MATIÈRE
Le Matico arthante elongata (Miqtiel), p?per angusUfoUum (Ruizet Pavon), piper elongatum (Vlial) , siephensia elongata iKunt), est une plante de la famille des Pipéracées, originaire du Pérou, et importée depuis peu en Europe, où elle a été préconisée par les médecins anglais. Les feuilles, qui sont seules employées, ont de 8 à 16 centimètres de longueur sur 3 centimètres de largeur; elles sont lancéolées , acuminées, crénelées brun foncé à la face supérieure, vert pâle à la face inférieure. Elles ont une légère odeur de menthe; l'aspect de la feuille de digitale, et sont importées en boîtes presque spliériques, qui paraissent avoir été soumises à une certaine pression, par l'adhérence qu'ont les feuilles entre elles.
Analyse chimique.
On a trouvé dans l'analyse assez imparfaite du Matico :
1" Une forte proportion d'une huile volaille d'un vert clair, cristallisant au bout d'un certain temps ;
2" De la chlorophylle ;
3" Une certaine quantité de résine brune, à laquelle il devrait en partie ses propriétés;
4» La maticine, substance soluble dans l'eau et l'alcool et insoluble dans l'éther.
Préparations employées^ M Dorvault, qui nous a rapporté le Matico d'Angleterre, a fait connaître divers modes d'administration de cette plante, sous forme d'infusé, d'opiat, de pilules, de sirop, etc.
Infusé de Matico.
Matico incisé 15 à 20 grammes.
Eau bouillante .... 1,000 —
Se prend à la dose de 3 à 4 tasses à café par jour. Pour usage externe, lotions, injections, etc., on porte ù 30, 40 et 50 grammes, la quantité de feuilles à infuser, en ayant soin de faire bouillir légèrement.
O'piat de Matico.
Poudre de Matico q v.
Sirop simple . q. s.
De quatre à six cueillerées à café par jour.
Extrait de Matico.
L'alcool à 5G degrés est le véhicule qui se charge le mieux de tous les principes actifs du Matico. On opère par lixiviation dans un appareil à déplacement et après avoir retiré l'alcool par distillation, on concentre le résidu au bainmarie. L'extrait ainsi obtenu est noir, d'une odeur forte de Matico et d'une saveur rmère. On l'emploie sous forme de pilules contenant chacune 20 centigrammes d'extrait. Dose de 10 à 12 par jour, et même d'avantage.
Sirop de Matico.
Matico incisé. ..... 200 grammes.
Eau 1,000 —
Distillez 100 parties de produit, retirez le résidu de la curcubite, exprimez le Matico, et ajoutez il la colature 700 parties de sucre; faites rapprocher de façon qu'en ajoutant l'hydrolat, vous avez un sirop cuit au degré ordinaire. Il contient tons les principes actifs, fixes ou volatils de la substance. La dose est de CO à 120 grammes par jour dans une tisane appropriée.
Pommade de Matico.
Extrait de Matico 5 grammes.
Alcool faible 5 —
Axonge . , 20 —
F. s. a. une pommade.
Teinture de Matico.
Matico grossièrement pulvérisé. 100 gr.
.\lcool à 86 degrés 400
Faites macérer pendant 10 jours, e.xprimez et filtrez. A employer étendue d'eau, en pansements, lotions, etc.
Eau distillée de Matico.
Matico incisé 100 grammes.
Eau 1,000 —
Retirez 500 parties d'hydrolat. A employer comme les eaux hémostatiques de Pagliari, Brocchieri.
Le Matico, médicament généralement peu connu, est destiné àprendre un rang important dans notre matière médicale ; aussi doit-on le signa-
MATICO.
1er spécialement à l'attention des praticiens. Il s'emploie avec succès dans la gonorrhée, dans la leucorrhée, et en général dans toutes les affections ayant pour cause un relâchement des tissus. En Angleterre, c'est peut-être la panacée universelle des écoulements chroniques et surtout de ceux connus sous le nom de goutte miliaire. Son extrait, associé aux préparations ferrugineuses, produit d'excellents effets chez les sujets chlorotiques. Ses propriétés balsamiques et astringentes ont une action toute spéciale dans les hémorrhagies, pertes rebelles, crachements de sang, hémcptysies ; les préparations qui ont le mieux réussi dans ces différents cas sont : soit le sirop additionné d'extrait, soit l'infusion prise à l'intérieur et en injections. Son action styptique est tellement grande, que sa poudre, appliquée sur un vaisseau ouvert, coagule immédiatement le sang, et cicatrise promptement la plaie. En résumé, quel que soit l'emploi auquel on le destine, il est essentiel de l'administrer à haute dose, afin de se placer dans les meilleures conditions de succès : nullement vénéneujc du reste, il n'occasionne jamais d'accidents.
M. le docteur Lesaulnier, de Paris, est un des praticiens qui aient employé le Matico avec plus de suite et de succès. La forme qu'il préfère est celle de sirop, qui est plus ou moins concentré. A son exemple^ nous faisons bien souvent usage de ce sirop, et nous avons constaté la vérité des résultats obtenus par M. Lesaulnier.
Dans les dyspepsies accompagnées de gastralgies, et cela surtout chez les femmes, le sirop de Matico réussit dans le plus grand nombre des cas. Il est surtout utile chez les femmes pseudo-chlorotiques, auxquelles le fer nuit si souvent. Dans les débilités qui succèdent à des grossesses pénibles, à un allaitement prolongé, le sirop est encore donné avec un grand avantage.
Il rétablit les fonctions digestives sans causer cette excitation fâcheuse que le fer produit trop fréquemment.
Il diminue la leucorrhée, si incommode chez la plupart des femmes, et modifie très-heureusement les gastralgies qui semblent si étroitement liées à cette leucorrhée. En un mot, le sirop de Matico, très-récemment introduit dans la matière médicale, nous paraît appelé à jouer dans lathérapeutique un rôle très-important.
D'après M. Gubler, le Matico convient encore dans certaines dyspepsies accompagnées de symptômes de gastrite, notamment dans l'ulcère simple de l'estomac et même dans le cancer de cet organe pour diminuer l'hyperémie, favoriser la reproduction de l'épithélium, calmer le pyrosis et prévenir les hémorrhagies. C'est d'ailleurs un hémostatique efficace dans un grand nombre de cas d'hémorrhagies capillaires, surtout lorsque l'exhalation sanguine a pour siège les voies d'élimination de la résine et de l'huile essentielle. On le prescrit dans l'hématurie, l'hématémose, le melœna et même la métrorrhagie.
Le Matico peut encore modifier certains étals nerveux mal définis
d'un caractère asthénique ou torpide, ainsi que les sécrétions muco-purulentes de la bronchite chronique simple ou compliquée de tubercules. {Commentaires thérapeutiques du Codex, p. 196.)
CUBÈBE ou POIVRE A QUEUE.
Le Poivre Cubèbe {Piper Ctibeba) est le fruit d'un arbrisseau de la famille de Pipérinées, comme le précédent.
Caractères spécifiques. Le Poivre Cubèbe est exotique. C'est un arbrisseau sarmenteux, glabre dans toutes ses parties ; tige flexueuse et articulée. Feuilles pétiolées, ovales, concaves. Fleurs constituant des épis allongés et pendants ; elles sont longuement pédicellées, ce qui leur a valu le nom vulgaire de l'oivre à queue [l'iper cavdatum). Ses fruits sont pisiformes, noirâtres, ridés, portés sur leur pédoncule.
La composition du Poivre Cubèbe est fort analogue à celle du Poivre noir.
M. Monheim y a trouvé les principes suivants : huile volatile, cubébine, résine balsamique molle et acre, extractif. La Cubébine paraît être identique avec le pipérin.
L'huile volatile de Cubèbe s'obtient en distillant le Cubèbe avec de l'eau.
Poudre de Cubèbe.
On pulvérise le Poivre Cubèbe sans laisser de résidu.
Injection de Cubèbe.
Cubèbe concassé 30 grammes.
Eau bouillante 500 —
Faites infuser.
Lavement de Cubèbe.
Poudre de Cubèbe 8 à 30 grani.
Décoction mucilagineuse . . 230 — Mêlez.
Extrait oléo-résineux de Cubèbe.
Distillez 3 kilogrammes de Poivre Cubèbe avec 12 litres d'eau, de manière à retirer 3 kilogrammes de produit. On sépare l'huile volatile qui s'est formée, et l'on remet l'eau distillée dans la cucurbite On ajoute de nouveau 3 kilogrammes de Cubèbe, et l'on distille de nouveau. L'huile obtenue est ajoutée à la première. On exprime alors fortement le marc resté <lans la cucurbite, et on l'épuiso par l'alcool. On distille les teintures alcooliques et l'on évapore à consistance de miel, et on obtient 400 grammes, que l'on mélange
avec l'huile volatile. Cet extrait représente huitfois son poids de Poivre Cr.bèbe.
(Dublanc.)
Essence concentrée de Cubèbe.
Alcool à 80 degrés (31 degrés Cart.). 3 part. Extrait oléo-résineux de Cubèbe. 1 — M. s. a.
Mixture ou émulsion du Cubète.
Essence concentrée du Cubèbe. . 1 part. Mucilage de gomme arabique. . 1 — Mêlez.
Cette mixture se môle bien à l'eau et peut se garder plusieurs jours.
Extrait hydralcoolico- élhéré de Cubèbe.
Placez, dans l'appareil à déplacement, le Poivre de Cubèbe en poudre demifine ; versez sur cette poudre un poids égal d'éther, déplacez cet éther par de l'alcool rectifié à 86 degrés, puis déplacez cet alcool par de l'eau distillée. Ayez soin de séparer chacun des produits et d'éviter qu'après le déplacement de l'alcool il tombe de l'eau dans la colature alcoolique. Distillez pour retirer l'éther, puis pour enlever la plus grande partie do l'alcool. Mélangez le produit éthérique au produit obtenu de l'alcool.
L'extrait ainsi préparé renferme :
i° L'huile volatile de Cubèbe ; extraite par l'éther;
2» Une résine molle, âcre ; extraite par l'alcool ;
3» Le Cubébin; extrait en partie par l'alcool, mais complètement par l'éther.
Cet extrait n'a pas l'aspect noirâtre de l'extrait oléo-résineux ordinaire; il est, au contraire, d'une franche couleur vertolive, sa consistance est sirupeuse. 11 possède une odeur éthérée très-sensible, mais dans laquelle on reconnaît cependant l'odeur propre et pénétrante du Cubèbe. Sa saveur est fraîche, piquante et poivrée comme celle de la menthe. Cet extrait correspond, non plus à huit fois son poids de Cubèbe, comme l'extrait oléo-résineux, mais bien â dix fois son poids de Poivre Cubèbe brut.
Capsules d'Extrait hytralcnolico-élltéré de Cubèbe. (Delpech.)
Prenez : grénétine, gomme choisie et