CHAUX
La Chaux ( Calx), chaux vive, protoxyde de calcium , est toujours un produit de l’art ; on l’extrait du sous-carbonate de chaux par une forte calcination.
La Cbaux est en masses blanches ou d’un blanc grisâtre, d’une- saveur chaude, âcre, alcaline ; elle verdit fortement le sirop de violette et rougit la teinture de curcuma. Exposée à l’air , elle absorbe en se délitant l’eau et l’acide carbonique, acquiert plus de blancheur et de légèreté , et repasse à l’état de sous-carbonate de chaux ou de chaux éteinte à l’air. Jetée dans
l’eau , elle en solidifie 51 0/0 de son propre poids en dégageant beaucoup de chaleur, et se réduit en poudre blanche à laquelle on a donné le nom d'hydrate de Chaux. Cet hydrate e4 soluble dans 450 parties d’eau et forme l’eau rie chaux ( Mèrat et De Lens , Diclionn. , tome 2
La Chaux est causlique au même titre que la potasse et la soude. Il est rare pourtant qu’on l’emploie seule pour remplir celte indication. Associée à parties égales de savon médicinal, elle servait jadis à escharrifîer des verrues , des fongosités, et à mondifier la surface de certaines plaies carcinomateuses , et à détruire quelques tumeurs superficielles {Ancien journal de médecine, t. 80, p. 509 ). Nous avons dit plus haut en traitant de la potasse , comment , sous le nom de caustique de Vienne , on avait fait une poudre extrêmement énergique en mélangeant 6 parties de Chaux vive et 5 de potasse; comment la thérapeutique chirurgicale pouvait tirer également un utile parti de la pâte d’Else faite avec l’opium , la potasse et la Chaux,
Cet alcali fait la base de la plupart des pommades épilaloires , de celle entre autres qu’emploient les frères Mahon pour faire tomber les cheveux dans la teigne; pommade qui est en même temps curatrice; des poudres dépilatoires en l’associant à l’orpiment , mélange qui n’est pas sans danger, et cause des accidenis terribles , lorsqu’on en fait usage pour enlever les poils qui reposent sur des surfaces ulcérées.
Hufeland a employé contre la teigne un mélange départies égales d’huile d’olives et de Chaux ( J. de Leroux , t. XVI, p. 128 ). Ce liniment réussit encore bien dans le traitement des engelures , et des dartres qui s’accompagnent de violentes démangeaisons.
L’eau de Chaux ( Aquacalcis ) est , ainsi que nous l’avons dit, une solution saturée de protoxyde de calcium dans l’eau. Elle ne contient qu’un grain de Chaux par once. Elle a une saveur alcaline et mineuse très-prononcée. Exposée à l’air libre , elle absorbe l’acide carbonique de l’air et se couvre d’une petite pellicule blanche qui n’est autre chose qu’un carbonate.
A l’extérieur , l’eau de Chaux est employée aux mêmes usages que les solutions faibles de souscarbonate de soude , de potasse; toutefois on ne peut lui refuser une grande puissance pour hâter la cicatrisation des vieux ulcères atoniquesde la peau , et pour calmer les démangeaisons de la peau et des parties génitales : en gargarisme elle
AMMONIAQUE
a utile quand les gencives sont molles , fongueu- ;s , et que la membrane muqueuse qui tapisse voile du palais et les amygdales, est le siège ‘une phlegmasie ancienne et peu intense.
A l'intérieur , elle s’emploie comme la soude et potasse chez les personnes qui ont des digesons pénibles avec tendance à l’acescence : louïfois il faut faire celte importante distinction : uand les troubles digestifs s’accompagnent de arrhée, ce qui surtout est très-commun chez s enfants , l’eau de Chaux est de beaucoup prérable aux carbonates de soude et de potasse , ir son emploi constipe plutôt qu’il ne relâche , c’est le contraire pour les deux sels alcalins >nt nous venons de parler. Quand au contraire maladie de l’estomac s’accompagne de tendance la constipation , il faut préférer la soude et la dasse.
Quelle qu’ait été la célébrité litliontri ptique de au de Chaux , il est évident qu’elle ne peut être ile, dans ce sens , que si les graviers et les calls sont spécialement formés d’acide urique ; ndis qu’elle augmente le mal dans le cas coudre.
Dans les diarrhées chroniques, dans celles qui mnent à l’existence d’ulcérations dans l’intestin êle et principalement dans le gros intestin , au de Chaux prise en boisson ou en lavement a * conseillée jadis, et préconisée de nouveau r Bretonneau de Tours , dans les diarrhées qui lardent la convalescence des dothinenlériques des dysentériques. Dans la dolhinenlerie Brenneau donne ordinairement l’eau de Chaux à la se de 2 à 4 onces par jour coupée avec du lait aud{et sucré; dans la dysenterie, il l’emploie la même manière ; mais en même temps il fait, îtin et soir, donner un lavement entier dans (uel il fait entrer 4 ou 6 onces d’eau de Chaux
0 ou 4 gouttes de laudanum de Rousseau.
Mongenot a encore employé avec succès cone la coqueluche un mélange d’eau de Chaux et
lait à parties égales ( Jour, cjêrièr. (Je médene, t. 44 , p. 290).
Des carbonates de Chaux, le sous-carbonate
1 seul employé. 11 fait la base de préparations tes absorbantes , dont les plus renommées sont poudre d’yeux d’écrevisses , les magistères de rail , de nacre de perles.
Les yeux d’écrevisses ne sont autre chose e des concrétions calcaires que l’on trouvedans stomac des écrevisses ( Cancer astacus). On i sophistique aujourd’hui avec du carbonate de taux que l’on associe à un peu de phosphate de
Chaux et de magnésie , et que l’on unit à l’aide de la gélatine. Sophistiquée ou non , la poudre d’yeux d’écrevisses a les mêmes propriétés. Elle est fort efficace dans les vomissements et les diarrhées des jeunes enfants , et chez les adultes elle rend encore d’utiles services lorsque 1 estomac sécrète un grande quantité d’acide et que la diarrhée accompagne celle mauvaise disposition du ventricule. La poudre d’yeux d’écrevisses se donne chez les enfants à la mamelle à la dose de 10 et 12 grains par jour ; à l’âge adulte , la dose est ordinairement d’un gros à chaque repas.
Le phosphate de Chaux esl un sel insoluble blanc, pulvérulent , insipide. 11 constitue presque en entier la corne de cerf calcinée qui entre dans la composition de la décoction blanche de Sydenham. Le phosphate de Chaux se donne aux mêmes doses et jouit des mêmes propriétés que le sous-carbonate.
AMMONIAQUE
L’Amsioxiaque liquide ( Alcali volatil, alcali volatil fluor , esprit de sel Ammoniac ) , n’est autre chose qu’une dissolution plus ou moins saturée de gaz Ammoniac dans l’eau ; elle est incolore , transparente, fortement alcaline , et a une odeur extrêmement pénétrante. — C’est un poison irritant des plus violents. Nous traiterons d’abord de son emploi comme irritant , et nous indiquerons ensuite sommairement les usages internes auxquels on l’a employé.