‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 53 sur 242 · LABIÉES · texte numérisé non relu

LABIÉES

Les Labiées composent une famille de plantes très- naturelle. Leur' nom est dû à l’irrégularité de leur corolle qui offre presque toujours deux lèvres. Il est assez difficile de disiinguer les genres de celle famille dont les espèces sont extrêmement nombreuses. Ces plantes croissent ordinairement dans des parties assez chaudes du globe.

En général les Labiées sont herbacées : leur odeur ne se perd pas par la dessication , et est

commune à toutes les parties de la plante ; cette odeur est aromatique , forte , agréable : leur saveur est amère , piquante, chaude. Ces qualités sont dues à une huile essentielle fort abondante contenue dans des glandes vésiculaires ; cette huile , dans presque toutes les espèces , contient plus ou moins do camphre. Quelques-unes contiennent en outre un pr incipe amer assez développé pour constituer leur vertu médicamenteuse principale. Plusieurs d’enlr’elles sont employées comine cosmétiques et comme condiments.

Il existe un rapport assez remarquable et qui n’a pas encore été bien suivi entre les propriétés chimiques des Labiées et leurs propriétés thérapeutiques : Nous voyons en effet certaines de ces plantes n’avoir pour principe de leur activité qu’une plus ou moins gr ande quantité d’huile volatile el en raison de cette simplicité de composition , produire des effets thérapeutiques simples aussi , c’est-à-dire toujours renfermés dans les limites d’une seule et même médication, attestant toujours les mêmes indications remplies. Dans d’autres Labiées , et ce sont les plus nombreuses, les Labiées par excellence, une proportion souvent assez considérable de camphre est tenue en dissolution dans l’huile essentielle qui est le principe naturel el commun à toute celte famille de végétaux. La présence du camphr e impr ime à ces plantes des caractères thérapeutiques spéciaux qui les rendent applicables à d’autres états morbides el leur permettent de satisfaire à des indications auxquelles elies ne seraient probablement pas appropriées sans lui. Puis viennent d’autres plantes de la même famille , toujours pourvues de leur huile essentielle et riches en outre , non plus de camphre , mais d’un principe amer assez développé qui leur assure toujours indépendamment des propriétés dues à l’huile volatile aromatique, une action par ticulière du genre de celle qui appartient à tous les amers. Enfin restent plusieurs Labiées excessivement actives, réunissant en elles et l'huile essentielle avec son arôme el ses qualités nervines , et le camphre avec ses vertus antispasmodiques et sédatives, et le principe amer avec son pouvoir tonique et fortifiant. Il semble, comme nous le verrons, que leur action thérapeutique résulte de la combinaison de tonies ces propriétés. Elles résument les facultés séparées de toutes les Labiées et celles-ci employées ensemble pourraient les remplacer comme elles réciproquement suffiraient à développer l’action réunie de toutes les autres. La mélisse représente pour nous le premier groupe thérapeu-

MÉDICAMENTS EXCITANTS

tique des Labiées , celui qui doit tousses effets b l’huile essentielle sans mélange d’autres principes médicamenteux. Le second a la menthe pour type et'cette plante peut mieux que toutes les autres Labiées être rapprochée des antispasmodiques : elle mérite une grande considération. Dans le troisième , la germandrée , le marrube , le lierre terrestre peuvent être indistinctement placés en première ligne , et nous nous bornerons à parler de l’un d’eux seulement: enfin les pr opriétés de la sauge une fois exposées rendront inutile l’histoire des Labiées du quatrième et dernier groupe.

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