NITRATE D'ARGENT
Comme vermifuge , il est employé de la môme anièrc ( Fodéré Mèd. leg., tom. 4 , p. 163). Enfin c'est à celte médication (pie nous avons i quelquefois recours dans des cas d’entérite et irtout de coliques chroniques , alors que nous vions épuisé toutes les ressources de l’art. Quant à son action sur le système nerveux, iclion tout à fait indépendante de ses propriétés citantes), elle ne saurait être contestée, à «oins de révoquer en doute la véracité d’une ultilude de praticiens recommandables.
De tous les médicaments employés contre l’élepsie , le Nitrate d’argent est celui qui a réuni plus de faits observés par des praticiens éclairés.
■ n’est pas à dire pour cela que l’on ait guéri, r ce moyen , même la vingtième partie des ileptiques traités; mais enfin on en a guéri plus «e par toute autre méthode. Comme les doses, ms ce cas, doivent être considérables, on ■mmence par un huitième de grain soir et « tin, et l’on va progressivement jusqu’à 10 ,
1 et même 16 grains dans les vingt- quatre •tires. C’est en administrant ce médicament ’ec celte audace que de nombreux observateurs mt on peut voir la longue nomenclature dans Dictionnaire de Thérapeutique ( Mérat et e Lens, tom. 1 , page 401 ) , sont parvenus à uérir quelques épileptiques. Beaucoup d’autres édecins ont été moins heureux et nous sommes ; ce nombre , nous devons l’avouer.
Que si, dans presque tous les cas , le Nitrate argent reste impuissant contre l’épilepsie , ce éme agent thérapeutique réussit presque conaniment dans d autres névroses moins graves , nous citerons surtout la danse de St Guy. •elonueau de Tours est. parmi nos compatriotes, fini qui a le plus insisté sur l’extrême utilité de ; moyen dans le traitement de la chorée ; mais /anl lui celte médication avait été indiquée ans le même cas (Biblioth. mèd. , tom. SI ,
. 205; Journ. génèr. de vtèd. , tom. 87,
. 290; lier ne médicale, décembre 1824, p. 445). Enfin on l’a encore conseillé contre l’hystérie. Tous hs praticiens connaissent aujourd’hui effet extraordinaire que l’usage interne long- •mps continué du Nitrate d’argent produit sur
i peau. Cette membrane prend à la longue une dote ardoisée indélébile. Ce grave inconvénient , ui ne doit, sans doute, pas entrer en ligne de ompte dans le traitement de l’épilepsie, doit
ii contraire être sans cesse présent à l’esprit du îédecin lorsqu’il emploie le même moyen con- •c la danse de St Guy ou l’hystérie , maladies
qui sont ordinairement guérissables et qui cèdent à des moyens qui ne font pas courir aux malades le risque d’être défigurés. Disons pourtant que , dans le traitement de ces deux névroses, on n’administre le Nitrate d’argent que pendant quelques semaines tout au plus , et on ne risque pas alors de produire la coloration dont nous parlons. /
Emploi extérieur. — Mis en contact avec la peau parfaitement sèche et revêtue de son épiderme, le Nitrate d’argent cristallisé ou fondu ne produit qu’à la longue une irritation et une escharre; mais une solution saturée de ce sel cause presque instamment une cuisson , et peu de minutes suffisent pour cautériser superficiellement le chorion. Aussi se servait-on jadis d’un morceau de Nitrate d’argent pour ouvrir des cautères , méthode entièrement abandonnée aujourd’hui que l’on emploie de préférence la potasse caustique.
Mais quand la peau est dépouillée de son épiderme, ou que l’on agit sur une membrane muqueuse , soit avec le crayon de Nitrate d’argent, soit avec une solulion saturée de ce sel, on produit instantanément une escharre superficielle qui tombe au bout de peu de jours et quelquefois au bout de peu d’heures : si la solulion est plus faible , l’escharre sera plus longtemps à se former , ou bien même il ne surviendra qu’une excitation plus ou moins vive. Ainsi donc , irritation légère, irritation vive, escharrification , tels sont les résultats de l’application du Nitrate d’argent sur nos parties. Nous dirons plus loin , à l’article intitulé : Médication irritante , comment nous concevons , par cette voie thérapeutique, la curation de toutes les affections locales inflammatoires que nous allons sommairement indiquer , et dans lesquelles l’extrême efficacité du Nitrate d’argent a été mille fois constatée.
( Voir tom. 1 1 .)
Dans les phlegmasies chroniques de toutes les membranes muqueuses , on a appliqué localement les solutions de Nitrate d’argent. Ainsi, les phlegmasies de la conjonctive, des fosses nasales , du pharynx , de la bouche , du vagin , du col utérin , du canal de l’urètre, de la vessie, ont été efficacement combattus par ce moyen. Beaucoup7 d’inflammations aiguës ont pu être également modifiées par le même agent (liérapcutique ; l’angine couenneuse, le croup , l’angine catarrhale, la blennorrhagie aigue, l’ophthalmie blcnnorrhagique la plus intense , la dysenterie.
EXCITANTS LOCAUX
Pour la peau , quand , à la suite d’une inflammation , elle est convertie en une membrane plus vasculaire , comme à la surface des plaies , dans les trajets fisluleux , dans les diverses affections cutanées chroniques , les applications topiques de Nitrate d’argent réussissent dans un grand nombre de cas , et l’on sait que pour les maladies cutanées c’est à ce moyen que recourt principalement M. Alibert.
Dans les maladies éruptives et entre autres dans la variole , dans l’impeligo et dans le zona, plusieurs praticiens n’onl-ils pas , à l’exemple de M. Bretonneau de Tours, conseillé de cautériser légèrement avec le Nitrate d’argent le derme sur lequel repose la pustule ou la bulle , afin de faire avorter la phlegmasie locale.
Sous l’influence d’une application superficielle de Nitrate d’argent . on voyait se résoudre avec une grande promptitude des bourgeons charnus considérables , développés à la surface des plaies. L’analogie conduisit Ducamp à appliquer le même moyen aux engorgements de la membrane muqueuse du canal de l’urètre, et l’on sait aujourd’hui tout ce qu’on peut attendre de cet utile moyen. Nous avons nous-mêmes , plus tard , eu recours à la même médication pour résoudre les amygdales engorgées chroniquement, et nous avons vu le plus souvent se guérir cette affection contre laquelle on n’entrevoyait déjà plus d’autre ressource que l’extirpation des tonsilles.
Enfin les rétrécissements du canal nasal, du conduit auditif interne et externe des fosses nasales et même de la partie inférieure du rectum, ont été traités et guéris par cette méthode appliquée en ayant égard à la disposition des parties , à la gravité et à la longue durée de la maladie.
Nous aurions encore à parler de l’efficacité de l’application topique du Nitrate d’argent dans le traitement des ulcérations superficielles de la cornée transparente , de la membrane muqueuse buccale , du gland, du prépuce, etc. , etc.
11 serait vraiment impossible aujourd’hui de citer les innombrables cas dans lesquels presque tous les médecins onl employé le Nitrate d’argent ; qu’il nous suffise de répéter ici qu’il n’est en médecine aucun agent thérapeutique qui trouve plus souvent son application.
Mode d’administration et doses.
Quand on emploie le Nitrate d’argent solide ,
c’est ordinairement de la pierre infernale que l’on se sert ; quand on l’emploie en solution, c’est toujours du Nitrate cristallisé que l’on doit se servir.
Le degré de concentration de celle solution varie suivant le tissu auquel le Nitrate d’argent doit être appliqué , suivant la nature de la maladie. Pour la membrane muqueuse de l’œil, de l’urètre , il faut rarement dépasser 1 ou 2 grains par once d’eau distillée ; pour celle du pharynx, la solution peut être saturée , de sorte qu’il est impossible de rien préciser à cet égard. Dans le chapitre sur la médication irritante , nous essayerons de faire ressortir toutes les indications , et de tracer les règles suivant lesquelles ces moyens puissants devront être mis en œuvre.