ELLÉBORE NOIR
L’Ellébore noir, Helleboms niger , est une plante de la famille des renoneulacées.
Lorsque la matière médicale était encore peu riche, des médicaments aujourd’hui tombés dans l’oubli offraient de précieuses ressources. L’Ellébore noir est dans ce cas.
La réputation de cette plante était immense ; les écrits des médecins , des poêles de l’antiquité, célèbrent ses propriétés dans le traitement de la manie.
Sans vouloir entrer ici dans une discussion peu intéressante, et sans ajouter une foi aveugle ailx faits rapportés par les anciens ; sans rejeter non plus avec dédain ce qui a été dit des vertus de l’Ellébore, examinons expérimentalement les propriétés de celte plante, et essayons d’en tirer les inductions thérapeutiques qu’il est raisonnablement permis d’en déduire.
La racine, qui seule était et est encore usitée , partage les propriétés irritantes des autres plantes de la même famille. Fraîche et contuse quand on l’applique sur la peau , elle détermine une inflammation locale très-énergique. A l’intérieur , elle agit à la manière des poisons âcres , comme le démontrent les expériences nombreuses des toxicologisles. A une moindre dose , l’usage intérieur de l’Ellébore excite des vomissements et de la diarrhée ; et comme l’action locale du médicament persiste assez longtemps, et que
la phlegmasie gastro-intestinale a quelque durée, il est facile de comprendre comment l’énergique dérivation produite vers le canal intestinal a pu n’êlre pas sans utilité dans le traitement de certaines névroses et de quelques affections du cerveau. On connaît également son utilité dans certaines hydropysies , dans les dartres rebelles et étendues. Enfin , ses propriétés eraménagogues et abortives lui sont encore communes avec toutes les substances énergiquement purgatives.
La racine d’Ellébore en poudre se donne à la dose de quinze à vingt grains , comme purgatif; en infusion, à la dose de un gros pour quatre onces d’eau.
Ce médicament n’est plus guère employé aujourd’hui.