‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 187 sur 242 · JALAP · texte numérisé non relu

JALAP

Nous venons d’étudier rapidement les purgatifs qui sont fournis par la famille naturelle des euphorbiacées; nous allons maintenant faire l’histoire de ceux que donne la famille des convolvulacées. Les principaux sont : le Jalap, le Turbith, la Scammonée, la Soldanelle, le Mechoacan, le Liseron.

Le Jalap, Convolvulus Jalapa L., lire son nom de la ville de Jalapa, au Mexique, au pied de laquelle on le trouve en abondance. La racine de celte plante, qui seule est employée, ne fut apportée en Europe que vers le commencement du xvuc siècle. Depuis cette époque , elle a été usitée comme purgatif ; et elle tient dans la matière médicale une place assez importante.

La racine de Jalap pulvérisée est un purgatif assez énergique. Cette poudre est à peu près insipide, et laisse seulement dans la gorge un sentiment d’âcreté qui dure quelquefois pendant plusieurs heures. La poudre de racine de Jalap se donne à la dose (le 20, oO, 00 grains, et même davantage.

Quant à la résine , qui est bien plus fréquemment employée, on ne doit la donner qu’à la dose de 4 à 16 grains, suivant les âges et les circonstances maladives. 11 n’est pas besoin de dire que, chez certains sujets, il faudra doubler la plus forte dose ; que chez d’autres, au contraire, la plus faible pourra produire des superpurgations.

Le principe actif de la racine du Jalap est dans la résine, qui n’est pas soluble dans l’eau; aussi ne faut-il jamais compter sur l’action purgative des décoctions ou des infusions de Jalap, tandis qu’au contraire les teintures alcooliques ont une grande activité. La fameuse eau-de vie allemande, la médecine de Leroy, ne sont en définitive que des teintures alcooliques de Jalap, auxquelles on a associé quelques autres substances purgatives.

La presque insipidité du Jalap rend cette substance précieuse dans la thérapeutique des en-

ÉVACUANTS

fants. On le mêle à parties égales de sucre en poudre et de calomel, et on le donne ainsi aux enfants, qui ne répugnent pas à l’avaler: on peut encore l’incorporer à du miel, à des électuaires, à des confitures.

Il en est de même de la résine , que l’on peut aussi émulsionner dans l’eau avec un jaune d’œuf.

TURBITH.

I,e Turbith, Convolvulus Turpethum, est employé comme purgatif, depuis un temps beaucoup plus reculé que le jalap. Il croît en abondance dans les Indes orientales, et les Arabes s’en servaient très-souvent , comme leurs ouvrages en font foi.

La racine est seule usitée ; elle contient , comme celle du jalap, une résine particulière dans laquelle résident toutes ses propriétés purgatives.

La poudre de la racine du Turbith est inodore, presque insipide. Elle purge comme lejalap, mais il faut une dose un peu plus élevée. Quant à la résine, elle est tout aussi active que celle du jalap, et se donne par conséquent aux mêmes doses.

Les diverses préparations de Turbith sont analogues à celles que nous avons indiquées pour le jalap.

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