BOIS SUDORIFIQUES
On désigne sous le nom de Bois sudorif>.ques la réunion des racines, bois et écorces exotiques suivantes :
1" Le Gayac, Guajacum officinale, arbre qui croît principalement à Saint-Domingue et à la Jamaïque, appartient à la famille des Rutacées, tribu des Xanthoxylées ou Zygophyllées.
On emploie le bois, Yécorce et la racine de cet arbre,
Le bois de Gayac, lignum Guajaci, lignum Sanclum, est, dans le commerce, en grosses bûches, recouvertes quelquefois de leur écorce qui est grise, compacte, résineuse, de saveur amère, présentant à sa surface interne une infinité de petits cristaux brillants, probablement d'acide benzoïque. Le bois lui-même est très-dur, très-pesant, composé d'un cœur brun verdâtre, et d'un aubier jaune, moins compacte, sans odeur, si ce n'est quand on en brûle la ràpure {rasura ligni Guajaci). Voici, suivant Tromsdorfî, la composition du bois de Gayac : résine particulière abondante, résine particulière en petite quantité, soluble dans l'ammonia-
que; matière extractive, extractif muqueux,
L'écorce a une composition analogue.
C'est la résine de Gayac qui est la partie active de ces deux substances.
Tisane de Gayac.
Pr. : Bois de Gayac râpé, , 32à2S0gram, Eau 1,000 —
Faites bouillir jusqu'à réduction do moitié, passez.
Extrait de Gayac (Codex) [Exlractum Guajaci).
Bois de Gayac râpé. . . 1,000 Eau distillée 18,000
Faites bouillir le Gayac pendant une heure dans la moitié de l'eau, et passez à travers une toile. Soumettez le résidu à une seconde décoction avec l'autre moitié de l'eau; laissez déposer pendant douze heures, et évaporez au bain-marie les II-
quides décantés. Lorsque la liqueur oxtractive aura acquis une consistance molle, njoutez-y environ le huitième de son poids d'alcool à 80 degrés j mélangez exactement, et achevez l'évaporation jusqu'en consistance d'extrait.
Teinture de Gayac [Tinclura de lignu Guajaco).
Bois de Gayac 100
Alcool à 00 degrés. . . bOO Opérez comme pour celle de Gentiane.
Sirop de Gayac [Synpus de ligno Guajaco).
Bois de Gayac râpé.. . 300
Eau q.s.
Sucre 1,000
Faites bouillir le Gayac à deux reprises et pendant tuie heure chaque l'ois dans 3,000 grammes d'eau, passez au travers d'une toile serrée. Réunissez les liqueurs, concentrez-les jusqu'à ce qu'elles soient réduites à 600 grammes ; laissez-les refroidir. Filtrez au papier, ajoutez lo sucre, et passez lorsque ce sirop marquera bouillant lo,26 au densimètre (30 degrés Baumé).
Émulsion de la résine de Gayac (Cullcn).
Pr. : Résine de Gayac. . SOcent.àl gram. Gomme arabique. 4 —
Eau 125 —
Teinture alcoolique de résine de Gayac.
Pr. : Résine de Gayac. . 22 gram.
Tafia 300 —
Concassez la résine, faites-la digérer dans le tafia pendant quinze jours. Cette teinture est le remède des Caraïbes, si vanté pour la goutte.
Savon de résine de Gayac.
Pr. : Résine de Gayac 1 part.
Savon médicinal 2
Alcool à 88 degrés (31 degrés Cartier q. s.
Faites dissoudre, filtrez et évaporez en consist ince pilulaire.
La même préparation, faite avec parties égales de résine et de savon qu'on fait dissoudre dans l'alcool rectifié, constitue la mixture résino-savonneuse de Plenck ;
2» Salsepareille. On connaît sous ce nom les racines de plusieurs espèces du genre Smilax (famille des Asparaginées, lesquelles sont toutes originaires de l'Amérique méridionale.
Il en faut distinguer au moins trois sortes commerciales : 1» la Salsepareille ofRcinale; 2» la Salsepareille rouge; 3" la
Salsepareille caraque. On peut négliger : 1" la Salsepareille de la Vera-Cruz (Guib.) ; 2° la Salsepareille du Brésil dite à tort de Portugal; 3° la Salsepareille ligneuse, et 4" la Salsepareille blonde de Tampico, parce qu'elles sont rares et inusitées.
Salsepareille officinale, appelée aussi S. de Honduras. Cette espèce doit être probablement rapportée au Smilax offlcinalis de Humboldt, puisque ce savant botaniste ne parle pas du Smilax sarsaparilla ou salsaparilla, auquel on l'attribuo communément.
Le Smilax ofpcinalis (IL), comme ses congénères, est ime plante dioïque, à tige . riiis-lVut.escente, munie d'aiguillons, à feuilles ovales-oblongues, acuminées, cordifornies, coriaces, glabres et portant 5-7 nervures.
Les racines, qui sont seules usitées sont fibreuses, longues de plusieurs pieds, de la grosseur d'une plume d'oie, cylindriques, flexibles et cannelées longitudinalement à cause du retrait qu'a subi, par la dessiccation, la couche herbacée de l'écorce, l'épidermc conservant à peu près ses dimensions.
Cet épiderme est cendré lorsqu'il est dépouillé de l'humus noirâtre qui le recouvre souvent. L'écorce intérieure est d'un blanc rose et séparée du méditullium blanc par une ligne rose plus prononcée.
L'odeur de cette racine est presque nulle. Sa saveur mucilagineuse et amère appartient à l'écorce, ainsi que l'a fait voir Richard Barihiey ; la partie médullaire est simplement amylacée, et de plus, inerte, suivant lo docteur Pope.
Le principe actif de la Salsepareille officinale, comme des autres espèces, est un corps neutre, en cristaux rayonnés, inodore, incolore, d'une saveur âcre et amère. Légèrem nt soluble dans l'eau, à laque' le il communique la propriété de mousser, il se dissout dans l'alcool mieux à chaud qu'à froid.
Thubœuf lui a imposé le nom de Salseparirie, qui semble avoir été consacré, puisqu'il l'obtint le premier jIl l'état de pureté.
Cependant c'est la même substance qui avait été autrefois découverte presque en même temjis par Folchi, dont elle reçut le nom de Smilacine, et Palotti, qui l'appela Parigline.
Les autres matières isolées dans la Salsepareille sont une huile volatile, une résine âcre et amère, une matière huileuse, de l'extractif, de l'amidon en forte proi)ortion et de l'albumine.
L'his oire ch mique de la Salsepareille ofTiciiiale convient aux deux espèces suivantes.
Salsepareille rouge, dite de la Jamaïque.
Ses racines, plus souples et plus faciles à fendre que celles des autres Salseparedies, ne sont pas chargées de terre et présentent un épiderme d'un rouge orangé caractéristique, bien qu'il soit quelquefois