HYSOPE. GERMÂNDRÉE. MARRUBE. LIERRE TERRESTRE
priété qu'elle partage avec d'autres plantes amères, telles que la camomille, la petite centaurée, etc., et ce que les auteurs grecs, puis arabes, ont toujours raconté sur son action désobstruante des viscères, et surtout de la rate : Lienem absumit chamœdrys.
M. le professeur Chomel administre assez .souvent l'infusion de Germandrée dans la convalescence des fièvres typhoïdes qui ont eu la forme adynamique, de même que sur la fin de toutes les maladies aiguës qui sont suivies d'un état de langueur et de détérioration des fonctions organiques.
Sans compter sur les vertus anliasthmatiques et anticatarrhales de l'Hysope pour triompher des affections de poitrine contre lesquelles on l'a vantée outre mesure, on peut en faire l'excipient de potions qui renferment des agents plus héroïques et l'administrer en infusion pour boisson ordinaire aux vieillards asthmatiques et sujets aux catarrhes.
Le Marrube et le Lierre terrestre ayant presque toujours autrefois été loués dans le cas de phthisie, et les anciens praticiens ayant attril)ué à leur vertu la cicatrisation des cavernes pulmonaires, le dessèchement d'abcès scrofuleux des poumons^ etc., ces observations exagérées ont rais en défiance et fait abandonner leur usage. Nous ajouterons peu de foi à tout ce qu'Alexandre de Tralles, Caelus Aurelianus, Celse, disent de l'efficacité du Marrube dans la phthisie. Ce dernier auteur a établi sur le traitement de cette grave maladie des règles et des préceptes admirables. Il recommande le Marrube, mais combiné à des substances qui peuvent probablement revendiquer une grande part dans les effets obtenus. Il l'associait à la térébenthine, resinœ terebenthinœ pars dimidia. Les cas les plus spéciaux qui réclament l'emploi du Marrube sont ceux où nous avons conseillé la gomme ammoniaque, c'est-à-dire les cas d'asthme pituiteux dans lesquels la cessation de l'accès paraît subordonnée à l'évacuation de mucosités filandreuses et transparentes. Le Marrube a non-seulement cette affinité d'action thérapeutique avec la gomme ammoniaque ; il a aussi un peu de la fétidité de cette substance.
La petite quantité de fer qui est contenue dans cette plante justifieraitelle le cas particulier qu'on en 51 fait dans l'aménorrhée et le scorbut? Il n'y a rien à dire aux observations de cancers du foie rapportés par Chomel et guéris au moyen du Marrube. Linné en parle comme d'un remède efficace dans le ptyalisme mercuriel.
Le Lierre terrestre est de toutes les Labiées amères celle qui a conservé le plus de vogue, nous ne voulons pas redire tout ce qui a été écrit sur ses merveilleuses propriétés dans les maladies chroniques et les altérations organiques du poumon. Morton voulait que dans la phthisie hémoptoïde [phthisis ab hœmoptoe) on l'employât à hautes doses et longtemps. C'était le sirop de Lierre terrestre qu'il vantait beaucoup alors : Magis vero[saltem inhujusmorbi initio et post recentem hcemoptoen) syrupo ex hederâ terrestri) quem in phthisi hœmoptoicâ prce cœteris omnibus commendatum vellem copiosè usurpandum), insistendum est. La circonstance
des hémoptysies donne ici de la valeur au diagnostic, et, par conséquent, à la thérapeutique du célèbre auteur de la Phthhiologie. On devra employer de préférence le Lierre terrestre dans tous les cas que nous avons dit être en rapport thérapeutique avec les Labiées amères.
Indépendamment des eaux distillées et des infusions, il y a des sirops et des extraits de ces plantes. On les donne aussi en poudre à la dose de plusieurs grammes. Les doses des autres préparations sont très-illimitées. Les infusions ont plus d'avantages que tous les modes d'administration que nous venons d'indiquer.