ANGUSTURE.— MARRONNIER. D’INDE
supérieure au quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes; ils l’emploient aussi comme le simarouba et le Colombo dans la dyssenterie.
Chez nous , il a été fait quelques expériences pour constater les propriétés ft brifuges et autidyssentériques de l’Aoguslure.Reydellet elNiel de Marseille ont administré la poudre d’Angustureà ciii(| malades affectés de fièvre intermittente vernale qui tous ont guéri. Fodéré n’a réussi que trois fois dans huit cas où il a tenté le même moyen. 11 n’y a rien d’extraordinaire de voir le médicament le plus insignifiant guérir la fièvre intermittente, mais surtout celle qui se développe au printemps ( voy. p. 109 ) ; celte maladie , ainsi que nous l’avons dit déjà bien souvent , cède spontanément, et l’expérience n’a de valeur que si on la fait sur des malades atteints de fièvre intermittente tierce ou quarte qui dure depuis au moins quinze jours, avec un type parfaitement régulier. C’est dans ces conditions que Bretonneau de Tours a expérimenté les propriétés fébrifuges de l’écorce d'Angusture , et il a trouvé ce médicament parfaitement inefficace.
Quant à ses propriétés anlidyssentériques, elles ne sont pas mieux démontrées que sa vertu fébrifuge.
L’angusture n’est donc d’aucune utilité médicale ; car le peu de bien qu’elle peut faire comme amer , nous l’obtenons par tous les amers indigènes.
Fausse Anguslure ; Pseudo-Angustura , Angusturavirosa. Celte écorce , confondue avec celles de l’Angèsture vraie , vient très-probablement dfun slrychnos , car l’analyse chimique y démontre de la brucine , et l’empoisonnement par la fausse Anguslure a les mêmes symptômes que ceux qui sont produits par la noix et la fève de Saint-Ignace.
Comme elle arrive mêlée aux écorces d’Angusture vraie , elle a pu causer de terribles accidents, et Bretonneau de Tours , qui faisait des expériences dans son hôpital sur les propriétés fébrifuges de l’Ànguslure, vil mourir dans d’horribles convulsions un malade , victime de la méprise du pharmacien.
Aussi e3t-ce une raison de plus de proscrire l’Àugusture vraie , qui , sans utilité spéciale , peut être l’occasion d’erreurs aussi déplorables.
Il est probable d’ailleurs que la fausse Anguslure partage les propriétés thérapeutiques des slrychnos dont nous avons étudié l’action dans
notre première partie , au chapitre des médicaments excitateurs.