CANNELLE
MATIÈRK MÉDICALE.
La Cannelle est une écorce aromatique provenant du Laurus cinnamomun, arbre de la famille des Laurinécs, cnntandrie monogj'nie de Linné, qui croit aux Indes, à Java, à Sumatra, à l'ilc de Ceylan, aux Antilles, à Cayenne, etc.
Le commerce fournit plusieurs espèces de Cannelle : l» la Cannelle de Ceylan, qui est en écorces très-minces, roulées comme du papier et renfermées les unes dans les autres, d'une couleur citrine blonde, d'une saveur aromatique un peu piquante; 20 la Cunnellede Chinf, |)lus épaisse que la précédente, moins roulée, d'une couleur plus foncée, d'une sa\ eur plus piquante et moins agréble ; Z° la Cannelle de Cayenne, qui se rapproche, par l'odeur et le goût, de celle de Ceylan ; d'une couleur pàle, presque blanchâtre, fondant assez facilement dans la bouche par la succion.
On distingue aussi la Cannelle mate, qui provient du tronc du Cannellier de Ceylan, dont la cassure est fibreuse comme celle du quinquiua jaune, et brillante; mais M. Guibourt conseille de la rejeter de l'usage pharmaceutique.
Toutes les écorces dont nous venons de parler sont privées de leur épiderme; elles sont fournies par les arbres cinnamomifùres et proviennent, les unes du Laurus cinnamomun, les autres du Laurus cassia (ex-cannelle de Chine).
L'écorce du Cassia lignea et les feuilles d'Inde ou malahalruni. qu'on attribue au Laurus vt ilabalruni, sont aussi des Cannelles qui se rapprochent par leurs propriétés de la Cannelle de Chine ; elles ne sont plus usitées que pour faire la thériaque.
L'écorce de Culilawan, laurus Cutilawan ; la Cannelle giroflée, dicypellium caryophylatum et d'autres écorces connues sous le nom de Cannelle, appartiennent à la même famille et ont les mêmes propriétés : quant ^ la Cannelle blanche. Cannettaalba guttifère, elle n'est plus em|)lûyée.
C'est la Cannelle de Ceylan qui devrait être employée exclusivement en médecine; mais à cause de son prix élevé on lui substitue celle de Chine, qui renferme, 11 est vrai, une plus grande quantité d'huile volatile, mais qui est moins aromatique et moins suave. D'après Leschenault, les
cannelliers renferment tous des quantités variables de camphre.
L'analyse de l'écorce de Canelle donne : huile volatile, tannin, mucilage, matière colorante, acide, cinnamique, amidon.
Poudre de Cannelle.
On pulvérise la Cannelle sans laisser de résidu.
Poudre digeslive simple.
(Poudre de Duc.)
Pr. : Cannelle en poudre. . . 1 partie. Sucre 16 —
Eau distillée de Cannelle.
Pr. : Cannelle de Ceylan. . . 1 partie. Eau , • • ■ 8 —
Concassez la Cannelle, mettez-la dans la cucurbite avec l'eau, laissez macérer pendant douze heures, et distillez avec la précaution de ne pas rafraîchir entièrement le serpentin, retirez 't parties du produit.
Eau de Cannelle alcoolisée.
Pr. : Cannelle 3 parties.
Alcool à 80 degrés. . . 1 — Eau 24 —
On laisse macérer pendant trois jours, et l'on retire 12 parties du produit à la distillation.
Cette préparation peut remplacer avantni^eusement l'eau de Cannelle orgée et l'eau de Cannelle vineuse des anciennes pharmacopées (Soubeiran.)
Sirop de Cannelle.
Pr. : Eau d.istillée de Cannelle 1 partie.
Sucre très-blanc 2 —
Faites un sirop par simple solution à froid et filtrez au papier : c'est le sirop alexandrin des anciens.
Teinture de Cannelle.
CASCAUILLE, 6o7 Potion cordiale (hôp. de Paris).
Pr. : Craiiu'Ile 1 partie.
Alcool à 80 degrés. . 4 —
Faites macérer pendant quinze jours, passez avec expression et filtrez.
Pr. : Vin rouge 123 grammes.
Sirop de sucre. . 30 — Teinture de Cannelle. 8 — Mêlez.
La Cannelle s'emploie en poudre, et alors la dose est de SO centigrammes à 1 gramme et demi. Son huile essentielle fort chère s'administre à la dose de 5 à 6 gouttes dans beaucoup de potions stimulantes. L'eau distillée de Cannelle, désignée communément sous le nom d'Eau de Cannelle orgée, parce qu'on la prépare en distillant l'écorce dans une décoction d'orge, s'administre aussi dans des potions, des apozèmes, etc., à la dose de 30 à 60 grammes. Il en est de même du sirop de Cannelle. Sa teinture peut s'employer aussi depuis quelques gouttes jusqu'à 4 et 8 grammes, etc. Cette préparation et l'huile essentielle sont usitées en frictions, en liniments dans certains cas de rhumatisme chronique, de débilité partielle, etc. Toutes les anciennes compositions stomachiques, cordiales, alexipharm.aques, etc., contiennent de la Cannelle.
On peut se servir, comme congénères et succédanés de la Cannelle, du laurier d'Apollon, Laurus nobilis, dont les feuilles et les baies sont trèschaudes, aromatiques et excitantes ; et de la casse en bois, Lawus cassia, dont l'écorce plus grosse, plus épaisse, moins aromatique que la Cannelle, jouit des mêmes propriétés qu'elle, quoiqu'à un degré moins prononcé.
GASGÂRILLE.
Le Cascarilla (cliacrille, quinquina aromatique, faux quinquina, écorco éleutliérienne) estuneécorce que Linné a d'abord attribuée au Clutia eruteria (Croton eluteria, Swartz) puis au Croton Cascarilla, arbres des Antilles et de divers pays de l'Amérique méridionale, appartenant à la famille des Euphorbiacées.
Les écorces de Cascarille se présentent dans le commerce en fragments longs de 8 îi 12 centimètres, plus ou moins roulés, bruns, durs, à cassure résineuse finement rayonnée. L'épiderme est rugneux, fendillé comme celui du quinquina; l'odeur de cette écorce est assez agréable, surtout quand on la cbauffe ; sa saveur est acre, amére, aromatique. M. Guibourt en distingue deux sortes : l» la Cascarille officinale, de cc)ulour brun rougeâtre ; 2» la
Cascarille blanchdlre, dont l'épiderme est marquée de fissures longitudinales, et qui donne à la pulvérisation une poudre blanche dont la saveur est un peu camphrée.
Composition. L'écorce de Cascarille contient, d'après Trommsdorff, une huile volatile verdàtre, un extractif amer, une matière résineuse, du mucilage. Los principes actifs sont solubles dans l'eau et dans l'alcool.
Les diverses préparations employées sont : la poudre, la tisane (2 ù. 4 grammes pour 1,000 grammes d'eau), la teinture.
Veau distiU('p, etc.
La Cascarille entre dans la composition de Vélixir de Sloughton, l'élixir antiseptique de Chaussier, etc.
Indépendamment des propriétés excitantes fort marquées de la Cascarille et des indications qu'elle est propre à remplir en vertu de ces propriétés, beaucoup d'auteurs lui ont reconnu une efficacité antipériodique analogue à celle du quinquina.
Nous regardons comme assez inutile la citation des auteurs qui ont vanté ou déprécié la Cascarille. Les témoignages de Cullen, Werlhof, Bepgius, nous semblent mériter plus de confiance que ceux fort vagues de Stisser, Apinus, Santhesson Ceux-ci ont préconisé les vertus antipériodiques de la Cascarille que les premiers ont expérimentalement constaté être nulles ou fort peu prononcées.
Si Stahl et ses élèves, surtout Junker, la placent si singulièrement audessus du quinquina, c'est qu'ils avaient des raisons de théorie, des intérêts de doctrine qu'ils voulaient sauver et que contrariait l'efficacité reconnue de l'écorce de Pérou. Pinel et Alibert aftirment pourtant iivoir heureusement associé la Cascarille au quinquina, dont elle assure et accroît, disent-ils, la puissance fébrifuge; et Desbois, de Rochefort, la dit utile quand il faut arrêter une fièvre intermittente produite ou entretenue par le défaut de ton et un relâchement considérable des premières voies ; ce qui, ajoute-t il, arrive souvent dans les suites des fièvres quartes d'automne. Nous doutons que la Cascarille satisfasse mieux à cette indication que l'antipériodique par excellence, et celui-ci ne devra jamais être abandonné pour l'écorce dont il est question, hors les cas de disette ou d'excessive cherté. Il a été démontré, contre d'anciennes assertions, que la Cascarille ne contient pas les principes actifs et surtout fébrifuges de quinquina, avec lequel elle a quelques points physiques de ressemblance.
La dose est en poudre de i2 a 4 grammes. Il y a une teinture alcoolique et un vin de Cascarille.
ÉGORGE DE WINTER. MUSGADE. GEROFLE.