‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 54 sur 242 · MÉLISSE · texte numérisé non relu

MÉLISSE

Le nom de Mélisse a été donné à celte labiée parce que l’abeille, pixiara. , la recherche de préférence et y fait un abondant butin. L’auteur des Géorgiques conseille aux amateurs d’abeilles de répandre delà Mélisse pilée autour des lieux où ils veulent attirer ces insectes :

Hùc tu jussos asperge sapores

Tri ta melisphylla et cerinlhœ ignobile gramen.

Le genre Mélisse renferme plusieurs espèces parmi lesquelles l’officinale, Melissa o/ficinalis, appelée aussi citronelle à cause de l’agréable odeur de citron qu’elle répand et dont les doigts s’imprègnent lorsqu’on la touche, est la plus connue et la plus employée. C’est une plante vivace qui croît en Europe et même en France dans les lieux non cultivés , arides , le long des haies. Sa tige est carrée , glabre , rameuse , d'environ deux pieds de hauteur, les feuilles ovales , crenélées , presque glabres , un peu luisantes en dessus, opposées ; les fleurs blanches et verticillées ; calice à deux lèvres, la supérieure a trois divisions, l’inférieure a deux seulement. Son odeur, avons nous dit, rappelle celle du citron , sa saveur est austère , chaude , piquante , aromatique. Elle contient une huile essentielle blanche à qui elle doit son efficacité. L’eau et l’alcool dissolvent ses principes actifs.

Nervin , céphalique , exhilarant , la Mélisse nous arrive de l’antiquité la plus reculée avec ces trois recommandations qui comprennent toutes ses propriétés thérapeutiques.

Ces expressions ont besoin d’ètre définies : ce n’est pas que nous voulions les conserver ou plutôt les faire rentrer dans la pathologie, mais une fois pour toutes il faut dire quelles idées elles cachent , tant parce que ces Idées n’out rien de

ridicule et restent fondées malgré l’abus , que parce que ces mots se rencontrent à toutes les pages dans les anciens auteurs et qu’il est bonde connaître , pour l’intelligence de ces auteurs , le sens qu’ils y attachaient. D’ailleurs , en appliquant à la Mélisse les explications auxquelles nous sommes obligés à cette occasion , ou aura Mine ample instruction sur tout ce qu’il est utile d’en savoir ainsi que sur les médicaments qui sont réputés jouir des mêmes vertus.

Le vice du mot médicaments nervins consiste, dit-on, dans son extension illimitée, line signifie rien pour avoir voulu signifier beaucoup trop.

Les antispasmodiques, surtout avec les restrictions que nous avons apportées à ce mot, ont, nous en convenons, un sens bien moins vague, ii 11e faut pourtant pas croire que les médicaments nervins soient tous ceux qu’on peut employer dans les maladies qui affectent le système nerveux. Cette expression a toujours eu une valeur restreinte et spéciale : elle a constamment servi ù désigner les agents qui refocillent directement et agréablement l’ensemble du système nerveux, ou plutôt encore quelque portion de ce système. Ce sont moins les névroses , l’élément spasme , qui en réclament l’emploi que les débilités , les atonies des nerfs et surtout des nerfs encéphalorachidiens. On sent que les progrès de l’anatomie pathologique , la plus grande précision apportée de nos jours dans le diagnostic local des maladies du système nerveux de la vie de relation ont dû considérablement limiter le nombre des cas où l’usage des nervins paraissait autrefois indiqué. Ainsi, c’était surtout dans les paralysies des mouvements volontaires et des organes des sens qu’on administrait ces médicaments , et les recherches modernes n’ont laissé à la plupart de ces paralysies que le rang de symptômes d’affections organiques le plus souvent inamovibles de l’encéphale. Mais il 11e faut pas s’autoriser de cet important progrès pour repousser d’une manière absolue les modificateurs du système nerveux. Heureusement nous n’en sommes pas toujours réduits à constater dans les maladies des centres nerveux ou de leurs dépendances , ces altérations matérielles dont le diagnostic fait encore plus le désespoir du vrai médecin que le mérite de l'anatomo-pathologiste , et alors la thérapeutique peut avoir une immense influence à laquelle les nervins prennent quelquefois part. Nous montrerons même, alors que nous apprécierons les caractères généraux de la médication excitante et de ses indications , que leur emploi n’est pas aussi irra

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