DE LA CAUTÉRISATION ÉLECTRIQUE
• L'Électricité peut être employée, comme caustique, de deux manières, comme cautère actuel et comme cautère potentiel. La cautérisation actuelle par l'électricité a été inventée par M. Middeldorpf, de Breslaw. {Société de chirurgie, 1856.) M. Middeldorpf s'est fondé sur ce fait que lorsqu'un fil mince est parcouru par un courant d'une certaine force, il s'échauffe et rougit. Ce chirurgien a fait construire dans ce but toute une série d'appareils, dans lesquels un fil de platine peut être rougi à blanc instantanément, en le faisant traverser par un courant ; il a imaginé des appareils de toute sorte, dans lesquels une petite masse de porcelaine de la forme qu'on veut donner au cautère est recouverte d'un fil de platine.
Ces instruments ont plusieurs avantages; tout d'abord ils suppriment cette mise en scène si effrayante pour le malade, dans laquelle on fait souvent chauffer devant lui un réchaud de charbon avec des fers qui plongent dedans, tandis que les cautères électriques ne sont traversés par le
Ci EXCITANTS DU SYSTÈME MUSCULAIRE.
courant qu'au moment nécessaire pour la cautérisation, et que le malade ne les voit pas en ignition. Le second avantage de ces appareils est qu'ils restent incandescents aussi longtemps qu'on le veut, ce qui permet au chirurgien de ne point se presser et d'agir avec une prudente len" teur. De plus, si l'on se sert d'un très-petit cautère, on n'est pas obligé de le renouveler, ou d'avoir une pointe accompagnée d'une masse de fer destinée à servir de réservoir au calorique.
Les cautères électriques permettent donc de surmonter deux obstacles : ceux qui tiennent cà ce que la partie qu'on veut atteindre est profondément située, et ceux où le mal étant superficiel on veut avoir un petit cautère qui puisse durer aussi longtemps en ignition que l'exigera l'opération. En général, ces cautères ont un petit volume et ne produisent pas de brûlure par rayonnement autour des points qu'on doit cautériser. Si l'on voulait pourtant éviter absolument ce rayonnement, qui est très-douloureux, on pourrait, comme le pratique M. VoiUemier à l'Hôtel-Dieu, recouvrir la partie à cautériser d'une couche de coUodion; cet enduit est brûlé par l'instrument dans les parties qu'on cautérise et résiste sur les côtés, oii il protège la peau contre le rayonnement.
Cautérisation potentielle. Nous avons dit plus haut que quand on place sur les tissus les deux électrodes d'une pUe, il se produit une tendance à la décomposition des humeurs, et que le pôle positif dégageant les acides, et le pôle négatif les alcalis, les deux électrodes agissaient comme des caustiques chimiques. Cette propriété de la pile a été utilisée, par M. Ciniselli, de Crémone, de manière à en faire un procédé thérapeutique réglé (Soci'eVe rfe cnVur^ie, septembre 1860). M. Ciniselli a détruit, de cette manière, des petites tumeurs et il a été imité, en France, par M, Tripier. Ce médecin s'est servi avec succès de la cautérisation négative pour les ulcères du col utérin et les rétrécissements uréthraux; il a obtenu, par ce moyen, des cicatrices souples, qui n'amènent pas plus tard de nouveaux rétrécissements des conduits.
L'Électricité a été appliquée dans le traitement d'un grand nombre de maladies, et a donné des résultats très-encourageants. Nous allons faire connaître les plus importants :
Paralysies traumatiqaes des nerfs mixtes. Lorsque le traumatisme a porté sur les nerfs, il amène, dans les organes qui sont sous la dépendance de ce nerf, des troubles qui portent sur la puissance, la sensibilité et la nutrition des muscles, puis sur la sensibilité et la nutrition de la peau et du tissu cellulaire.
Ces sortes de paralysies ont été très-complétement étudiées par M. Duchenne (de Boulogne), qui a formulé d'une manière très-nette la
MAGNÉTISiME. — ÉLECTRICITÉ.
symptomatologie, le pronostic et le traitement. [Electrisation localisée, 2*= édition, 1861, p. 177.)
Suivant M. Ducbenne, on ne peut se faire une idée bien nette des troubles apportés par une lésion traumatique d'un nerf mixte, si l'on se borne à explorer, par les moyens ordinaires, la sensibilité et les mouvements des parties mises en cause. Pour avoir une notion précise des troubles anatomiques et fonctionnels, il faut voir comment les organes répondent à l'excitation produite par les courants d'induction. On s'aperçoit alors que des muscles, qui semblent frappés au même degré, réagissent d'une manière toute différente quand on les faradise. Bien plus, la môme différence peut exister non-seulement entre des muscles voisins, mais encore entre les différents faisceaux d'un môme muscle. D'ailleurs, s'il est commun de voir des muscles paralysés complètement en apparence posséder encore la contractilité électrique, il n'est pas absolument rare de rencontrer des muscles qui ont conservé les mouvements volontaires, alors que la contractilité électrique est complètement abolie. Quelles que soient, d'ailleurs, ces irrégularités, on voit constamment la sensibilité cutanée moins atteinte que la sensibilité musculaire.
La manière dont cette paralysie frappe les muscles dans leur contractilité électrique pourrait presque suffire à la faire reconnaître. En effetcette diminution de contractilité électrique existe bien dans la paralysie saturnine, mais elle n'existe pas dans les paralysies les plus fréquentes, c'est-à-dire les paralysies d'origine cérébrale, pas plus que dans les pa, ralysies rhumatismales et bystériques.
Et ce n'est pas seulement le diagnostic qui est éclairé par cet examen, le pronostic y trouve ses meilleurs appuis. M. Ducbenne nous apprend que la gravité de ces paralysies est en raison directe de l'affaiblissement de la contractilité électrique, mais il ajoute qu'il ne faudrait pas encore désespérer des muscles qui auraient perdu toute contractilité électrique, ^'ils avaient conservé leur sensibilité en totalité ou en partie, et si leur sensibilité et celle des nerfs qui les animent étaient éveillées par la faradisation.
L'action des courants électriques, tout en réveillant les fonctions de relation des muscles, agit encore d'une manière favorable sur leur nutrition. Un des effets les plus constants et les plus immédiats de l'électrisation est de relever la température du membre, qui est presque toujours abaissée dans ces cas. Peu de temps après, on voit les membres augmenter de volume, et une circulation plus abondante s'y déceler par la réapparition et la turgescence des veines sous-cutanées, la tonicité musculaire se montre et les mouvements volontaires ne tardent pas à revenir.
On objectera peut-être que ces paralysies ne sont pas incurables, et que d'ordinaire elles guérissent spontanément, qu'on voit quelquefois les mouvements volontaires revenir, alors que la contractilité électrique
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n'a pas reparu. Gela est vrai, mais le retour des fonctions est beaucoup plus rapide sous l'influence de l'électrisation.
Il faut pourtant savoir qu'on n'obtient ces guérisons qu'avec de la persévérance dans le traitement, et que les muscles mettent d'autant plus de temps à recouvrer leur puissance qu'ils sont plus éloignés des centres nerveux.
M. Duchenne recommande, en outre, certaines précautions qui devront servir de guide dans le traitement :
1° Si la contractilité électrique n'est pas abolie, il faudra employer la faradisation aussitôt que possible ;
2° Si la contractilité électrique est tout à fait abolie, il faudra attendre six à dix mois, pour laisser aux tissus le temps de se réparer, avant d'électriser.
3° Quant au procédé opératoire, on devra observer les règles suivantes : les deux électrodes devront être rapprochées, chaque muscle devra être excité à part. Si la contractilité est très-faible, on emploiera les courants intenses et les intermittences rapides"; si l'électrisalion exalte facilement la sensibilité, on emploiera, au contraire, des intermittences rares et des courants d'intensité modérée. Si, enfin, on a plus en vue de réparer la nutrition des muscles que leur contractilité, on préférera l'extracourant.
Dans tous les cas, la séance d'électrisation ne devra durer que de dLx à quinze minutes, et, dans cette période, chaque muscle ne sera excité que peu de temps : il vaut mieux passer constamment d'un muscle à l'autre, quitte à revenir électriser plusieurs fois le même muscle.
Il ne faudrait pourtant pas croire que la faradisation soit le seul mode d'électrisation qui puisse guérir ces paralysies. Remak cite, dans son livre (p. 285-299), un certain nombre de cas analogues qui ont été guéris par les courants constants. On trouve même, dans l'ouvrage de Mauduyt (p. 15), des cas de guérison obtenue par le bain électrique . positif, pendant lequel on tirait des parties paralysées des étincelles qui s'accompagnaient de contraction musculaire.
Paralysies d'origine cérébrale. Le but qu'on Se propOSe dans de
telles paralysies est de provoquer le retour des mouvements volontaires en produisant des contractions musculaires artificielles. On y est d'autant plus encouragé, que dans ces paralysies la contractilité électrique des muscles est presque toujours intégralement conservée. Il ne faut pourtant pas se hâter, car M. Duchenne nous apprend que, pendant les premiers mois qui suivent les attaques, la faradisation localisée ne donne aucun résultat favorable, et qu'elle peut produire des accidents fâcheux. Il faut attendre que les phénomènes d'inflammation ou tout au moins d'excitation, produits par le foyer, se soient calmés.
Tant qu'il y a des contractures permanentes, ou que des contractures se produisent sous l'influence des excitations extérieures, il vaut mieux
s'abstenir. Il faut se borner au cas où il y a simplement impuissance des mouvements volontaires et flacidité des membres ; on voit alors la faradisation procurer une amélioration assez rapide. On peut même faire cesser la paralysie des muscles situés près de la lésion, comme la paralysie de la face et de la langue. Mais la faradisation des muscles de la face et de la langue doit être conduite avec une sage lenteur, pour ne pas déterminer d'excitation cérébrale et exposer le malade à une attaque nouvelle.
M. Duchenne conseille encore de ne pas faire passer le courant des «xtrémités au cerveau; il en pourrait résulter des accidents formidables, attendu qu'on a vu des malades pour ainsi dire foudroyés par le traitement. Au contraire, on rapprochera les électrodes de manière £u faire de la faradisation très-localisée. On emploiera des courants de moyenne intensité et à intermittences rares.
Si l'on se croit autorisé à essayer le même traitement chez des malades atteints de contracture, on excitera les muscles antagonistes des muscles contracturés, et l'on verra les spasmes disparaître pendant l'excitation appliquée à leurs antagonistes ; malheureusement, le spasme reparaîtra après l'électrisation.
Enfin, M. Duchenne recommande, pour cette sorte de paralysie, de ne faire que des séances très-courtes, dix à quinze minutes, pendant lesquelles on excitera chaque muscle successivement. {Loc. cit., p. 338, 568.)
Remak ajoute aux observations de M. Duchenne une distinction importante ; M. Duchenne, dans les paralysies d'origine cérébrale, ne parle que des altérations cérébrales et des altérations musculaires, il ne fait pas mention de l'état des nerfs. Or on sait aujourd'hui que les altérations du cerveau accompagnées de paralysies des mouvements volontaires sont fréquemment suivies d'altération dans les cordons nerveux. Il faudra donc que ces derniers' soient restés intacts pour que l'électrisation localisée puisse ramener le mouvement. Ces altérations des cordons peuvent amener dans les muscles, nou-seulement la contracture, mais encore l'atrophie avec rétraction. Cette dernière altération des muscles est, au point de vue de la guérison de la paralysie, d'un pronostic plus grave que la contracture, attendu qu'elle indique presque toujours une paralysie incurable .
Remak réserve ainsi le traitement des paralysies d'origine cérébrale.
« On ne pourra rétablir les muscles dans leur état normal que si tous les centres nerveux et le trajet des troncs nerveux, dont les rameaux se rendent à ces muscles, n'ont pas perdu ou ont déjà regagné leurs fonctions régulières. Dans ce cas seulement, l'action locale antiparalytique du courant sera manifeste.
« On observe alors que le courant constant, agissant par l'électrode négative sur les rameaux nerveux qui se répandent dans le muscle
affecté, rendra immédiatement à ce muscle sa corrélation avec la volonté et sa force normale, en produisant en même temps le gonflement des fibres musculaires. » (Leçons faites à l'hôpital de la Charité, p. 15.)
Paralysies d'orîgîue spéciale. 1" Paralysies consécutives aux lésions nnatomiques de la partie inféineure de la moelle. Toutes ces paralysies se comportent comme les paralysies traumatiques des nerfs mixtes. Voici comment M. Duchenne s'exprime à leur égard :
« Ces paralysies sont d'autant plus rebelles à l'action thérapeutique de la faradisation localisée, et l'atrophie est d'autant plus grande que la contractilité et la sensibilité électro-musculaires ont été plus profondément altérées ; dans ce cas, les muscles paralysés, dont la contractilité électrique est peu affaiblie, ne s'atrophient pas ou presque pas, et ils recouvrent promptement leurs mouvements par l'excitation électrique ; ceux,- au contraire, qui ont entièrement perdu leur contractilité et leur sensibilité électrique, restent inévitablement paralysés et s'atrophient, quoi qu'on fasse, jusqu'à ce que l'innervation spinale puisse revenir aux muscles. Alors l'intervention de la faradisation localisée devient nécessaire, et peut rappeler la nutrition dans les muscles et leur rendre la faculté d'obéir à la volonté.
« J'ajouterai seulement que l'absence complète de la contractilité et de la sensibilité électro-musculaires, à laquelle s'ajoute l'anesthésie de la peau, m'a paru être un signe beaucoup plus grave à la suite de la lésion traumatique de la moelle que consécutivement à la lésion traumatique des troncs nerveux mixtes. » [Loc. cit., p. 244.)
Ajoutons que pour ces paralysies, comme pour les paralysies traumatiques, Remak dit avoir obtenu de bons résultats des courants constants.
2° Paralysies par compression de la partie inférieure de la moelle. Dans ces paralysies, on voit, suivant M. Duchenne, les mouvements réflexes des membres inférieurs conservés, tandis qu'ils sont abolis dans les paralysies précédentes ; la contractilité et la sensibilité électro-musculaires sont également conservées. Comme ce sont les mouvements réflexes qui sont altérés les premiers, on peut affirmer, si on les constate, que la contractilité et la sensibilité électriques sont normales, et que la paralysie n'est ni hystérique ni rhumatismale ; car, dans ce cas, les mouvements réflexes ont disparu.
3° Paraplégies dites réflexes. Ces paralysies, comme les précédentes, sont curables spontanément, mais l'électrisation peut leur être appliquée avec succès. (Brown-Sequard, Diagnostic et traitement des principales formes de paralysies des membres inférieurs., 1864.)
Paralysies asthénîques diffuses des convalescents. M. Gubler (Société médicale des hôpitaux^ 1859) comprend sous ce titre non-seules paralysies consécutives à la diphthérite, mais encore celles qu'on ob-
serve après la fièvre typhoïde, la dysenterie, la variole, etc. Cependant, ces paralysies ne sont pas toutes semblables entre elles, suivant M. Duchenne. Cet observateur a cru remarquer que les paralysies diphthéritiques laissent intacte la contractilité électrique, tandis que les paralysies consécutives aux fièvres éruptives ou continues entraînent la perte plus ou moins absolue de cette contractilité et un certain degré d'atrophie.
Quoi qu'il en soit, l'électrisation amène, en général, une amélioration rapide. Une très-bonne manière de procéder, en pareil cas, est celle de M. Tripier. On devra attendre la cessation de l'état fébrile, si la paralysie survient avant la terminaison complète de l'affection primitive, et l'on agira le moins possible sur la sensibilité générale, à moins que la paralysie du mouvement ne soit compliquée d'anesthésie. On fera donc usage d'extracourants de faible tension, en ayant soin de régler leur intensité et la fréquence de leurs interruptions sur la sensibilité du malade. {Manuel d' Electro-thérapie, p. 401.)
Paralysie atrophique graisseuse de l'enfance. Ce n'est pas au début de la maladie, alors qu'il y a de la fièvre, que M. Duchenne conseille la faradisation localisée, mais après que la période d'acuité est écoulée, c'est-à-dire après environ trois à quatre semaines. M. Duchenne déclare que toutes les paralysies de l'enfance dans lesquelles la contractilité électrique était seulement diminuée, ont guéri assez rapidement, et sans atrophie ni déformation des membres, quand la faradisation localisée a été appliquée peu de mois après leur début. Les paralysies qui dataient de six mois, d'un an et même de deux ans, dans lesquelles la contractilité' musculaire n'était pas affaiblie, ont guéri également par la faradisation, mais les membres avaient été plus ou moins amaigris par la durée de la paralysie, et, quand elle avait siégé dans les muscles moteurs du pied, ce membre avait été plus ou moins déformé. La faradisation ne pouvait rien contre ces suites de la paralysie.
Le bas âge des enfants n'est pas un obstacle au traitement. M. Duchenne affirme qu'on peut pratiquer sans aucun danger la faradisation ■chez de très-jeunes enfants, âgés de moins d'un an, même pendant un ou deux mois, et cela à une dose assez forte, pourvu que les intermitfences du courant soient suffisamment éloignées. [Loc. cit., p. 299.)
Paralysies hystériques. — Il s'agit ici d'affections complexes et variées, comme tout ce qui tient à l'hystérie. M. Duchenne, qui a fait de ces paralysies une étude toute spéciale, nous apprend que ce qui les caractérise, c'est que la contractUité électro -musculaire y est conservée, tandis que la sensibilité électro-musculaire est diminuée ou complètement abolie. Malgré la conservation intacte de la contractilité musculaire, les résultats de l'électro-thérapie y sont des plus variables : tantôt l'on obtient des guérisons rapides et inespérées, d'autres fois au contraire
les mêmes procédés n'amènent aucune amélioration. Il n'y a donc pas de règle absolue pour ce traitement, et M. Duchenne se borne aux indications suivantes :
On doit porter l'excitation électrique dans chacun des organes affectés, et continuer le traitement quelques jours après le retour des mouvements, afin de fixer, pour ainsi dire, la guérison.
L'altération portant surtout sur la sensibilité électro-musculaire, et s'accompagnant souvent d'anesthésie, on n'est pas surpris d'apprendre que la faradisation cutanée ait semblé, dans certains cas, mieux réussir que l'excitation musculaire. Il est même arrivé qu'une seule séance de faradisation cutanée ait suffi pour obtenir la guérison. On peut dire que, d'une manière générale, la paralysie hystérique guérit fréquemment par la faradisation localisée; il faut toutefois faire une exception pour la paraplégie hystérique, qui résiste au traitement beaucoup plus souvent que les autres paralysies de même nature. M. Duchenne emploie pour ces paralysies les courants de la première hélice ou extracourants, avec des intermittences lentes, lorsque l'électrisation cutanée provoque trop de douleurs et n'est pas supportée.
l'araiysies rhumatismales. — Personne ne met plus en doute aujourd'hui l'existence des paralysies rhumatismales ; on les rencontre même assez souvent pour que tout médecin qui a suivi quelque temps les hôpitaux en ait vu un certain nombre d'exemples; il y en a même deux, la paralysie du nerf facial et celle du nerf radial, qui sont assez fréquentes. M. Duchenne, qui en a vu un grand nombre, y a trouvé la contractilité électrique intacte, et la sensibilité électrique exagérée, tant que les douleurs persistent. Peu à peu les muscles s'atrophient, mais leurs tissus ne subissent pas la dégénérescence graisseuse, et une fois les douleurs passées, la faradisation les guérit presque constamment, surtout si l'on se sert de courants à intermittences rares.
Quant cà l'aphonie qui succède aux affections catarrhales, elle guérit assez rapidement sous l'influence de la faradisation, et nous renvoyons à la fin de l'article pour le procédé opératoire.
Paralysies déterminées par les empoisonnements. ■ — Paralysies saturnines. — L'Électricité n'est pas ici d'un secours aussi puissant que dans les paralysies précédentes ; la contractilité électrique est, en général, très-affaiblie, et M. Duchenne annonce qu'il faut un grand nombre de séances pour obtenir la guérison. Peut-être obtiendrait-on, dans ce cas, des résultats aussi satisfaisants avec l'Électricité statique. M. Tripier {loc. cit., p. 422) rapporte qu'en 1784, Gardane avait traité avec succès des paralysies saturnines des membres supérieurs par de longues séances d'clectrisation par étincelles tirées de tous les points des membres affectés.
Paralysies dues à l'alcool et au sulfure de carbone. — Dans ces deux
MAGNÉTISME.- ÉLECTRICITÉ. "1 sortes de paralysies, en général diffuses, la contractilité n'est pas atteinte; aussi pourrait-on tirer parti de l'électrisation généralisée.
Paralysies partielles. — Nous ne pouvons entrer ici dans tous les détails de ces affections si variées ; nous renvoyons pour cela nos lecteurs à l'ouvrage de M. Duchenne, dans lequel ils trouveront les détails les plus circonstanciés sur toutes ces affections. Nous ne pouvons que nous borner à faire connaître la manière d'exécuter ces différentes faradisations localisées.
Paralysie musculaire pseudo-hypertrophique. Jusqu'ici la faradisa-
tion musculaire directe appliquée à la seconde période de la paralysie pseudo-hypertrophique, c'est-à-dire à la période de sclérose musculaire, n'a procuré, entre les mains de M. Duchenne, qu'une augmentation légère et momentanée. Elle n'a pu ni arrêter l'hyperplasie interstitielle des muscles, ni la faire rétrograder, elle n'a empêché ni la généralisation, ni l'aggravation de la maladie. M. Duchenne se propose d'essayer dorénavant la faradisation par action réflexe et les courants continus.