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PROCESSIONNAIRE

Processionnaire. — Épithète donnée par Réauinur au Bombyx processionnea des auteurs.

C’esl nous qui avons introduit dans la matière médicale ceL agent thérapeutique.

Les nids des colonies de Processionnaires sont composés d’une soie grisâtre , dans laquelle restent intriquées les peaux dont ces chenilles se sont dépouillées. Les personnes qui ont souvent herborisé dans les forêts ou qui se sont occupées de riiisloire naturelle des insectes , savent trèsbien que si l’on louche un nid de Processionnaires , que si même on le remue avec un bâton et qu’on reste exposé, quoique de loin , aux émanations qui s’en échappent , tout le corps se recouvre presque immédiatement d’une éruption papuleuse plus ou moins confluente. Celte éruption , qui persiste plusieurs jours, s’accompagne d’une démangeaison des plus vives.

Le nid de Processionnaires, conservé dans un

EXCITANTS LOCAUX

bocal et bouché , conserve encore ses énergiques propriétés après plus de dix ans. Nous avons pu le constater chez notre ami, RI. le docteur Calmeil, médecin de la maison des aliénés de Charenlon. Il avait dans sa chambre un bocal contenant depuis plus de dix ans des morceaux d’un nid de Processionnaires, et il ne pouvait ouvrir ce flacon sans que , peu d’heures après , lui-même et les personnes qui étaient dans la chambre ne commençassent à éprouver la singulière éruption dont nous venons de parler.

Des effets si immédiats etsi constants mettaient sur la voie des indications thérapeutiques que l’on pouvait remplir à l’aide de ce précieux médicament. Il devait être appliqué lorsqu’on avait à cœur de rappeler à tout prix une éruption cutanée disparue par délitescence , comme cela se voit si souvent dans les rougeoles , dans les scarlatines, dans l’érysipèle de cause interne, lorsque, dans une maladie , les forces sont concentrées à l’intérieur et que le sang a abandonné la périphérie. En un mot , la Processionnaire satisfait à une partie des indications que remplit l’urtication ; mais elle a de plus que celte dernière d’être persistante , et par conséquent de pouvoir mieux lutter contre les lésions persistantes internes, qui ont suivi ou précédé la disparition de l’exanthème.

MOUTARDE

La moutarde , sipanis , est une plante de la famille des crucifères , de la tétradynamie siliqueuse. On emploie seulement la graine.

Deux espèces de Moutarde , la blanche et la noire , sont employées en médecine ; la Moutarde blanche plus particulièrement affectée aux usages internes , la Moutarde noire employée au contraire presque exclusivement comme remède externe.

Moutarde blanche , sinapis alba. Quand un remède est devenu populaire , quand des charlatans l’exploitent depuis longtemps, et toujours avec succès pour eux , il faut bien qu’il se recommande par quelques propriétés utiles , que l’entètem'ent ou la mauvaise humeur des médecins lui dénieront vainement.

Les usages thérapeutiques de cette graine remontent à peu près au siècle dernier , Cullen le constate de la manière lapins positive [Mat. méd ., tom. it , p. 180). Ce médecin la donnait comme laxative.

De nos jours , Macartan , médecin anglais ,

qui habitait Paris, publia dans le Journal fjènèral de médecine , (om. xxxiv , p. 72, 180‘J, un travail sur les propriétés thérapeutiques de la graine de Moutarde , travail dont il n’est rien resté de pratique , parce que tous les faits que l’auteur invoquait ne pouvaient supporter l’examen.

Copendant, en Angleterre et dans l’Amérique du Nord , l’usage de la graine de Rloutarde blanche était devenu populaire : depuis quelques années il l’est en France. Les faits que nous avons recueillis nous-mêmes nous permettent d’affirmer que la graine de Moutarde blanche est en effet un remède très-utile.

Culleu avait constaté son action laxative. II est évident que cette graine purge à la dose d’une demi-once à une once. On la donne non concassée, à jeun ou le soir au moment où les malades se mettent au lit. On peut encore sans inconvénient l’administrer au commencement du repas. La dose , qui varie suivant chaque individu , doit être telle qu’elle sollicite une ou deux évacuations faciles dans la journée.

Cette espèce de purgation , qui 11e cause aucune colique , est surtout utile à ceux qui sont habituellement constipés et dont les digestions sont en même temps , laborieuses. C’est au médecin de juger si cette paresse des fonctions digestives ne tient pas à une phlegmasie , auquel cas l’usage delà graine de Moutarde blanche ne serait pas indiqué.

Mais c’est à l’action dépurative de ce médicament que l’opinion populaire accorde le plus de foi. Il convient d’examiner cette question , d’abord expérimentalement, puis sous le point de vue théorique. De toute évidence , et des expériences personnelles ne nous permettent pas d’en douter, la graine de Moutarde blanche exerce une action dépurative très-puissante; et des maladies cutanées , des rhumatismes chroniques que rien n’avait pu amender , ont été guéris ou mis en voie de guérison psyr l’usage longtemps continué delà graine de Moutarde blanche. Voici le fait: cherchons maintenant l’explication.

L’irritation permanente exercée à la surface de la membrane muqueuse du tube digestif, irritation en vertu de laquelle il se fait une sécrétion muqueuse continuelle , ne doit-elle pas être considérée comme une dérivation , et 11’est-on pas en droit d’expliquer, par celle seule dérivation , la disparition ou la diminution de la maladie. Celte opinion nous paraît d’autant plus raisonnable , que les purgatifs pris fréquemment ont

MOUTARDE

é regardés par tous les praticiens comme un oyen efficace de guérir les maladies chroniques : la peau. D’un autre côté, si l’on considère le la graine de Moutarde entretient seulement ventre un peu libre sans irriter vivement la embrane muqueuse gastro-intestinale , que les irgalifs drastiques , quoique stimulant beaunip plus vivement la surface gastro-intestinale, e guérissent pas aussi sûrement les dartres et s rhumatismes , on sera forcé d’en conclure, u’il existe dans la moutarde, comme dans la lupart des autres crucifères, un principe actif ai modifie probablement le sang , et par suite wt l’organisme.

Quoi qu’il en soit de celte explication à laquelle ous n’attachons pas nous-mêmes une grande iportance , nous nous en référerons aux faits mis , et nous ap pèlerons l’attention des pratiens sur un moyen trop peu connu, et à cause i cela , trop peu apprécié.

La graine de Sinapis alba sert encore à comoser la plupart des moutardes douces que nous angeonssurnostables.Ce condiment, jusleent apprécié des vieillards et de ceux dont l’es- ■mac est pares seux, est , pour certains médecins, objet d'une injuste réprobation , il ne convient as sans doute à ceux qui digèrent iaborieuselent , parce qu’ils ont une gastrite aigtie ; mais ians les gastrites chroniques et dans les affeconsdu tube digestif où le plan musculaire de intestin est évidemment frappé d’inertie , el où ■s sécrétions normales de la membrane muaeuse sont presque entièrement taries , la Mou- .rde prise de temps en temps est utile et devient rie condition presque nécessaire d’une bonne igestion.

La, Moutarde voire , Sinapis nigra , est au anti aire le plus ordinairement usitée dans la îérapeutique externe. On l’emploie moulue , et lie sert à composer les sinapismes , les cataplasîes et les bains sinapisés , etc., etc. C’est un des îoyens les plus communs ; c’est un de ceux dont n connaisse le moins le mode d’action précis. En ouvanl tous les livres de matière médicale, n lisant tous les articles des dictionnaires sur js sinapismes , nous sommes frappés de la dissience qui existe entre les auteurs. Les uns continent de délayer la farine de Moutarde avec de eau chaude ou du vinaigre chaud indifféreraient; les autres choisissent de préférence le viaigre ou l’acide acétique concentré pour prouire une effet plus actif. Ceux-ci recommandent xpressément de se servir de farine récemment

moulue; ceux-là veulent qu’on emploie seulement le son de cette même farine. C’est bien autre chose quand il s’agit de la durée de l’application. L’un laisse la Moutarde quatre heures en contact avec la peau , l’autre se contente de deux ou trois heures; quelques-uns pourtant concèdent une heure ou une heure el demie.

Que devons-nous faire , nous qui lisons les livres? Comment préparer les sinapismes? Combien de temps les laisser appliqués ? Ne sachant à quoi nous arrêter dans ce conflit d’opinions , nous avons fait ce par quoi il eût été bon de commencer, avant d’écrire, nous avons expérimenté , et nous allons rendre compte du résultat de nos expériences.

Il-e Question. — Faut il prendre de la Moutarde moulue récemment , ou de la moutarde broyée depuis longtemps ?

Nous délayâmes dans de l’eau froide deux portions de Moutarde. L’une avait été moulue depuis huit jours , et conservée dans une boîte fermée; l’autre avait été broyée depuis cinq mois , el avait été tenue dans un sac de papier et placée dans une armoire humide. Les deux sinapismes furent appliqués, l’un sur le mollet droit , l’autre sur le mollet gauche.

Moutarde nouvelle.

Après 4 minutes et demie d’application, légère sensation de picotement.

5 min. Un peu de cuisson, légers battements isochrones à ceux du pouls.

6 min. Vive cuisson.

7 min. La cuisson augmente.

8 min. La cuisson est très-vive.

9 min. La douleur devient plus profonde ; sentiment de pesanteur dans la partie en contact avec la Moutarde.

10 min. Sensation de chaleur et de brûlure trèscuisante.

Moutarde ancienne.

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