‹ Traité de thérapeutique des maladies mentales et nerveusesChapitre 65 sur 86 · TRAITEMENT MORAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT MORAL

niques profilent de l'isolement. Entouré de sa famille, de ses amis, le sujet reste exposé aux causes qui ont favorisé l'épuisement nerveux. Dans ces conditions, il ne peut guérir que très lentement.

En l'isolant, quelque temps, loin de ces tendresses familiales qui vont si souvent contre le but, en le plaçant sous la direction d'un médecin compétent, la guérison est prompte et sûre.

L'isolement, avec le consentement du malade, auquel on en explique les avantages, peut se faire à la campagne, chez des étrangers, ou dans une maison d'hydrothérapie. Pour qu'il soit efficace, le neurasthénique ne devra pas être en rapport avec sa famille; il faudra surtout qu'il n'écrive pas, ne reçoive pas de lettres. Une ou deux courtes visites par semaine seront autorisées dans la suite, mais non au début. On a également conseillé les voyages: ils sont, le plus souvent nuisibles, parce qu'ils ne reposent pas, mais agitent. Ils ne peuvent être efficaces que pendant la période de convalescence.

Pour isoler le malade, on peut encore prescrire le séjour à la campagne, surtout dans les montagnes, pourvu que le site soit agréable et l'air non excitant. Le séjour au bord de la mer n'est généralement pas propice. Quelques plages très ;ibritées peuvent seules n'avoir pas d'inconvénients sérieux.

Le but de l'isolement étant d'écarter de l'esprit du malade toutes les causes de fatigue, les endroits mondains, les plages, les stations fréquentées ne peuvent convenir. Il faut choisir un lieu tranquille.

1 ravâil. — Un malade devenu neurasthénique à la suite de peines morales, peut bénéficier de la distraction procurée par un traviiil peu absorbant. Tous les jours, à heure fixe, il s'appliquera à une étude, non fatigante, un peu attrayante, et autant que possible ne nécessitant pas le moindre elTort intellectuel.

La durée doit en être réglée : une heure, les premiers temps, puis, deux heures. Le moment a aussi son impor-

■lli TRAITEMENT DE LA NEURASTHÉNIE.

tance : on choisira, de préférence, la matinée ou l'après-midi ; il vaut mieux ne pas conseiller les lectures dans la soirée, non seulement pour les malades excitables, mais aussi pour tous les neurasthéniques en général.

Le choix des lectures est assez difficile : le médecin le guidera, car il doit connaître le degré d'instruction, d'éducation du malade, son intelligence, son caractère et ses goûts.

Nous préférons les occupations les moins absorbantes, la photographie, le dessin, les arts, etc.

Promenades. — Les neurasthéniques, chez lesquels l'asthénie neuro-musculaire est peu accentuée, profileront des beaux jours pour faire de courtes promenades. S'ils se fatiguent vite, ils se reposeront au grand air pendant une ou deux heures, sans marcher. Pendant la convalescence, la promenade est nécessaire; il est bon, pourtant, d'en varier le but, afin de la rendre plus distrayante.

II. Traitement physique. — Parmi les agents physiques, Vhijdrolhèrapie vient en première ligne : elle rend des services réels, et, associée au traitement moral, peut suffire pour guérir un neurasthénique. Malheureusement, on se préoccupe trop peu, en général, d'en varier, et, si l'on peut ainsi dire, d'en doser les elTels, suivant le degré de la maladie et le tempérament du sujet. L'eau froide produit de bons résultats, mais les inconvénients en sont nombreux, si l'on ne surveille pas son action minutieusement.

Beni-Barde et Materne ont protesté contre ces applications de l'hydrothérapie, distribuées aveuglément dans toutes les formes de la neurasthénie. Bottey dit en parlant de l'hydrothérapie dans la neurasthénie : « Cette médication doit toujours avoir pour objectif une certaine modération au point de vue de l'application du procédé. Non seulement la durée des opérations doit être toujours dans des limites très courtes, mais il faut savoir aussi que, dans beaucoup de cas, les procédés faibles réussissent souvent mieux, et que, dans

bien des circonstances, les moyens trop énergiques ont aggravé la maladie. »

L'hydrothérapie douce, atténuée dans son action, réussit mieux que la douche stimulante, violente, agressive.

Plusieurs méthodes d'hydrothérapie ont été indiquées. Le bain tiède de 33" convient aux neurasthéniques excités, ayant dè Fangoisse, de l'insomnie. Le bain doit être de courte durée, et administré, le soir, avant le dîner, pour produire une sédation générale et faciliter le sommeil.

Les douches tièdes sont également favorables.

Pour tonifier les centres nerveux, sans exciter trop violemment les nerfs périphériques, on emploie le clvcip mouillé.

Le drap mouillé, comme succédané de la douche froide, est tonique et convient presque à tous les neurasthéniques. On prend un drap de toile assez rude que l'on imbibe d'eau à 25",. et que l'on tord ensuite. Le drap, ainsi mouillé, est rapidement mis au contact de la peau; une friction l'applique sur toutes les parties du corps. Le drap, au lieu d'être tordu, peut rester tout ruisselant. La température de l'eau sera diminuée tous les jours.

Les lotions froides dans le tuh^ préparent à la douche et constituent un moyen de traitement.

Les douches froides ne conviennent pas à tous, surtout au début de l'alTection. Quand on les emploie, il faut préférer la douche courte, de six à huit secondes et à très faible pression.

Le jet sera brisé et frappera d'abord les pieds, puis les mollets, le dos, sans atteindre la nuque et la tête. La poiti-ine sera très légèrement aspergée. En terminant, le jet viendra fouetter les pieds,

f-a douche écossaise est bien acceptée par les malades.

A. Robin conseille une méthode qui associe l'eau tiède à l'eau froide : « Le doucheur aura à sa disposition de l'eau tiède à SÔ^-SS», et de l'eau froide à 12»- 15" ; il prend d'abord l'eau tiède, brise son jet avec le doigt, ou mieux encore avec

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