EXCITANTS GÉNÉRAUX
Pour bien apprécier les indications de l’emploi îs Excitants , ce qui constitue pour nous la mécation, il est essentiel de bien connaître le ode d’action de ces médicaments , indépendament de leur application thérapeutique.
Par médicaments Excitants ou mieux Py ré tomé tiques, nous entendons tout agent capable susciter une forme de fièvre caractérisée par • surcroît d’énergie dans l’impulsion du cœur dans la fréquence de ses battements, par augmentation de la chaleur de la peau , et par s modifications nombreuses des phénomènes limes de nutrition qui accompagnent ordinaiment ce que , dans le langage pathologique ,
> est convenu d’appeler la fièvre inflamma- ■irc.
Nous n’avons pas défini cette forme de fièvre ir cette singulière banalité: exaltation (les 'opriétés vitales ; parce que celle exaltation : se remarque que dans certains appareils , et m, du moment que l’on sort do l’ordre physio- Uque , soit en excitant , soit en déprimant, soit pervertissant , le trouble est toujours ressenti '•gaiement.
•Si bien ménagée que soit l’excitation , on n’ob- •ndra jamais par exemple que 1rs fonctions dos 1,18 , de la peau et de la membrane digcsliye
2e PAntiE.
soient en même temps augmentées; et, pour prendre l’exemple le plus simple , supposons pour un moment que le corps soit refroidi de manière à faire naître un sentiment de malaise général ; en même temps que les fonctions de la peau, que les forces musculaires et génératrices sont diminuées , celles des reins , des membranes muqueuses augmentent. Une réfocillalion graduée ramène tout au type normal, ce qui implique augmentation d’un côté et diminution de l’autre.
Si maintenant nous continuons d’appliquer au corps le calorique , ce type des Excitants , nous allons de nouveau arriver ù un état anormal précisément opposé à celui d’où nous étions partis, et en même temps que l’action du cœur s augmentera, les fonctions, sécrétoires de la peau s’exagéreront , et celles des reins et des membranes muqueuses diminueront d’autant.
H ne faut pas prendre pour une excitation générale celle d’un appareil général. Expliquons-
w ■ » cm u, système
veux de manière à augmenter son inthienci les appareils qu’il anime. Or, comme il tout tout devait être excité. Il en est nins mcdiulcmcnl ; et .1 est vrai de dire que tout,
MÉDICATION
fonctions tant générales que spéciales sont pour un inslant simultanément exallées , les Ponctions animales d’abord , les fonctions organiques en second lieu. Nous verrons plus lias quel parti on peut tirer de ce fait. Mais les phénomènes vont devenir plus complexes ; le cœur, activé par le système nerveux, monte bientôt l’économie au Ion de la fièvre, et dès lors il y a perturbation, et inégale répartition de l’excitation, comme nous l'avons démontré tout à l’heure. Le sang qui aborde en plus grande quantité dans les masses nerveuses y produit des troubles fonctionnels liés à l’étal de pléthore , troubles qui ne sont pas plus une exagération des actes physiologiques du cerveau et de la moelle que l’indigestion n’est l’exagération de la digestion. Nous avons donc d’abord , sous l’influence des Excitants, augmentation presque simultanée et passagère de toutes les fonctions, puis fièvre angéioténique avec toutes ses conséquences.
Toute la question de la médication Excitante se réduit à celle-ci : apprécier les circonstances dans lesquelles il est bon de stimuler le système nerveux , et de susciter la fièvre vasculaire ou angéioténique.
On ne peut se dissimuler que cette question est brûlante aujourd’hui; la doctrine du Val-de- Grôce domine tellement tontes les théories médicales actuelles , elle s’est tellement infiltrée dans l’esprit de ceux qui lui résistaient le plus obstinément , elle a été propagée , prêchée avec tant d’enthousiasme et de conviction , que toutes les traditions de nos devanciers ont été oubliées , et qu’aujourd’hui on a presque un air d’étrangeté quand on veut essayer de rappeler quelques-unes de ces lois pathologiques et thérapeutiques qui naguère étaient monnaie courante.
Il nous répugne beaucoup de nous servir quelquefois d’expressions nouvelles , lorsque surtout nous ne mettons pas en circulation de nouvelles idées; mais les mots , par l'abus qu’on en fait , sont détournés de leur sens primitif, et , peu à peu, ne représentent plus les idées dont ils étaient originairement la traduction ; il en résulte la nécessité de parler autrement , bien qu’en pensant de la même manière.
Jm vie , dit Brown, ne s’entretient que par des stimulants. Proposition en apparence si vraie qu’elle est aujourd’hui presque axiomalique. Nous n’oserions pas affirmer que l’aliment est un stimulus, que la lumière, que les effluves odorantes soient des stimulus ; que le sperme en contact avec l’ovule soit un stimulus; que l'im-
EXCITANTE
pression en contact avec le cerveau et les ganglions nerveux soit un stimulus. Rien à notre sens ne le prouve.
L’aliment , la lumière . les effluves odorantes, sont des occasions , mais non des causes d’action pour l’estomac , pour l’œil , pour la membrane olfactive. La cause d’action ou la capacité fonctionnelle appartient au tissu vivant et organisé suivant un certain mode. Il n’en est pas de la matière organisée comme de la matière brute ; celle-ci ne peut agir que par une impulsion extrinsèque qui devient réellement et essentiellement cause du mouvement; mais la matière organisée est douée de spontanéité , et les impressions extrinsèques qu’elle reçoit sont seulement l’occasion du mouvement et non la cause.
Il y a ici une apparence de subtilité logomachique que nous tenons à faire disparaître, et nous prions le lecteur de bien peser le raisonnement suivant sur lequel repose toute notre argumentation.
On peut à bon droit regarder l’impulsion comme la cause du mouvement d’une bille de billard ; on peut à juste titre considérer la gravitation et l’attraction comme la cause des mouvements harmoniques de l’univers , puisqu’on peut soumettre la cause et l’effet à des calculs rigoureux. Le corps mobile étant représenté pari, et l’impulsion par 10, nous aurons un résultat plus considérable que si l’impulsion était 5 , ou que si le corps mobile était 2. Ici rapport parfait de causalité. Mais 1 , 10, 30 , 100 de lumière appliqués à l’œil ne feront pas que la vue soit rendue plus énergique en raison de la quantité de lumière appliquée. 1 de lumière éblouira celui qui sort d’une cave , 100 de lumière seront insuffisants pour celui qui vient de traverser, par un soleil brillant , des montagnes couvertes de neige. Si donc la lumière était la cause de la vision, comme l’impulsion tout à l’heure était la cause du mouvement , nous pourrions calculer la vision comme nous calculions le mouvement , ce qui est impossible. C’est ce que n’a pas compris M. Broussais, qui, raisonnant sur la matière brute , a vicieusement changé les termes du syllogisme et substitué le mol matière organisée, comme si les conséquences devaient être les mêmes.
Cette manière d’envisager la matière organisée dans ses rapports avec les agents extérieurs était séduisante par sa simplicité, et c’est ce qui a ébloui M. Broussais lui-même ri ceux qui se sont pressés après lui sur la roule facile qu'il avait frayée.
EXCITANTS
Nous on voulons venir à ce principe capital îii dérivera tout ce chapitre, savoir que la lissanco des agents extérieurs sur l'économie vra être calculée du point de vue de la sponnélté d'action de nos éléments organiques, itani ou moins que du point de vue de la nature de l’intensité de ces agents.
Ainsi, an lieu d’admettre le principe unitaire Broussais, qui faisant abstraction de l’état ganique , toujours supposé le même, fait jouer principal rôle aux stimulants, nous voulons i contraire, la vie supposée dans les tissus, •corder aux modifications spontanées ou acqui- » de l’état vital une place éminente , et acco’rt aux causes extérieures une importance oindre que celle qu’on lui concède géfléraleent de nos jours.
Supposons donc l’homme vivant pourvu de tous s organes et dans un état d’équilibre parfait, a , en lui-méme , toutes ses conditions d’exisnce , toutes ses aptitudes fonctionnelles. Prenons maintenant un autre exemple dans la nction de la vision. L’organe de la vue étant lin et dans les conditions normales d’exercice mctionnel , un faisceau lumineux appliqué à æil deviendra l’occasion de la fonction. Il falil d’une part aptitude fonclionneile , d’autre irl intensité occasionnelle normale. Que la lulière soit nulle, la vue ne peut s’exercer par •faut d’occasion,- qu’elle soit excessive, la vue b peut plus s’exercer par excès de la cause ocisionnelle. Aux deux extrémités de l’échelle, ici té résultant de deux causes essentiellement qiosées. Que le sang cesse tout d’un coup d’aarder au cerveau , abolition de la faculté de :ntir , de penser et de se mouvoir ; qu’au con- •aire il distende outre mesure les vaisseaux céibraux , abolition de la faculté de sentir , de enser et de se mouvoir. Mêmes troubles fonconnels , répondant à deux causes diamétraleîcnt opposées. Il en est de môme chez deux ommes dont l’un , mourant de faim , délire arce qu’il meurt de faim; et l’autre, à la suite ’un repas où il n’a épargné ni les mets succu- •nls ni les vins généreux , délire aussi , mais nur une autre cause.
Pense-t-on que ces troubles fonctionnels anaigues doivent être traités par les mêmes moyens lérapr 'Utiqties ? Certes non; car tandis que dans n cas nous rendrons la vue en diminuant 1’innsité de la lumière , dans l’autre nous la douons en augmentant lu masse des faisceaux luuueux. Pour remédier aux mêmes accidents ,