).

(i) Traité des maladies des articulations, t. II, p. 588.

538 Til.U IKMliNT SPÉCIAL.

Celte influence des mouvements forcés dans la production

des fractures du coude démontre que pour les réduire1, il ne Faut pas se borner ù exercer les tractions et 'es pressions mie peuvent indiquer le chevauchement et les saillies anormales des os ; il faut leur donner une direction opposée à celle dont l'exagération a causé les accidents. Or l'extension étant, en général, la position dans laquelle s'est accomplie la solution de continuité, il faut, pour réduire les os, fléchir le coude et opérer la coaptation pendant qu'ils forment en avant un angle droit.

Les moyens de maintenir les fragments dans des rapports convenables sont ceux que nous avons exposés page 529 et suivantes; je ne les décrirai point de nouveau; il me suffira de faire remarquer que si des inflammations graves se manifestent souvent après des fractures du coude, il faut les attribuer à l'imperfection des appareils contentifs généralement employés. Tous ceux qui n'ont prise sur le membre que jusqu'au niveau de l'aisselle, qui laissent retomber le coude en arrière du tronc pendant que celui-ci donne un point d'appui a la partie antérieure du poignet, sont insuffisants: on ne doit se contenter que de ceux qui forment un tout solide du corps et du membre supérieur.

Grâce à ces derniers, il n'est pas de fracture, quelque compliquée qu'elle soit, dont on ne puisse espérer la guérison, surtout à l'aide de la double gouttière représentée figures 63 et 6&, page 531. A ma clinique, en 1852, j'ai donné des soins à un homme de trente-cinq ans, dont l'humérus, fracturé presque au niveau de l'articulation du coude, avait percé la peau dans une étendue de 3 centimètres. Les vives douleurs qu'il éprouvait cessèrent dès qu'il fut placé dans mon appareil, et pendant deux mois qu'il y resta, les pansements purent être renouvelés deux fois par jour, sans qu'on lui fit subir le moindre mouvement; il put se lever dès le quinzième jour, et, grâce à l'appareil de mouvement employé pendant le troisième et le quatrième mois, il recouvra la moitié des mouvements normaux du coude.

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