TABAC
ntonnoir. La fumée de Tabac est reçue dans entonnoir , introduite par l'écartement des alves du soufflet , et pressée ensuite doucement ans le rectum.
Maladies de l'appareil digestif. Or , à l’époue où des lavements de fumée de Tabac avaient cquis une faveur si grande , on ne les conseilla as seulement dans le traitement des asphyxies ; >ais encore dans celui de plusieurs maladies trèsraves du canal intestinal. Ainsi , l’iléus , la lier- :e étranglée, la colique de plomb, la tympan ile , dysenterie furent soumises aveuglément à la éme médication.
Déjà Sydenham avait préconisé les lavements de niée de Tabac dans l’iléus , Mertens et Schœffer «renl ajouter leur témoignage à l'imposante tlorité de Sydenham , ce moyen conservé jusi’à nos jours semblera bien insuflisant à qui muait les causes mécaniques et si souvent inaovibh-s qui donnent le plus souvent naissance ix >yinpî<)ines dont la réunion a reçu le" nom iléus. Toujours est-il que si l’iléus reconnaît •ur cause un pincement de l’intestin ou une conaction spasmodique d'une portion du tube di- *slif , la fumée ou la décoction de Tabac admis'.rees en lavement , pourront avoir quelquefois s mêmes avantagcsqiiedaiis ta hernie étranglée. SchœfFer est le premier, que nous sachions du oins , <pii ail conseillé dans la hernie étranglée,
> lavements de fumée de Tabac. Les ailleurs du ■cle dernier se sont tous accordés sur ce point , e le Tabac était utile dans ce cas, Polt. au lieu fumée , donnait en lavements l’infusion d’un os de feuilles de Tabac pour une livre d’eau. Iiaen conseillait plutôt la fumée ; Souville. parle ns le journal de Vaudermonde des heureux >-ls qu’il obtint dans deux cas de hernie élran- -'* , la première fois par un lavement fait avec décoction d’une once de Tabac dans deux livres au ; la seconde par une infusion tliéiforme de même plante qu’il administra en potion.
Tous ces praticiens donnaient alors le Tabac rlout comme purgatif, dans le but d’accélérer mouvement péristaltique de l’intestin , et par de dégager de l’obstacle la portion du tube distif qui était étranglée ; mais évidemment le Inc agissait comme agit la belladonne ou le tura , qui sont seuls aujourd’hui employés en feil cas et avec bien plus d’avantage , et qui il cesser le spasme , soit des muscles , soit des neaux fibreux qui serrent l’intestin.
La colique de plomb a été attaquée aussi par le •ne. Gravel appliquait sur le ventru des fomen-
tations faites avec une décoction de Tabac , et les y laissait jusqu’à ce qu’il survint des garde robes , et alors il administrait des purgatifs drastiques. C’est par ces mêmes fomentations aidées de ininoralifs doux, que dans ces derniers temps on a voulu combattre la dysenterie.
Les lavements de décoctions de Tabac , les infusions de Tabac prises en potions , des applications de feuilles cuites sur le ventre , sont rangés parmi les moyens les plus propres à favoriser la destruction des vers intestinaux.
Enfin il e.-t presque d’un usage vulgaire parmi les médecins , de donner des lavements de Tabac dans les constipations opiniâtres , médication absurde que nous n’avons jamais vu amener des résultats que nous n’eussions pu obtenir beaucoup plus vite ei plus sûrement par d’autres moyens.
Maladies de V appareil génito-urinaire .
Fovvler à la fin du siècle dernier vanta singulièrement la teinture de Tabac, clans le traitement de la dysurie calculeuse; le témoignage un peu suspect de ce praticien, se trouve confirmé de nos jours par celui de Henri Larle et de Sliaw. Ces deux auteurs en effet traitaient et guérissaient la rétention d’urine elle spasme de l’urètre par des lavements de fumée ou de décoction de Tabac , et Larle mettait dans le même cas , des suppositoires dans la composition desquels entrait, pour une grande partie , l’extrait de la même plante. Des travaux plus récents oui démontré que la slramoine et la belladone opposées aux mêmes accidents avaient des effets beaucoup plus certains.
Maladies diverses. C’est encore par ses vertus stupéfiantes analogues à celles des autres solanées vireuses que le Tabac a été utile dans les engorgements douloureux des ganglions lymphatiques et des glandes.
Quant aux vertus diurétiques de ce médicament, elles ont été tellement exaltées par Fovvler, qu’on ne peul guère les passer sous silence , bien que les faits rapportés par ce praticien manquent de détails suffisants. Sur 51 malades atteints d’œdôme général , d’ascite ou d’infiltration des extrémités , dix-huit furent guéris par la teinture de Tabac, dix furent soulagés, trois n’éprouvèrent aucun amendement.
Des expériences ultérieures n’ont pas confirmé ces merveilleux résu liais.
Les cendres de feuilles de Tabac ont élé également regardées comme diurétiques.
Parlerons-nous maintenant de la fumée de cette piaule employée comme moyeu purificateur. Diemerbroeck,qui la conseille pour sc préserver de
STUPÉFIANTS
la peste , pense que l’usage de la pipe est un moyen prophylactique excellent , parce qu’il force à ne pas avaler sa salive ; mais Mertens lit voir que celte habitude n’avait été d’aucune utilité dans la peste de Moscou , et à ce sujet , Murray fait judicieusement observer que parmi les Orientaux qui font un usage continuel de la pipe , la peste fait des ravages presque continuels.
Modes d'administration et doses.
Le Tabac s’emploie en infusion de quinze grains â un demi-gros par livre d’eau , en décoction de un demi-gros à deux onces, suivant que la décoction est pour l’usage interne ou pour l’usage externe. Les feuilles fraîches peuvent se donner à une dose double de celle des feuilles préparées dans nos manufactures. L’extrait s’emploie à la dose de un â quatre grains à l’intérieur, soit dans des pilules , soit pour faire des suppositoires. La teinture de Fowler , dont la formule se trouve dans l’apparatus de Murray , peut être employée ù la dose de 40 à 200 gouttes.