MALADIE DE PARKINSON
si spéciale à l'ensemble du corps, au tronc et aux membres, et produit ce fades parkinsonnien si particulier.
Tous ces symptômes progressent lentement, deviennent chroniques, durent dix, quinze, trente ans; car, l'affection ne menace pas directement la vie. La démence se montre à la période terminale avec son cortège habituel.
Certains auteurs ont décrit un état mental qui serait particulier aux parkinsonniens. En réalité, une légère dépression vient atteindre ces malheureux, comme presque tous les malades chroniques. Les cas de vésanie, qu'on a observés, ont très probablement éclaté chez des prédisposés mentaux.
D'une part, la prédisposition et la maladie de Parkinson, d'autre part, agissant sur le cerveau, peuvent causer des troubles psychiques qui n'ont d'ailleurs rien de particulier.
B. Traitement. — Les divers traitements employés contre la paralysie agitante, ont été aussi nombreux qu'infructueux. On a bien signalé des cas de guérison avec le soiis-carhonaie de fer (Elliotson), avec Viodure de potassium , chez des malades non syphilitiques (Axenfeld, Villemin, Hardy); mais, ces médicaments ne sont pas capables de guérir; à peine peuvent-ils apporter quelque soulagement.
Des médicaments dangereux ont été administrés -. la strychnine, Vergot de seigle, la picrotoxine, le chlorure de baryum. Loin de guérir, ils aggravent le mal.
Uopium (Gowers), la belladone, la fève de Calabar (Ogle) n'ont donné aucun résultat.
Le chloral, essayé par Althaus, n'a pas même amélioré les symptômes.
Il serait trop long d'énumcrer tous les médicaments dangereux, indifférents ou d'efficacité nulle.
Faute de traitement pharmaceutique efficace contre la maladie, on aui^a recours aux moyens hygiéniques, physiques et psychiques.
Les moyens physiques, V hydrothérapie, l'électricité, le
massage seront conseillés. Leur but est d'améliorer l'état général, de relever la nutrition, de produire la sédalion du système nerveux, de procurer un calme relatif.
La maladie de Parkinson est surtout pénible par deux symptômes : tremblement et raideur musculaire. En les soignant, en les atténuant, on soulage les malades. Les efforts du médecin sei'ont dirigés dans ce sens,
a) Contre le tremblement. — Moins gênant peut-être que la raideur musculaire, le tremblement peut être combattu par Vhyosciamine, Vhyoscine et la duhoisîne.
L'hyoscîamine, à la dose de 1/2 milligramme à 1 milligramme, on granules, de deux à quatre fois par jour, a agi sur les phénomènes moteurs et modifié le tremblement. Charcot et Oulmont en ont obtenu quelques résultats. On peut prescrire l'hyosciamine en pilules ou en injections hypodermiques. 11 est nécessaire d'interrompre fréquemment la médication, parce que des phénomènes graves pourraient survenir. Au bout de dix jours, on doit suspendre la médication, laisser reposer les sujets et recommencer au bout d'une semaine.
L'hyoscine, à la dose de 1/4 de milligramme à 1/2 milligramme, produit des modifications analogues dans la sphère motrice. Les mêmes remarques que nous avons faites pour l'hyosciamine s'ajjpliquent pour l'administration de l'hyoscine.
La duboisine possède une action identique sur le tremblement parkinsonnien. Le sulfate neutre de duboisine est le plus maniable des sels de duboisine. Francotte a observé les bons effets de ce médicament, mais ils sont peu durables. Le tremblement reprend sa première intensité au bout de quelques jours.
Pourtant, quand on l'emploie prudemment, en surveillant le malade, la duboisine peut calmer. Il faut la prescrire sous forme de granules de 1/2 milligramme, jusqu'à 5 et 6 granules par jour, progressivement, ou bien en injections hypodermiques, à la dose de 1/4 de milligramme.