TRAITEMENT DES ATTAQUES
faire une chute ; il faut le préserver de toute contusion. Les uns conseillent de le maintenir par les poignets ou les chevilles. Georget faisait mettre des draps plies en alèzes au niveau de l'ombilic pour entraver les mouvements ; un autre drap maintenait les" membres inférieurs. Ce moyen de contention est encore adopté à la Salpêtrière. Nous n'en sommes pas très partisans. Dans les grandes attaques d'hystérie, le sujet sera mis, sans aucune entrave, sur des matelas placés à terre, et, pour peu qu'on surveille ses mouvements, aucun accident n'est possible.
Certains médecins cherchent à arrêter l'attaque par la compression d'une zone frénatrice. Si c'est tout à fait au début de , l'accès, on peut intervenir; mais, l'observation journalière 1 démontre que lorsque l'attaque est en plein développement, ' la compression de la zone frénatrice n'arrive pas toujours à l'arrêter, et souvent, alors, dans la même journée, de nouvelles attaques surviennent, ou, ce qui est pire, des équivalents psychiques sous forme de délire, d'agitation, d'hallucinations.
Au cas où des spasmes de la glotte mettraient en danger la vie du malade, la compression de la zone frénatrice s'im- {A poserait. Voici, d'après Charcot (1), la façon de procéder : « Le médecin, ayant un genou en terre, plonge le poing fermé dans celle des fosses iliaques que l'observation antérieure lui aura démontré être le siège habituel de la douleur ovarienne. Tout d'abord, il lui faut faire appel à toute sa force, afin de vaincre la rigidité des muscles de l'abdomen. Mais dès que, celle-ci une fois vaincue, la main perçoit la résistance offerte par le détroit supérieur du bassin, la scène change et la résolution des phénomènes conv.ulsifs commence èi se produire. Des mouvements de déglutition plus ou moins j nombreux ne tardent guère à se manifester; la conscience, alors, presque aussitôt se réveille. »
Divers médicaments ont été préconisés pour arrêter l'at-
(1) Cliarcol, Leçons sur les maladies du système nerveux, 1872-73 t. I, p. 292. '
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taque : les inhalations d élher, par exemple, sont de pratique courante; mais^ l'agitation qui suit est souvent plus redoutable ; de plus,réther étant un médicament auquel les malades s'habituent rapidement, il faut bien se garder d'en abuser.
La morphine, en injections sous-cutanées, est ici un mauvais médicament. Elle réussit à arrêter la crise, mais, comme on est forcé d'y revenir, on risque de rendre le sujet morphinique.
Le chloroforme, à doses fractionnées, peut suffire quelquefois. Nous le préférons aux autres médicaments, parce que ses inconvénients sont moindres. Le nilrile d'amyle, le bromure d'élhyle ont donné quelques résultats.
h'état de mal comateux et le sommeil léthargique durent souvent plusieurs jours et, parfois, bien plus longtemps encore. Le mieux est alors de provoquer, si c'est possible, une attaque convulsive par la compression d'une zone spasmogène. Après l'attaque, le malade se réveille et reprend sa vie habituelle. 11 faut surveiller la fin de l'attaque; c'est le moment des contractures et des paralysies. Il arrive que le sujet ne peut sortir de l'état de mal; il faut alors le nourrir à l'aide de la sonde œsophagienne, donner des lavements purgatifs, et faire tout le nécessaire pour empêcher l'affaiblissement.
Dans Vétat de mal délirant, l'isolement et l'alitement peuvent seuls correspondre aux nécessités de la situation.
Nous avons souvent prescrit l'alitement et l'isolement dans les cas d'attaques hystériques et nous en avons été très satisfaits. Nous pourrions rapporter plusieurs observations ; nous nous bornerons à la suivante.
M... est une jeune iille de dix-neuf ans, née de parents névropathes : son père est un alcoolique hypocondriaque, sa mère une neurasthénique. Depuis l'âge de treize ans, la jeune fille a des attaques, qui, rares au début, sont devenues très fréquentes dans ces temps derniers. Les crises étaient toujours