ANGUSTURE
de 5 pétales soudés en tube ; 5 à 6 étaminos, dont deux antliérifères ; ovaire sessile au Tond de la fleur.
Parlk usilée. L'écorcc. — Nom pharmaceutique, Cortex angusturae, angostorae.
— Nom vulgaire, Angusture vraie, cusparé.
Cette écorce est en plaques plus ou moins larges, roulées, minces sur les bords : épiderme gris jaunâtre ; cassure compacte, résineuse, d'une teinte brun jaun;\trt3; saveur amèrc, nauséeuse, un peu àcre et piquante.
Comme nous le verrons plus tard, il est très-facile de confondre l'Angusture vraie avec l'Angusture fausse, qui est un poison violent; mais l'Angusture vraie se reconnaît facilement à son écorce toujours
mince, peu rugueuse, à sa face intérieure plus ou moins rosée, et à ses bords taillés en biseau, enfin à ce que l'acide nitrique ne la colore pas en rouge, coloralion qui se produit avec l'Angusture fausse, et qu'elle doit à la brucine qu'elle contient; aussi sa saveur est-elle très-amère
D'après l'analyse d'Husband , cette écorce contient de la gomme, une matière amère, de la résine et une liuilc volatile. Il est remarquable qu'elle ne renferme pas de tannin.. \u moyen de l'alcool absolu, Saladin en a retiré un principe cristallisable en tétraèdres qu'il a nommé Cvsi>a>in.
f')-ëparaUons. La poudre, l'extrait, l'infusion, la teinture, se préparent comme pour le quassia amara. (Voy. plus haut.)
Suivant Mérat et de Lens, les naturels du pays où l'on récolte l'Angusture la regardent comme supérieure au quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes; ils l'emploient aussi comme le simarouba et le Colombo dans la dysenterie.
Chez nous, il a été fait quelques expériences pour constater les propriétés fébrifuges et antidysentériques de l'Angusture. Reydellet et Niel, de Marseille, ont administré la poudre d'Angusture à cinq malades affectés de fièvre intermittente vernale qui tous ont guéri. Fodéré n'a réussi que trois fois dans huit cas où il a tenté le même inoyen. 11 n'y a rien d'extraordinaire de voir le médicament le plus insignifiant guérir la fièvre intermittente, et surtout celle qui se développe au printemps; cette maladie, ciinsi que nous l'avons dit déjà bien souvent, cède spontanément, et l'expérience n'a de valeur que si on la fait sur des malades atteints de lièvre intermittente tierce ou quarte qui dure depuis au moins quinze jours, avec un type parfaitement régulier. C'est dans ces conditions que M. Bretonneou, de Tours, a expérimenté les propriétés fébrifuges de l'écorce d'Angusture, et il a trouvé ce médicament parfaitement inefficace.
Quant à ses propriétés antidysentériques, elles ne sont pas mieux démontrées que sa vertu fébrifuge.
L'Angusture n'est donc d'aucune utilité médicale, car le peu de bien qu'elle peut faire comme amer, nous l'obtenons par tous les amers indigènes.
Fausse Angusture ; Pseudo-Angustura^ Angustura virosa; Brucen ontidysenlerica. L'écorce d'Angusture, vraie qui avait été apportée en Angleterre en 1788, fut employée pendant longtemps comme fébrifuge \ mais en 1808, elle produisit des empoisonnements ; et l'on reconnut alors qu'elle était mélangée d'une autre écorce quia été désignée depuis sous le nom de fausse Angusture .' elle fut attribuée au Brucea antidysenterica ou ferruginea observé par Bruce en Abyssinie ; plus tard, Virey
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soupçonna qu'elle était produite par un stryclinos^ opinion qui fut confirmée par M. Batka, qui fit voir que la fausse Angusture était produite par le strychnos nux vomica, et plus récemment M. Ghristison est venu ôter tous les doutes qu'on aurait pu avoir à cet égard.
Comme elle arrive mêlée aux écorces d'Angusture vraie, elle a pu causer de terribles accidents, et M. Bretonneau, de Tours, qui faisait des expériences dans son hôpital sur les propriétés fébrifuges de l'Angusture, vit mourir dans d'horibles convulsions un malade, victime de la méprise du pharmacien.
L'Angusture fausse est plus épaisse, plus rugueuse à sa surface, d'une couleur variable, mais toujours plus foncée que celle de l'Angusture vraie ; de plus, ses bords sont taillés à pic et jamais en biseau.
Aussi est-ce une raison de plus de proscrire l'Angusture vraie, qui, sans utilité spéciale, peut être l'occasion d'erreurs aussi déplorables.
11 est probable d'ailleurs que la fausse Angusture partage les propriétés thérapeutiques des strychnos dont nous avons parlé au chapitre des Médicaments excitateurs.