‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 170 sur 335 · BOIS SUDORIFIQUES · texte numérisé non relu

BOIS SUDORIFIQUES

gris ou blanchâtre sur les mêmes souches.

Cette espÈce est très-bonne ; on ne sait pas précisément à quel Smilax il faut l'attribuer.

Salsepareille caraque. Elle vient en troisième lieu sous le rapport de l'efficacité. Ses racines sont d'un gris pâle, un peu rongeâti'es îi l'extérieur, et souvent chargées de faisceaux et fibrilles ou chevelu. Le méditullium est très-blanc.

Il existe une variété dont les racines sont très-courtes, flexueuses et difficiles à fendre.

La Salsepareille caraque est peut-être fournie par le Smilax syphilitica. Jusqu'ici les praticiens qui ava'ent le plus employé la Salse|iareille conseillaient les longues infusions, les décoctions ou macérations très-rapprochées do cette racine sudorifique, regardant cette manière de faire et d'administrer comme la plus avantageuse •dans les maladies chroniques, où l'on a besoin do porter énergiquement à la peau.

Depuis quelque temps, plusieurs pharmaciens distingués ont pensé autrement, Ils prêt 'ndent qu'une décoction ordinaire ou qu'une infusion peu prolongée sont préférables à l'ancien procédé, consisîant en de très-longues ébuUitions et des décoctions très-concentrées. MM. Mérat et Lens se sont élevés contre ces derniers, et continuent à recommander la vieille manière do faire, et ils en appellent pour cela à l'expérience bien acquise des avantages que, dans le traitement de syphilis constitutionnelle, on retire des fortes décoctions de Salsepareille, ainsi que des sirops sudorifiques de Cuisinier, de Mittié, etc., de la tisane de Feltz, du rob de Laffecteur, etc. Ils ajoutent qu'en se conformant à la nouvelle méthode conseillée par MM. Guibourt, Soubeiran, Pelletier, il faudrait faire prendre aux malades d'énormes quantités de tisane de Salsepareille, ce qui fatiguerait beaucoup leur estomac. Cette dernière fin de non-recevoir est moins valide que la première, à laquelle nous souscrivons ; car si, comme le pensent les habiles pharmacologistes cités plus haut, la simple décoction est préférable à celle qui est très-rapprochée, elle doit, avec la même quantité, produire des effets semblables et même plus marqués.

Quoi qu'il en soit, les préparationa de Salsepareille les plus employées sont :

la décoction faite avec 60 grammes pour 1,000 grammes d'eau, et réduction au tiers.

Extrait alcoolique de Salsepareille

{Exlractum Sarsaparillœ alcoole paratum).

Racine de Salsepareille. 1,000 Alcool à GO degrés. . . . 6,000

Opérez comme pour l'extrait alcoolique de digitale.

Sirop de Salsepareille {Syrupus de radicc Sarsaparillœ).

Racine de Salsepareille. . 1,000

Eau q. s.

Sucre blanc 2,000

Mondez la Salsepareille de ses souches; fendez les brins dans les sens de leur longueur ; coupez-les en morceaux de 2 à 3 cenlimètres; séparez-en la poussière au moyen d'un crible, et pesez-en 1,000 grammes. Faites deux digestions successivos et prolongées pondant douze heures chacune, dans de l'eau à 80 degrés, en quantité suffisanle pour l'ecouvrir à chaque fois la Salsepareille. Passez le produit de chaque digestion à travers un tamis de crin; laissez reposer et décantez; puis faites évaporer les liqueurs en commençant par la moins chargée de principes actifs. Lorsque la totalité de liquide sera réduite au poids de 1,600 grammes, clarifiez au blanc d'œuf et passez à travers une étamine de laine; enfin, ajoutez le sucre et faites un sirop par co"tio!i et clarification marquant bouillant au densimètre 1»,26 (30 degrés Baumé).

Sirop de Salsepareille composé, Sirop de Cuisinier, Sirop sudorifique, Sirop dépuratif {Syrupus de Sarsaparillâ composHus.)

Salsepareille Honduras fendue

et coupée , 1,000

Fleurs sèches de bourrache. . 60

Fleurs sèches de rose paie. . . 60

Feuilles de séné 60

Fruits d'anis vert 60

Sucre blanc i OOO

Miel l'oOO

Eau n s

Faites trois digestions successives, et prolongées pendant douze heures chacune, de la Salsepareille ; employez pour chacune de l'eau à 80 degrés en quantité suffisante pour recouvrir complètement la racine. Recueillez à part le produit de la troisième digestion; portez-le à l'ébullition et jetez-le sur les autres substances; laissez infuser pendant douze heures.

D'autre part, évaporez les premières liqueurs, et, lorsqu'elles seront suffisamment réduites, ajoutez-y la colature résultant de l'infusion des autres substances. Continuez l'évaporation jusqu'à ce que la liqueur ne représente plus qu'un poids égal à celui du sucre et du miel réunis ; clarifiez au moyen du blanc d'œuf et passez à rétamine. Ajoutez au liquide ainsi obtenu le sucre et le miel, et faites un sirop par coction et clarification marquant bouillant lo,29 au densimètre (32 degrés Baumé),

Essence concentrée de Salsepareille rovge de la Jamoique.

Pr. : Salsepareille rouge fendue ; • • • ^J^"" S''-

Bois (le gayac râpé. . . . 750

Bois de réglisse 2aO

Ecorce de garou. .... 30

Alcool à 36 degrés Carlier 150

Eau froide 10,000

Faites macérer le tout pendant douze heures ; passez et versez sur le résidu 2.500 grammes d'eau bouillante; laissez infuser six heures et passez ; réunissez es deux liqueurs évaporées jusqu'à réduction de 2,750 grammes ; ajoutez l'alcool et 20 gouttes d'essence de sassafras.

La dose cp- une cuillerée à soupe dans un verre d'eau, une ou deux fois par jour;

3° La Squine, Radix Chinœ, Smilax Chinœ. Arbuste sarmenteux de la même famille que la Salsepareille dont il est très-voisin, croissant comme elle dans l'Amérique méridionale et aussi en Chine. On se sert de la racine, qui est de la grosseur du poing, ligneuse, lourde, noueuse, dense, assez dure, recouverte d'une écorce lisse d'un rouge brun, intérieurement d'une teinte plus foncée. Elle est sans odeur et d un goût âpre. On l'emploie en décoction comme la précédente, mais rarement seule et presque toujours associée aux autres racines sudorifiques ;

4" I..e Sassafras, laurus Sassafras, radix et cortex Sassafras. Arbre de la famille des Laurinées, originaire de l'Amérique du Nçrd. On emploie le bois, î'écorce et la racine. L'écorce est d'un rouge brun, d'une ligne d'épaisseur, tachetée çà et là par des îlots d'épiderme grisâtre. Elle est spongieuse à l'extérieur, lisse à l'intérieur; son odeur est violente et aromatique, sa saveur forte et piquante. Le bois est grisâtre, léger, à veinures concentriques. Son odeur est agréable, sa saveur presque nulle. Il rougit par le contact de l'acide nitrique, qui est, comme on l'a dit, sa pierre de touche. Ce sudorifique est plus énergique que la Squine. Il n'est guère employé que conjointement avec les trois précédentes ou l'un d'eux. Son infusion, qui est le meilleur mode d'administration, se fait avec 30 à CD grammes du bois pour 500 à 1,000 grammes d'eau. On en retire une huile essentielle employée à la dose de quelques gouttes.

On trouvera aux chapitres des Médicaments altérants et de la M'dication altérante un grand nombre de considéra ions applicables aux Bois sudorifi ues que nous venons do décrira, car les Bois dits sudorifiques sont aussi quelquefois utiles, non pas en déterminant une plus abondante exlialati ou cutanée, mais en modifiant la nutrition d'une manière lente et générale, iudépendammcnt de la production de

toute évacu.Ttioa par la peau ou par toute autre voie. Il arrive aussi assez souvent que ces Bois sud rifiques ne manifestent pas leur action sur la peau par une p!us grande activité de ses fonctions perspiratoires, mais en déterminant à sa surface diverses éruptions qui sont quelquefois le but de la médication. Ils agissent alors comme de véritables dépuraiifs, et nous aurions pu ici placer les agents qu'on désigne ordinairement sous ce nom ; commeaussi ceux dont il vient d'être question auraient pu figurer à côté de la Bardane, de la patience, etc. Pourtant les cas spéciaux dans lesquels les uns et les autres sont employés et le but qu'on se propose en général en les prescrivant, nous ont autorisés à les séparer.

Les Solanées non vireuses ont bien aussi quelques droits à la propriété sudorifique; ainsi, la morellc noire, Solanum nigrum, peut au besoin servir à ce titre, et mieux encore la douce-amère, Solanum ditlcamara. Cette dernière surtout a joui d'une grande réputation dans le traitement des maladies chroniques de la peau, principalement chez les enfants, et ce n'est pas sans quelque fondement. Elle détermine des picotements, des démangeaisonsà lapeau, diverses éruptions, etc., une perspiration plus abondante de la surface cutanée. Ces plantes ont été décrites à la suite des Solanées vireuses. On se rappellera qu'elles ont, quoique très- faibles, une action stupéfiante sur le système nerveux.

Nous ne ferons que mentionner, pour compléter notre section des excitants sudorifiques, la Canne de Provence, ^runcfo donax, de la famille des Graminées. C'est un dés sudorifiques les plus usités dans la médecine domestique pour faire passer le lait des nouvelles accouchées. Bien que, dans ce cas, un état incessamment diaphorétique de la peau soit une très-utile condition de guérison, nous pensons que d'autres émonctoires sont plus appropriés que le tégument externe aux évacuations alors nécessaires.

Le roseau à balaie, Ârundo phragmites, de la même famille que le précédent : la racine du Dompte-venin Asclepias vincetoxicum, de la famille des Apocynées; celle de l'Asclépiade tubéreuse, Asclepias tuherosa, de la même famille ; l'Astragale sans tige, Asiragatus escapns, de la famille des légumineuses ; le bois de Santal rouge, Plerocarpus santalinus, arbre de la famille précédente ; la Scabieuse, Sc;biosa arvensis et Scabiosa sucrisa, de la fami le des Dipsacées; les feuilles de Cassis, Ihbes nigra, de la famille des Ribesiés : la racine du Scorsonère, Scorsonera hispanica, de celle des Synanthérées, les pétales de l'OEillet ronge, Uianthiis caryophyllus, etc. Le sirop de ce dernier sert souvent à édulcorer des potions excitantes qu'on prescrit pour déterminer un mouvement vers la peau ;

50 phormium lenax. On désigne sous

DIURÉTIQUES.

ce nom les racines du Lin de la Nouvelle-Hollande ; on les emploie comme Succédané de la Salsepareille, à la dose de 1 îi 6 grammes en poudre et jusqu'îi 30 grammes en décoction pour 250 grammes d'eau ;

G" Lonicera brachypoda. On a vanté en Allemagne surtout les tiges et les fleurs d'un Chèvrefeuille, Lonicera brarliypoda, contre les accidents primaires et secondaires de la syphilis;

7° Genêt, Scoparine; Genista,Scoparina.

On emp oie les fleui's du Genêt comme sudorifique et diurétique.

En voici une formule :

Décoction de Genêt composée.

Pr. : Sommités fraîches de\

Baies de genièvre. . . l ^ ^ ^ °

Racines de pissenlit. . '

Eau I,2o0 —

Réduire par l'ébullition à 500 grammes et passez.

Le prineipe actif du Genêt nommé Scoparin a pour formule C^' H" 0".

Cette substance est colorée en jaune, elle cristallise en étoiles. La dose est de 15 à 80 centigrammes.

On extrait encore du Genêt une huile incolore très-amère nommée spartéine, qui possède des propriétés narcotiques ;

8» Orme pyramidal, Ulmus campesiris.

L'écorce d'Orme pyramidal est le liber ou écorce intérieure; elle est employée comme sudorifique et diurétique.

Tisane d'Orme.

Pr. : Ecorce d'Orme 123 gram.

Eau 1,230 —

Réduisez par l'ébullition ù 1,000 grammes, passez et sucrez.

DIURÉTIQUES

ou MÉDICAMENTS DONT l'aCTION EXCITE PLUS SPÉCIALEJIENT La sécrétion URINAIRE.

Dans toutes les classes d'agents thérapeutiques pris dans la Matière médicale ou hors d'elle, on trouve de nombreux moyens d'augmenter la sécrétion des reins; mais ici, comme pour les sudorifiques, nous ne sommes tenus d'indiquer que les substances excitantes qui, par une sorte d'élection, sollicitent plus particulièrement la fonction uropoiétique. Le but et la raison de cette médication spéciale, les cas où elle est applicable, les conditions qui en favorisent le succès, celles qui en annulent les effets ou la contre-indiquent, sont autant de considérations qu'on trouvera distribuées à leur place naturelle, dans plusieurs médications, principalement l'excitante et Vantiphlogistique, etc.

La plupart des substances diurétiques, celles surtout que fournit le règne végétal, jouissent d'une propriété sédative assez marquée sur le centre circulatoire, dont elles ralentissent les mouvements. Il faut tenir compte de ce fait important lorsqu'on recherche les indications de la Médication diurétique, de même qu'à propos de la Médication sédative on doit songer à la propriété diurétique d'un grand nombre des agents de cette médication. Ainsi, le froid est le plus puissant des sédatifs, et il est un des diurétiques les plus actifs, les moins inconstants, et vice versâ. Les diurétiques de la matière médicale, la digitale, par exemple, sont aussi des sédatifs assez puissants. L'honneur des classifications souffre sans doute de cette multiplicité de propriétés appartenant au même agent, mais nous ne saurions en être responsables, et il serait injuste d'exiger

une grande rigueur de classificalion en présence de matières qui laissent un si vaste champ à l'arbitraire et aux manières de voir.

Le règne minéral fournit d'assez nombreux diurétiques. Tous sont des sels à base de soude ou de potasse. Ce qu'ils ont de plus remarquable, c'est leur nullité d'action en tant qu'excitants généraux. Ainsi, qu'ils augmentent ou non la qualité des urines, jamais ils n'activent primitivement la chaleur animale, jamais ils n'accélèrent la circulation, etc. On les voii bien, à défaut de diurèse, produire l'exagération de quelque autre fonction sécrétoire ou exhalante, mais non pas, nous le répétons, les phénomènes qui attestent une stimulation générale, à moins qu'ils ne soient administrés à très-hautes doses ou dans des conditions phlogistiques de l'organisme. Ils sont plutôt propres à la combattre. Nous ne parlons pas des eflets toxiques que peuvent déterminer de grandes quantités de ces sels. Ce sont Vozotote de potasse, les sous-curbonate, bica?'bonale, et acétate de potasse et de soude.

Le règne animal ne nous offre à étudier qu'un seul diurétique, c'est l'Urée.

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