SYSTÈME MUSCULAIRE
Si l'on doit agit’ sur une grande étendue , on percute eu parcourant successivement tous les points, et en s’y arrêtant quelque temps.
Cette forme du Massage ne doit être employée que pour le cou, les épaules, le dos, les fesses, les lombes et les membres ; on doit la rejeter pour le tronc, la face, et en un mot, pour toutes les parties où les os sont très-superficiels.
Les parties très-charnues , connue les mollets, les cuisses , les fesses , sont celles où l’on peut frapper des coups les plus forts.
Les coups seront d’autant plus rapprochés qu’ils seront plus légers; mais lorsque l’on croira devoir frapper très-fort, il faudra mettre assez d’intervalle entre chaque coup, pour que la partie ne s’échauffe pas , et ne devienne pas plus douloureuse. Il faut attendre, en un mot, que l’impression douloureuse produite par chaque coup soit entièrement dissipée avant d’en frapper un nouveau.
11 est de précepte de commencer par percuter à petits coups toute la surface sur laquelle on se propose d’agir, afin de l’accoutumer d’abord à line vibration légère ; et l’on va en augmentant rogressivementde force.
Telle est la manœuvre indiquée par M. le docteur Sarlandière ; manœuvre dans laquelle des expériences nombreuses l’ont seules dirigé; manœuvre à laquelle ce praticien attache une importance extrême comme condition sine quâ non du succès de la médication.
M. Sarlandière a remarqué , et celte’ observation l’a singulièrement étonné, que lorsque l’on a percuté ainsi pendant quelque temps d’une manière convenable, la peau au lieu de s’être échauffée a au contraire une chaleur moindre qu’avant l’expérience; et le succès de la médication n’est jamais si assuré que lorsqu’il est facile de constater cet abaissement de température.
La percussion a , comme le Massage par malaxation, la propriété de délasser très-promptement les gens fatigués , ou par une longue marche ou par une fièvre éphémère qui n’a laissé que de la courbature.
Mais c’est surtout dans les affeclron rhumatismales qu’elle a été employée avec le plus grand avantage par M. Sarlandière. On remarque en effet que si l’on percute un membre affecté de rhumatisme musculaire , et dont les mouvements sont tellement enrayés que la moindre extension ou flexion cause des douleurs intolérables ; les mouvements deviennent beaucoup plus faciles après 15 ou 20 minutes d’une percussion bien entendue. La douleur , il est vrai , reparaît or-
dinairement quelques heures après que cesse le Massage ; mais huit , dix séances suffisent ordinairement pour soulager un rhumatisme opiniâtre , et une seule quelquefois enlève une affection légère.
Quand le rhumatisme est vague , il faut le poursuivre dans les points divers qu’il va successivement occuper jusqu’à ce quVnfiu il ait complètement disparu.
Dans le cas de paralysie des membres , comme alors il faudrait atteindre une trop grande profondeur , on emploie le Massage par malaxation concurremment avec la percussion.
On percute dans l’air ordinaire , dans l’air chaud , dans l’air chargé de vapeurs aqueuses ou autres. La percussion qui , dans l’air sec, ne doit jamais durer plus d’une demi-heure, doit avoir beaucoup moins de durée dans la vapeur. Les séances de percussion , pour être efficaces , doivent être renouvelées 2 , 3 , et jusqu’à cinq fois par jour, mais jamais plus de deux fois quand on l’exerce dans la vapeur.
Nous avons dit que ce mode de Massage était particulièrement indiqué dans le rhumatisme apyrétique ; mais il faut se garder de l’employer dans le rhumatisme fébrile , et surtout dans la goutte et dans l’arthrilis rhumatismale , si ce n’est quand, à la fin de ces maladies, il ne reste qu’une roideur générale accompagnée d’endolorissement.
Tels sont les résultats de l’expérience de M. Sarlandière relativement à une pratique trop peu connue et trop peu employée.