‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 9 sur 242 · GOMME AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

GOMME AMMONIAQUE

son mode d’action thérapeutique sur des organes éloignés par l’axiome : duobus doloribus siniul abortis , etc., etc..., sans songer que le fait, supposé exact, resterait impuissant pour nous rendre compte des effets spéciaux de la Gomme ammoniaque, etc. , etc. Mais ce fait n’est rien moins qu’exact : jamais les individus à qui nous avons administré celte substance ne nous ont accusé la moindre action stimulante, soit locale, soit générale ( il n’est pas question des effets thérapeutiques). Nous mêmes en avons pris jusqu’à deux gros en un instant, sans éprouver aucun des accidents complaisamment indiqués par les auteurs.

Action thérapeutique.

Connue et employée dès la plus haute antiquité, la Gomme ammoniaque , préconisée dans tous les cas où sont utiles les anti-spasmodiques, se recommande surtout aux praticiens par ses propriétés expectorantes, anti-catarrhales, anti-asthmatiques. Elle nous a , en particulier , paru fort avantageuse dans les asthmes essentiels, humides, dont les accès se terminent par une abondante expectoration, qui semble en être la crise. La gomme ammoniaque, en hâtant celte évacuation, et en la rendant plus facile, abrège la durée des accès, et s’oppose même à leur retour par l’action toute dynamique qu’elle partage avec les anti-spasmodiques contre les affections nerveuses.

Dans les catarrhes chroniques qui ne consistent plus ou presque plus qu’en une secrétion exagérée et vicieuse delà muqueuse des bronches, nous pou vons, comme pour les cas dont il vient d’être question, attester, l’expérience en main, les bons effets de la Gomme ammoniaque. Mais que l’on comprenne bien notre pensée, et que, par erreur de d iagnostic, après avoir administré la Gomme ammoniaque dans des maladies du cœur et des phthisies tuberculeuses, où l’asthme et l’expectoration sont subordonnés à des lésions plus graves et inamovibles, on ne vienne pas nous objecter des faits placés en dehors du cercle où nous renfermons l’action utile de cet agent thérapeutique, pour ensuite l’inculper et le discréditer. Murray semble se défier d’une pareille méprise, lorsqu’il dit : Qu in i/>sis phthisicis opportunum, sipuris ejeclio non sncccdit ?

Si, dans les cas d’asthme dont j’ai parlé, l'expectoration est empêchée par la viscosité des crachats, on se trouve très-bien d’unir à la Gomme ammoniaque une quantité égale de savon médicinal. L’alkalinité de ce dernier fluidifie les pro-

duits à expectorer, et favorise ainsi la cessation de l’accès. Sous tous les rapports, on peut la prescrire avec bienfait dans le catarrhe suffocant , affection épouvantablement grave, et qu’on est fort heureux de pouvoir modifier, même faiblement, par une médication quelconque.

Quant à son action spéciale sur l’utérus exagérée au point que M. Alibert, qui lui refuse toute propriété, même celle qui lui sert à la classer, s’est cru dans l’obligation de la ranger parmi les emménagogues , nous renvoyons à ce que nous avons dit à ce sujet pour la valériane et l’asa fœtida.

Plusieurs praticiens de mérite se loqent de son emploi dans les inflammations de la poitrine lorsque l’expectoration vient à se supprimer. « Si sputa in inflammaiionibus pectoris moram trahunt vel supprimunlur , pectus libérât. » Combinée avec l’oxymel scillitique, ils l’ont aussi vantée dans toutes les affections atoniques des organes respiratoires.

Comme Murray, nous nous étonnons de voir Cullen attribuer à la gomme ammoniaque des inconvénients qui ne lui ont jamais été reconnus par ceux qui ont su l’administrer à propos. Cet illustre nosologiste serait-il tombé dans l’erreur que tout à l’heure nous avons fait remarquer ?

Résumons : Avantages incontestables dans les asthmes , avec bronchorrhée s’y liant comme cause, effet ou complication.

Nos données expérimentales sont insuffisantes pour nous autoriser à émettre une opinion quelconque sur l’efficacité de la gomme ammoniaque dans la leucorrhée, et les maladies organiques, le plus souvent incurables, connues anciennement sous le nom d’obstructions viscérales.

Comme fondants et résolutifs dans les engorgements froids des membres, des glandes et des articulations, on a beaucoup vanté certains cataplasmes faits avec la gomme ammoniaque délayée et ramollie dans le vin ou le vinaigre.

C’est surtout en pilules qu’on prescrit celle substance. Nous l’administrons aussi souvent en petites masses telle qu’elle sort des officines. On la donne alors depuis la dose de 15 grains jusqu’à un demi-gros et un gros par jour. Les praticiens la feront, suivant leurs besoins, entrer dans une foule de préparations magistrales qu’il est inutile d’indiquer. (Voyez dans la pharmacopée universelle de M. Jourdan l’élonnanle quantité de formules de toute espèce où entre la gomme ammoniaque. )

ANTI-SPASMODIQUES

OPOPANAX, SAGAPENUM, GALBANUM.

Le Gauhndm, Bubon galbanum , ( ombellifêres ) gomme résine obtenue par l’incision du collet de la tige d’un sous-arbrisseau qui croit en Éthiopie , VOpopanax , Pcistinaca Opopanax (orabellifères), autre suc gomnao- résineux qui découle d’incisions faites aux tiges herbacées d’une grande ombellifère cultivée à Alep; le Sagapenum , obtenu comme les gommes résines précédentes du ferula persica ( ombellifères ) qui nous vient de la Médie, de l’Arabie, de la Perse, ne sauraient nous offrir grand intérêt que comme succédanés des substances que nous venons d’étudier : leur action physiologique est de même nature que celle de l’asa fœtida et de la gomme ammoniaque. Leurs propriétés thérapeutiques ne s’en éloignent pas; seulement elles sont moins actives : on devra donc les administrer à doses plus élevées. Si nous indiquons ces substances, c’est surtout pour grossir les ressources du praticien dans les cas où les anti-spasmodiques mentionnés jusqu’ici auraient trompé son attente. C'est un fait dont on ne saurait trop se pénétrer, que l’utilité de certains agents thérapeutiques, alors que ceux pris dans la même classe et ordinairement efficaces ont complètement échoué , sans qu’il soit possible de fixer à priori ces cas exceptionnels. Murray croit le Calbanum plus actif que la gomme ammoniaque ; Il caractérise par la phrase suivante la spécialité de ces deux agents : « In nervinis affectibus (Galbanum) efficacius ; vi resolvente autem ammoniaco cedit. « Sous forme de solution acéteuse il jouit d’une vieille réputation contre les cors aux pieds. Il entre dans la thériaque, le mithridate, l’orviétau, le diascordium, le baume de Fioraventi; les emplâtres diachylon, diabotanum, etc. Depuis une trentaine d’années et dans plusieurs recueils périodiques on en a vanté la teinture dans certaines maladies des yeux ou plutôt dans certains troubles de l’innervation de ces organes et de leur appareil protecteur; en parlant de la valériane nous avons formulé ces indications qui sont presque toutes tirées des propriétés anti-spasmodiques communes à la classe de médicaments dont nous nous occupons. Dans les ophlhalmies atoniques scrophuleuses, on peut aussi tirer profit de l’action résolutive incontestable du Galbanum.

Le nom d’OroPANAX est un témoignage de l’immense réputation dont a joui cette substance.

Le Sagapenum n’est plus employé. Ces deux médicaments font partie des mêmes composés que le Galbanum, et ont été loués dans les mêmes circonstances. Il est inutile de s’y arrêter.

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Substance odorante demi-fluide , sécrétée par le moschus moschi/erus , animal du genre des chevrolains , ordre des ruminants , dans un follicule volumineux que le mâle porte sous le ventre, et dont le canal excréteur vient s’ouvrir au-devant du prépuce. D’après les recherches les plus récentes , cette poche membraneuse est regardée comme une dépendance nécessaire du canal de l’urètre. Cet organe sécréteur ne fonctionne que chez l’animal adulte, surtout au tems du rut, ce qui lui fait supposer avec raison des usages relatifs à l’acte de la génération. Le Musc le plus estimé nous vient du Tonquin et du Thibet. On en reconnaît de trois espèces dans le commerce , celui de Tonquin , du Bengale et le troisième appelé Kabardin. Le premier est sans comparaison le plus pur , le plus actif et celui qu’on doit seul employer. On nous l’envoie dans les poches qui le sécrètent. Celle du musc Tonquin sont plus ou moins arrondies, aplaties , allongées, de 1 pouce ly2 environ de diamètre , encore garnies de poils roussàlres contenant à peu près de 5 à 6 gros de substance; celle-ci est en petits morceaux ou plutôt en grains irréguliers d’un brun tirant sur le rouge , doux et onctueux au loucher. On y voit des fragments noirs justement comparés à du sang desséché et qu’on dit être la partie la plus pure; il s’y mêle aussi quelques poils ainsi que des débris membraneux. Le Musc est soluble dans l’eau chaude , dans l’alcool et l’éther , etc. , etc. L’espèce que nous venons de décrire est d’un prix exorbitant (160 fr. l’once ). Le Musc du Bengale et le Kabardin sont beaucoup moins chers , ce dernier est le moins estimé. Rien n’égale la persistance et la diffusibililé de son odeur. C’est au point, qu’à l’Hôtel-Dieu , il suffit dans une salle vaste et bien aérée de l’avoir donné un seul jour à un seul malade pour qu’il soit facile de reconnaître celte odeur plusieurs mois après en entrant dans la salle. On devine sans peine tous les artifices , toutes les sophistications qu’a pu suggérer la cupidité dans le but d’un gain assuré et considérable ; rien n’a été négligé pour rendre trèsrare celle substance à l’état de pureté native. En voilà déjà trop sur l’histoire naturelle du Musc, passons à son action physiologique et thérapeutique

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M. Joerg, que dans noire thérapeutique générale nous avons loué pour les services qu’il a rendus à un des côtés de la matière médicale , et blâmé sévèrement pour la vicieuse application qu’il a faile de ses recherches , raconte ainsi les effets physiologiques du Musc : « Cet excitant ne s’est pas montré aussi diffusible et aussi pénétrant que la plupart des auteurs le représentent. Il offre néanmoins un médicament énergique qui produit des effets excitants sur le canal intestinal et particulièrement sur le cerveau , comme on doit le conclure des phénomènes qu’il détermine chez l’homme sain, tels qu’éruclalion , pesanteur dans l’estomac , appétit diminué , ou augmenté , sécheresse dans l’œsophage , comme le galbanum, vertiges, douleurs gravalives de la tête. Les effets secondaires du Musc , qui sont bien plus sensibles sur l’encéphale que sur le tube digestif, sont: bâillements étendus , et fréquentes envies de dormir, sommeil long et profond, abattement de tout le corps. Puisque le Musc excite tout le système nerveux , comme cela a lieu chez des sujets très-sensihles , son action se transmet aussi aux muscles et détermine des tremblements ou même des convulsions lorsqu’il a été pris à hautes doses. Il augmente en outre l’activité du système circulatoire en accélérant le pouls et le rendant plus plein. C’est donc avec raison qu’on le range parmi les excitants généraux; mais son action forte sur le cerveau exige qu’on l’emploie avec précaution. » Partant de ces données et appuyé sur le principe erroné que nous avons combattu dans notre thérapeutique générale , M. Joerg institue la thérapeutique du Musc.

Nous avons pris du Musc aux doses indiquées par M. Joerg. Pour être sûr de la validité du résultat, nous nous sommes assuré de la pureté du médicament. 11 nous a été fourni par M. Blondeau, qui, avec M. Guibourt, a publié sur l’histoire chimique de celte substance un important travail inséré dans le journal de Pharmacie 4 et qui nous a assuré posséder le Musc Tonquin le plus vierge qu’il fût possible d’obtenir. Son odeur, qui n’est comparable à rien , se rapproche plus de celle du camphre et de l’éther que de toute autre. C’est une odeur fortement musquée, voilà tout ce qu’on en peut dire. Sa saveur est légèrement arnère, désagréable , en partie effacée par l’intensité de l’odeur. Comme effet direct , le Musc nous a produit un léger sentiment de chaleur à l’épigastre , et bientôt dans tout l’abdomen, sans coliques, ni dévoiement sans la plus

faible nausée, puis bientôt une sensation insolite de faim , un besoin réel de manger.

Après deux ou trois heures, s’est fait sentir un mal de tête occupant surtout les tempes et l’occiput , mal de tète plutôt névralgique que résultat d’une congestion sanguine ; car le système circulatoire est resté très-calme ; puis quelques vertiges , et , enfin , un peu plus tard une assez vive excitation des organes génitaux. Nous n’avons éprouvé ni sommeil , ni sueurs , ni aucun des autres phénomènes nerveux et sanguins mentionr nés par M» Joerg. Nos excrétions ont exhalé une faible odeur de musc , et cela indépendamment des circonstances signalées par cet auteur commo pouvant induire en erreur sur ce point.

Historique et action tsérapeutique.

Les médecins grecs et arabes ne paraissent pas avoir connu le Musc. On lit partout que le premier , Aétius , en a parlé ; nous voulons bien le croire, parce que cela nous importe peu , mais il ne nous a pas été possible d’en trouver la trace dans le bel et important ouvrage de cet auteur. Au commencement du seizième siècle, l’éloge du Musc fut fait par Salomon Albertus , mais d’une manière si pompeuse , qu’elle met de suite en défiance. Qu’on en juge par ce début : « Zibetho verb longé prœsiabitior ( Moschus ), if à me hercule necessarius , ut si usurâ ejus medicinam orbaveris , ipsa protinùs mutila sit ac deminuta. » A côté de fables et d’hypothèses fort curieuses sur l’histoire naturelle de cette substance* on y trouve pourtant quelques détails thérapeutiques qui ne laissent pas que d’intéresser et de servir à rendre plus unanime ce qui peut rester de fondé et d’acceptable sur les propriétés de ce médicament. G’est d’abord dans l’hystérie et tout son cortège qu’a été constatée son utilité '. Utero imprimis , qui omni tempore spasmis enormibus subjectus per gratum. C’est dans les ouvrages de Plaléarius, de Zacutus et d’Amatus Lusilanus, qu’il faut voir les prodiges opérés par fe Musc. Les observations de Lud. Mercatus sont moins concluantes. Elles portent sur des lésions organiques, sur des prolapsus de la matrice , et il fallait la foi toute fanatique de ces observateurs dans les théories qu’ils avaient reçues des médecins grecs, pour croire qu’à l’odeur du Musc , l’utérus réellement abaissé allait reprendre sa place derrière le pubis. Mais tous ils avaient remarqué ce qui-, de nos jours, est encore observé, savoir qu’à certaines femmes nerveuses, le Musc

ANTI-SPASMODIQUES

donnait dos spasmes hystériques: Abejusdem odore naribus hausto , fœminas ut plurimùm in suffocutionem liysteriam incidere j circontance importante , et qui rend bien difficile l’emploi de ce remède , car il est impossible de savoir à priori quelles femmes il jettera dans les spasmes, quelles femmes il en délivrera... Quibusdum mulieribus uteri provocationern adfert , aliis contrà liane mire prodest. Rien de eela n’avait échappé à Junker, qui ne fait pas de difficulté pour le ranger parmi les causes occasionnelles de l’hystérie, Les auteurs que nous avons cités plus haut l’employaient en emplâtres sur l’hypogastre et au haut des cuisses en même temps qu’ils approchaient des parties supérieures du corps les odeurs les plus fétides: par le premier de ces artifices, ils attiraient ou contenaient à sa place l’utérus séduit par le parfum du Musc , et par le second, ils le forçaient, à cause de son horreur pour les miasmes dont ils l’affectaient , à quitter la poitrine et la gorge, celle ascension constituant, suivant eux, toute l’hystérie. Utero enim valdè gratus , quare emplastrum ex moseho ad retinenduvi uterum furentem umbilico ùnponere. Quœ dùm fiunt graveolentia simul naribus admovere , etc., etc. On est étonné de voir le célèbre Rivière professer encore cette opinion , et recommander le Musc dans le même but. De tous les faits tendant à démontrer l’efficacité du Musc dans l’hystérie, il n’en est pas de plus probants, en apparence, que ceux rapportés par P. Forestus, dans son chapitre : De mulierumviorbis . Je dis qu’il sont concluants, parce qu’à côté de la médication , se trouve le diagnostic, et un diagnostic marqué de ses traits les plus caractéristiques. Ensuite, l’effet est si prompt, si complet, si inespéré, que le doute est impossible, si on ne tient pas grand compte d’un petit fait que nous exposerons après avoir rapporté les observations merveilleuses de Forestus.

D’abord , c’est une jeune fille chez qui l’hystérie n’est pas méconnaissable aux traits suivants : Audiebal quidem sed non poterat loqui , et licèt non loqueretur, subindè plorabat, rursus ridebat , etc.. Qu’on nous permette, ici, comme hors-d’œuvre , de faire remarquer dans le passage suivant le germe de la théorie , que dis-je ? la théorie tout entière de l’hystérie, donnée par Forestus , ce qui n’affaiblit en rien le mérite de l’auteur, qui , de nos jours, l’a reproduite, et l’adéveloppée de la manière la plus, entraînante : Vide batur , (pue lia) laborare extetro vapore sursùm ( ex utero ) elato per spinœ inenibranas et ner-

vos ad cerebrum. L’emploi des moyens les plus héroïques avait été infructueux, on ne savait plus que faire : pro deploralâ liabebatur ; enfin dit Forestus : coacti fuimus suadere ut aliqua mulier digito in hoc liquore irnmerso ( une mixture avec le Musc) vulvarn intus confricaret , etc. L’accès fut presque aussitôt calmé. Une autre observation est encore celle d’une jeune fille très-sujette à l’hystérie : Forestus fut appelé , l’attaque durant déjà depuis longtemps : Adeo violenta , dit il , ut pro senti mortuâ ha beretur : anhelitum trahere non potera, frigidurn exsudabat, totumque corpus quasi convellebatur utero ad superiora rétracta. Forestus eut recours au moyen qui lui avait si bien réussi : Vix digito irnposito in vulvarn cum confricatione ad viiraculum ad se rediil , et ab orci faucibus quasi erepta est.

Nous avons fait sentir plus haut que ces observations étaient moins péremptoires qu’elles ne le paraissent. En effet , la médication de Forestus est très-complexe : elle se compose du Musc , mais plus encore , et c’est ce que n’a pas su dégager Forestus, de l’introduction du doigt dans la vulve, introduction complexe elle-même, car elle avait lieu cum confricatione. Or , cette seule opération est très-propre , comme nous allons le voir à réveiller une hystérique. Dans la passion hystèriqne , les fonctions cérébrales , le moi , ne sont pas abolis, ils ne sont que maîtrisés, subjugués par l’empire de l’utérus, sous l’influence duquel sont alors les foyers de l’innervation locomotrice , ce qui explique l’irrégularité des mouvements musculaires ordinairemenUoumis à la volonté. Mais qu’une sensation forte , de joie , de douleur , d’effroi , de surprise, etc. , vienne alors avertir la femme d’un danger qui menace l’économie, de l’existence d’un objet qui l’intéresse vivement , soit pour le posséder, soit pour s’en éloigner , de suite le cerveau reprend ses droits , et ce triomphe de la vie intellectuelle amène aussitôt la fin de l’accès. Quiconque se sera philosophiquement rendu compte des phénomènes de l’hystérie , et en aura scrupuleusement suivi la filiation , partagera celte théorie déjà clairement entrevue par les médecins du dix-septième et du dix-huitième siècle. Hé bien , maintenant , croit-on que le singulier procédé de Forestus ne soit pas bien capable de provoquer chez une jeune fille la réaction conservatrice dont nous venons de parler, réaction nécessairement liée à un sentiment de pudeur irrésistible et que la surprise vient encore fortifier ?

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Comment Forestus ne s’élail-il pas expliqué la puissance de cette influence sur les hystériques , lui qui , dans d’autres observations , rapporte que des femmes ont été guéries de leurs accès par la même manœuvre sans le secours du Musc, et par l'arrachement des poils du pubis, procédé que du reste il regardait avec raison comme trèsinconvenant ? Les faits de Forestus, tant invoqués par ceux qui ont préconisé le Musc , sont donc sans la moiudre valeur.

On objectera , ce qui du reste parait prouvé , qu’un tampon de charpie imbibé de laudanum, et porté sur le col de la matrice , au fort d’un accès d'hystérie , le suspend assez souvent : on peut faire à celte médication , d’ailleurs fondée en raison , les reproches que nous venons d’adresser à Forestus. Qu’on nous pardonne celte discussion , et la longueur des citations, à cause de l’importance du sujet , et surtout parce que, privés d’expérience personnelle sur les effets du Musc dans l’hystérie , nous avons voulu y suppléer en révisant celle des autres. Tâchons maintenant d’apprécier la valeur de ce moyen thérapeutique dans une affection où , sans beaucoup plus de raison , il n’a pas été moins vanté. Je veux parler du typhus. Le docteur Marcus , médecin allemand , ancien sectateur de Brown , converti à l’organicisme par la lecture de Bichat, et qui a précédé l’auteur des Phlegmasies chroniques dans l’idée de regarder la fièvre comme étant toujours le résultat de l’inflammaion , le docteur Marcus , dis-je , s’est beaucoup servi du Musc dans le typhus : il a publié sur ce sujet un travail où de nombreuses observations viennent à l’appui de ces théories.

Pour lui , le typhus dont il a été témoin est une encéphalite ; mais quelle encéphalite ! Tous les cas de guérison qu’il rapporte se sont terminés, sans exception ( qu’on remarque bien ceci) , le septième, le quatorzième, ou le vingt-uuième jour, par des évacuations criliqnes ; chez quelques-uns, après le vingl-unième jour , a persisté une fièvre intermittente qui a toujours cédé au quinquina. La marche de la maladie était celle d une dolbinenlérie revêtant la forme inflammatoire et nerveuse, comme cela se voit si souvent. Les individus étaient pris de frissons intenses de chaleur, de fièvre vive; il s’y joignait bientôt des phénomènes de délire ou de coma , une céphalalgie intense , une grande stupeur , en un mot , oui le cortège des affections typhoïdes. On débutait ordinairement par des saignées , puis veuaieut les antispasmodiques, et au premier rang

le Musc : si la maladie était une dolhinentérie bénigne ( synogue simple) , et qu’on eût donné le Muscle cinquième ou sixième jour, comme elle se jugeait le septième , on en faisait honneur au traitement ; si , à la fin de ce premier jour , on n’avait que la rémission commune aux dothinentéries qui parcourent deux ou trois septennaires, celle rémission n'en était pas moins regardée comme un effet de la médication. Nous en dirons autant pour les terminaisons du quatorzième et du vingl-unième jour qui se sont faites comme elles devaient se faire, suivant les lois invariables qui règlent la marche de cette maladie en dépit de toutes les médications. La terminaison par la mort a eu lieu deux fois le onzième jour , malgré le Musc , la rémission du septième jour ne s’étant pas montrée une fois le vingtdeuxième jour, une autre au bout d’un mois, toujours malgré le Musc, et parce que les dothinentéries ne peuvent pas toutes guérir. Dans tous les cas où l’époque et le mode de la conclusion fatale infirment encore le diagnostic du docteur Marcus, le ventre n’est pas ouvert , on ne regarde que l’encéphale , qui est toujours trouvé congestionné : voilà l’encéphalite ! Il n’ya , dans ce travail , qu’un seul cas qui soit une affection idiopathique du cerveau; mais alors, comme on le sent bien , ce n’est pas un typhus. Il appartient à un vieillard de soixante-un ans , qui , après un coup de cruche reçu sur le crâne , eut un érysipèle ambulant auquel il succomba, et l’autopsie fit voir une phlegmasiè des méninges , qui ne fut pas plus docile au Musc que les dothinentéries, avec lesquelles on l’a confondue. L’ouvrage du docteur Marcus ne prouve donc ni pour ni contre l’efficacité du Musc ,* seulement il sert merveilleusement à fortifier nos idées sur la nature des fièvres continues, graves , qui ne sont pas plus une encéphalite qu’une gastro-entérite, qu’une hépatite ou une splénite , mais une maladie sur la nature de laquelle ce n’est pas ici le lieu de disserter , et que le médecin n’est pas plus maître de juguler qu’une variole ou un exantèmegravequelconque. Les observations de Mertens , qui fil usage du Musc dans la peste de Moscou, et dans la fièvre catarrhale épidémique qui la précéda , sont plus concluantes que celles de Marcus; mais c’est que Mertens était un hippocratique, un émule du grand Sloll; qu’il ne prétendait pas couper par le milieu une fièvre grave, et se proposait tout simplement de combattre par le Musc les accidents nerveux qui entravent si puissamment la marche désaffections typhoïdes, bien qu’encore dans ces cas , les anli-

ANTI-SPASMODIQUES

spasmodiques aient peu de valeur; car ils ne sont pas des anti-septiques , et que c’est dans celte classe de médicaments , si elle existe , qu’il faudrait chercher alors un remède aux symptômes nerveux. Nous en dirons autant des deux Franck.

Nous arrivons à unpoint beaucoup plus important , et où il nous sera permis d’affirmer pour notre propre compte : il est question de l’emploi du Musc dans certaines pneumonies avec délire, de celles que les anciens appelaient ataxiques malignes. C’est à M. le professeur Récamier qu’on doit les premiers faits de ce genre.

Pour quiconque a bien apprécié ces faits , les anti-spasmodiques en général étaient indiqués , et ici le Musc a plus spécialement réussi. Mais ce point de pratique est sérieux, et vaut la peine que nous le discutions avec l’importance qu’il mérite.

L’observation la plus décisive de l’habile praticien que nous venons de nommer , est surtout saillante par son caractère apparent de diathèse pléthorique et inflammatoire réfractaire aux émissions sanguines portées le plus loin possible, sans la plus légère modération dans les symptômes qui les avaient motivés, symptômes qui semblaient, au contraire, s’exaspérer sous l’influence des moyens qui les réduisent ordinairement. Le délire survint pourtant avec des signes d’adynamie et d’incohérence nerveuse ; le Musc fut donné , et au bout de deux jours , la malade (femme enceinte de sept mois) fut exempte de tout danger. Un autre cas appartient à un vieillard pris tout à coup d’une violente pneumonie : il parut d’abord bien supporter les émissions sanguines , puis soudainement il tomba dans un collapsus extraordinaire, avec délire et ataxie ; le Musc prescrit d’abord sans succès , on administra quelques cuillerées de café , qui excitèrent un peu l’organisme, après quoi le Musc trouvant son opportunité, le malade , qui semblait voué à une fin prochaine , recouvra promptement la santé.

Dans ces deux cas , les phénomènes locaux de la pneumonie n’ont disparu que plusieurs semaines après la guérison de l’état général qui en constituait à lui tout seul toute la gravité.

Ces observations sont fortifiées par trois autres non moins concluantes publiées dans la Bibliothèque médicale (année 1818), par M. Jacquet, sous le patronnage de M. Récamier. Elles ne laissent rien à désirer sur la précision du diagnostic , la spécialité de symptômes généraux dans leurs rapports avec une médication anti-spasmo-

dique , et le succès immédiat et incontestable de celte médication. Nous pouvons augmenter de deux cas le nombre des succès du Musc dans les pneumonies ataxiques. C’est d’abord un homme pris dans un état d’ivresse d’une pneumonie très-aiguti. Saigné plusieurs fois en ville , il entra délirant à l’Hôtel-Dieu , bien que la gravité des phénomènes nerveux ne fût pas suffisamment expliquée par l’intensité de la lésion locale. Les antimoniaux furent sans aucune prise ; tous les élèves avaient jugé le cas mortel. Le Musc fut prescrit, et le lendemain le malade entrait en convalescence. Quelque temps après, nous eûmes encore l’occasion d’employer le Musc chez une jeune fille qui, affectée d’une pleuro-péripneumonie médiocrement intense , comme lésion pulmonaire, avait vu, sous l’influence des antiphlogistiques et des antimoniaux , s’accroître la susceptibilité nerveuse qu’elle présentait déjà à son entrée à l'hôpital : puis cet état se changer en un délire violent et ataxique dont le Musc triompha rapidement.

Nous savons bien que M. le professeur Chomel a voulu en appeler à l’expérience clinique pour infirmer ces résultats ; mais c’est ici le cas de ne pas oublier le principe si sage dont il s’efforce de pénétrer ses élèves , c’est qu'avant de faire de la thérapeutique, il faut établir le diagnostic, non pasce diagnostic qui s’obtient par le slhétoscope et le plessimèlre, mais par l’appréciation du mode de réaction de l’individu malade. Ceci nous mène malgré nous à distinguer dans la pneumonie quatre sortes de délire : 1° Celui qui dépend de l’intensité de la phlegmasie pulmonaire , et y est immédiatement subordonné , comme un effet à sa cause : à coup sûr un tel délire ne sera pas modifié par le Musc, parce que cet agent est sans puissance contre la pneumonie elle-même, et que le délire cédera aux moyens qui enrayeront celle-ci ; 2° délire lié à la suppuration du parenchyme pulmonaire , et probablement du même genre que tous les délires typhiques produits par les résorptions purulentes. C’est de celui-là qu’on peut dire avec Hippocrate : « A peripneumoniâ phrenitis maluni : » il est presque constamment funeste , indépendant de l’étendue de la pneumonie : le Musc ne saurait l’atteindre ; 5° un délire causé par une ou plusieurs complications phlegmasiques siégeant ailleurs que dans la poitrine , et méconnues du praticien : ce cas rentre dans la première variété ; 4° c’est un subdelirium avec défaut d’harmonie entre les différents symptômes et prédo-

MUSC

inancedes accidents nerveux, qui sont sans ipporl évident avec l'inflammation du poumon ; H état ataxique s’accroît sous l’influence des tiliphlogisliques ou des antimoniaux : la respiition est sans fréquence extraordinaire; la èvre n’a rien d’excessif ; à n’en juger que par auscultation , la pneumonie est peu grave , et ^pendant, la résistance vitale défaillante, désoronnée , s’affaisse tout à coup , et le malade leurt. Voilà l'ataxie , voilà la malignité , ui ne consistent pas , comme on se le figure orurnunément , dans la simple exaltation du fstème nerveux , le délire , les soubresauts , js convulsions , etc.; car ces accidents ne sont ien moins qu’ataxiques , quand ils ont leur sison organique suffisante hors du système erveux , comme dans les trois premières diviions que nous avons établies. Hé bien ! c’est dans ette dernière forme de délire, dans celle que ous appelons ataxique . que se trouve l’indicaon du Musc; or, l’observation de M. Chomel pparlient à celui de la première ou deuxième esèce . comme on peut s’en convaincre en la lisant Lancette française, II, 397), et ne nous semble a rien infirmer la valeur de celles que nous avons apportées , car elles n’ont rien de commun.

Il résulte de ces faits et de la discussion qu’ils ont rovoquée que certaines péripneumonies , dont i marche est entravée et aggravée par un état erveux qui en est jusqu’à un certain point inrléendanl , se résolvent sans peine, si après avoir uffisamraent déféré à l’indication de la saignée , n sait lever l’obstacle par le moyen thérapeutique qui se trouve alors dans un rapport électif vec la situation du malade ; ce moyen ici , c’est î Musc, dont l’administration en pareil cas exige uelques règles indispensables. On peut en presrire jusqu’à quinze à vingt grains et plus par aur, mais à doses filées, comme le dit M. Récanier , c’est-à-dire en dilribuant les vingt grains :n cinq pilules , dont une est donnée toutes les îeures , et en continuant ainsi jusqu’à ce qu’on obtienne une rémission des accidents, ce qui a icu ordinairement au bout de huit à dix heures iu plus, après quoi , d’après M. Récamier , il ne aul plus compter sur les effets qui sont prompts iu nuis. Ce profond observateur a eu encore à ’en louer dans d’autres phlegmasies que les >éripneumonie$ , lorsque survenait la même omplication ataxique, et cela ne doit pas étonner, misque le Musc n’a pas d’action spéciale sur les mumons enflammés.

Nous ne nous amuserons pas à discuter sur ce

qu’on a Ait des avantages du Musc dans l’épilepsie, parce que nous n’y croyons pas, malgré l’autorité de Haller, Van Swieten et Tissot. Quant au fait inséré dans les Transactions philosophiques et tant de fois cité pour prouver la vertu du Musc dans l’hydrophobie , il ne signifie qu’une chose , savoir que la rage résiste à tous les remèdes. Il a été employé dans le tétanos, dit-on , avec succès. Warner, Salomon, Alberlus, ne tarissent par sur ses propriétés contre les spasmes , le hoquet , la dysphagie , et toutes les maladies nerveuses. On lit dans les mémoires de l’institut de Bologne la relation de quelques faits qui paraissent confirmer ces prétentions.

Il y a dans l’ancienne bibliothèque médicale un fait fort curieux de l’heureux emploi du Musc dans une maladie composée cV attaques apoplectiformes avec hémiplégie du côté droit , lesquelles cessaient ainsi que la paralysie pour revenir bientôt , et semblaient devoir par leur aggravation causer prochainement la mort de l’individu. M. Alibert cite un cas de succès dans une fièvre, dont les phénomènes , dit-il , étaient nerveux, o Je prétends que le Musc , dit Cullen , est un des plus puissants anti-spasmodiques que nous connaissons. » Nous voudrions qu’il nous eût été donné de pouvoir administrer ce médicament dans les cas que spécifie le célèbre nosologiste ; il est impossible de ne pas y ajouter une certaine confiance ; ces cas sont ceux de gou lie déplacée et fixée sur quelque viscère important ; or Cullen jugeait à merveille celte maladie, et ce qu’il en dit est très-favorable au Musc. C’est en pareille occasion que Pringle dit aussi l’avoir trouvé très-efficace; Cabanis,, qui en était persuadé, le donna pourtant à hautes doses à Mirabeau, qui paraît avoir succombé à une affection de ce genre portée sur le diaphragme et le péricarde.

Nous n’en finirions pas si nous voulions citer tout ce quia été dit de moins intéressant sur le Musc ; nous n’ajouterons qu’une chose, c’est qu’à cause de son effrayante cherté, de la persistance étonnante de son odeur désagréable et très-fâcheuse pour certaines personnes, il faut le plus possible en restreindre l’emploi, ne l'administrer qu 'alors que les agents de la matière médicale reconnus pour avoir des effets analogues auront été impuissants, et le réserver surtout pour les cas de pneumonie dont nous avons parlé et encore pour ceux de goutte remontée, comme le veut Cullen. On pourrait peut-être trouver à utiliser son action aphrodisiaque.

Pour nous résumer, nous dirons que le Musc

32 ANTI-SPASMODIQUES

nous semble surtout rencontrer ses indications dans les accidents nerveux graves qui compliquent d’autres maladies et sont associés à ces maladies, non comme effet direct, comme symptôme, mais comme élément séparable. Nous ajoutons que ces maladies sont presquetoulcs inflammatoires et que les accidents nerveux qui peuvent s’y lier et que nous regardons comme réclamant l’emploi du Musc , portent presque toujours sur les fonctions encéphaliques et consistent surtout dans le subdelirium, le coma-vigil et ces palpitations musculaires et fibrillaires qui donnent lieu aux soubresauts , à l’agitation des muscles du visage, avec un regard incertain et étonné, tout cela n’étant pas en proportion des accidents inflammatoires locaux ou fébriles, et ne pouvant se rattacher non plus à un empoisonnement de tous les solides par un sang altéré comme dans les maladies typhoïdes.

Doses et Mode d’administration.

Cullen assure qu’il est d’autant plus actif qu’il est plus odorant, et recommande de le donner en substance. Les médecins russes et allemands en portent la dose jusqu’à un gros en vingt-quatre heures. Nous croyons qu’on fera bien de l’administrer en pilules de quatre à cinq grains, comme nous l’avons indiqué plus haut, et de porter ces pilules jusqu’à quatre ou cinq dansles vingt-quatre heures. On peut aussi le donner, comme Fuller, en julep à la même dose; il entrait dans les confections d’alkermès et d’hyacinthe, dans la poudre réjouissante de la pharmacie de Paris, ainsi que dans une foule d’autres préparations. ( Voyez Pharmacopée universelle de Jourdan. )

CASTOREÜM.

Substance sécrétée par le castor fïber, mammifère du genre Castor, ordre des rongeurs, au moyen de trois paires de glandes préputiales ou réunion de glandules placées sous la peau du ventre chez le mâle et la femelle. A l’état frais, elle est jaunâtre, semi-fluide, d’une odeur fétide, et s'amasse après avoir été formée, dans deux poches oblongues, accolées l’une à l’autre, sillonées à l’extérieur, garnies à l’intérieur de nombreuses locules, renfermées elles-mêmes dans le cloaque commun aux parties génitales et à l’anus du Castor. Ces deux réservoirs s’ouvrent par un seul canal excréteur en dedans du prépuce, où ils déposent le Casloreum qui sert de lubréfiant à ces parties pour les besoins de la copulation.

Une enveloppe fibreuse entoure et les glandes et les vésicules. Le Casloreum du commerce est encore contenu dans ces vésicules piriformes, assemblées par leur canalexcréleur , un peu aplaties , comme plissées. C’est une substance résinoïde, d’un brun rougeâtre à l’extérieur, jaunâtre à l’intérieur où elle est coupée çà et là par des intersections blanchâtres. Quant à sa consistance elle est assez sèche et friable; son odeur est pénétrante et fétide, sa saveur âcre et amère. Le Castoreura est souvent sophistiqué avec différentes résines et du sang, comme l’avait déjà très-bien indiqué Dioscoride. Il faut voir dans les ouvrages des naturalistes et des auteurs de matière médicale, tels que Pline, Dioscoride, Malhiole, Aetius, toutes les fables répandues sur l’histoire du castor et sur l’origine de la substance qui nous occupe. Passons à ce qui est principalement de notre objet.

Action physiologique.

Ici encore nous ne pouvons nous dispenser de faire intervenir M. Joerg pour lui demander de quel droit avec ses ridicules expériences il vient donner un démenti aux auteurs les plus graves, et substituer ses sophismes thérapeutiques aux résultats cliniques seuls admissibles en pareil cas?

Écoutez l’arrêt sans appel de celle cour de cassation en matière médicale : « Considérant qu’à la dose de cinq à vingt grains le Castoreum n'a produit chez les différents expérimentateurs que des éructations accompagnés de la saveur qui est particulière à cette substance , ce qui prouve seulement qu’il est difficile à digérer , M.Joerp opine pour que le Bastoreum soit rayé des matières médicales et banni des officines comme inutile. Si nous ne comptions pas assez sur le bon sens de nos lecteurs , nous réduirions bien vile à l’absurde de semblables conclusions ; mais elles ne peuvent séduire personne. Observons seulement que d’après les essais de Thouvenel il ne faut pas moins de quatre gros de Casloreum administrés à un homme sain pour déterminer quelques symptômes d’excitation , et ajoutons que même à celte dose, n’en éprouvât-on rien , il faudrait bien se garder de préjuger l’action thérapeutique.

Historique et action thérapeutique.

Galien, Celse, Arétée, ont employé le Casloreum dans des cas semblables à ceux où de nos jours son action est le moins contestée. Pline, Alexandre de Tralles, en font aussi mention; le

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