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PRODUITS PAR LE VIK

Vin aniiscorbutique (Codex).

Pr. : Racines fraîches de

Raifort 300 gram.

Feuilles récentes de

Cochléaria .... 150 —

Feuilles récentes do Cresson 150 —

Feuilles récentes de Trèfle d'eau. ... 150 —

Semences de Moutarde noire concassée 150 —

Chlorhydrate d'ammoniaque 0 —

Vin blanc généreux. 10,000 —

.\lcoolat de Cochléaria JGO —

Incisez les substances et, après dix; jours de macération, l'on passe et l'on filtre.

On compose aussi une bière antiscorbutique ( sapinette ), mais qui est peu usitée à cause de sa facile altération.

AU

{Allium sativum).

Ce sont les petites bulbes de VAllium sativum que l'on emploie; c'est un rubéfiant énergique, on l'a préconisé contre le choléra et la rage.

Voici la formule d'un sirop souvent employé aux Etats-Unis :

Pr. : Bulbes d'ail frais écrasées 180 gram.

Acide acétique dilué. . 500 — Sucre en poudre grossière 750 —

Faites macérer l'aï dans 250 gramme* d'acide acétique dilué, pendant quatre jours, dans un vase de verre, et exprimez ; versez le reste de l'acide sur le marc, exprimez de nouveau, jusqu'à ce que les liqueurs réunies aient fourni un demi-litre de liquide. Filtrez et jetez le liquide sur le sucre renfermé dans une bouteille d'un litre, et agitez jusqu'à dissolution. Dose de 20 à 30 grammes.

On prépare une huile d'ail par digestion de bulbes écrasées dans l'huile d'olives.

fleracleum Spondylium.

Le genre Heracleum appartient à la famille des Ombellifères, il fournit de la gomme ammoniaque. Les fruits de l'Herocleum Spondylium on été proposés pour remplacer le copahu et la térébenthine dans la gonorrhée.

CAFÉ

Caladium seguinum.

Sous le nom de Caladium seguinum, on emploie le suc de rhizome de Y Arum seguinum des Antilles. Cette plante porte une ileur d'une odeur cadavérique repoussante ; son sue est acre et corrosif, mais la teinture n'est pas âcre. On l'emploie la dose de 15 à 20 gouttes dans de l'eau en lotions contre le prurit de la vulve.

Mastic.

Le Mastic est produit par le Pw/c?cia lentisciis' c'e la famille des Térébintliacées ; il vient de l'Amérique septentrionale, et de quelques îles de l'Archipel grec : on fait sur l'arbre des incisions en juin et on récolte les résines en août. Il est très-employé, en Allemagne, comme expectorant contre la phthisie pulmonionaire.

Orlie.

L'Ortie employée en médecine est \'Urlica divica et VUrtica urens. On admi-

nistre le suc d'orlies comme diurétique à la dose de 30 à 100 grammes.

Calamus aromaticus.

On emploie la teinture éthérée de Calamus arumaticus à la dose de 4 à 12 gouttes mêlées dans de l'acide acétique et du vin. On l'emploie aussi en frictions.

Podophylliim pellatum.

Plante voisine des renoncules; elle est stimulante et purgative. On l'associe au calomel à la dose de 25 à 60 centigrammes. La résine que l'on nomme podophyllin purge à la dose de 19 à 15 centigrammes.

Fusel-oil ou essence de pommes de terre.

L'essence de pommes de terre a été préconisée comme succédané de l'huile de foie de morue; elle agit surtout bien sur les enfants ; on l'emploie à la dose d'une demi-goutte à une goutte pour les enfants de cinq à six mois, et 5 à 6 gouttes pour un adulte.

CAFÉ

Graine d'un arbrisseau de la famille des Rubiacécs , tribu des Cofféacées, nommé Coffœa Arabica, parce qu'il était principalement cultivé dans l'Arabie Heureuse) mais qui paraît originaire des montagnes de l'Abyssinie, où il croît en abondance et spontanément.

Caractères génériques Calice à cinq dents, corolle tubuleuso, infnndibuliibrme; tube court; limbe plane; étamines saillantes. Baie cérasiforme, ombiliquée, contenant deux nucules à parois minces, dont les grains offrent un sillon profond sur leur face interne, qui est plane.

Fleurs axillaires.

Caractères spécifiques. Coffœa Arabica.

Arbrisseau haut de 5 à C mètres. Feuilles opposées, pétiolées, glabres, pourvues de deux stipules lancéolées et caduques. Fleurs blanches, presque sessiles, de la grandeur de celles du jasmin d'Espagne et d'une odeur suave. Galice à cinq dents, turbiné ; corolle hypocratériforme. Cinq étamines saillantes hors du tube de la corolle. Ovaire à deux loges, contenant chacune un seul ovule. Fruit de la grosseur d'une petite merise, renfermant deux nucules accolées par leur côté interne qui est plane.

Ainsi que Péligot l'avait fait pour le thé, Payen, dans un travail récent, a voulu établir les propriétés éminemment

nutritives du Café, dont il donne l'analyse suivante :

Cellulose 34

Eau hygroscopique .... 12

Substances grasses 10 à 13

Glucose, dexirine, acide

végétal indéterminé. . . 15,5 Légumine, caséine (glu-

tine) 10

Chloroginate de potasse et

de caféine 3,5 à 5

Organisme azoté 3

Caféine libre 0,8

Huile essentielle concrète. 0,001

Essence aromatique. . . . 0,002

Substances minérales. . . 6,997

Total. . . 100

Il y a quelques différences de composition entre les diverses sortes de Cafés.

Pour obtenir l'infusion de Café la plus agréable, il faut torréfier légèrement la graine en la soumettant d'emblée à une température de 250 degrés environ, jusqu'à ce qu'elle ait une couleur plutôt rousse que brune ; ensuite on doit se contenter de jeter de l'eau bouillante sur le Café réduit on poudre, et prendre les premières portions du liquide filtré.

Soumis à la torréfaction, le Café perd beaucoup de propriétés et en acquiert de nouvelles. 11 se développe surtout ce

principe particulier qui fait de l'infusion de Calé une boisson si agréable.

Infusion de Café.

Café torréfié en poudre ... 10 gram.

Eau bouillante 230 —

Passez.

Infusion de Café purgative.

Café torréfié en poudre ... 10 gram.

Follicules de séné ...... 3 —

Eau bouillante 200 —

Passez et édulcorez avec Sirop de fleur de pêcher. . . 30 —

Infusion de Café vermifuge.

Café 10 gram.

Suie de bois 5 —

Eau bouillante 200 —

Passez. Ajoutez Sirop de mousse de Corse. . 50 —

Macération de Café.

Pr. : Café non torréfié. ... 23 gram.

Faites macérer douze heures et passez.

A prendre par verrées dans la journée.

Sucrez à volonté.

Caféine, Théine

=Ci«IÎ"'A2''0*).

La Caféine et la Théine sont les principes cristallisablc ^ du Café et du Thé. On a reconnu que ces deu,x corps étaient identiques. La guaraninc que l'on retire des semences du Paullinia sorbilis présente les mêmes caractères que la Caféine et la Théine, de sorte que ces trois corps ne sont qu'une seule et même substance.

La Caféine a été décrite par Pelletier et Robiquet en 1821. Elle existe dans le Café avec un acide appelé acide caféique, ou cafétannique, ou clilorogénique, pour rappeler la coloration verte qu'il produit avec l'ammoniaque.

Pour extraire la Caféine, on traite le Café par la benzine ; on distille pour sé-

parer le dissolvant, on reprend le résidu par l'eau bouillante, qui dissout la Caféine que l'on fait cristalliser par concentration de la liqueur ; on obtient ainsi des prismes blancs, soyeux, longs, ténus, inodores, d'une saveur amère, solubles dans 98 parties d'eau, 97 d'alcool et 194 d'éther, très-soluble dans l'eau bouillante; elle fond à 178 degrés et se sublime sans altération vers 384. Le tannin précipite ses solutions en blanc, le chlorure de platine les précipite en jaune. C'est une base faible.

Citrate de Caféine

Ou obtient ce sel par saturation directe ; il cristallise en longues aiguilles blanches, satinées, très-solubles dans l'eau. Ce sel contient 1 équivalent de Caféine, 2 équivalents d'eau et 3 équivalents d'acide citrique.

Sirop au Citrate de caféine.

Pr. : Citrate de Caféine. . . 5 gram. Sirop de sucre. .... 120 —

Dissolvez et faites un sirop. A prendre deux cuillerées dans une potion, ou pur, de deux en deux heures, la veille de l'accès.

Pilules au Citrate de Caféine.

Pr. : Citrate de Caféine 0,6^30

Extrait de chiendent .... 1 gi'-

Faites des pilules de Os'',13, à prendre une toutes les deux heures la veille de l'accès de la migraine, ou toutes les heures, à partir des premières douleurs.

Potion contre la migraine.

Pr. : Sirop au Citrate de Ca-

féine 30 gram.

Infusion de thé 150 —

Lavement au Citrate de Caféine.

Pr. : Citrate de Caféine. . . . 0S'',23 Eau 400 gr.

A prendre moitié la veille, et la seconde moitié le jour de l'accès.

ACTION PHYSIOLOGIQUE

Les effets physiologiques du Café sont curieux et importants à étudier. Son action principale, celle de laquelle résultent les indications thérapeutiques qu'il est propre à remplir, cette action consiste en ce qu'il stimule ou plutôt éveille le cerveau sans l'échauffer, comme les alcoohques, par exemple, en ce qu'il développe on outre, chez les gens un peu nerveux, un état d'éréthisme, une disposition spasmodique et vaporeuse assez

CAFÉ

comparable à celle que nous avons décrite en traitant la Médication antispasmodique, sous le titre de mobilité. C'est donc bur le système nerveux et très-peu sur le système sanguin que porte l'action du Café. En effet, sous son influence, ce n'est pas le pouls ni la chaleur générale qui se développent, ou si le premier s'accélère, c'est indépendamment de la seconde, ce qui atteste non pas une excitation sanguine, une fièvre artificielle, mais une stimulation nerveuse, une névrose passagère comme sa cause.

Un des caractères les plus remarquables de son action chez les personnes à système nerveux mobile, c'est l'anxiété épigastrique à laquelle il donne lieu ; anxiété épigastrique connue de tout le monde et semblable à celle dont on est affecté sous le coup d'une émotion morale. Van Hel- XRowiUMvnii àii qu'il révolte la grande archée. On éprouve alors cet aura éniîinant du système nerveux viscéral sur lequel nous avons tant insisté dans nos éludes sur la Médication antispasmodique. Le tremblement des membres est aussi un des effets physiologiques du Café. Ajoutons à cela l'éveil du centre cérébral, la plus grande facilité du travail intellectuel, l'abondance des idées, l'aptitude plus vive des sens à percevoir leurs stimulants particuliers. L'insomnie est aussi un des effets les plus constants du Café. Tous ces phénomènes se remarquent principalement et presque uniquement chez les personnes nerveuses, et non habituées à son usage.

Les urines se trouvent aussi notablement augmentées, et elles sont limpides, instar aquce e rupibus scalurientis. Ce phénomène est capital comme venant à l'appui de notre opinion sur la nature de l'état organique passager que détermine le Café chez les personnes en qui l'habitude n'a pas émoussé la puissance de cet agent. Chez celles, au contraire, qui en boivent habituellement, l'affection vaporeuse n'est pas développée; seulement il y a une activité cérébrale un peu accrue ou seulement maintenue.

La respiration augmente légèrement ou conserve son type normal, à moins que la dose ne soit considérable ; on la voit alors se ralentir sensiblement. Les fibres de l'intestin et le sphincter de la vessie se contractent plus fréquemment. (Sée, article Asthme, ISouveau Dictionnaire.) En même temps, le mouvement de décomposition organique semble se ralentir. D'après Voït, l'urée, qui représente le déchet de nos tissus, diminue constamment et l'acide carbonique exhalé augmente.

Puisque cet état nerveux artificiel a quelque analogie avec celui que nous avons dit être calmé par les antispasmodiques, la Valériane en particulier, nous avons voulu savoir jusqu'à quel point nous pourrions nous en rendre maître à l'aide de ce remède. En conséquence, au moment où se faisait le plus pleinement sentir l'influence excitatrice spéciale du Café, nous avons pris 2 grammes de poudre de Valériane. Il s'est produit une sorte d'antagonisme duquel il est résulté que les effets du Café ont été singulièrement atténués.

Mais un autre fait vient puissamment déposer en faveur des idées que nous avons exposées dans ce volume, et aussi en faveur de la nature que nous assignons aux phénomènes nerveux provoqués par l'usage du Café : ce fait, c'est la cessation de l'état vaporeux dans lequel nous avait jeté cette boisson, par une forte alimentation. En effet, cet état a été complètement détruit par l'influence d'un repas copieux et d'une bonne assimilation.

Les effets physiologiques que l'excellent Murray attribue au Café confirment trop nos propres observations pour qu'ici nous ne rapportions pas ses propres paroles comme corroborant les nôtres et eu étant corroborées :

« Hujus stimulo, calor, anxietas, cordis palpitatio, pervigilia adscribenda, quœ quidam, imbecilliori systemate nervoso instructif a modicoadeù mu percipiunt, tantôque manifestius quô saturutius decoctum fuerit. Insigniora mala emergunt exccssu : cep/iulalgia, vertigo, trernor artuum, pusillanimitas,exanthemata faciei ,etc. ; hystericumet hypochondriacum malum gignit et auget, etc. Ceci est le langage grave, mesuré, exact, de la science et de la vérité. Un écrivain moins judicieux que celui que nous venons de citer accuse le Café de maux bien plus grands ; mais c'est un chef de secte, qui a plus que la vérité à dire, un système à faire triompher, c'est Ilahnemann qui parle :

Le sérieux réfléchi de nos ancêt7rs, s'écrie le chef des homœopathes, la solidité des jugements, la fermeté dans la volonté et dans les résolutions, toutes ces qualités oui distinguaient jadis le caractère national des Allemands, s'évanouissent devant cette boisson médicinale. Et qu'est-ce qui les remplace ? Des épanchements de cœur imprudents, des résolutions, ('ns jugements précipités et mal fondés, la légèreté, la loquacité, la vacillation, enfin une mobilité fugitive et une contenance théâtrale. Je sais bien que pour abonder en imagination luxurieuse, pour composer des romans lubriques, des poésies badines et piquantes, l'Allemand doit boire du Café. Le danseur de ballet, l'improvisateur, le jongleur, le bateleur, Vescroc et le banquier au jeu de pharaon, ainsi que le virtuose-musicien moderne, avec sa vitesse extravagante, et le médecin à la mode partout présent, qui veut faire quatre-vingt-dix visites de malades en une seule matinée, tout ce monde-là a nécessairement besoin de Café.

De toutes les modifications organiques par lesquelles s'est révélée chez nous l'action du Café, une des moins douteuses et des plus prononcées, que nous avions déjà pu constater dans d'autres circonstances, c'est celle qu'il exerce sur le sens génital pour en affaiblir l'énergie. 11 n'est pas à notre connaissance d'anaphrodisiaque capable de réduire à une impuissance plus absolue. Hecquet, Simon Pauli, lui ont de môme attribué cet effet. En Orient, il passe généralement pour abattre les désirs vénériens. Murray rapporte à cet égard une singulière anecdote : Conjux sultani Mahmed, equum castrari cernens, ab horrendâ encheiresi jussit abstineri, et equo Coffœam propinari, cujus efficaciam in marito exploratam haberet. Willis avait observé cette propriété anaphrodisiaque du

CAFÉ. 679

Café : Vulgaris observatio passim dictitat in quantum Coffœœ potalorse nimii veneris impotentiœ obnoxii evadunt.

Il n'est pas aussi bien prouvé qu'il rende les femmes stériles, malgré d'assez nombreuses assertions. Un fait d'analogie existe seulement : c'est que les femmes vaporeuses, sujettes aux spasmes, etc., sont moins fécondes que celles qui sont d'une constitution opposée.

Maintenant nous sommes plus en état d'étudier, de concevoir et d'utiliser l'action thérapeutique du Café; car ses indications et ses contreindications résultent immédiatement des effets que nous venons de lui reconnaître.

Céphalalgie. Une expérience vulgaire a consacré l'usage du Café ■dans les céphalalgies, surtout celles qui surviennent après le repas chez les personnes nerveuses, et mieux encore peut-être chez les sanguines. Ainsi les légères migraines y cèdent presque toujours. Des médecins rationalistes établiraient à cet égard de nombreuses et capitales distinctions, et pourtant l'empirisme domestique fait mieux ici que la science la plus sévère, et le Café est en possession de guérir presque tous les maux de tête, ceux au moins qui sont idiopathiques et ne sont pas le prélude ou le symptôme d'une fièvre, d'une maladie aiguë, etc.

Congestion cérébrale. La propriété qu'a le Café d'éveiller le cerveau et les sens, de chasser le sommeil, d'activer toutes les fonctions cérébrales relatives k la manifestation de la pensée, a sans doute fait naître l'idée de combattre par son secours la stupeur, le narcotisme spontanés, les affections apoplectiformes, puis bientôt analogiquement, les mêmes accidents artificiellement produits par les substances stupéfiantes, l'opium en parlicuHer.

"Willis, dans son ouvrage qui a pour titre : Diatriba de medicamentorum operntionibus, range le Café parmi les agents antihypnotiques : tiquor Coffœœ ad narcosirn pellendam summe efjîcax.

Depuis ce temps, il n'a pas cessé d'être conseillé dans les maladies soporeuses, les hébétudes des sens, les dispositions aux apoplexies, même sanguines, chez les personnes d'un certain âge, d'une habitude molle, d'une complexion replète, chez les vieillards somnolents, engourdis, voraces, dont la mémoire s'affaiblit, etc., etc. L'état nerveux que développe le Café est opposé à cette diathèse et à toutes ces conditions.

Il n'y avait de là qu'un pas pour utiliser le café dans le narcotisme des intoxications par l'opium et toutes les préparations stupéfiantes : l'analogie n'a pas élé trompeuse; et si le Café ne neutralise pas chimiquement les agents que nous venons de citer, au moins prévient-il et empcchet-il leur puissance stupéfiante, et peut-il quelquefois seul faire cesser

tous les accidenls d'un empoisonnement. Tout le monde connaît sa propriété de dissiper les' fumées du vin, de retarder ou de tempérer l'ivresse. M. Orfila a constaté qu'il était sans influence contre les terribles effets de l'acide hydrocyanique.

Affections intestinales. Chez les personnes caractérisées plus haut, le Café accélère les digestions ; et si l'on en croit de très-nombreux témoignages, ainsi que les inductions auxquelles on est naturellement conduit par l'analogie et le raisonnement, cette délicieuse boisson peut produire la diminution du renouvellement organique.

Junker mentionne une circonstance qui fortifie notre témoignage particulier. Voici ce qu'il dit à ce sujet : Certior adhuc valetudinis offensa pueîlis imminet, quœ pulverem decoctarum fabarum cupide vorant ad pallorem fuciei, scilicet venustiorcm sibi gignendum. Hic sanè, si indè reportefur, deformior crit. naturali rubore et vecordiœ juxtà ne lœsœ sanitatis argumentum.

Ce fait important et ce que nous avons dit des personnes nerveuses et surtout des femmes des villes auxquelles le Café donne des dyspepsies, une mobilité spasmodique (et on sait combien les fleurs blanches sont souvent associées à cet état de l'économie), seraient donc une raison pour ajouter foi à ce que plusieurs auteurs racontent de cette boisson comme très-propre à déterminer la leucorrhée. C'est surtout au Café au lait qu'on a imputé cet effet, et il y a certainement moins de motifs pour qu'il le produise que l'infusion aqueuse pure. Toutefois le fait paraît avéré. Nos expériences nous ont prouvé que le Café était diurétique, et bien d'autres l'ont noté avant nous et l'ont, en conséquence, conseillé contre la gravelle : Uriam movendo, sabulum et calculas minores pellit. (Murray.)

Etranglement intestinal. La propriété que possède le Café de solliciter les contractions intestinales a été mise à profit par quelques observateurs pour aidera la réduction des hernies étranglées, et l'action a été telle que, dans certains cas, des hernies que le taxis n'avaient pu réduire et qu'on s'apprêtait à opérer ont pu se réduire d'elles-mêmes. (Pautrier, Bulletin de thérapeutique, 1860, t. II, p. 468; Lamare- Picquot, id., 1861, t. II, p. 28; Cellarier, id., 1861, t. II, p. 270; Guyot, id., 1867, t. I, p. 36; Bouillon, id., p. 82).

Ce moyen est trop inoffensif pour qu'on ne l'essaye pas avant de se décider à la kélotomie.

Adynamie. M. Martin Solon a employé le Café avec succès dans la forme adynamique des fièvres typhoïdes. Les excitants du système circulatoire nous paraissent dans ce cas mieux indiqués, et l'expérience leur a aussi donné la préférence. Cependant, nous avons quelquefois éprouvé l'incontestable efficacité du Café da,ns ces circonstances.

Nous avons fait un usage fort utile du Café dans la période du choléra

CAFK

GSI

que nous appelons période de réaction typhoïde ou période d'asphyxie chaude. Les malades éprouvent alors un état soporeux et une adynamie avec inertie de la circulation capillaire contre laquelle l'infusion du Café nous a réussi malgré une fièvre quelquefois assez vive.

Fièvres intermittentes. De nombreuses observations attestent l'efficacité du Café dans le traitement des fièvres intermittentes. Sur quatrevingts malades atteints de fièvres intermittentes, à qui, en Russie, à l'université de Dorpat, le docteur Grindel a administré le Café tantôt, torréfié et en infusion à la dose de 32 grammes dans 576 grammes d'eau réduits à 190 grammes, tantôt en poudre à la dose de 1 gramme et demi dans l'apyrexie, tous ont très-bien guéri, à l'exception de huit. Les habitants de la Morée, d'après le docteur Pouqueville, coupent infailliblement leurs fièvres intermittentes avec un mélange de Café et de suc de citron. Murray avait déjà indiqué ce mode d'administration. Coutanceau, Jacques Thomson et une foule d'autres ont aussi vu ou constaté par eux-mêmes la réussite du Café dans ce cas.

Asthme. Une des maladies contre lesquelles le Café a été employé et est familièrement encore, avec le plus de succès, employé tous les jours, c'est l'asthme nerveux périodique. Musgrave, Robert Brie en parient dans ce sens, ainsi que Pringle, Percival. L'auteur d'un bon traité sur l'asthme, Floyer, qui lui-même avait souffert pendant cinquante ans de cette affection, s'en soulageait heureusement par ce moyen. Laennec le conseillait aussi, et les vieillards asthmatiques savent bien y chercher du calme à leurs angoisses. Il faut, dans ces cas, le prendre à fortes doses et très-concentré.

Coqueluche. M. le docteur Jules Guyot a beaucoup vanté le Café contre la coqueluche. Il le donne après chaque repas à la dose d'une cuillerée à café jusqu'à deux ans, d'une cuillerée à dessert jusqu'à quatre ans, d'une cuillerée à bouche au delà de cet âge. La coqueluche la plus caractérisée et la plus opiniâtre cède, dit-il, à ce moyen dans l'espace de deux à quatre jours au plus. Nous n'avons pas été aussi heureux que M. Guyot, et le Café nous a été d'un faible secours dans la coqueluche. Nous ne le croyons pourtant pas dénué de toute efficacité. C'est plus spécialement l'infusion de Café cru que l'on a employé dans ce cas.

Les propriétés anticalculeuses attribuées au Café, et dont nous avons dit un mot, peuvent être accréditées par cette remarque, que la gravclle est presque inconnue en Orient et aux Antilles, où l'on fait une si énorme consommation de la fève de l'Yémen. La même observation est applicable à la goutte.

Les contre-indications du Café sont faciles à comprendre d'après ce que nous avons dit de son action physiologique et des cas où son em.ploi thérapeutique nous a paru légitime. Les femmes vaporeuses, les hypo-

chondriaques devront surtout vivre dans une grande abstinence de cette boisson. Pomme et Tissot se sont fortement élevés contre son usage chez ces sortes de malades. Le célèbre Juncker, dans son Conspectus therapiœ generalis, insiste sur cette recommandation : Hypochondriacos et it fœminas otiosas, dit-il, in angores quosdam internos, palpiCationem cordis vel tremorcm arluum conjicit.

Le Café jouit, comme le thé, dont nous parlerons tout à l'heure, de la propriété de soutenir et de produire pour un temps l'effet de l'alimentation. Il est certaines professions, celle du mineur, par exemple, où, sous ce rapport, le Café joue an rôle important. Le mineur qui supporte des travaux si pénibles se soutient en grande partie par l'usage du Café. 11 semble que cette boisson fixe l'état de la nutrition et ralentisse le mouvement de décomposition, car elle ne nourrit pas directement. Cette propriété se rapporte à celle que nous lui avons reconnue sur le système nerveux viscéral.

Les doses et modes d'administration du Café nous semblent inutiles à indiquer. Chacun peut les fixer. Nous finissons en faisant des vœux pour que la thérapeutique ait plus souvent recours à ce moyen actif, et que les médecins l'utilisent surtout chez les malades qui n'y étaient pas habitués pendant leur état de santé ; mais bientôt ces personnes seront rares.

Hiihnemann n'a peut-être que le tort de l'exagération lorsqu'il accuse le Café d'avoir concouru à la production des maladies vaporeuses, plus communes depuis un ou deux siècles qu'avant cette époque. Tissot et bien d'autres avaient déjà soupçonné ce rapport.

Nous avons dit, ailleurs, que l'infusion de Café jouissait de la propriété très-curieuse de neutraliser la saveur désagréable de certaines substances telles que le sulfate de magnésie, les sels de quinine, etc., aussi depuis quelque temps a-t-on mis ce procédé en usage ; mais d'après l'observation de M. Quévenne, pour opérer avec succès, il est important de porter l'infusion de café à l'ébullition au contact de la substance dont on veut détruire la saveur.

La caféine ou principe immédiat du Café a été trouvée également dans le thé (théine) ; la guarana (Paullinia sorbilis), guaranine, a été annoncée en 1819 par Runzi, décrite en 1821 par Pelletier et Robiquet, et étudiée par MM. Pfaff, Liebig, Martins, Payen, Péligot, Stenhause, Rochelder, van den Corput, etc. Elle existe dans le Café, combinée avec l'acide cafétannique (Bochelder), caféique (PfafFj, chlorogénique (Payen). La caféine est d'ailleurs une base très-faible.

La caféine et ses sels, à la dose de quelques grains, produisent un assoupissement léger, bientôt suivi d'une excitation qui active l'énergie des fonctions vitales et favorise le travail intellectuel. A haute dose, elle est vomitive; elle paraît augmenter les sécrétions biliaires et urinaires.

On a préconisé la caféine contre les migraines, les névralgies, les fièvres intermittentes.

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