‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 150 sur 242 · MARRONNIER D'INDE · texte numérisé non relu

MARRONNIER D'INDE

VÆsculus hippocastantnn, ou Marronnier d’Inde , a été nouvellement introduit dans la thérapeutique. On se sert de son écorce et de ses fruits.

En 1720 le président Bon lut à l’Académie royale des Sciences une note sur les propriétés fébrifuges de l’écorce de Marronnier d inde. Celle note passa inaperçue. Ponledera de Padoue (Disseriationes botanicœ , Padoue . 1720 et 1751) et Zanichelli de Venise ( Intorno alla faculta deW Uippocastano , Venise, 1735) insistent plus particulièrement sur ces propriétés. Celte écorce, tombée dans un juste oubli , fut remise en honneur en 1752 par Leidenfrosl ( De succis herbarum recentium recenter expressis , eorumque usu ad morbos , Duisbourg , 1752. Thèse de Meister ) , et un peu plus tard par Turra de Venise ( Osservaz . di botanic ., Ven ., 1765); par Eberhard de Halle [De nucis vomicœ et corticis Hippocastani virtute medicâ, 1770), et par Buchloz qui traduisit en allemand le dernier < mémoire de Turra (1783) , et constata , comme les auteurs que nous venons de citer , les vertus antipyrétiques de l’écorce du Marronnier d'Inde.

Malgré ces témoignages , l’écorce de Marronnier était de nouveau tombée dans un grand discrédit, quand la guerre continentale de Napoléon rendit plus actives les recherches sur les succédanées de quinquina. Le gouvernement français donna lui-même l’impulsion en 1807 , et sollicita les trayaux des médecins. Rauque d'Orléans publia en 1808 , dans le Bulletin de la Société médicale d’émulation, le résultat de ses recherches.

11 assura avoir guéri 45 malades atteints de fièvre intermittente, en leur faisant prendre 5 ou 4 gros par jour d’écorce de Marronnier. Lacroix, médecin à Lafei té-Bernard {Annal, de méd. prat. de Monlp ., 1804), se vanta d’avoir obtenu des succès encore plus éclatants. Mais Gasc , Bourges, Bourdier , Zulatli ( voy. Mérat et De Lens , 1. 1, p. 88 , Dicl. de mat. méd.) ne confirmèrent |>as par leur propre expérience les résultats heureux obtenus par Rauque, Lacroix, et c* ux qui les avaient précédés. Eu 1816 , Bretonneau , qui expérimentait en grand , à l'hôpital de Tours , les prétendues succédanées du quinquina , n’eut pas plus à se louer de l’écorce de

l’ÆsciiIiis que de toutes les autres substances qu’il essaya.

Le Marron d’Inde , fruit de VÆscnlus liippocastanum , peut servir à la nourriture de quelques animaux. Il répugne pourtant en général à nos animaux domestiques à cause de son amertume. Il contient beaucoup de fécule.

L’écorce de Marronnier se donne aux mêmes doses et de la même manière que l’écorce de quinquina. On l’administre en poudre, en extrait, en infusion , en décoction.

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