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POTASSE

La Potasse pure ( Potassa ) ( hydrate de pro- ;yle de potassium) , Potasse à l’alcool , est ide, d’une couleur blanche, sa saveur est e et extrêmement caustique ; appliquée sur doigts , elle les rend gras et comme savonix j elle verdit fortement le sirop de violette, rétablit la couleur bleue de l’infusum de toursol rougi par les acides. ,

Dans la plupart des officines , on n’a pas de lasse parfaitement pure , elle est ordinairent un peu carbonalée , et renferme du sulfate le l’hydro-clilorate de Potasse, de la silice et peu d’oxyde de fer.

quelques pharmaciens la moulent en cylindres nme le nitrate d’argent fondu ; ce qui en rend sage très-commode en chirurgie ; d’autres lui ment la forme de gouttes. Cette préparation ■te le nom de pierre à cautère ; sous le même u se trouve encore la Potasse à la chaux, qui st autre chose qu’un mélange de potasse à Icool avec 1/24 de chaux.

Ce n’est guères qu’à l’extérieur que l’on em- )ie la Potasse caustique , et c’est presque exisivement pour ouvrir des cautères.

Cinq parties de Potasse et six de chaux-vive (urées dans un mortier de fer chaud et conseres à l’état pulvérulent, forment un caustique rl énergique. Ce mélange est connu chez nous us le nom de caustique de Vienne. Pour mployer, on délaye cette poudre avec de l’alol ou de l’eau de Cologne, cl l’on fait ainsi un articr assez ferme qui est d’unè extrême causale, et qui a l’avantage de ne . pas fuser. Ilennau (Revue médicale, 1853, loin. 1, 212) l’employait pour appliquer des cautères, lui suffisait , pour escharnfier le derme , de sser le caustique appliqué pendant six ou dix iUütcs. Nous avions souvent répété celle expé-

rience , el , dans notre hôpital ainsi que dans notre pratique particulière, nous avions l’habitude d’ouvrir les fonticuIes.de celle manière; l’idée nous vint alors d’appliquer ce moyen héroïque au traitement des tumeurs cancéreuses peu profondes , et notamment à celles du sein , et nous avons publié à ce sujet un travail dans le Journal des connaissances mêdico-chirurcji cales (décembre 1855). Une pâle caustique employée dans les mêmes cas, dans laquelle la chaux , la Potasse et l’opium sont associés , a été indiquée dans la Pharmacopée universelle de Jourdan , tom. ii , p. 317.

M. Levra-Perotlon a conseillé la Potasse caustique dans le traitement de l’ongle incarné, pour réprimer les chairs fongueuses (Transact.mëd., t. xi, p. 41). M. Solera l’emploie sous forme de cylindre , qu’il recouvre d’uu vernis de gomme laque , dans le traitement des fistules lacrymales, du plérygion , du trichiasis , des ulcères de mauvaise nature, delà grenouillette , des rélrécissemenls du rectum , des ulcérations du col utérin , et pour perforer la membrane du tympan (Bulletin des sciences méd., de Fértissac , tom. XX , p. 536). Sans partager l’enthousiasme exclusif de AI. Soléra pour ce caustique , nous reconnaissons volontiers que , employé suivant sa méthode, et avec les petites précautions qu'il recommande , il rend à la thérapeutique chirurgicale des services très-grands. ,

Nous parlerons plus tard de l’usage que l’on en a fait pour ouvrir certaines tumeurs , pour produire des adhérences entre des (issus seulement juxla-posés.

Gimbernal l’employait en collyre à la dose de un à deux grains par once d’eau distillée pour faire dispraître les taies de la cornée. Saviard , Cohue, l’unissaient soit au camphre, soit à l’alcool , et la dissolvaient dans l’eau pour exciter les ulcères indolents.

En bains généraux , elle a été conseillée par Anlheaume de Tours dans le traitement du tétanos. Ce chirurgien en mettait de une à quatre onces dans un grand bain , el y plongeait le tétanique jusqu’à ce qu’il survînt un peu de résolution; il recommençait ainsi plusieurs fois parjour, jusqu’à ce que le spasme eût entièrement cédé ; dans sa thèse inaugurale (Thèses delà Faculté de médecine de Parts) , il rapporte un certain nombre d’observations qui semblent assez concluantes.

Nous-mêmes avons souvent employé des bains semblables dans le traitement de certaines dar-

EXCITANTS LOCAUX

très et surtout des affections vésiculeuses qui s’accompagnent de fortes démangaisons , mais nous ne mettons jamais plus d’une ou deux onces de Potasse caustique dans un grand bain. Nous préférons même le plus ordinairement les souscarbonates de soude ou de Potasse que nous prescrivons alors à une dose double ou triple.

A l’intérieur , la Potasse caustique n’est jamais donnée que dissoute dans une grande quantité d’eau dans le but de neutraliser les acides qui se produisaient dans l’estomac ou de provoquer la diurèse.

Quant au sous-carbonate de Potasse, qui n’agit véritablement que par l’excès d’alcali qu’il contient, ses propriétés sont exactement les mêmes que celles de la Potasse , à cela près pourtant qu’il ne peut être employé extérieurement que comme excitant local et non comme caustique. Mais dans tous les cas où l’on emploie la Potasse autrement que comme moyen escbarrificateur , il vaut beaucoup mieux recourir au sous-carbonate de potasse. Ainsi les bains alcalins, les lotions , les injections vaginales , les pommades , seront composés avec le sous-carbonate de Potasse et non avec la Potasse pure. Ces médications topiques sont surtout utiles , ainsi que nous l’avons dit plus haut, dans les affections accompagnées de prurit.

Doses.

Potasse-caustique, pour un bain général, une à deux onces.

Sous-carbonate de Potasse : pour un bain général deux à quatre onces. Pour lotion sur la peau , un à deux gros pour une once d’eau. Pour injections vaginales , pour lotion de la vulve et du gland , un gros pour huit à douze onces d’eau.

Nous devrions parler ici des propriétés thérapeutiques des carbonates de potasse administrés à l’intérieur, mais comme leur action ne diffère en rien de celle des carbonates de soude , nous renverrons nos lecteurs au chapitre suivant afin d’éviter des répétitions inutiles.

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