‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 129 sur 335 · ANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

ANGÉLIQUE

h' Angélique, Angelica Archangelica esi une plante vivace de la famille des Onabellileres.

Caractères génériques. Involucre nul ou de quelques folioles seulement; iiivolucelles polypiiylles, pétales un peu recourbés en dessus; fruit ovoïde, mem-

braneux sur les bords, marqué do stries saillantes et longitudinales, surmonté par les deux styles qui sont divergents.

Caractères spècifl'iues. Racine vivace, grosse, allongée, charnue, très-rameuse, noirâtre à l'extérieur, blanche à l'intérieur. Tige cylindrique, grosse^ dressée,

rami'uso, creusée intérieurement, striée, glabre et couverte d'une poussière glauque, liante de 100 à 130 centimètres. Fleurs très-grandes, pétiolées, bi ou tri- [jinnées; ombelles très-grandes et trèsnombreuses. Fruit ovoïde, allongé, relevé de côtes saillantes. Il renferme une huile volaille, une résine àcre et une substance amère.

L'odeur aromatique suave qu'elle répand lui a mérité son nom. On se sert' des tiges de l'Angélique avant le développement complet de la plante, ou bien des racines de première année, qui ont pourlant des qualités médicinales moins prononcées que les jeunes tiges. On en

fait des conserves, des liqueurs de table. Les conPisours préparent avec ces tiges un bonbon délicieux, et qui, mangé lorsqu'il est récent, peut remplacer tous les modes d'adminisiration de l'Angélique.

Les peuples du nord de l'Europe, les Lapons surtout, en l'ont une incroyable consommation à titre d'aliment, du condiment et de remède. C'est comme puissant sudorifique et bécliique qu'ils l'emploient le plus souvent. Dès qu'ils ressentènt la moindre colique, ils se mettent ?i màclier de l'Angélique comme on fait du tabac. L'.\ngélique entre dans la préparation de l'eau de mélisse composée, du baume du commandeur, etc.

Après ce que nous avons dit de l'anis, il y a peu choses à ajouter sur l'Angélique, si ce n'est qu'elle a plus que lui des propriétés toniques assez marquées qui la rendent plus recommandable dans les affections muqueuses, les fièvres catarrhales qui laissent après elles une si profonde langueur de l'estomac, et une tendance interminable à cette sécrétion blanchâtre et pultacée qui tapisse alors la muqueuse buccale, et dont la présence est tout à la fois cause et effet de cette inertie désespérante des forces digestives, qui entraîne des convalescences interminables, et peut être la source d'une foule de maux ultérieurs. L'infusion de jeunei tiges de l'Angélique rendra alors des services évidents. Le dégoût insurmontable des malades est souvent vaincu par l'excellente saveur de cette plante prise en infusion ou mâchée, telle que la préparent les confiseurs. Ce premier pas fait, l'Angélique développe sa vertu ; l'estomac, la muqueuse buccale, peuvent assimiler les saburres qui cmoussaient leur sensibilité : celle-ci reprenant peu à peu sa vigueur et son type, sa sécrétion recouvre ses caractères ordinaires, l'appétit renaît, et c'était là ce qu'il fallait obtenir ; car, du moment oîi il est possible de le satisfaire, les accidents nerveux se dissipent, la fréquence du pouls, les sueurs partielles et affaiblissantes n'ont plus lieu, et les forces se rétablissent. Ce genre de propriété bien apprécié, on sent facilement les cas dans lesquels l'Angélique pourra remplir les indications où l'anis et d'autres ombellifères auraient été inefficaces. Le mélange que quelques nations font de cette plante avec les aliments les plus ordinaires prouve mieux que tout ce qu'on pourrait en dire ses vertus stomachiques et anticoliques. Ce n'est sans doute qu'à cause de son action sudorifique qu'on lui a attribué des propriétés alexitères, bien que, d'après des expériences de Pringle, elle dût jouir essentiellement de ces propriétés.

Comme analogues et succédanés de l'anis et de l'Angélique, que nous avons adoptés pour types de l'action thérapeutique de cette famille de végétaux, il faut que nous mentionnions le Persil, Apium petroselinum, que nous aurions dû peut-être ranger parmi les excitants spéciaux qui

LABiïŒS.

ont une action diurétique, à cause des propriétés assez marquées qu'a cette plante d'exciter la sécrétion urinaire ; le Cerfeuil, Scandix cercfolium, qui a été donné très-souvent comme dépuratif dans les maladies de la peau ; comme apéritif, désobstruant, antiictérique dans les maladies organiques du foie et les hydropisies qui en dépendent. Ce qui vient surtout à l'appui de cette action, c'est celle qu'il a, employé en cataplasmes, comme résolutif dans certains engorgements externes, dans les maladies des mamelles, en fumigations dans les cas de tumeurs hémorrhoïdales douloureuses, oîi nous l'avons vu souvent réussir, calmer les cuissons déchirantes qu'éprouvent aloi's les malades, et faire rentrer le bourrelet hémorrhoïdal ; l'Ache, Apium graveolens, qui fait partie du sirop des cinq racines apéritives ; la Coriandre, fruit du Coriandrum sativum ; le Fenouil, fruit de V Anethum fmiculum ; le Carvi, carum Carvi ; leCumin, Cuminum, Cyminum ; l'Anelh, Anethum graveolens, etc , etc.. Ces cinq dernières ombellifères, dont on n'emploie que les fruits, se rapprochent plus de l'anis que celles que nous avons énumérées avant elles ; le mode d'administration et les doses sont les mêmes.

La famille des Magnoliacées renferme une plante dont les propriétés thérapeutiques sont les mêmes que celles de l'anis officinal, et que nous devons placer ici comme pouvant tout à fait remplacer ce dernier : c'est la Badiane ou anis étoile, arbre qui croît à la Chine et au Japon. On en emploie les fruits aux doses et dans les mêmes circonstances que nous avons indiquées.

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