HOUX
Le Houx , Il ex a qui folium, Aquifolium officinale, esL une plante de la famille des rhamnées.
Les feuilles de Houx , conseillées vaguement comme sudorifiques et comme anliarlhritiques , sans doute à cause de leur amertume, n’ont acquis que vers la fin du siècle dernier une importance thérapeutique que nous croyons usurpée.
Durande ( Histoire de la Société royale de méd., tome i, page 542), ayant connu une personne étrangère à la médecine qui prétendait guérir la fièvre intermittente avec de la poudre de feuilles de Houx , voulut soumettre lui-même ce médicament à l’expérimentation. D’après les faits qu’il a recueillis, il déclare qu’en donnant avant l’accès un gros de feuilles de Houx desséchées et pulvérisées, il supprimait plus sûrement les fièvres intermittentes qu’avec le quinquina.
Malgré ces grands résultats, le Houx était tombé dans l’oubli , quand tout récemment Rousseau , médecin à Paris , essaya de lui rendre sa réputation perdue ( Nouv . journ. de méd., tome xiv, 1822). Les expériences de Rousseau répétées par Saint-Amand de Meaux , et reprises en 1829 par Rousseau lui-même, mais sur une plus grande échelle , amenèrent ces médecins ù conclure que les feuilles de Houx étaient aussi efficaces que le quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes. Chomel , en 1850, voulut savoir lui-même à quoi s’en tenir sur ces vertus fébrifuges , el il choisit, comme sujets d’expérience , vingt-deux malades atteints de fièvre intermittente. Avant de donner la poudre de Houx, il voulut voir quelle serais l’influence de la simple expectation chez ces vingt-deux fébricitants. Dixneuf guérirent spontanément à l’aide d’un régime émollient ou légèrement antiphlogistique. Les trois autres avaient , l’un une fièvre quarte, deux
MÉDICAMENTS TONIQUES
une fièvre quotidienne. Le IIoux leur fut inutilement administré à la dose d'une once et même de trois onces ; ils guérirent au contraire fort aisément avec la quinine. Si donc, imitant tous les expérimentateurs que nous avons tant de fois cités à propos des prétendues succédanées du quinquina , Chomel eût donné d’emblée la poudre de IIoux à ses vingt-deux malades , on aurait pu conclure à dix-neuf succès quand tout l’honneur revenait ù la nature. Quoi qu’il en soit, quelques autres médecins ont voulu conserver au Houx la réputation usurpée que Durande et Rousseau lui avaient acquise; mais jusqu’au jour, où , procédant avec la prudence philosophique de Chomel , ils auront obtenu des résultats heureux de l’emploi des feuilles de Houx dans le traitement des fièvres intermittentes , nous persisterons à regarder ce médicament comme une des nombreuses inutilités de la matière médicale.