RACINE DE GRENADIER
L’écorce de la racine de grenadier ( punica granalum) a été, dans l’antiquité , employée contre le ténia , comme en témoignent Dioscoride , Pline et Celse. Depuis l’époque où écrivaient ces médecins, on n’entend plus parler de la racine de grenadier, si ce n’est au quatrième siècle par Marcellus Empiricus. Ce précieux médicament était entièrement oublié lorsqu’un médecin de Calcutta , Buchanan , le
rappela à l’attention du monde médical. D'autres médecins anglais en firent mention avec éloge jusqu’au moment où Gomès de Lisbonne fit des expériences suivies sur les propriétés ténifuges de l’écorce de racine de grenadier, et publia un mémoire, qui fut traduit en 1823 dans le Journal complémentaire des sciences médicales, et popularisa ce médicament. Depuis cette dernière époque , il est peu de médecins , dans les hôpitaux, qui n’aient quelques occasions de constater les admirables propriétés du grenadier.
L’écorce de grenadier se donne en poudre, en décoction , en extrait. — En poudre , on l’administre à la dose de 4 à 8 grammes (1 à 2 gros). Cette forme est peu avantageuse; mieux vaut la donner en décoction. On fait bouillir 64 grammes (2 onces) d’écorce fraîche de racine de grenadier dans 750 grammes d’eau , que l’on réduit à 500 par l’ébullition. Cette décoction se prendra en trois doses en laissant une heure d’intervalle entre chaque prise. Si, le lendemain matin , le malade n’a pas rendu le ténia, on lu* administre un purgatif drastique, et l’on recommence ainsi trois fois dans l’espace de neuf jours. Il est rare que cette médication ne lue pas le ténia.
Mérat conseille le même remède pour détruire les strongles et les ascarides. — On le donne utilement en lavements pour faire périr les vers qui se logent dans le rectum et y occasionnent de si insupportables démangeaisons.