FOUGÈRE MALE
La fougère mâle ( polypodium felix mas) est une plante cryptogame de la famille des fougères. Elle a été vantée parles anciens comme fort efficace dans le traitement du ténia. Le fameux remède de Nouffer contre le ver solitaire avait pour base la fougère. Ou donne cette racine en décoction à la dose de 8 à 16 grammes (2 à 4 gros) , et même jusqu’à 32 et 64 grammes (1 à 2 onces) dans 1,000 grammes d’eau que l’on réduit à moitié par l’ébullition. Celte décoction est prise soit pure, soit coupée avec du lait et convenablement édulcorée , non-seulement pour combattre le ténia , mais encore les autres vers qui habitent le canal alimentaire.
On prépare une huile de fougère en prenant des souches de fougère mâle que l’on réduit en poudre et que l’on épuise par l’éther avec l’entonnoir de Robiquet. On distille et l’on obtient une huile dans la proportion de 50 grammes à
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peu près ( 1 once et demie) pour 500 gramme? (1 livre) de fougère.
Peschier de Genève prépare celte oléo-résine avec des bourgeons de fougère.
L’oléo-résine , préparée suivant la méthode de Peschier, est un remède plus puissant encore que l’écorce de grenadier dans le traitement du ténia. — On en fait des pilules de 5 centigrammes (1 grain ), que l’on donne le soir dans l’espace d’une heure. Le lendemain matin on administre une dose purgative d’huile de ricin. — Il est rare que ce moyen ne suffise pas pour chasser le ver solitaire.
Les feuilles de fougère sont maintenant généralement substituées ù la balle d’avoine pour coucher les enfants; outre qu’elles exhalent une odeur très-agréable, elles agissent utilement, dit-on, sur la santé des enfants, en les préservant des affections vermineuses.
SUIE
Déjà, dans notre première partie, nous avons parlé des propriétés vermifuges de la suie : qu’il nous suffise de répéter ici que les lavements avec une décoction de suie sont fort utiles pour combattre les ascarides qui assiègent l’extrémité de l’intestin. Quant aux strongles et aux vers qui habitent l’estomac et l’intestin grêle, on les expulse souvent avec facilité en faisant prendre au maladeuneespècedecafé préparéavec 8 grammes de café torréfié en poudre et pareille dose de suie. On édulcore convenablement, et les enfants n’ont pas trop de répugnance à avaler ce médicament.
EAUX MINERALES.
Nous avons réservé pour la fin de notre ouvrage ce qui était relatif aux eaux tflinérales, d’abord parce que la composition de quelquesunes d’entre elles en indiquait assez nettement les propriétés, et que, dès lors, nous n’avions qu’à renvoyer à l’étude du médicament qui faisait la base de ces eaux ; et ensuite parce que, pour la plupart d’entre elles, nous en étions réduits à des données thérapeutiques tellement incertaines , que nous ne pouvions vraiment les classer dans notre cadre.
Les eaux minérales, celles surtout dont la
température est fort élevée, ont dû tout d’abord frapper l’esprit des hommes; et, comme les causes qui leur donnaient ces qualités exceptionnelles étaient essentiellement occultes , il fallut aussi leur attribuer quelques vertus occultes et surnaturelles. Dans des siècles d’ignorance et de superstition , il fut facile de croire à l’intervention de la Divinité dans l’état des eaux minérales, et l’esprit de l’homme dut être d’autant plus disposé à croire à leurs vertus extraordinaires.
Mais les malades sont plus crédules encore et plus disposés à l’enthousiasme que les autres. Il n’est remède absurde qui n’ait été employé et conseillé ; il n’est médications si ridicules qui ne trouvent des partisans, et, de nos jours, n’avons-nous pas vu i’homœopathie , cette rêverie singulière , trouver des malades pleins de confiance, et des médecins peut-être croyants. Doit-on s’étonner après cela que les eaux minérales , véritablement utiles dans un grand nombre de cas , et qui contiennent des principes très-puissants , aient été suivies avec passion et aient survécu au naufrage de tous les systèmes de médecine et aux attaques des hommes les plus éminents.
Personne plus que nous n’est disposé à croire à la vertu des eaux minérales; mais, en revanche, personne n’est mieux persuadé, qu’aujourd’hui, avec les notions chimiques que nous possédons, on pourrait s’en passer à la rigueur, si le malade et les médecins le voulaient comme il faut vouloir. 11 faut nous expliquer à ce sujet.
Les conditions dans lesquelles nous plaçons nos malades qui prennent les eaux minérales sont tellement différentes de celles dans lesquelles ils vivent ordinairement, qu’avant tout, il conviendrait d’étudier l’influence de ces conditions nouvelles. Nous ne parlerons d’abord que des conditions hygiéniques , abstraction faite des eaux, en tant qu’agent thérapeutique.
Nous supposons une femme du monde au milieu du luxe de la vie parisienne , se couchant au milieu de la nuit , se levant après midi , confinée pendant le reste de la journée dans un salon parfumé, où la lumière pénètre à peine , sortant en voiture fermée quand le temps est assez beau , nourrie de mets variés et dont le goût est d’autant plus relevé que l’appétit est plus fantasque et moins prononcé. Nous ne parlons pas des passions , bonnes ou mauvaises , tristes ou gaies, des devoirs sociaux et des devoirs de famille, de mille petits chagrins qui, chaque jour, traver-
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sent la vie , et surtout de l'ennui , cette plaie de l’oisiveté et de la richesse.
Que celle femme voie son appétit se perdre, ses digestions languir , le système nerveux s’exalter, les règles se troubler, c’est une chose tellement ordinaire, que, chaque jour, le médecin est appelé pour opposer à de tels accidents les secours de son art. C’est en vain qu’il veut changer les habitudes hygiéniques , il heurte contre des impossibilités qu’il comprend luimême , et , quand la saison est venue , il envoie sa malade aux eaux.
Mais quel changement va s’opérer dans toutes les habitudes!
Les eaux minérales sont presque toutes situées au milieu des montagnes, dans des lieux peu habités, essentiellement différents, quant aux qualités de l’air, des grandes villes, d’où nous envoyons nos malades. Là , la vie est réglée et subordonnée, d’une part, à la volonté dictatoriale du médecin des eaux; d’autre part, à l’affluence des baigneurs qui , jouissant tous d’une égalité parfaite, viennent, chacun à son tour, prendre , à des heures déterminées , le bain ou la boisson. Dès le matin, et quelquefois même dès avant le jour, les derniers venus sont forcés de se lever et d’aller chercher les bains ou la douche ; les heures de la promenade , des repas, du coucher sont réglées ; le genre de nourriture est déterminé , et d’ailleurs, quelque luxe que l’on apporte aux eaux , il faut renoncer à ces mets recherchés dont abondent les tables opulentes des grandes villes.
Aux eaux on n’apporte avec soi ni le souci des affaires, ni l’amertume des passions , ni la fatigue des devoirs sociaux , ni les embarras de la vie domestique : on vit pour soi , d’une vie toute nouvelle , toute matérielle , de cette vie peu intellectuelle qui convient si bien à la santé.
Or, nous le demandons de bonne foi, un pareil changement de vie n’est-il pas plus que suffisant pour expliquer bien des miraculeuses guérisons que nous attribuons à la vertu des eaux minérales ; et n’avons-nous pas vu bien souvent, dans le cours de notre pratique, un simple voyage amener des résultats identiques à ceux que nos malades obtiennent aux eaux?
Avec cette opinion nous n’en serons pas moins disposés à envoyer nos malades aux eaux, non pas à cause des eaux en elles-mêmes , mais parce que nous ne pourrions jamais obtenir d’eux qu’ils se plaçassent dans une maison de campagne des environs de Paris, dans des conditions
semblables à celles auxquelles ils se soumettent quand ils vont aux Pyrénées ou dans les Alpes.
Ainsi donc , changement total dans les conditions hygiéniques ; tel est le premier résultat obtenu par le séjour aux eaux; tel est, dans le plus grand nombre des cas , la cause de l’immense amélioration qu’éprouvent les malades.
Nous arrivons à la seconde condition, Pinfluence des eaux en elles-mêmes, c’est-à-dire de leurs principes minéralisaleurs , de leur température et de leur mode d’administration.
II est impossible de contester que les eaux sulfureuses ne soient utiles dans le traitement de quelques maladies de la peau, et que leur usage interne ne convienne à des affections catarrhales chroniques. Personne ne révoquera en doute l’efficacité des eaux purgatives de Sedlitz, d’Epsom , de Seidchulz dans le traitement de certaines phlegmasies chroniques rebelles; on convient unanimement de la vertu lithonthriptique des eaux alcalines de Vichy, de Carlsbad, etc., etc.; mais ce dont on ne convient pas aussi unanimement , c’est de la possibilité de prendre chez soi ces mêmes eaux avec autant d’avantage.
Nous prescrivons à un graveleux l’usage des eaux de Vichy ou de Carlsbad, prises chez lui, à Paris ou à Vienne; nous lui conseillons en même temps de renoncer à une cuisine échauffante , aux vins généreux , aux acides , aux plaisirs de l’amour, aux veilles, et de prendre quatre, six, et jusqu’à dix verres d’eau minérale en faisant un exercice modéré entre chaque dose. Il ne fait qu’une demi-réforme, il ne prend chaque jour que deux ou trois verres d’eau , il ne peut trouver le temps de faire l’exercice indiqué; il ne guérit pas. Quelques mois après il part pour Carlsbad; il se lève à six heures du matin , va à pied boire à la source quatre grands verres d’eau , fait ensuite une lieue à pied, revient déjeuner, boit de l’eau minérale pendant le repas, fait une sieste, retourne à la source boire encore deux ou quatre verres d’eau , va faire encore une promenade de deux heures; revient ensuite dîner, boit de l’eau en mangeant; suit le régime indiqué; se couche de bonne heure; et, après six semaines d’une pareille vie, il est guéri , et revient dans la Ville qu’il avait quittée , vantant les merveilles des eaux prises à la source et déclarant mauvaises , inefficaces, celles donton serait tenté de faire usage ailleurs.
De bonne foi , croit-on que les eaux minérales prises dans une campagne salubre, mais prises
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de la môme manière , n’auraient pas eu exactement autant d’efficacité ; et , encore une fois , les conditions dans le mode d’administration du médicament ont-elles été les mêmes?
Disons-le, parce qu’on ne saurait trop le redire, nous péchons, nous autres médecins, par trop de condescendance , et nous ne savons pas assez imposer à nos malades les conditions de la guérison ; et nous agissons ainsi contre nos propres intérêts et contre les leurs. Pourquoi n’osons-nous jamais administrer les bains comme on les donne aux eaux , si l’expérience a constaté que ce mode était utile? pourquoi reculonsnous devant line méthode h laquelle nous laissons se soumettre nos malades quand nous les envoyons aux eaux? Voici, d’après M. Andral, de quelle façon s’administrent les eaux sulfureuses de Louèche , dont la température est de 30 à 40°. Le malade qui arrive aux bains reçoit une robe de flanelle dont il doit se couvrir le corps , avec une pèlerine de la même étoffe pour garantir les épaules du froid. On débute par une heure de bain, le premier jour, le second par deux heures, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on soit arrivé à huit heures de bain par jour, dont quatre le matin et quatre le soir. La seconde semaine du traitement se nomme haute baignée , et chaque jour six à huit heures de bain sont de rigueur. Vient ensuite la semaine d e débaignée , pendant laquelle on diminue graduellement la durée du bain. Le phénomène qu’on nomme la poussée , et qui consiste dans un mouvement fluxionnaire plus ou moins marqué vers la peau , se manifeste ordinairement vers la fin de la seconde semaine : le traitement est donc de trois semaines, et on le renouvelle si le premier n’a pas été décisif.
Encore une fois , si un pareil traitement est efficace dans les affections rhumatismales, nous avons tort de ne pas le suivre à Paris, dans nos établissements thermaux, avec la rigueur que l’on croit utile à Louèche. Il est bien probable , sinon certain, qu’avec des eaux minérales artificielles nous obtiendrions le même résultat; mais quel malade pourrait se résoudre à suivre ici ce traitement dont il observe scrupuleusement toutes les minuties quand une fois il a pris son parti du séjour aux eaux ?
Si maintenant nous voyons comment se prennent les eaux purgatives, la même réflexion nous sera également suggérée. A Sedlilz, à F.psom, à Niederbronn, les malades commencent par un verre d’eau à jeun ; puis on vient graduellement jusqu’à quatre le malin, et autant
entre les deux repas principaux; il en est enfin qui en boivent jusqu’à quinze et vingt , de telle manière que pendant vingt et un jours ils aient jusqu’à douze et quinze garde-robes en vingtquatre heures. A coup sûr une médication purgative aussi vigoureuse ne peut que puissamment modifier l’économie ; mais pourrons-nous jamais résoudre un malade delà ville à employer une pareille méthode qui , pendant trois semaines, le tient éloigné de toutes les affaires?
Ajoutez à cela que les médecins des eaux font prévaloir cette idée auprès des malades , savoir, que les eaux minérales prises à la source ne peuvent jamais avoir d’inconvénients, attendu que , comme la lance d’Achille , elles portent avec elles le tempérant qui en adoucit les effets; tandis que les mêmes eaux prises à distance , et surtout les eaux artificielles, ont tous les inconvénients de la médication sans en avoir les avantages. Mensonge grossier ! dont l’expérience fait tous les jours justice, mais que les malades ne peuvent et ne pourront jamais juger, parce qu’ils ne voient que les eaux sans tenir compte des conditions si différentes dans lesquelles ils les prennent.
Nous sommes loin de penser que l’art puisse imiter parfaitement les eaux minérales naturelles; mais nous sommes intimement convaincus que , malgré l’imperfection de nos procédés , nos eaux artificielles auraient, en définitive, autant de vertu aux Pyrénées , si elles y étaient transportées , qu’elles en ont peu à Paris où nous les fabriquons. Il est des eaux , celles de Vichy, de Carlsbad , de Seltz , de Bussang,, de Spa, d’Epsom, de Sedlitz, etc., etc., et en un mot toutes les eaux salines et gazeuses, acidulés et ferrugineuses, qui s’imitent parfaitement et qui ont en elles-mêmes autant de puissance thérapeutique à cent lieues de la source que dans le lieu où elles sortent de la terre ; mais il leur manque et il leur manquera toujours d’être prises comme elles sont prises à la source. Les eaux sulfureuses chaudes ne peuvent jamais être parfaitement imitées ; mais celles que nous fabriquons , prises avec certaines précautions , et dans une certaine mesure , ont presque autant d’efficacité que les eaux naturelles.
11 serait temps que les médecins graves et les bons observateurs s’attachassent à juger par des faits authentiques , nous ne dirons pas des cures qui s’opèrent aux eaux , mais de l’influence réelle de telles ou telles eaux dont les principes minéralisaleurs diffèrent fort peu. Mais il est fort à
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craindre que le court séjour des malades, d’une part, et l’intérêt personnel, d’autre part, ne mettent à tout jamais obstacle à l’indagation et surtout à la propagation de la vérité.
11 y a dans les Pyrénées plus de cinquante sources sulfureuses. A chacune d’elles est attachée une vertu particulière , non certes que l’expérience en ait consacré les différences et la spécialité; mais parce qu’un auteur l’a dit une fois, et que désormais tous le répéteront sur parole. Comment, en effet, l’erreur pourrait-elle se détruire ? Un très-petit nombre de médecins se consacrent au service des eaux; ils ne desservent qu’une localité, et par conséquent toute comparaison leur est impossible. Et comme l’habitude et la routine envoient aux mêmes eaux la même classe de malades, et qu’en définitive on peut constater quelques guérisons , on se contente d’observer dans le cadre étroit où l’on est enfermé.
Mais si l’on veut apporter dans cette affaire un esprit impartial et dégagé de préjugés, on verra combien peu de foi il faut ajouter à ces propriétés spéciales , si bien constatées en apparence.
Aux Pyrénées, les eaux Bonnes sont réputées les meilleures pour les maladies de poitrine; les eaux Chaudes sont préférées par quelques médecins ; Cauterels et Bagnères de Luchon réclament la même prérogative; mais partout ailleurs , les eaux minérales sulfureuses sont réputées merveilleuses dans le traitement de la phthisie; les médecins d’Aix en Savoie, d’Aixla-Chapelle , d’Enghien , citent à l’envi des cas de guérison. Voilà pour la phthisie et le catarrhe chronique. S’agit-il de rhumatisme, Bonnes sera exclue tout naturellement par la seule raison que la source ne fournit pas assez d’eau pour des douches et pour des bains ; mais les eaux Chaudes , Cauterets , Bagnères de Luchon, Aixla-Chapelle , Aix en Savoie , Enghien , auraient mille faits de guérison à citer ; ainsi des dartres, des maladies des os , etc., etc., etc.
Au milieu d’un tel conflit de prétentions exagérées , que doit penser le médecin de la spécialité si merveilleuse de telle ou telle source? Il doit croire que rien ne démontre cette spécialité , et que, si des eaux sulfureuses qui, en définitive , diffèrent par plusieurs de leurs principes minéralisateurs , ont toutes les mêmes propriétés thérapeutiques, ces propriétés sont dues au principe commun, l’acide hydrosulfurique, principe que nous retrouverons tout aussi sûrement dans les eaux artificielles que dans les eaux naturelles.
Résumons-nous. Nous croyons les eaux miné-
rales très-efficaces : nous pensons que leur puissance est considérablement aidée par le changement dans les conditions hygiéniques des malades; nous sommes convaincus que les eaux minérales artificielles sont autant et quelquefois plus efficaces que les eaux naturelles , lorsque les malades s’y soumettent de la même manière ; mais comme nous ne pouvons obtenir de ceux que nous voulons soumettre chez eux à l'usage de ces eaux la même abnégation de volonté, le même changement dans toutes les habitudes, la même persévérance qu’aux sources d’eaux naturelles, nous enverrons encore et tout le monde enverra prendre sur les lieux les eaux qu’en général on ne consentà bien prendre que sur les lieux.
Il nous resterait maintenant à étudier d’une manière spéciale les eaux minérales qui sont le plus connues. Cette élude est impossible, d’abord parce qu’il n’existe que bien peu de monographies sur les eaux en particulier , et ensuite parce que les monographies, quand il en existe , ne méritent pas toute confiance, et déjà nous en avons fait pressentir les raisons . Nous indiquerons donc les grandes divisions des eaux minérales.
Si l’on s’en tenait au sens étymologique du mot , on devrait entendre par eaux minérales celles qui contiennent, à l’état de dissolution, une substance métallique quelconque ; mais en étendant le sens de ce mot , d’ailleurs fort impropre, nous appellerons eaux minérales toutes celles qui , par leur température ou par leur composition , diffèrent essentiellement des eaux de source ordinaires. Ainsi , pour nous comme pour tous les auteurs , les eaux gazeuses acidulées , les eaux chaudes sans principe métallique spécial , seront des eaux minérales. Mieux vaudrait dire : eaux médicamenteuses naturelles ; mais il nous semble bien inutile d’introduire une dénomination nouvelle lorsqu’on s’entend si bien sur l’ancienne , si défectueuse qu’elle soit.
Du moment que nous appelons eaux minérales celles qui, par leur température ou par leur composition , diffèrent des eaux des sources ordinaires , nous appellerons principes minëraiisateurs ceux qui leur donneront cette composition distincte. Ainsi le calorique seul , l’acide carbonique , seront considérés par nous comme principes minéralisateurs , au même titre que le soufre , l’iode , le fer , etc. , etc.
Nous allons d’abord donner le tableau des eaux minérales les plus connues, en ayant soin d indiquer les principes minéralisateurs qui occupent, dans leur composition, le rang le plus important.
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