PIMENT
quelques années M. Alègre vint le proposer comme médicament jouissant <l'une grande efficacité contre les tumeurs hémorrhoïdales enllammées et douloureuses. Une commission nommée par l'Académie de médecine <;xpérimenta ce médicament et en obtint de bons résultats. D'après le rapport, CCS résultats sont plus ou moins marqués suivant qu'on emploie le Piment contre les tumeurs hémorrhoïdales plus ou moins anciennes, et suivant qu'on a affaire à des hémorrhoï es accidentelles ou constitutionnelles. Ainsi, quand on administre ce remède h des hémorrhoïdaires chez lesquels les tumeurs ne se montrent qu'une ou plusieurs fois chaque année, et s'accompagnent d'une irritation plus ou moins intense, exigeant souvent le repos au lit, etc., on a observé que dès le second jour <le l'usage du médicament, il se manifeste une amélioration très-sensible <lans les symptômes et que les malades sont ordinairement guéris en quelques jours.
Mais chez les individus dont les hémorrhoïdes existent à l'état permanent et ont le caractère constitutionnel, et qui éprouvent un certain nombre d'exacerbations chaque année, l'action du remède est loin d'être aussi prompte. Toutefois il jouit encore, dans ces cas, d'une véritable efficacité; en effet, après quelques jours de traitement, les douleurs se calment, le volume des tumeurs diminue, et bientôt elles se flétrissent et deviennent indolentes.
De plus, on a remarqué que les céphalalgies qui accompagnent souvent les hémorrhoïdes deviennent de plus en plus rares chez les hémorrhoïdaires qui sont soumis au traitement par le Piment.
En résumé, si l'on s'en rapporte aux faits assez nombreux qui ont été observés jusqu'à ce jour, le Piment paraît posséder une propriété en quelque sorte élective sur les tumeurs hémorrhoïdales, qu'il modifie généralement avec avantage. Il importe d'ajouter, d'ailleurs, que ce médicament, tout en guérissant l'inflammation hémorrhoïdale, n'a pas l'inconvénient de supprimer le flux sanguin qui est nécessaire à la santé de certains individus ; l'observation, au contraire, a constaté que souvent ce moyen a pour effet de provoquer ce flux et de le favoriser. Toutefois il faut bien savoir une chose : c'est que le Piment ne met nullement à l'abri des récidives ; ce qui signifie qu'il peut modifier avec succès les accidents inflammatoires qui se lient à l'état hémorrhoïdal, mais qu'il ne va pas jusqu'à guérir radicalement les hémorrhoïdes.
Le Piment s'administre tantôt sous forme de poudre, tantôt sous forme d'extrait aqueux, et dans les deux cas en pilules. L'extrait aqueux paraît mériter la préférence : on le donne à la dose de 50 à 60 centigrammes et la poudre à celle de 75 centigrammes à d gramme. La dose est prise en deux fois, moitié le matin et moitié le soir.
La teinture se donne à la dose de I à 4 grammes dans une potion.
Nous ne terminerons pas, d'ailleurs, sans ajouter que des expériences nouvelles sont encore nécessaires pour juger définitivement de la valeur de ce nouvel agent thérapeutique.
MATICO.