‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 61 sur 242 · ABSINTHE · texte numérisé non relu

ABSINTHE

Creux , de.... telles sont beaucoup de fièvres vernales surtout clans les grandes villes chez les personnes nerveuses. On voit qne cette dernière circonstance n’est que la première expliquée , ou pour mieux dire, retournée; car ce sont principalement les fièvres intermittentes ainsi caractérisées qu’on voit, quoique rarement, résister aux préparations du quinquina. Schulz a cité le cas d’une fièvre quarte durant depuis 5G mois et cédant à la Camomille après avoir été longtemps vainement combattue par des fébrifuges ordinairement beaucoup plus sûrs. » Pitcairn , dit Cullen, pensait que les fleurs de Camomille données en poudre avaient dans le traitement des fièvres d’accès autant de vertu que le quinquina en substance. Hoffmann, contmue-t-il , parait les avoir regardées comme un remède efficace et sans danger: cela m’a déterminé ù en faire usage , et ces fleurs données en poudre ù plusieurs reprises suivant la méthode d’Hoffmaim, pendant le temps de l’intermission depuis un demi-gros jusqu’à un gros et plus, ont guéri les fièvres intermittentes; mais elles ont l’inconvénient de passer facilement par les selles lorsqu’on les donne en grande quantité; ce qui fait manquer l’objet qu’on se propose de prévenir le retour des paroxysmes , et j’ai remarqué qu’il n’était pas communément facile d’en faire usage, à moins de Jes joindre à un narcotique. »

L’infusion des fleurs de Camomille est emraénagogue dans les circonstances où nous avons loué les bons effets du camphre, du casloréum , etc.... ainsi que clans les coliques du genre de celles que nous avons aussi dit être soulagées par ces deuxanlispamodiques. Mais nous reviendrons amplement sur ce point. Nous devons pourtant ici faire une observation qui pourrait nous échapper plus tard, c’est que d’après Cullen, la qualité dont iouit la Camomille de procurer la liberté du ventre la rend souvent utile, non-seulement dans les coliques venteuses et spasmodiques, mais aussi dans la dysenterie , et qu'au contraire , elle est nuisible dans la diarrhée. Cette remarque du célèbre nosologiste confirme hautement ce qu’ailleurs nous avons établi des premiers , savoir , que la diarrhée et la dysenterie se répugnent , que lorsque la première cesse , la seconde commence , ei vice versa ; opposition bien propre à fonder l’indication rationnelle des purgatifs dans la dysenterie.

Les Anglais se servent quelquefois d’une forte décoction de C miomillo bue chaude cl coup sur

coup pour faire vomir. Il est peu de boissons ainsi prises qui ne déterminent le même effet. Son usage externe n’est guère reçu, malgré les grandes qualités résolutives qui lui ont été attribuées , que contre les diverses espèces de météorisme , celui surtout des fièvres graves, où craignant de donner à l’intérieur des substances excitantes , on veut rendre néanmoins aux intestins leur contractilité et leur tonicité, flans ces cas on pratique uir le ventre des embrocations avec l’huile de Camomille camphrée. L’utilité de ce moyen nous semble fort équivoque , eL dans les cas de lympanite où on n’a pas à redouter l’emploi interne des excitants, la Camomille prise en infusion ou en lavements a une bien autre efficacité que les embrocations.

L’infusion eL la décoction des fleurs de Camomille sont les manières les plus simples et les meilleures d’administrer cette plante. On a vu pour quels cas on devait réserver l’emploi de la poudre. Un des modes d’administration les plus avantageux dans les affections atoniques des organes de la digestion , ( circonstances nombreuses et variées qui offrent presque à elles seules toutes les indications thérapeutiques auxquelles satisfait très-bien la Camomille et dont nous parlerons plus tard avec étendue ) consiste à faire à froid une infusion de huit à dix heures et à prendre quelques lasses pour toute boisson de cette eau de Camomille. On administre aussi dans des potions l’huile essentielle de Camomille. Son eau distillée peut servir d’excipient dans une foule de cas. En lavements on se sert de la décoction des fleurs ou de l’huile de Camomille. Celle-ci est la préparation employée pour l’usage externe.

Nous ne parlons pas de la Malricaire ( Matri caria Chamomilla ); elle a des propriétés trop semblables à la Camomille romaine , quoique pourtant moins marquées.

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