‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 236 sur 242 · ACIDE CARBONIQUE.— EAUX MINÉRALES GAZEUSES · texte numérisé non relu

ACIDE CARBONIQUE.— EAUX MINÉRALES GAZEUSES

D’après le tableau que nous venons de mettre sous les yeux de nos lecteurs , on voit que l’on peut diviser les eaux minérales en acidulés gazeuses, ccîles qui contiennent seulement ou presque exclusivement de l’acide carbonique , telles sont les eaux de Seltz ; salines , qui contiennent une grande proportion de sels purgatifs, telles sont celles de Bourbonne , d’Epsom , de Sedlitz, de Niederbronn ; alcalines, celles qui contiennent du bicarbonate de soude en excès, telles sont celles de Vais , de Carlsbad , de Vichy ; ferrugineuses, celles qui contiennent du Fer en proportion assez notable pour avoir un goût alramentaire prononcé, telles sont celles de Passy , de Spa , de Forges, etc. , etc. ; Enfin sulfureuses qui contiennent une grande proportion d’acide hydrosulfurique, telles sont celles d’Aix-la-Chapelle, d’Aix en Provence, et la plupart des eaux des Pyrénées.

Bien que, dans le tableau qui précède, nous n’ayons indiqué que les principes minéralisateurs les plus importants , et surtout les plus caractéristiques , en omettant tous ceux qui ne nous semblaient pas valoir une mention spéciale, le lecteur a pu voir néanmoins qu’il n’y avait réellement pas ou presque pas d’eaux qui pussent être rangées dans une classe parfaitement distincte, à l’exception peut-être de certaines eaux sulfureuses. Ainsi la source de Seltz , que l’on peut prendre comme type des eaux acidulés gazeuses , contient en outre une notable proportion de chlorure de sodium. Sedlitz, type des eaux salines , contient une grande proportion d’acide carbonique. Carlsbad , eau minérale alcaline , donne à l’analyse, entre une grande proportion de carbonate de soude , une quantité très-considérable de chlorure de sodium et de sulfate de soude. Aix-la-Chapelle, que l’on range à juste titre parmi les sources sulfureuses , renferme une très-grande quantité de chlorure de sodium et de carbonate de soude. De sorte qu’il n’y a vraiment pas de source pure dans le sens de notre classification.

Ces nuances dans les qualités chimiques des eaux que l’on range dans la même catégorie sont peut-être la cause des différences très-notables que l’on observe entre des eaux de la même classe données aux mêmes individus. A vrai dire, nous ne sommes pas encore parfaitement édifié sur ces nuances dont parlent tant les médecins et les malades; mais enfin, comme nous n’avons pu jusqu’ici constater par nous-mêmes , et que ce travail nous sera à tout jamais impossible ,

nous ne nierons pas , mais nous douterons.

Jusqu’à plus ample informé, nous conserverons notre classification des eaux minérales et nous les étudierons sous cinq chefs , correspondant chacun au principe minéralisateur dominant, laissant à la sagacité de nos lecteurs le soin de faire les applications spéciales qui pourront être suggérées par l’adjonction de quelque autre principe minéralisateur. Ainsi nous aurions les cinq chapitres suivants : 1° de l’acide carbonique ; 2° du fer ; 5° des sels neutres ; 4° des sels alcalins; 5° du soufre.

Or, déjà nous avons traité du fer dans la seconde partie, p. 80 ; des alcalins à la fin de notre première partie, page 273 et suiv. ; et des sels neutres, en tant que purgatifs, au commencement de celle partie , page 18. Nous n’aurons donc à parler que de l’acide carbonique et du soufre; toutefois, nous devrons une mention spéciale à l’eau tenant en dissolution du chlorure de sodium.

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