BOURGEON^ DE SAPIN. GENIÈVRE
MATIÈaE MÉDICALE.
Les Bourgeons de sapin, Geiumœ Abietis, employés en médecine, sont le plus ordinairement fournis par VAbies peclinala (Pinus picea, Linné), genre de la famille des Conifères. Us sont composés de cinq h dix bourgeons disposés à la base d'im bourgeon terminal plus développé.
Les bourgeons de sapin nous viennent principalement du Nord, et surtout de la Russie; ils paraissent devoir leurs propriétés excitantes à la térébenthine qu'ils contiennent dans leurs écailles.
Tisane de Bourgeons de sapin.
Pr. : Bourgeons de sapin
du Nord 20 gram.
Eau bouillante. . . . 1,000 —
Faites infuser trois heures, passez et décantez.
Tisane diurétique.
Pr. : Bourgeons de sapin. . 8 gram.
Faites infuser dans:
Passez et ajoutez :
Vin blanc 250 —
Nitrate de potasse.. . 1 —
Les Bourgeons de sapin entrent aussi dans la composition de la bière antiscorbutiqae ou sapinette.
Sirop de Bourgeons de sapin.
Bourgeons de sapin. . 100
Alcool à 60 degrés. . . 100
Eau 1,000
Sucre blanc q. s.
xMettez les Bourgeons de sapin avec l'alcool pendant douze heures, versez dessus l'eau bouillante, laissez infuser en vase clos pendant six heures, passez avec légère expression, filtrez la liqueur ; ajoutez le sucre dans les proportions de 100 parties pour 100 de colature, et faites un sirop par simple solution en vase clos à la chaleur du bain-marie.
Genièvre.
On nomme improprement baies de Genièvre, baccœ Juniperi (ce sont les seules parties usitées), les fruits du Genévrier, Juniperus communis, Linné, arbrisseau de la famille des Conifères, croissant abondamment dans le nord de !a France et dans les Pays-Bas.
Ce fruit est globuleux, pisiforme, d'un brun noirâtre à l'état mûr, et contient trois petites semences osseuses qui sont environnées d'une pulpe aromatique, résineuse, un peu sucrée. On relire de cette pulpe une eau-de-vie par la fermentation, une huile volatile par la distillation, et un esprit par l'infusion ou la décoction.
Tisane de Genièvre.
Pr. : Baies de Genièvre
brisées 8 gram.
Eau bouillante. . . 1,000 —
Faites infuser pendant deux heures Extrait de Genièvre composé.
Pr. : Baies de Genièvre. . 190 gram.
Semences de fenouil. J „
] • I aa o —
— de carvi. . >
Faites macérer pendant deux ou trois jours dans :
Alcool 1,690 gram.
puis distillez au bain-marie.
Cette formule est empruntée à la pharmacopée d'Edimbourg.
Extrait de Genièvre {Exiractum Juniperi) .
Baies de Genièvre récem ment séchées 1,000
Eau distillée à 30 degrés. . 6,000
Contusez légèrement les baies de Genièvre dans un mortier de marbre : faitesles macérer dans la moitié de l'eau pendant vingt-quatre heures ; passez avec une légère expression, versez la seconde moitié de l'eau sur le marc ; passez après douze heures de macération. Filtrez séparément les liqueurs à travers une étoffe de laine. Concentrez au bain-marie la première solution, ajoutez la seconde après l'avoir réduite à l'état sirupeux, et évaporez jusqu'en consistance d'extrait mou.
L'extrait de Genièvre est un très-bon excipient, et que l'on emploie souvent lorsqu'il s'agit d'admin strer des préparations toniques énergiques.
On emploie aussi les baies de Genièvre en fumigations excitantes. Ou les met (250 grammes environ) dans une bassinoire garnie de charbons ardents, et l'on, bassine le lit des malades.
L'infusion des premiers s'emploie absolument flans les mêmes circonstances que l'eau de goudron ; et il est certain qu'elle jouit d'une action antiscorbutiquejustement célèbre. Ses propriétés diurétiques ne sont pas moins fondées. La bière sapinette ou antiscorbutique dans la composition de laquelle entrent ces bourgeons fait suffisamment foi de cette qualité précieuse. L'infusion des baies de Genièvre et leur extrait sont plus spécialement appropriés à faciliter la sécrétion de l'urine dans les hydropisies et à fortifier l'estomac. Nous aurons occasion de rappeler cette double action dans les sections du chapitre de la Médication excitante où sera exposé ce qui, dans cette médication, est relatif au scorbut et à l'indication d'activer les fonctions uropoiétiques. Les fumigations faites avec les baies de Genièvre jetées sur les charbons ardents, les frictions pratiquées avec des liqueurs dont ces baies balsamiques et térébenthinées forment la base, sont éminemment utiles dans les douleurs de rhumatisme musculaire, le lumbago, la courbature, et dans les anasarques ou les œdèmes partiels.
En distillant le bois du Génévrier, on obtient une huile pyrogénée nommée huile de Cade, dont l'odeur est forte, résineuse, analogue à celle du goudron ou mieux de la viande fumée. M. Serre, d'Alais, a récemment préconisé l'emploi de cette huile en topique dans les maladies sécrétantes de la peau, dans les ophthalraies scrofuleuses. On l'applique à l'aide d'un pinceau sur les parties de peau affectées. M. Devergie a répété à l'hôpital Saint-Louis les essais de M. de Serre, et sans partager l'enthousiasme de ce praticien, il a cru pouvoir affirmer que l'huile de Cade était une bonne ressource de plus dans le traitement des dartres sécrétantes et dans les ophthalmies scrofuleuses. Il arrive même quelquefois que ces applications topiques suppriment trop brusquement la sécrétion morbide des surfaces entlamméos. On applique l'huile de Cade à l'aide d'un pinceau sur la conjonctive ulcérée.
Les formes sous lesquelles s'emploient les résines à l'extérieur sont : la térébenthine de Venise pure et son essence, telles que nous les avons décrites ; la résine ou poix-résine et la poix, surtout celle dite de Bourgogne. Appliquée sur la peau, la térébenthine agit à la manière des épispastiques, c'est-à-dire qu'elle y détermine de la rougeur, dè la douleur, puis le soulèvement de l'épiderme par une abondante exhalation de sérosité. L'huile essentielle agit bien aussi de cette manière, mais, chose remarquable, moins énergiquement. Ces deux substances s'emploien* pourtant rarement seules dans un but épispastique. La térébenthine est Je plus souvent utilisée sous forme d'onguents et de divers mélanges, de digestifs animés pour aviver les plaies atoniques, diminuer les suppurations trop abondantes, favoriser les cicatrisations difficiles à s'achever, panser les solutions de continuité, les surfaces amputées et affectées