‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 120 sur 242 · TARTRE · texte numérisé non relu

TARTRE

C’est A ce titre seul qu’il a quelquefois paru rendre quelques services dans le début du croup. Nous ne parlons pas ici de ce qu’en ont dit Margat , Simmons et Adair dans le traitement de la phthisie ; il suffit de lire leurs observations, pour être convaincu de l’insuffisance de ce moyen , qui , A ce titre, ressemble à tous les autres.

Cullen et Chalmers l’ont trouvé utile dans le traitement de l’épilepsie et de l’hystérie , pris a doses fraction nées de manière à 11e pas dépasser deux à huit grains par jour.

A l’extérieur, il s’emploie exactement dans les mêmes circonstances que les diverses substances irritantes dont nous venons de traiter, et notamment, que le sulfate de zinc, l’ammoniure et l’acétate de Cuivre.

Le Sulfate de Cuivre ammoniacal, le nitrate de Cuivre, l’hydrochlorale de Cuivre ne remplissent aucune indication spéciale , et rentrent dans ce que nous avons dit des substances dout nous venons de parler.

TARTRE STIBIÉ.

Dans la seconde partie de cet ouvrage , nous nous occuperons des préparations antimoniales qui, bien que douées presque toutes de propriétés irritantes très-énergiques , sont cependant employées dans un but thérapeutique spécial .

De toutes les préparations antimoniales , le Tartre stibié est le seul qui soit employé comme irritant; il a comme sédatif une action bien autrement, importante dont nous parlerons plus tard (voyez Antimoine).

Jlis en contact avec la peau, avec les membranes muqueuses quelles qu'elles soient, le Tartre subie ne tarde pas à déterminer sur les parties touchées une inflammation pustuleuse des plus graves.

Quand on veut irriter la peau , on se sert de l’émétique dissous dans l’eau, et celle liqueur sert à faire des lotions. Ou bien on incorpore l’émétique à Paxonge ou au cérat, à la dose d’un gros à deux gros par once de pommade, et on frictionne plusieurs fois par jour la partie sur laquelle 011 veut appeler l’irritation. Ou bien encore ou saupoudre d’une quantité plus ou moins considérable d’émétique (1|2 gros à un gros par exemple) un emplâtre quelconque que l’on tient appliqué sur la peau pendant un , deux et même trois jours.

L’éruption déterminée par les frictions slibiées a des caractères tout à fait spéciaux. O11

STIBIÉ.

aperçoit d’abord de petites pustules épaisses et acuminées , sans que la peau intermédiaire participe à l’inflammation ; si l’on cesse la médication, l’inflammation s’arrête et il 11e se développe pas de pustules déplus; celles même qui ont commencé à paraître, 11e prennent de développement que pendant le jour qui suit la cessation des frictions ; mais si l’on persévère , bientôt survient une éruption confluente de grosses pustules applaties, extrêmement douloureuses, et qui se recouvrent promptement de croûtes brunes qui tombent peu à peu dès qu’on a cessé les frictions et qui laissent sur la peau des traces aussi indélébiles que celles de la petite vérole la plus érodante.

Si le derme est dépouillé de son épiderme , ou si les applications slibiées sont faites sur des piqûres récentes de sangsues , en peu d’heures il .s’allume une inflammation locale des plus intenses et se forme de petites escharres assez profondes.

La rapidité avec laquelle se développe cette inflammation , l’intensité des phénomènes locaux , a fait employer cet énergique moyen dans les cas où l’on veut déplacer une maladie viscérale , et porter vers la peau la fluxion que l’on craint de laisser fixée sur un organe important.

C’est surtout dans les maladies chroniques des organes thoraciques, telles que le catarrhe chronique, la coqueluche, la pleurésie, qu’il est utile de développer sur la peau une éruption slibiée considérable. ^

Administré à l’intérieur, le Tartre stibié provoque une vive irritation du tube digestif ; action dont nous étudierons les effets en traitant de la médication évacuante.

Nous ne terminerons pas ce que nous avons à dire du Tartre stibié en tant que substance irritante , sans parler d’une application que nous avons faite de celle propriété irritante pour rappeler les hémorroïdes supprimées , ou pour en faire naître quand il n’en exisle pas.

Nous avons publié dans le Journal des Connaissances médico-chirurgicales , 5'* année, 1836, une courte notice sur ce point important de thérapeutique.

Nous faisons placer un, deux ou trois jours do suite dans le rectum des malades, un suppositoire composé d’un gros de beurre de cacao auquel on incorpore de 3, 4 et môme jusqu’il 0 grains d’éméliquc. Ce suppositoire fond rapidement, et l’action du Tartre stibié détermine rapidement une fluxion A la suite de laquelle les tumeurs liémor-

EXCITANTS LOCAUX

rhoïdales reparaissent presque infailliblement. 11 est rare qu’il soit nécessaire de recourir à ce moyen trois jours de suite.

PRÉPARATIONS MERCURIELLES

Dans les préparations mercurielles, comme pour l’antimoine , l’arsenic, etc., il y a deux actions thérapeutiques à considérer, l’une s’exerçant sur toule l’économie, l’autre n’agissant que sur la par. tie qui est en contact avec le médicament. Ces deux aclîons , presque indépendantes l’une de l’autre , doivent par conséquent être étudiées à part ; aussi ne traiterons-nous des mercuriaux qu’en tant qu’ilssont les puissants auxiliaires de la médication irritante , nous réservant de parler ailleurs des propriétés toutes spéciales dii Mercure considéré comme remède interne.

Mercure cru.

Mercure ; hydrargyruni ; argent-vif; vif-argent. Le Mercure cru n’exerce pas d’action irritante sur les tissus avec lesquels il est en contact; mais divisé ou éteint par diverses substances, telles que la graisse , les huiles , le beurre , etc., il cause sur la peau privée de son épiderme, ou sur les plaies , une fluxion inflammatoire peu vive , mais pourtant très-évidente.

De toutes les préparations que l’on fait avec le Mercure cru , l’onguent mercuriel est sans contredit la plus ancienne. On dislingne deux sortes d’onguents mercuriels : l’un qu’on appelle onguentgris ousimplc , est composéd’uneparliede Mercure sur sept de graisse ; l’autre , qu’on appelle onguent mercuriel double ou napolitain, contient parties égales de graisse eide Mercure. Ce dernier est presque exclusivement employé.

On emploie l’onguent mercuriel comme topique dans les ulcères , de quelque nature qu’ils soient, dans le traitement des maladies chroniques de la peau, dans les maladies des paupières; tout récemment , on a conseillé dans l’érysipèle de recouvrir la partie avec de l’onguent napolitain. Celle médication, expérimentéedepuis quelques années par un certain nombre de médecins, a donné des résultats tellement contradictoires , qu’il est difficile de juger celle question. Nous dirons toutefois que nos propres essais ont été complètement infructueux.

Oxyde rouge de Mercure

L’oxyde rouge de Mercure; ou deutoxyde de

Mercure; deuloxydum hydrargiri ; précipité rouge ; précipité perse ; suivant la manière dont il a été préparé , présente des nuances qui peuvent varier du jaune serin à l’orange ou au rouge.

C’est un des médicaments externes les plus puissants et les plus utiles. A l’état pulvérulent ou réduit en trochisques, il est escharolique ; on l’incorpore ordinairement à des graisses avec du céral, ou bien on le mêle au sucre quand il doit demeurer en contact avec les parties . sans exciter une réaction trop vive.

Il entre dans la composition de presque toutes les pommades anti darlreuses et anli ophthalmiques dont fourmillent nos formulaires, et que la cupidité et le charlatanisme exploitent tous les jours. Les pommades de Régent, de Desault, de Richter , le baume ophthalmique de Saint-Yves , ne doivent leur efficacité qu’à cet oxyde qu’elles renferment en proportion beaucoup trop considérable.

Nous faisons nous-mêmes un usage bien fréquent des pommades qui contiennent de l’oxyde rouge, soit pour éteindre les érysipèles naissants, soit pour guérir les maladies rebelles de la peau. Rarement nous dépassons la dose de 4 grains par gros de céral, d’axonge ou de heure de cacao; et quoique cette dose semble faible, il faut le plus souvent l’affaiblir, de peur de déterminer des accidents inflammatoires locaux.

En poudre, mêlé à du sucre, de 1 à 2 grains par gros de sucre pulvérisé, nous l’employons en insuf- . Hâtions pour les maladies chroniques de la gorge et du larynx ; nous en faisons respirer aux malades atteints du coryza chronique, d’ozène, ou d’ulcération des fosses nasales. Nous insufflons également un grain de ce mélange dans les yeux, dans le conduit auditif externe pour combattre les ophlhalmies ou les otites chroniques.

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