ABSINTHE
A rtemisa Absinthium, [liante du genre Arlcmisia de la famille des Corymbifères , herbacée , vivace. Elie se trouve dans les lieux froids , arides, sur le bord des chemins. La lige est recouverte d’une espèce de duvet blanchâtre; les feuilles sont découpées , grisâtres , à segments lancéolés ; les fleurs sont Musculeuses , petites , jaunâtres , formant un panicule très -allongé et pyramidal à calice indu ique de iolioles scaricuscs , a semences sans aigrette. L absinthe a mie odeur très-forte pénétrante , assez peu agréable , comme vireuse ;
MÉDICAMENTS EXCITANTS
sa saveur est îles plus amères , et c’est de ce caractère qu'elle tire sou nom, car Absinthe signifie sans douceur.
L’Absinthe possède à un plus hauldégré toutes les propriétés de la Camomille, et de cette exagération résultent pour la première , des indications auxquelles la seconde ne pouvait pas répondre , en même temps que des contr’indications dans les cas où suffit l’action moins stimulante et plus spéciale de la Camomille. Indépendamment des vertus stomachiques que l’Absinthe partage avec elle et sur lesquelles -nous nous taisons ici pour en parler en son lieu, cette plante doit surtout sa réputation à l’action emménagogue et ar.lhetmintique dont elle jouit. Comme ces deux actions thérapeutiques auront leur place , la première, dans une des sections de la médiation excitante , l’autre, dans un chapitre (ou/ A fait à part, nous ne faisons ici qu’indiquer 1’Ahsmthe comme pouvant les déterminer , neusj» servant d’apprécier avec soin aux chapitrek enéraux les indications de cette stimulation spéciale par laquelle on cherche ù provoquer le flux menstruel , ainsi que les moyens de satisfaire à l’indication anlhehnintique : alors nous rappellerons l’Absinthe et fixerons les conditions de son emploi dans ces deux circonstances. Nous ne devons maintenant signaler qu’une action spéciale attribuée à l’Absinthe, parce'.qu’elle ne peut trouver aucun chapitre général susceptible de la renfermer : il s’agit de son action fébrifuge.
Les propriétés fébrifuges de l’Absinthe sont plus énergiques que celles de la camomille et peuvent se manifester dans des conditions que n’atteintpas celle-ci. Nous avons dit en effet, que la première de ces synanlhérées ne possédait guère de puissance fébrifuge que contre les fièvres intermittentes nerveuses , peu légitimes et surtout nées indépendamment de causes miasmatiques. Il n’en est pas tout à fait ainsi de l’Absinthe qui peut réussir , surtout ù titre de remède préventif, contre les espèces où le quinquina jouit de toutes ses prérogatives. A cetégard l’Absinthe partage l’action thérapeutique de tous les amers , surtout quand il s’y joint , comme chez elle une qualité astringente , qualité déjà reconnue par Galien ,el il faut convenir qu’elle est un des meilleurs fébrifuges indigènes. Sa puissance s’étend quelquefois jusqu’aux fièvres automnales opiniâtres et déjà accompagnées d’engorgements spléniques et hépatiques , d’œdème et d’ascite. Ses propriétés toniques fort actives (car l’Absinthe aurait pu três-Iégiliracment être placée dans la classe de
médicaments toniques ) la recommandent aussi dans les cachexies et les lésions orga niques diverses qui suivent les fièvres intermittentes prolongées ; et c’est aussi à ce litre qu’elle est utile dans le traitement de la chlorose, de l'aménorrhée, etc... Mais nous ne devons pas anticiper sur des questions si vastes : elles appartiennent aux principaux sujets de nos plus importants chapitres.
Les praticiens feront bien de se souvenir de l’Absinthe dans le cas où l’administration du quinquina leur serailinterditcde quelque manière que ce fût. Elle a rendu fréquemment de bons services à Pinel elàM. Aliberl,* nous n’analysons pas toutes les autorités et tous les faits qui établissent celte vertu : il nous arrivera assez souvent de le faire pour d’autres fébrifuges succédanés. L’Absinthe est un agenl trop négligé : nous renvoyons , pour en étudier les indications , aux divers développements thérapeutiques que doivent suggérer les médicaments de la classe que nous passons maintenant en revue, ainsi qu'à ceux qui se rattachent aux médicaments toniques. On trouve quelquefois à utiliser les propriétés diurétiques de l’Absinthe : en traitant de la médication diurétique ,nous spécifierons ces cas. Ce n’est peut-être pas si à tort qu’on l’a dit , que des propriétés Vireuses et un peu narcotiques ont été attribuées à la plante qui nous occupe. Il est certain au moins que la liqueur connue sous le nom d’eau ou de crème d’Absinlhe enivre très-facilement, produit des verliges et un état nauséeux qui n’appartient pas alors à l’alcool, mais à l’Absinthe; cet état retrace à un faible degré et incomplètement une légère intoxication par quelque substance narcolico-âcre.
Cullen veut qu’on préfère les feuilles de l’Absinthe à ses sommités fleuries à cause de l’amertume plus prononcée des premières. On en retire une huile essentielle qui entre à la dose de plusieurs gouttes dans certaines potions excitantes. L’infusion , préparation des plus usitées , se fait avec une demi-once à une once de la plante pour une pinte d’eau.
La poudre se prend depuis deux gros à une demi-once. Le vin d’Absinlhe est une des préparons les plus employées surtout lorsqu’on veut obtenir un effet diurétique , et c’est de vin blanc qu’on se sert alors. Il y a aussi une conserve et un extrait , une eau distillée , etc.... qui s’administrent depuis un à plusieurs gros.
11 nous paraît superflu de consacrer un article particulier à l’Armoise (. Artemisia rulgaris ) , plante de la même famille et du même genre que