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II. PURGATIFS TIRÉS DU RÈGNE MINÉRAL

PROTOCIILORURE DE MERCURE.

Le Protochlorure de Mercure, Protochloruretum hydrargyri } Muriate de Mercure, Mercure doux, Calomel, Calomelas, À qui la alba, est un des agents purgatifs les plus employés, un

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de ceux dont le médecin pourrait le moins se passer.

On distingue en pharmacie deux Protochlorures, et cette distinction est très-importante en thérapeutique. L’un, connu sous le nom de précipité blanc , s’obtient en mêlant deux dissolutions de protonitrate de mercure et de sel commun, aiguisées d’acide hydrochlorique, et lavant soigneusement le précipité; l’autre, connu sous le nom de calomel préparé à la vapeur, consiste à faire passer les vapeurs de proto et de deutochlorure de mercure à travers la vapeur d’eau où elles se condensent sans s’unir, le deutochlorure restant en dissolution et le protochlorure sous forme de poudre impalpable qu’il faut laver avec soin.

Bien que l’analyse chimique ne découvre aucune différence entre le précipité blanc bien lavé et le calomel préparé à la vapeur, il y a cependant une grande différence entre leur action thérapeutique. Le précipité blanc, pris comme purgatif, cause de vives coliques et agit avec une grande violence ; le calomel au contraire est, toutes choses égales d’ailleurs, beaucoup moins actif, et cause en général peu de coliques. Aussi a-t-on banni delà thérapeutique interne le précipité blanc, pour le réserver aux emplois chirurgicaux, et le calomel au contraire se doit toujours donner à l’intérieur.

Nous n’avons ici à traiter que des effets purgatifs du calomel : déjà, en parlant du mercure, nous nous sommes occupés de son action thérapeutique en tant que préparation mercurielle.

Le Calomel est un purgatif commode en ce sens qu’il est parfaitement insipide ; aussi est-ce celui qu’on prescrit le plus souvent aux enfants. Les doses nécessaires pour produire des évacuations sont extrêmement variables. On peut dire, sans crainte de se tromper, que les mêmes effets peuvent être produits par des doses dont la différence est comme un est à dix. Ainsi un grain de Calomel purge une personne, tandis qu’une autre personne du même âge, du même sexe, et en apparence dans les mêmes conditions, obtiendra le même nombre d’évacuations avec dix grains.

Aussi ne peut-on rien dire de positif relativement aux doses de Calomel capables de purger, et faut-il s’en rapporter à ce qui se passe le plus généralement. On doit dire pourtant, afin de calmer les scrupules des jeunes praticiens qui nous liraient, que l’on peut, sans inconvénient, donner une dose quatre ou cinq fois plus forte

que celle qui est capable de purger, sans que cette augmentation de dose augmente le nombre des garde-robes dans la même proportion. Ainsi, en donnant à un enfant deux grains de Calomel, on obtient ordinairement trois ou quatre garderobes ; et en donnant dix grains, l’effet est plus prompt sans être beaucoup plus considérable. II vaudra donc mieux en général aller au delà de la dose que rester en deçà.

L’action purgative du Calomel se soutient assez longtemps : elle dure ordinairement 20 à 50 heures; chez les enfants elle se prolonge quelquefois davantage.

La couleur des selles après l’emploi du Calomel est fort remarquable. Les premières évacuations sollicitées par le médicament ne diffèrent en rien, quant à la couleur, des selles que provoquent les autres agents purgatifs ; mais quand le Calomel a traversé tout le canal alimentaire , les fèces prennent une couleur verte analogut à celle des épinards. Celte couleur quelquefoij ne s’observe pas le jour même de Padministratior du Calomel , et cela arrive quand l’effet purgati a été peu prononcé ; et alors , le lendemain, ei j même le surlendemain , on voit des évacuation vertes qui conservent ce caractère particulie pendant deux ou trois jours.

A quoi peut tenir une pareille coloration? Est ce à l’influence spéciale du Calomel sur le foie e indirectement sur la sécrétion de cet organe Cela est peu probable : mais enfin cette opinio peut se soutenir ; et ainsi on expliquerait jusqu' un Certain point l’heureuse influence du Calom sur les affections du foie, influence tant de foO constatée par les médecins qui exercent dans !•;< contrées intertropicales.

Mode d’administration et doses. — La do du Calomel est, pourles enfants à la mamelle, «

5 grains donnés en trois fois, en laissant uigi heure d’intervalle entre chaque prise; pour I enfants de 2 à 8 ans , de 6 à 8 grains pris la même manière; pour les adultes, de 12 20 grains pris en deux fois, en laissant u demi-heure d’intervalle entre chaque dose.

Toutefois, lorsqu’on veut produire une acti purgative plus énergique et plus continue, ) peut aller à un demi-gros matin et soir. C’él la manière de faire d’Amiel (de Gibraltar) de le traitement de la dyssenterie épidémique.

Ordinairement on incorpore le Calomel à ■ miel , à du sirop ou à des confitures. C’es moyen, non d’en masquer le goût, puisqu’il > insipide , mais d’en faciliter l’ingestion.

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