‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 36 sur 242 · T AI» AC · texte numérisé non relu

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s travaux des loxicologisles, el les histoires 'empoisonnements chez l’homme , en tenant impie des résultats thérapeutiques obtenus par administration du Tabac, nous sommes restés invaincus que le Tabac ne possédait réellement as plus de propriétés irritantes que la slramoiue l la belladone , et qu’il pouvait être employé en îédeciue, à peu près dans les mêmes circonsmces. Ici nous devons faire une remarque imortante , c’est que le Tabac, par les préparons qu’on lui fait subir dans les manufactures , '’quiort des qualités irritantes qui lui sont élranères ; mais nous ne voulons parler ici que des ropriélés de la plante telle qu’on la recueille , : préparée comme le sont toutes les autres soldées dans nos officines.

Oue l’on fume des feuilles de Tabac , de slramine ou de belladone , on éprouve des effets lenliques , à la violence près. Vertiges , ivresse , •oublede la vue, nausées, vomissements , soueut diarrhée; l’infusion, la décoction, la poudre, extrait de la plante produisent encore des effets ixiques tellement semblables , qu’il serait imossible de les distinguer. C’est ce dont on peut ; convaincre en lisant les détails des expériences ’Orfiîa , de Brodie ; etc. etc., et si nous sommes onnés d’une chose , c’est que les loxicologisles mgenl le tabac et les autres solanées vireuses m mi des narcolico-âcres , tandis que d’abord les n’ont aucune àcrelé , en ce sens qu’elles ne •terminent aucune inflammation locale par le it de leur application sur une partie , et qu’en ’cond lieu elles produisent en général plutôt ;xcilalion de l’insomnie , que le sommeil , bien mlraires en cela à l’Opium et à quelques autres distances que nous étudierons plus tard. Toutefois il est évident par les expériences de "Odic, que l’huile empyreumalique du Tabac t douée d’une activité telle qu’il suffit d’en déiser une goutte sur la langue d’un chat , pour faire périr en peu de minutes. Les expériences Albinos , et celles de Fontana ne supposent pas rie aussi grande activité à cette préparation, i-ste à savoir si les autres solanées actives telles te celles qui composent les classes des daluras des atropas donneraient une huile empyreualique semblable. C’est aux pharmacologisles i’il appartient de prononcer sur celle question. On n’a que trop souvent à déplorer des einusonnemenis par le Tabac. Lorsqu’on emploie Tabac préparé dans nos manuefaelures , et îst là le plus connu , il survient ordinairement i même temps que les symptômes indiqués plus

haut en parlant des solanées vireuses, il survient, disons-nous, des phénomènes d’irritation locale plus ou moins énergiques ; au contraire lorsqu'on se sert de la plante fraîche ou séchée sans préparation , ou bien encore des extraits et des teintures qui se trouvent habituellement dans nos officines , les symptômes ne diffèrent réellement que bien peu de ceux que produit la belladone , la slramoiue. Il est vrai pourtant que le J abac a beaucoup moins d’activité que ces deux plantes.

En thérapeutique le Tabac a élé jadis beaucoup plus employé que de nos jours ; et nous sommes convaincus que ce médicament n’a pas de piopiietes spéciales assez importantes pour occuper une grande place dans la matière médicale, si l’on y conserve les autres solanées Tireuses ; nos lecteurs en resteront probablement aussi persuadés que nous par la lecture de ce qui va suivre.

1 Maladies des centres et des conducteurs nerveux. Boerbaave conseillait les applications de feuilles fraîches de Tabac sur le front et sur les tempes dans les douleurs névralgiques ; le même moyen, ou mieux l’application de la décoction ou de l’extrait , est utile encore pour calmei les douleurs de la goutte ou du rhumatisme alors que la douleur est superficielle. Dans les odonlalgies , les collutoires de décoction de Tabac, les friclions des gencives avec l’extrait de celte plante ont de grands avantages , el de plus grands que l’usage de la pipe et de la chique , conseillé également dans ce cas.

Quant aux affections des centres nerveux , elles ne sont pas combattues par le Tabac avec le même avantage ; quoi qu’on ait pu dire des succès obtenus dans le traitement des paralysies , de I épilepsie, de 1 hystei'ie, etc. Nous ne croyons pas non plus qu’on puisse conseiller ce médicament dans les affections soporeuses , sans courir le risque d augmenter les désordres cérébraux. Mais si l’on s’en rapporte au témoignage de Thomas confirmé par Anderson , le tétanos aurait quelquefois cédé à l’emploi du Tabac. Thomas ne conseillait que les lavements de fumée. Anderson appliquait les feuilles fraîches de Tabac sur les muscles qui étaient plus particulièrement convulses ; en même temps qu’il fesait sur la plaie des fomentations avec la décoction de la piaule. Il donnait aussi des lavements avec cotte même décoction et avec la fumée.

b, ms ce. laines c«E.liatal0ies , celles surtout qui semblent liées à un élal tic sécheresse extrême de

STUPÉFIANTS

la membrane pituitaire , l'usage du Tabac à priser a élé conseillé , et tons les jours on peut constater l’utilité de cette médication ; comme aussi chez beaucoup d'autres personnes la déplorable habitude qu’elles ont prise d'introduire sans cesse de la poudre de Tabac dans le nez, entretient sur la menbrane muqueuse un étal d’hypérémie habituelle et une céphalée qui en est la conséquence.

2°. Appareil des sens. Ce que nous venons de dire fait assez voir à combien d’accidents s’exposeraient, ceux qui , ayant déjà une affection chronique des narines , continueraient l’usage du Tabac en poudre. Souvent dans nos hôpitaux, nous voyons les dartres longeantes du nez et de la face ne pas reconnaître d’autres causes.

D’un autre côté , l’usage du Tabac peut être utile pour activer les sécrétions nasales , les ramollir et faciliter la respiration par le nez. Quelques personnes ont la voix toujours nasonnée quand elles ne font pas usage de Tabac.

Le larmoiement qui tient à l’endurcissement du mucus de la partie inférieure du canal nasal , peut encore être avantageusement combattu par le Tabac à priser , c’est de celle manière qu’il faut entendre ce proverbe que le Tabac éclaircit la vue ; le médecin doit encore conseiller cette médication comme moyen révulsif utile dans certaines ophlhalmies chroniques. Le mal est. à côté du bien , car chez les gens que la poudre de Tabac irrite trop , il peut survenir des maladies des fosses nasales comme nous l’avons dit plus haut , qui , se communiquant anx voies lacrymales , finissent par amener des fistules ou des tumeurs.

Les catarrhes de la trompe d’Etislache et ceux du tambour sont quelquefois avantageusement modifiés par la fumée de Tabac. Le malade remplit la bouche et le pharynx d’une grande quantité de fumée, puis, fermant le nez et la bouche , et faisant un grand effort d’expiration , il chasse à plusieurs reprises la fumée dans l’intérieur de l’oreille.

C’est un usage vulgaire dans les campagnes, de traiter la gale des animaux domestiques , leurs diverses affections' pédiculaires et les maladies chroniques dont leur peau peut être le siège , par des lotions faites avec une décoction de Tabac, ou bien encore par des pommades dans lesquelles le Tabac en poudre entre en grande proportion. Ct lie médication vA évidemment utile, et les gens du peuple appliquant à eux-mêmes une pratique que l’expérience avait sanctionnée chez les

animaux , traitent souvent par les mêmes moyens et avec succès , la gale et certaines dartres. Ils détruisent de la même manière et avec la même facilité les poux et les morpions. Mais lorsqu’on applique sur tout le corps une forte décoction de Tabac , ou de la pommade dans laquelle la poudre de cette plante entre pour une grande proportion, il peut en résulter , par le fait de l’absortion , des accidents redoutables d’empoisonnement. Mais ces accidenls surviennent principalement quand le derme est dénudé comme dans les teignes, dans les gales accompagnées de pustules. On lit dansSloll, dans le journal de Vandermonde, dans Phisloire de la société royale de Médecine , des observations qui doivent nous rendre prudents sur l’emploi du Tabac appliqué sur la surface cutanée.

5°. Maladies de l’ appareil respiratoire. Dans l’asthme nerveux , l’usage de fumer du Tabac est souvent aussi utile que l’emploi du dalura suivant le même mode. L’extrait de cette plante a encore été conseillé dans la toux férine , dans la coqueluche , mais évidemment dans tous ces cas, le dalura stramonium et la belladoune sont préférables.

Mais la fumée de Tabac en lavements a été particulièrement conseillée dans le traitement de l’asphyxie , et surtout dans celui de l’asphyxie par submersion. C’est vers la fin du siècle dernier que les travaux de Pia , échevin de Paris , et que les discussions acerbes qui s’élevèrent à ce sujet donnèrent aux lavements de Tabac une importance extrême dans le traitement des noyés. En vain Porta! donna-t-il d’excellentes raisons pour prouver non-seulement l’inutilité , mais encore le danger de ces lavements , sa voix ne fut pas écoulée , cl de nos jours encore les lavements de Tabac sont employés pour secourir les noyés. Nous partageons à cet égard entièrement l’avis de Portai , et nous pensons qu’avant de préconiser un moyen certainement dangereux, il eut élé convenable de faire quelques expériences comparatives ce qui n’a jamais élé fait.

Depuis Stcsser qui a publié à ta fin du 17e siècle un livre où il décrit un grand nombre d’appareils fumigaloites pour introduire de la fumée de Tabac dans le rectum , jusqu’à nos jours, une multitude de machines plus ou moins ingénieuses ont été successivement essayées et abandonnées. L’instrument le plus simple de tous est certes celui de Gatibius. C’est un soufflet de cuisine dont le tuyau est garni de cuir pour ne pas blesser l’intestin , et à Pâme duquel on adapte un

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