‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 180 sur 335 · LA RUE ODORANTE · texte numérisé non relu

LA RUE ODORANTE

fleurs jaunes, disposées en panicule corymbilurme avec une bractée ; calice plane, persistant, îl quatre divisions; pétales onguiculées; anthères biloculaires, ovoïdes; style central, plus court que les étamines; stigmate simple. Le fruit est une capsule composée de 4 ou 5 carpelles, soudés seulement dans leur moitié intérieure et qui produisent chacun un style par le côté inti-rne de leur portion libre ; ces 4 ou 5 styles marchent horizontalement vers le centre du fruit, et, lorsqu'ils se sont rencontrés, ils se redressent en s'accolant pour constituer une colonne verticale unique. La Rue a une odeur forte, aromiaique, une saveur chaude et amère due à une huile volatile très-abondante.

On administre la poudre de cette plante emménagogue à la dose de 1 à 2 grammes

par jour. L'infusion se fait avec 4 grammes de feuilles pour 1 kilogramme d'can. On donne 5 îi 10 gouttes de son liulU? essentielle dans les potions emméiiagogues.

Extrait alcoolique de Rue

[Exlractum Rutœ graveolenlis alcoole paraium).

Feuilles sèches de Rue. . 1,000 Alcool à 00 degrés 0,000

Opérez comme pour l'extrait alcoolique de digitale. Cet extrait se donne en pilules à la dose de 3 à 10 centigrammes. A l'extérieur, on en prescrit la décoction sous forme de bains de siège et de fomentations sur l'hypogastre.

M. Hélie, professeur adjoint à l'école secondaire de médecine do Nantes, dans un mémoire récemment couronné, a publié des recherches sur l'action toxique et sur les propriétés abortives de la Rue employée à forte dose.

Voici, d'après M. Hélie, le mode d'action que la Rue exerce sur l'économie, en supposant qu'elle soit prise pendant la grossesse. Ce n'est, en effet, que dans cet état que l'on peut avoir lieu d'observer son mode d'action, car elle n'est employée à forte dose, à dose vénéneuse, que dans le but de provoquer l'avortement.

La Rue, irrite, enflamme la membrane muqueuse de l'estomac et dn duodénum; l'inflammation est peu intense dans l'intestin grêle, et le gros intestin semble ordinairement n'en être pas affecté.

La phlegmasie gastro-duodénale se manifeste surtout par la douleur épigastrique et par des vomissements continus, soit des liquides ingérés, soit d'un fltiide bilieux.

L'influence que la Rue exerce sur l'utérus paraît consister à la fois en une congestion sanguine active et une stimulation de ses fibres musculaires qui détermine leur contraction, de laquelle résulte l'expulsion de foetus. Il est à remarquer que cette action de la Rue est toujours secondaire, qu'il faut un certain temps, et souvent la répétition des doses pour qu'elle s'exerce ; tous les faits connus l'attestent.

La puissance abortive de la Rue parait être généralement en raison inverse de l'inflammation qu'elle excite dans la membrane muqueuse gastro-intestinale, ce qui s'expliquerait jusqu'à un certain point, si l'on considère que l'action exercée par la Rue sur l'utérus est une conséquence de l'absorption de ses principes actifs, et non un effet sympathique de la gastro-entérite, et que l'inflammation intense d'une surface muqueuse y rend l'absorption moins facile.

Plusieurs observations, recueillies parle docteur Hélie, confirment les propriétés abortives delà Rue, indépenda,mment de toute prédisposition à l'avortement. {Bull, de thérap., t. XII, p. 77.)

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