LOUIS ET ALBIN PIDOUX
H. PlDOUX.
AVANT-PROPOS
Quelque laborieuses qu’aient pu être nos recherches , quelque soin que nous ayons apporté à nos expériences cliniques , nous livrons au public une œuvre qui a de nombreuses imperfections; mais une œuvre consciencieuse. Nous la croyons pourtant plus pratiquement utile qu’aucune de celles qui ont été jusqu’ici faites sur le même sujet; et si peu modeste que soit cette assertion , elle n’en est pas moins l’expression de notre pensée. Car tout auteur qui publie un livre sut une matière, croit faire mieux que ceux qui ont déjà écrit sur la même matière , autrement il ne devait rien écrire. C’est cette confiance en soi-même qui soutient l’écrivain dans ses travaux pénibles , confiance trompeuse, puisque le public ratifie rarement le jugement qu’il porte sur son œuvre et sur celles des autres.
Quoi qu’il en soit, nous voici devant le public. Le premier volume de notre ouvrage paraîtra seul, le second suivra de quelques mois. Cette manière de ne présenter qu’un tableau incomplet expose à de grands inconvénients, et ne permet pas que l’on juge sainement un livre contre lequel s’élèveront sans doute beaucoup d’inimitiés.
Cesinconvénients existeront pour nous plus encore que pour quique cesoit: les questions pleines d’intérêt et d’un intérêt actuel, les modificateurs puissants, les médications importantes, belles à développer, qui répondraient presque à elles seules aux besoins d’une thérapeutique solide, et sont le plus susceptibles
de provoquer des considérations attachantes, des explications vitales et fécondes, tous ces objets de premier ordre font l’objet de notre second volume ! A qui est-il nécessaire de faire remarquer combien il est désavantageux de ne déposer qu’un si faible à-compte, quand on devrait payer toute une forte dette ? Certainement, la grandeur d’un sujet , l’intérêt qu’il inspire , le besoin qu’on a de le connaître ou de l’approfondir , sont pour un livre des éléments de faveur, des correctifs à ses défauts, des déguisements à se serreurs et à ses négligences : l’importance et l’attrait des matières se chargent du succès des auteurs.
Nous nous voyons frustrés de ce précieux abri, exposés presque nus aux injures de la critique , n’espérant notre dédommagement que de la gravité et de l’importance universelle des sujets qui nous restent à étudier dans le second volume.
Cette importance des sujets est si grande, que nous serons obligés de diviser ce second volume en deux parties; la première, renfermant les médications excitantes générales et spéciales; les médications excitantes locales divisées en topique irritante , dérivative et révulsive ; les médicaments et la médication toniques , les médicaments altérants et la médication altérante, comprenant les eaux minérales ; la seconde où il sera traité des évacuants ( vo mitifs et purgatifs ) et de la médication évacuante ; des sédatifs, des tempérants, des astringents et delà médication séda-
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tive; des antiphlogistiques, des atoniques ou émollients et de lamédication antiphlogistique; enfin des anthelnvintiques.
Ce que nous avons dit de l’intérêt que devra offrir notre second volume comparativement au premier est assez justifié par l’énumération qui vient d’être faite. L’un, celui qui paraît aujourd’hui, est plus chargé de médicaments, l’autre sera plus riche en médications. Ceci mérite bien quelques rapides considérations.
Tous nos prédécesseurs , sans en excepter un seul , ont trop donné à la Matière médicale , pas assez à la Thérapeutique . Ils ont semblé confondre, sinon en dogme, au moins en fait, ces deux parties si essentiellement différentes.
La Matière médicale ou Pharmacologie a pour objet, comme l’ont très-bien dit MM. Edwards et Vavasseur , la connaissance des médicaments. Elle a à s’occuper de leurs propriétés physiques et chimiques de leur histoire naturelle , de leur nature intime. Elle indique leur action physiologique sur l’économie animale , enseigne les maladies au traitement desquelles ils sont applicables, ainsi que la manière dont on les prépare et leur mode d’administration. Là finit son rôle. C’est donc une lourde erreur de plusieurs auteurs et de Schwilgué en particulier que d’avoir dit « que l’objet de la matière médicale était de changer l’état des propriétés vitales et des fonctions. » C’est à la Thérapeutique qu’appartient cette tâche, et pour la remplir elle a besoin d’agents, d’instruments qui sont appelés à lui fournir toutes les choses qui ont pouvoir de modifier l’homme, et le môme auteur en convient quelques lignes plus bas en ajoutant : « qu'elle fait également usage des êtres physiques et de ceux qui sont du ressort des sciences morales. » On a lieu de s’étonner, après avoir lu cette définition , de ne trouver dans l’ouvrage de Schwilgué qui a pour titre : Traité de matière médicale , rien qui ait rapport aux émissions sanguines, par exemple, à la direction des impressions morales , source thérapeutique où un méde-
cin digne de ce nom peut puiser de si héroïques moyens , etc., etc.... C’est que ces choses ne sont pas des médicaments , et que la matière médicale, encore une fois, n’a pour objet que la connaissance de cette sorte d’agents que nous essayerons de caractériser, malgré l’exemple des écueils où sont tombés ceux qui en ont abordé la définition, etnous la formulerons ainsi : toutes les substances qui , appliquées à l’organisme malade dans un but de guérison ou de soulagement, possèdent cette vertu indépendamment de toute propriété alimentaire ou nutritive, sont des médicaments. De cette manière nous échappons à la confusion du médicament avec l’aliment ; car sans nier que certains médicaments contiennent des principes assimilables et réparateurs , nous faisons sentir que ce n’est jamais par leur intermédiaire que se propose d’agir le thérapeutiste. Nul doute , par exemple, que l’Asa Fœlida , la Gomme ammoniaque, etc.... ne fournissent quelques matériaux à la chylification ; mais qu’importe au but antispasmodique qu’on veut atteindre , ce fait étranger et hors de question? Voilà pourquoi nous assignons au médicament , comme caractère essentiel , de modifier l’organisme indépendamment des propriétés nutritives dont il peut jouir.
La Thérapeutique, c’est la science des indications ou, plus explicitement, Vart rferemplir les indications dont le diagnostic a découvei't les sources. De ce point de vue, quelle distance ne la sépare pas de la Matière médicale , qui n’est pas sa sœur , comme on l’a dit , mais plutôt sa servante , selon l’expression d’un ancien : non soror, sed ancilla.
Et cela est si vrai que la Matière médicale ne saurait se passer delà Thérapeutique , tandis que celle-ci refuse souvent les services vains ou impropres de la première, pour en demander de plus efficaces ou de plus opportuns à toutes les influences , à toutes les classes d’agents modificateurs qui viennent ainsi se mettre à sa disposition et compléter son immense domaine. C’est donc surtout par la Thérapeutique que la Médecine touche à toutes les sciences.
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Nous oserions presque dire qu’on peut composer un traité de Matière médicale sans être médecin. Un naturaliste et un pharmacien y suffiraient. D’ailleurs celte assertion pourrait être traduite en un fait. Ce n’est blesser personne que d’avancer cela et d’ajouter que le médecin seul est appelé à enseigner l’art de remplir les indications dont lui seul , par son diagnostic , a pu découvrir les sources.
Maintenant il est indispensable que nous prouvions ce que nous avons émis plus haut, « que tous nos prédécesseurs, sans en excepter un seul, ont trop donné à la Matière médicale, pas assez à la Thérapeutique, etc. . .» car nous entendons déjà dire : Mais les ouvrages de Cullen , Murray. Schwilgué, Desbois de Rochefort, de MM. Alibert et Barbier surtout, le dictionnaire de MM. Mérat et De Lens , etc sont-ils donc vides de con-
sidérations thérapeutiques, l’art de remplir les indications n’y tient-il donc aucune place?
Voyons un peu.
Cullen. Son livre a pour litre : Traitéde matière médicale , et l’étroitesse de ce titre interdit déjà au célèbre nosologiste écossais l’étude des questions les plus grandes et les plus utiles; et en effet, il n’a jamais pénétré dans le cœur de la Thérapeutique. Après avoir tracé l’histoire de la matière médicale, il aborde de vastes développements sur ce qu’il appelle V action des médicaments • or on peut dire qu’il y est parlé de tout, excepté de cet objet. Ce sont de puérils horsd'œuvre sur les tempéraments , l’état des fluides et des solides, etc.... Nulle part, on n’y saisit l’intention de l’auteur, le lien par lequel il a voulu rattacher ces songes systématiques et pourtant décousus au but qu’il se proposait, l’intelligence des lois de factio?i des médicaments JY ont y laisse voir le génie de Cullen usé et défaillant sousle poids de plus de soixante-dix années. On ne reconnaît plus le maître de Brown , l’illustre précurseur du solidisme moderne.
II est vrai qu’il fait toujours précéder l’étude de chaque classe de médicaments en particulier, d’uneoup d’œil général sur leur
influence; oui , mais leur influence physiologique. C’est constamment la drogue mise en présence avec la fibre, et l’examen de ce qui se passe entre la matière qui modifie et la matière qui est modifiée. L’étude des maladies dans tous leurs rapports d’indications et de contre-indications avec la classe de médicaments en question , y est négligée pour de misérables subtilités, des discussions oiseuses; et ce qui prouve combien ces sortes de considérations sont vaines , c’est que lorsque parfois il arrive à Cullen d’attaquer les véritables intérêts de la Thérapeutique, alors il répand la lumière ; on se sent réveillé , attaché, instruit. Lui-même secoue ses années; il ne semble plusles avoir toutes écoulées moins quelques-unes et rappelle à l’esprit railleur de la Médecine pratique.
En résumé , Cullen a été fidèle au litre de son livre et s’est attaché à y étudier V action immédiate des médicaments sur V économie animale. Il n’est pas actuellement de notre objet d’examiner cet ouvrage en détail et de juger le bien qu’il a produit. Disons seulement que ce bien consiste dans la réserve et le scepticisme qu’il a inspirés et les bornes qu’il a su imposer à la confiance aveugle qu’on avait en mille et une drogues trop respectées avant lui et dont il a su purger nos officines. C’est assurément le traité de Matière médicale le plus intéressant que nous possédions.
Murray et Gmelin. ( Apparatus medicaminum tàm simplicium quàm prœparatorum et compositorum in praxeos adjumentum consideratus , 1795.) Ouvrage très-étendu et qui n’était pas achevé quand Cullen écrivait son histoire de la matière médicale. Le jugement qu’il en porte caractérise assez bien le mérite et les défauts de cette œuvre importante : « Cet ouvrage n’est pas encore fini , dit Cullen, mais on a lieu d’espérer qu’il sera , quand l’auteur l’aura terminé, le plus complet et le plus parfait de tous çeux que l'on a donnés sur ce sujet. M. Murray a, dans ce qui est fait, rassemblé avec beaucoup de jugement et de discernement médical , tout ce qui méritait d'être
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répété d’après les anciens et particulièrement d’après les plus modernes. II montre partout qu’il connaît parfaitement tous ceux qui ont écrit sur cet objet , et il fait toujours un choix judicieux de ce qu’ils ont avancé. En distribuant les végétaux selon leurs ordres naturels indiqués par les botanistes , il a associé les substances qui se ressemblent par leurs qualités et leurs vertus, d’une manière qui peut être fort avantageuse aux étudiants. »
Ainsi , Murray est un très-judicieux compilateur. Possédant de vastes connaissances botaniques et chimiques, il en a, nous ne dirons pas abusé, mais plutôt usé pour grossir démesurément son l^vre de détails qui peuvent avoir leur utilité spéciale , mais sont à coup sûr bien indifférents aux progrès de la Thérapeutique. 11 s’est borné à la Matière médicale des végétaux , en adoptant l’ordre botanique. C’est se condamner à l’infécondité, s’affranchir pauvrement de toute direction pathologique, et négliger l’étude des modificateurs les plus sûrs et les plus généraux, le calorique, le froid, l’électricité, l’eau, les émissions sanguines, etc., etc.... C’est se défendre le droit d’entrée dans le domaine des médications. Aussi , rien de tout cela dans Murray ; et puis les substances animales médicamenteuses y sont oubliées.
Gmelin a continué l’ouvrage en traitant des minéraux. On y retrouve le plan et l’érudition de Murray en y regrettant toutefois son éclectisme, c’est-à-dire son discernement exquis au milieu des innombrables matériaux étrangers dont il s’est entouré pour édifier son riche et monumental apparatus medicaminum. C’est assurément le plus beau traité de Matière médicale que nous possédions.
Schwilgué. Encore un Traité de Matière médicale. Signalons de suite l’esprit de ce livre en citant ces paroles de l’auteur : « Ce qui constitue la Matière médicale , ce sont les changements immédiats opérés dans les organes vivants. » Partant de ce principe, Schwilgué s’empare de la division des propriétés vitales des tissus de Biehat , y
applique toutes les substances médicinales , et observe l’action de chacune de ces substances sur les phénomènes de contractilité et de sensibilité animales , de sensibilité organique et de contractilité de celte nature sensible ou insensible ; puis il indiquées affections morbides dans le traitement desquelles il est avantageux de faire naître les changements immédiats opérés sur ces propriétés vitales des tissus par tel ou tel agent.
Nous acceptons cette manière d’exécuter un traité de Matière médicale. C’est une besogne faite pour le thérapeutiste qui doit, avant de les employer, connaître l’action physiologique des éléments que lui fournit cette science ; mais l’art de remplir les indications ne se trouve pas encore là.
L’ouvrage de Schwilgué est consciencieux, péniblement élaboré, original, mais presque entièrement oublié.
Desbois de Rochefort. Cours élémentaire de Matière médicale. Ce livre qui n’a pu être fait que par un homme vieilli dans l’observation clinique , renferme de bons préceptes, consacre des pratiques éternellement utiles acquises à la thérapeutique, malgré les proscriptions de tous les systèmes. C’est la matière médicale des anciennes pathologies , le dernier effort du vieil humorisme avec ses avantages , ses défauts et ses explications surannées. Mais il est écourté, se borne à indiquer sans développements, et peut jeter dans de graves erreurs et une crédulité funeste les personnes qui ne sauraient pas compléter le sens de l’auteur et suivre ses conseils sans se placer à son point de vue.
Desbois de Rochefort est de temps en temps bon à feuilleter pour ne pas se brouiller aveuglément avec l’ancienne Matière médicale et le savoir-faire pratique des vieux médecins.
M. le professeur àlibert. Nouveaux éléments de Thérapeutique et de Matière médicale.
Enfin voici un titre qui intéresse bien plus le médecin et appelle la pathologie. L’épi-
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graphe que Stahl fournit à l’auteur est un thème bien et largement posé : Et ex itlius vitœ circumstantiis , respectibus atque totâ constitutione , etiàm expendendas ducam tàm pathologicas quàm ipsastherapeuticas œtiologias . Pourquoi M. Alibert s’est-il à lui-même créé des difficultés et des entraves en asservissant sa marche à une classification fausse et recherchée qui lui a dérobé le but , et l’a trop souvent égaré dans son zèle à poursuivre, comme Schwilgué, les actions immédiates des médicamepts sur telle ou telle propriété vitale des organes, au lieu de constater sans tant d’artifice et de stérile analyse, leurs résultats éloignés ou thérapeutiques sur les maladies divisées en quelques grandes classes naturelles? On est souvent étonné, à propos d’un médicament recommandable, de voir l’auteur ne pas craindre de donner plusieurs pages de matière médicale pure , et n’avoir que deux lignes de considérations thérapeutiques à y ajouter. 11 se complaît aussi bien souvent à discourir sans fruit sur des sujets que livre à sa plume facile et parfois trop peu sévère le plan malheureux qu’il s’est tracé, tandis que les matières les plus graves et les plus dignes d’occuper sa science pathologique s’offrent en vain de toutes parts à l’examen et à la discussion. Or, c’est presque toujours la Matière médicale qui fruste ainsi la Thérapeutique.
Nous nous empressons pourtant de reconnaître que M. Alibert sait où sont les questions, qu’il les mesure bien des fois du regard dans toute leur étendue, mais ne fait que les effléurer ; qu’il va chercher ses raisons dans la pathologie et a donné un ouvrage beaucoup plus médical que ses devanciers.
M. Barbier. Traité élémentaire de Matière médicale. L’auteur n’a pas trahi ce titre, et la Matière médicale étouffe dans cet ouvrage un peu. d’une thérapeutique mesquine assise sur la médecine des lésions. Après avoir envisagé chaque classe de médicaments en particulier , M. Barbier présente , il est vrai , de longs chapitres por-
tant le titre de Médication ; mais ne comprenant sous ce mot que l’étude des mutations physiologiques que les médicaments font subir aux organes , il s’abîme dans celle considération et s’y livre a de si microscopiques examens , que la Thérapeutique ne peut plus retirer aucun fruit de cette intéressante partie de la Matière medicale.
M. Barbier, aidé de la loupe ou plutôt de son imagination , incessamment occupé à saisir ce qui se passe de plus mystérieux entre l’agent médicamenteux et la surface qui en reçoit Y agression , plongeant avec cet agent dans le sang et les humeurs, le suivant dans l’intimité des parenchymes , assistant aux phénomènes les plus moléculaires , voyant la substance ingérée modifier la pulpe cérébrale , le bulbe rachidien , le liquide cérébro-spinal , etc., etc.... M. Barbier lisant ainsi imperturbablement dans ce livre hiéroglyphique ouvert à lui seul , est un spectacle douloureux pour les amis de la science!
Quant au caractère des principes thérapeutiques qui ont dirigé l’auteur, nous pensons qu’il suffit de citer les paroles suivantes pour en faire la juste appréciation : « J’éprouve le besoin de faire , en terminant, une profession de foi. La médecine des lésions est aujourd’hui la seule que ma conscience me permette d’exercer. J’ai vu la pratique des humoristes , j’ai vu celle des solidistes ; j’ai suivi des médecins dogmatiques, des médecins vitalistes , des médecins éclectiques, etc.; j’ai connu des admirateurs de Sydenham , de Stahl , de Boerhaave , de Stoll, etc... J’ai éprouvé, en adoptant la médecine des lésions , une assurance , un calme , une sorte de bonheur que je n’avais jamais ressentis. Quand j’ai exploré avec soin le corps d’un malade, quand je suis parvenu A trouver les lésions pathogénèses qu’il renferme, à reconnaître la nature de chacune d’elles , etc, etc., j’ai la conviction que je remplis comme il convient toutes les obligations démon ministère. Les indications thérapeutiques se montrent plus clairement : je ne puis plus nuire; j’ai la persuasion que je fais tou-
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le bien qu’il est possible de faire. Ma conscience est tranquille. » [Préface de la
troisième édition.) ! ! !
MM. Merat et De Leiys. Dictionnaire de Matière médicale et de Thérapeutique générale.
Encyclopédie immense , catalogue effrayant où l’histoire naturelle et la chimie médicale , la citation de toutes les recherches, l’enregistrement de tous les résultats et de tous les auteurs , ainsi que la bibliographie, ont envahi les trois quarts d’un ouvrage en six éqormes volumes. Il nous a été d’une grande utilité sous tous ces rapports.
M.le docteur Baylea eu l'heureuse idée de rassembler dans sa Bibliothèque de Thérapeutique, tous les travaux publiés sur chacun des agents les plus importants de la Matière médicale. Mais quel que soit le mérite de celte entreprise, précieuse surtout pour ceux qui comme nous composent un traité, elle ne constitue pas la science ; elle la prépare seulement, et plus que personne nous avons senti ce bienfait.
Notre but n’a pas été , dans cette courte et impartiale revue, déjuger tous les ouvrages qui existent sur l’objet que nous-mêmes nous nous sommes proposé ; mais de montrer que tous les auteurs dont les livres se disputent actuellement le privilège de guider les élèves et de soutenir les médecins dans l’étude de de la Thérapeutique et de la Matière médicale, ont trop négligé la première pour celle-ci.
C’est à éviter ce grave défaut que nous avons mis tous nos soins.
Au lieu de restreindre le mot modification à ne signifier que l’ensemble des effets immédiats ou primitifs produits sur l’organisme par les agents de la Matière médicale , nous lui avons fait embrasser en même temps et plus spécialement l’étude de leurs effets éloignés ou thérapeutiques ; puis , de là , sans craindre les excursions dans le champ de la pathologie, toutes les fois que cela nous semble utile pour l’intelligence de la méthode curative dont il faut développer les
règles , nous remontons au sein do cette science et la faisons servir, tant qu’elle s’y >rête , aux besoins de notre sujet. De celte manière , nos chapitres Médication sont de véritables leçons de pathologie faites du point de vue thérapeutique auquel tout est ramené. La source réelle des indications y est toujours recherchée et distinguée de toutes les autres qui ne sont pas elle, avant l’art de remplir ces indications , et le résultat de cette dernière opération vient à son tour confirmer ou infirmer la légitimité de la première donnée. En un mot , les choses qui indiquent sont constamment appréciées sous toutes leurs faces pratiques avant les choses t indiquées. C’est cette lumière mutuelle réfléchie par l’étiologie, la séméiotique, la marche naturelle, le pronostic , et l’anatomie pathologique des maladies sur leur thérapeutique , puis par celle-ci sur tous ces éléments, que nous avons voulu produira dans nos chapitres médication qui seraient! peut-être mieux qualifiés par le litre de méthodes curatives, methodus medendi.
Quand tous les agents d’une classe de médicaments possèdent des propriétés médicale:? identiques ou analogues, nous n’exposon d’eux que ce qui est relatif à la Matière mé dicale , puis , dans le chapitre médication nous considérons à notre manière toutes lep indications thérapeutiques auxquelles ils son applicables. Si parmi eux, il en est un oi plusieurs qui, indépendamment desproprié tés génériques de la classe, jouisse de quel que vertu spéciale qui le rende capable <1 satisfaire à des indications spéciales aussi, nous nous y arrêtons pour en faire tout l’histoire thérapeutique particulière, sauf, le comprendre de nouveau dans la médicà > tion dont il fait partie s’il en relève par st vertus générales; ou bien nous n’y revenoc plus si l’expérience ne l’a consacré que dai le traitement des cas spéciaux à l’occasic desquels nous avons épuisé son étude. Pf exemple, les ombellifères aromatiques etlj> labiées placées dans la classe des Excitant retiennent, comme nous l’avons dit,indépep danunent de leur actioii excitante générale
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(uelques propriétés anti-spasmodiques qui , es rendent spécialement utiles dans certains affections où tous les excitants ne sontpas ndistinctement indiqués: alors nous lesexaninons, quant à cette propriété, à chaque irticle individuel. Ils reparaissent dans leeha- >itre médication , niais, cette foi-ei, à titre d’excitants généraux. 11 n’en est pasdemôme >our le poivre cubèbe, pour les baumes et .•s résines. La pratique ne les utilisant que ans les maladies spéciales avec lesquelles ous avons exposé leurs rapports thérapeuiques , et ces maladies ne réclamant pas leur mploià titre d’excitants généraux, nous sommes dispensés d’y revenir au chapitre de la 'indication excitante. 11 était impossible de recéder autrement sans tomber dans d’insiides répétitions ou dans des oublis et des ncohérences déplorables.
L’étude particulière de certains médicaments est si importante, si spéciale, si unique t comme toute renfermée en elle-même, qu’a- Jrs un chapitr ^médication devient superflu, u ne peut contenir que quelques courtes énéralilés. Ainsi la classe des stupéfiants jrmée avec l’opium , les solanées vireuses, te.,.. Ainsi le quinquina, le mercure, etc... Pour ce qui est des classifications en Maère médicale , et de celle bien connue que ous avons cru devoir suivre, nous n’y attadons que peu d’importance et abandonnons olonliers ses défauts aux reproches de la ’itique. (ly a des médicaments qui exciten , autres qui tempèrent, qui évacuent, etc.... ut le monde en convient, et cela nous suffit mur établir des excitants , des tempérants , is évacuants, etc.... Quant au point où sur- - ssent les difficultés et les controverses , cei de savoir si tel agent douteux ou mixte >it être rangé ici ou là ; du moment ou Par- , traire et la manière de voir se disputent terrain, nous avons les mêmes droitsetreirdons d’ailleurs la question comme oiseuse, îurvu qu’à sa place ou non , ce sujet inrtœ sedis, selon la formule de M. Barbier, trouve dans notre ouvrage etySoit conveîblement traité.
' Nous sommes extrêmement jaloux de ne
pas mériter et de prévenir lin autre reproche bien plus grave et qu’on ne manquera pas de nous adresser. Bien des personnes prendront sans doute notre penchant à raisonner , pour la manie de vouloir expliquer. Autant nous nous félicitons de céder au besoin que met en nous ce premier penchant , autant nous répudions la détestable manie des explications. Écoutons un instant l’immortel Barthez; on comprendra mieux ensuite la distance qui sépare notre façon de raisonner, de ce travers d’esprit dont nous craignons d’être soupçonnés..
« Les phénomènes de la nature ne peu- » vent nous faire connaître la causalité ou » l’action nécessaire des causes dont ils sont » les effets; mais seulement nous manifester » V ordre dans lequel ils se succèdent • » nous dire quelles sont les règles que suit » la production de ses effets , et non ce » qui constitue la nécessité de celte produc- » tion.
» Toute explication des phénomènes naît turels ne peut en indiquer que la cause )> expérimentale. Expliquer un phénomène, » se réduit toujours à faire voir que les faits » qu’il présente se suivent dans un ordre » analogue ci l’ordre de succession d’au- » très faits qui sont plus familiers , et ti qui dès-lors semblent être plus connus. • ?
» C’est en formant, par des inductions ” entre les faits qui se rapportent^ chaque » cause expérimentale , des analogies qui » sont d’abord très-limitées et qu’on générait lise successivement de plus en plus, qu’on » réussit à découvrir les lois secondaires ’> de cette cause ; et chacune de ces lois de- •> vient ensuite la c/e/ d’un nouvel ordre » de faits qui dépendent de cette cause , et » qu’on n’y avait point rappelés.
» 11 faut n’employer que des analogies i» simples et étendues (pie donne le rappro-
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» chement convenable des faits bien observés » dans l'homme sain et malade.
» Les analogies sont plusparticulièiement » motivées, lorsque ces faits étant bien dé- » veloppés , présentent un rapport intime » avec un très-grand nombre d’autres faits » déjà contins y mais imparfaitement obseï - » vés , et lorsqu’ils se rattachent à des chefs „ d’analogies essentielles.
)> On en applique les résultats à d’autres » faits qui n’avaient pas été vus comme )> analogues aux premiers , auxquels on dé- )> montre qu’ils se rapportent.
» Dans les parties essentielles qui sont les ;> éléments de la science de l’homme, le corps
de la doctrine doit se former uniquement n en liant les faits propres à cette science » par des combinaisons simples détendues , » et en excluant les applications qu’on vou- » drait y faire des sciences physiques et mé- » caniques. »
Puissions-nous avoir réussi à ne pas transgresser ces grands et immuables principes! Qr, ceux qui expliquent sont ceux qui veulent pénétrer au delà de ces fait expérimentaux, les anatomiser au lieu de les subordonner à d’autres séries de faits mieux connus et universellement admis qu’on appelle des lois et auxquels on remonte par des analogies simples et étendues. C’est de cette manière qu’il est permis et indispensable de raisonner.
SPÉCIALE
ANTI-SPASMODIQUES