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TRAITEMENT MORAL

lion et de la mélancolie, les perturbations psychiques paroxystiques coïncident avec les attaques; elles les précèdent, les remplacent ou les suivent. Il faut rappeler, enfin, que tous les travaux publiés en ces dernières années établissent combien est relativement fréquente, chez l'homme, cette névrose, attribuée autrefois exclusivement à la femme.

B. Traitement de l'hystérie. — L'hystérie étant avant tout une affection psychique, c'est au traitement psychique qu'il faut s'adresser pour obtenir un résultat. Les manifestations locales, les troubles de la sensibilité, les paroxysmes se modifient par le traitement moral ; ces symptômes sont une sorte d'extériorisation physique de la névrose ; en les attaquant on peut, indirectement, modifier l'état psychique du malade. Les méthodes empiriques, qui s'adressaient à ces symptômes, produisaient parfois de bons résultats. Mais il ne faut pas se borner au seul traitement psychique.

L Traitement moral. — Tout ce que nous avons dit, au chapitre spécial du traitement moral, trouve son application dans le traitement de l'hystérie.

Le médecin, par son attitude, peut acquérir la confiance du malade et une autorité suffisante pour diriger le traitement.

Parmi les moyens moraux qui agissent efficacement sur l'hystérie, Visolement tient la première place. Charcot en faisait la base de son traitement curatif; Déjerine l'applique, dans son service de la Salpêtrière, avec grand succès.

L'isolement ne doit pas être fictif comme il l'est dans une maison de campagne; il doit être complet ; le résultat en dépend. Les parents s'y opposent fréquemment, et le malade presque toujours. Le médecin expliquera à la famille la nécessité de ce mode de traitement et usera de son autorité pour l'imposer aux sujets.

Nous avons déjà assez longuement parlé de l'isolement pour qu'il nous soit permis d'être brefs ici. L'efficacité de

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l'isolement se fait sentir très rapidement chez les hystériques; le jour même de leur entrée, le calme tend à se produire. Chez quelques malades agités, l'isolement agit au bout de deux à trois jours. L'action si souvent fâcheuse que l'entourage exerce sur ces malades venant à disparaître, l'hystérique se sent dominé par l'autorité du médecin; il comprend que ses caprices ne seront plus écoulés et c'est le premier pas vers la guérison. Certains hystériques se révoltent, les premiers jours ; la fermeté du médecin parvient à la calmer.

A l'isolement, il faut souvent associer Valilemenl. Dans le cas de petite hystérie, ainsi que dans les cas de paralysie, de contracture et d'autres troubles d'apparence grave, l'alitement combiné avec l'isolement réussit très bien, comme nous l'avons déjà démontré (1).

Hypnotisme. — Nous avons dit, ailleurs, notre pensée sur l'hypnotisme, qui peut être dangereux, surtout chez ceux dont aucune manifestation grave ne trouble la vie. Il ne guérit pas souvent d'une façon durable. Là, où tout autre traitement a échoué, lorsqu'on ne craint pas d'augmenter les paroxysmes et autres troubles, ce moyen peut être tenté. On ne saurait apporter trop de circonspection dans l'emploi des pratiques d'hypnotisme.

II. Traitement physique et mécanique. — h' hydrothérapie vient en tête des moyens physiques et convient presque à tous les cas, quand on sait la graduer. Mais, c'est un élément complexe, qu'on ne peut employer de la même manière, invariablement chez tous les hystériques. Les considérations que nous avons énoncées au chapitre d'hydrothérapie s'adaptent également à l'hystérie. Au lieu de prescrire, sans étude préalable, « des douches en jet brisé », il faut tâter d'abord le terrain^ vérifier la susceptibilité.

Si l'eau froide, méthodiquement employée, rend des ser-

(1) Paul Garnier el P. Cololian, L'alitement dans les maladies mentales et nerveuses [Gaz. des IIôp., 1900).

vices, prescrite à l'aventure elle peut exciter le malade et provoquer des crises. Les procédés dits antispasmodiques, douches et bains chauds, pourront, dans certains cas, réussir à combattre l'agitation.

L'hydrothérapie froide s'adresse plutôt à la maladie même, à l'hystérie qu'aux symptômes, de sorte que ses applications varient suivant l'individu. Le doucheur aura, cependant, la précaution de ne pas diriger le jet direct ou brisé sur les organes ou zones hystérogènes, afin d'éviter une' crise.

La douche écossaise est indiquée quand l'hystérique est en même temps rhumatisant, ce qui n'est pas rare (diathèse neuro-arthritique).

Les autres modes d'hydrothérapie trouvent aussi leur emploi. Le drap mouillé sera essayé en l'absence d'appareil hydrothérapique.

Uélëctricité, sous toutes ses formes, a été fréquemment usitée dans l'hystérie. Elle donne des résultats plus ou moins satisfaisants contre les symptômes ; mais, sur la maladie même, elle ne paraît pas avoir d'action directe ; la mise en œuvre agit plus sur l'esprit du malade que le courant électrique.

Le massage rend des services quand le malade alité a besoin d'une stimulation musculaire, ou quand le ralentissement des échanges démontre l'état précaire de la nutrition générale. Par son action mécanique, c'est un adjuvant utile dans le traitement général.

IIL Traitement pharmaceutique. — Charcot, dont le nom est désormais intimement attaché à l'histoire de l'hystérie, disait qu'il n'existe pas de traitement médicamenteux de cette névrose. Les drogu-es ne sont en effet que d'une utilité très secondaire; on les prescrit dans le seul but de combattre les symptômes les plus gênants. Ainsi, le hromiire Paul Gaknieu et Cololian. 24

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de potassium a de l'effet contre l'éréthisme cortical, l'agitation motrice, l'anxiété précordiale, Tinsomnie, etc. On l'ordonne aussi contre les attaques, mais il ne les modifie guère. La valériane est utile contre les mêmes symptômes; elle est surtout administrée sous forme de valérianate d'ammoniaque.

La médication tonique {fer, arsenic, quinquina, amers) est indiquée pour relever les forces et combattre l'anémie.

Les pilules de mie de pain, le hleu de méthylène, constituent la médecine d'imagination et agissent quelquefois, comme agissent aussi certains pèlerinages inspirés par une foi ardente, par cette foi qui guérit, dont parlait Charcol.

Nous ne citons le traitement chirurgical de l'hystérie que pour montrer jusqu'où va, parfois, l'imagination fantaisiste de certains chirurgiens.

C. Traitement des manifestations hystériques. — Par le fait même qu'on soigne un hystérique méthodiquement, les manifestations diverses qu'il présente sont du même coup traitées. Mais, en pratique, la famille, le malade lui-même, réclament des soins pour chaque symptôme.

Parmi ces symptômes, les attaques tiennent la première place, et l'on est souvent appelé, en ville, pour donner des soins à un hystérique en pleine crise.

L Traitement des attaques. — Après avoir vérifié le diagnostic, on écartera les personnes dont la présence est encombrante. Parfois, le seul éloignement de l'entourage suffit pour calmer la crise. Une ou deux personnes de sangfroid peuvent rester, pour prêter aide en cas de besoin.

Le calme du médecin, qui ne paraît pas s'émouvoir de tout ce désordre plus ou moins dramatique, produit le même résultat d'apaisement.

Si l'attaque est de moyenne intensité, l'intervention n'est pas nécessaire. Si la crise est forte, les convulsions intenses, on doit agir. Par ses mouvements, le malade peut se blesser,

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