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EFFETS PHYSIOLOGIQUES

La Digitale exerce une action locale irritante, mais à la manière de tous les agents morbifîques qui attaquent les tissus et peuvent les désorganiser. Sa poudre, appliquée sur une membrane muqueuse ou sur le derme dénudé, y produit une irritation fort cuisante, puis une phlegmasie qui peut aller jusqu'à l'ulcération. Mais ce serait tomber dans l'erreur que de faire procéder de cette lésion locale les xAénomènes généraux spéciOques qui appartiennent à l'absorption de la Digitale, et qui résultent de son action immédiate sur le système nerveux au moyen du sang qui s'en fait le véhicule et le dissolvant.

La Digitale fut d'abord employée à titre d'éméto - catbartique (lo33-1770), puis en 1775 Withering fit connaître ses propriétés hydragogues, et Cullen constata plus tard son action sédative.

Action sM?' les voies digestives. Nous avons dit que l'intolérance de l'estomac pour la Digitale avait été le premier phénomène constaté. Mais depuis les recherches de MM. Homolle et Onévenne, il a été démontré que cette action n'est pas le résultat d'une irritation locale, car si la dose est suffisante les troubles digestifs se montrent alors que la digitaline a été introduite dans l'économie pir une autre voie que le tube digestif. En général, à dose thérapeutique, ces phénomènes ne se produisent pas et se bornent à un peu d'anorexie ou de pesanteur dans l'estomac. Dans l'empoisonnement par la Digitale ou la digitaline, c'est-à-dire à doses fortes et surtout par le fait de l'accumulation de doses, les vomissements sont bilieux, fréquents et quelquefois même incoercibles. A dose faible, il n'y a qu'un peu de constipation ; à forte dose, il peut y avoir une diarrhée séreuse abondante composée de matières analogues à celles des vomissements.

Action sur la circulation. La circulation lymphatique ne paraît pas influencée, et les expériences de M. Velpeau [Soc. de biologie, 1856) ont démontré que les cœurs lymphatiques de la grenouille n'étaient nullement influencés alors même que le cœur sanguin avait cessé de battre.

On s'est surtout préoccupé, dans ces dernières années, de rechercher comment la Digitale modifie la fréquence et la tension du pouls, et ces deux caractères ne peuvent être absolument séparés, car les variations de tension du sang dans le système artériel s'accompagnent prcsqua toujours de variations dans la fréquence du pouls.

Au premier abord, on sera étonné de voir rechercher encore les modifications de la fréquence du pouls; il semble qu'on a dû être fixé dans le principe à cet égard. Quoi de plus de simple que de constater cette fréquence? 11 n'y a qu'à compter, et le premier élève d'une clinique doit, dès le premier jour, pouvoir répondre d'une manière suffisante à cet

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égard. Pourtant, quand on suppute les résultats fournis par les différents observateurs, voici ce qu'on trouve :

Les uns, et ce sont surtout les plus anciens, disent que la Digitale diminue la fréquence du pouls. Cette opinion est soutenue par Withering dès 1785, dans la monographie faite avec CuUen ; puis, immédiatement par Schiemann en 1786. Après eux, MM. Joret et Andral en 1834, M. Germain de Château-Thierry, puis M. Gubler qui ajoute que nonseulement le pouls devient rare, mais qu'il est redoublé; enfin MM. Bouchardat et Snndras, StrohI, Bouillaud, Stannius, Durozier, etc.

Mais d'autres observateurs viennent opposer un premier doute à ces observations. Ils admettent bien que la Digitale ralentit le pouls, mais seulement après l'avoir accéléré, et que ce n'est que consécutivement que se fait le ralentissement. Ces derniers sont pourtant des observateurs qui méritent d'être pris en considération. C'est d'abord Sanders, qui s'appuie, comme je l'ai dit, sur deux mille observations ; puis M. Hirtz, le professeur de thérapeutique de Strasbourg. Quant à M. Homolle, il admet aussi l'accélération primitive du pouls, mais il la regarde comme exceptionnelle, et il doit être plutôt rangé dans les médecins qui admettent purement et simplement la diminution de fréquence des pulsations, c'est-à-dire des battements du cœur.

Enfin, si l'on augmente la dose de Digitale et que des symptômes d'intolérance se produisent, ce n'est plus la diminution de fréquence des battements cardiaques qu'on observe, mais, au contraire, l'augmentation du nombre de ces battements. Cette assertion estaffirmée par Hutchinson, par MM. Bouley et Raynal qui notent que les battements cardiaques deviennent, dans les premières vingt-quatre heures, accélérés, vibrants, avec frémissement et tintement métallique; puis on voit apparaître des intermittences souvent régulières, en même temps que le pouls devient filiforme et intermittent.

Cette action a été également constatée par MM. Pfaff, Gubler, Eulenbour, Ehrenhaus, Legroux, etc.

On peut donc résumer ainsi l'opinion générale : à faible dose, ralentissement des battements cardiaques; à haute dose, battements plus fréquents, mais interrompus par ce qu'on est convenu d'appeler des intermittences.

Quant à l'accélération précédant la rareté du pouls admise par Snnders et M. Hirtz, elle est peu importante au point de vue de la constatation des phénomènes ; mais sous le rapport de leur explication, elle est capitale, attendu qu'elle fait supposer que le ralentissement des battements du cœur n'est obtenu qu'indirectement.

Arrivons à la tension du pouls. Celle-ci est indiquée comme augmentée par la plupart des auteurs.

Tout d'abord Kingluke fait remarquer que, sous l'influence de la Digitale, le pouls, en perdant de sa fréquence, a conservé sa force et son énergie. Beddoès, au dire de M. Legroux, aurait fait la môme constata

lion avec un sphygmographe de son invention. MM. Biddaut et Williers disent également que le pouls conserve de la force, de la plénitude et de la régularité. Schwilgué, en 1805, indiquait que l'artère restait résistante. Enfin, MM. Lcgroux et Lelion, qui acceptent cette opinion, donnent à l'appui de leur manière de voir un tracé sphygmographique obtenu par M. Siredey, tracé qui semble indiquer, par le peu de hauteur de la ligne d'ascension de l'aiguille, que la tension plus grande du sang dans l'artère empêche les battements cardiaques d'en distendre les parois et, par suite, d'élever l'aiguille sphygmographique.

S'il n'y avait dans la science que cette opinion de formulée, tout semblerait dit à ce sujet. Mais nous allons voir maintenant une opinion opposée se produire. Toutefois, nous essayerons de montrer qu'il n'y a ici entre les observateurs que des opinions opposées, mais non contradictoires.

En effet, la Digitale a été employée par les Italiens comme hyposthénisant. Thomasini en 1806, Fanzago en 1810 et Rasori, après dix ans d'étude, en 1811, démontrèrent l'action contro-stimulante de la Digitale, si bien que Giacomini, après avoir énuméré les travaux de la plupart d'entre eux, ajoute : « Ce qui n'a échappé à personne, c'est le ralentissement, la diminution, V affaiblissement combiné à l'irrégularité du pouls. »

D'où viennent donc ces affirmations opposées? De deux sources. Cela tient à ce que les observateurs ne se mettent pas dans les mêmes conditions :

1» Par rapport au sujet de l'expérience ;

2° Par rapport à l'objet de l'expérimentation.

Examinons d'abord le premier point, c'est-à-dire quelle modification peut apporter dans les résultats le sujet de l'expérience. En d'autres termes, voyons si les différentes espèces animales sur lesquelles on a opéré ne sont point l'origine des variations dans les effets obtenus.

Sur ce premier chapitre, Giacomini nous donne des détails intéressants : « Mongiardi, écrit-il, aurait trouvé que la Digitale donne difficilement la mort aux oiseaux, et les pigeons qui moururent à la suite de l'ingestion de teinture de Digitale périrent probablement par l'alcool. Schiemann, par exemple, administra h. une grosse poule SOO grammes de teinture en quarante-six jours sans voir la mort survenir, car la maladie provoquée se borna aux symptômes suivants : le volatile souffrait de la soif, refusait parfois toute espèce d'aliments, ses excréments étaient liquides ; il était devenu tranquille, morose ; il changea de plumes et tout fut dit.

Schiemann a donc préféré pour ses expériences les chiens qui se sont montrés des réactifs plus sensibles ; mais encore ici Schiemann se sépare des observateurs qui l'ont suivi. Il indique, en effet, que les chiens empoisonnés mouraient avec le cœur flasque, dilaté et rempli de sang caillé, tandis que MM. Bouley, Raynal, Traubc, Pfaff, Gubler, Faure, etc.,

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indiquent qu'ils ont trouvé les oreillettes dilatées et les ventricules contractés. M. Claude Bernard va même plus loin : il dit qu'après la dernière contraction cardiaque, il se produit une rigidité persistante des ventricules. — Nous regrettons d'être obligé de revenir sur des points en apparence si éloignés de notre sujet, mais l'action de la Digitale sur le pouls n'est pas spéciale et directe sur les grosses artères ; elle doit, pour modifier le pouls, se montrer d'abord sur le cœur ou les petits vaisseaux.

Il est une première remarque que ces expériences permettent déjà de faire. C'est que, pour juger le problème, les difTérents observateurs ont choisi des animaux dissemblables, et que non-seulement le sujet des expériences a varié, mais, de plus, la manière dont les expériences ont été instituées est également ditTérente pour chaque observateur.

Voyons maintenant la deuxième cause des variations dans les résultats obtenus.

M. Hirtz donne une autre interprétation de ces discordances : il les attribue à ce que la Digitale et surtout la digitaline sont des médicaments mal définis, et que chacun emploie une Digitale qui ne ressemble pas à celle de son voisin. Nous savons tous combien on est peu fixé sur la valeur de la digitaline solublc ou insoluble. Il faut donc, jusqu'à plus ample informé, faire connaître chaque fois quelle espèce de digitaline on a employée. M. Hirtz donne le premier l'exemple en indiquant qu'il s'est servi constamment de Digitale ou de digitaline préparées avec un soin tout particulier par M. Hepp, de Strasbourg, pharmacien très-distingué, qui a précisément fait une étude toute spéciale de la pharmacologie de la Digitale.

Malgré toutes ces divergences, nous croyons pourtant qu'on peut résumer les faits précédents de la manière suivante :

Sous l'influence de la Digitale à doses modérées, le pouls devient plus rare; si les doses sont fortes, il devient plus fréquent.

Sous ce premier rapport, la question est pour ainsi dire jugée : mais ou n'en peut dire autant de la tension artérielle. Ici les observateurs se partagent en deux groupes dont les conclusions sont tout à fait opposées. Les uns, avec KingLike, Beddoès, Bidaut etVilliers, Schwilgué, Gubler, Legroux, Lelion et Siredey, admettent qu'elle est augmentée; tandis que les Italiens, puisTraube, MM. Hirtz et Onimus, sont d'un avis contraire, et M. Coblentz, élève de M. Hirtz, vient encore tout récemment de déclarer dans sa thèse inaugurale inspirée par les travaux de Traube et de son maître M. Hirtz, que la Digitale est un excitant du système modérateur du cœur, qu'elle diminue la pression dans le système artériel et, par là, la rapidité de la circulation.

Quand on considère la tension artérielle, on voit qu'elle est la résultante de plusieurs forces :

1" De l'activité du cœur ;

2° De l'élasticité des gros vaisseaux ;

3" De la contractilité des petits vaisseaux ; non-seulement des capillaires, mais encore des petites artères et des veines.

Si nous connaissions déjà l'un de ces éléments, par exemple, la valeur de la Digitale sur les contractions cardiaques, ce serait déjà une inconnue de dégagée sur trois.

Quelle est donc l'action de la Digitale sur le cœur ? Le paralyse-t elle, comme le croit Schiemann, ou le met-elle dans un état tétanique, ainsi que l'affirme M. Claude Bernard? 11 fallait, pour décider cette première question, reprendre l'expérience de l'action directe sur le cœur. C'est ce qu'a fait M. Onimus : il a mis de la digitaline en substance sur le cœur d'une grenouille, et il a vu qu'au bout de deux à trois minutes, la partie du cœur touchée par le poison ne prend plus qu'une petite part à la diastole ; elle forme une sorte d'enfoncement et un point blanc qui tranche avec les autres parties du cœur, qui restent rouges.

Cette expérience de M. Onimus est donc favorable à l'opinion de Schiemann. On pourrait y joindre l'expérience de Stannius. L'animal employé par Stannius a été souvent la grenouille ; mais il a opéré aussi sur des chats, et sur ces derniers il a constaté que la Digitale, paralyse le cœur et le rend, après la mort, insensible à l'action galvanique, alors que l'on peut encore exciter les gros vaisseaux.

D'autre part, les expériences de Traube viennent placer le problème sur un autre terrain. Suivant ce dernier observateur, dans l'action sédative de la Digitale sur la circulation, le fait primitif n'est ni une action directe de la Digitale sur les artères, ni même une action directe sur le cœur. Ce n'est pas sur le muscle cardiaque qu'agit la Digitale, c'est sur l'un des nerfs qui l'animent. Suivant l'éminent clinicien de Berlin, c'est sur le nerf pneumo-gastrique que la Digitale exerce son influence.

Voici les expériences de Traube : on sait qu'en Allemagne, le nerf pneumo-gastrique est généralement considéré comme le nerf modérateur du cœur, et cette théorie repose sur les deux expériences suivantes :

1° Si l'on excite le nerf pneumo-gastrique, le cœur se ralentit ou peut même s'arrêter ;

2° Si l'on coupe le nerf pneumo-gastrique, le cœur accélère au contraire ses mouvements.

Cette théorie a rencontré beaucoup d'objections, nous n'avons pas ici à présenter l'état exact de nos connaissances sur ce fait si complexe de l'innervation du cœur. Il nous suffit de rappeler que c'est sur cette théorie que se base le professeur Traube.

Voici comment il institue ses expériences :

Il commence par administrer de la Digitale à un animal, et, une fois la sédation produite, il coupe le pneumo-gastrique et voit le cœur accélérer ses battements. Cette expérience seule ne suffirait pas à prouver ce qu'il avance, mais la seconde est plus concluante. Dans la seconde expérience, il coupe le pneumo-gastrique avant de donner de la Digitale, et il prétend que le médicament ne produit pas alors la sédation ordinaire ;

9i2 SÉDATIFS ET CONTRO-STIMULÂNTS.

il en conclut que la Digitale n'agit pas sur le tissu musculaire du cœur, puisqu'il suffit d'interrompre l'action du nerf vague sur le cœur pour que la sédation'ne soit pas produite.

Devant cette impossibilité actuelle de résoudre l'un des éléments du problème, voyons au moins si nous pouvons constater directement quelle est l'intluence de la Digitale sur la résultante de ces forces, c'est-cà-dire la tension artérielle, et prenons le sphygmographe, cet instrument si sensible que nous avons entre les mains depuis huit ans.

M. Bordier est venu lire à la Société de thérapeutique un travail trèsintéressant, destiné à montrer quelle part de lumière pouvait apporter en pareilles circonstances l'instrument de M. Marey ; et de ses observations il a cru pouvoir conclure que la Digitale élève la tension artérielle. C\'tait aussi sur cet instrument que nous avions compté pour juger la question en litige, et, nous devons le dire, nos tracés diffèrent d'une manière notable de ceux de M. Bordier. Ils donnent un résultat opposé, c'est-à-dire qu'ils montrent en général une ligne d'ascension beaucoup plus grande.

Pour nous, cette augmentation dans la hauteur de la ligne d'ascension lient surtout à ce que les pulseitions sont plus rares et représentent cà peu près ce qu'on obtiendrait s'il se produisait une intermittence sur deux pulsations. Ce n'est peut-être pas la cause unique de cette plus grande hauteur, mais c'est très-certainement une de ses causes principales. C'est, en tous cas, une question qui a besoin d'être étudiée de nouveau.

Action sur la température. Schwilgiié avait déjà remarqué que la Digitale abaissait la température d'une manière générale, mais ce sont surtout les recherches de Traube, Bouley et Reynal, Vunderlich, Oulmont, etc., qui ont donné quelque précision à cet égard.

A haute dose, la digitaline amène une élévation momentanée de la température, suivie bientôt d'un abaissement plus ou moins considérable qui survient au moment oii la circulation s'altère. A faible dose, la digitaline et la Digitale, données pendant plusieurs jours consécutifs, amènent un abaissement plus ou moins considérable de la température, qui commence au bout de trente à quarante-huit heures, et précède quelquefois la diminution des pulsations. Quelquefois, alors qu'on a ceèsé l'emploi de la Digitale, la température reste basse pendant quelque temps.

Action sur les reins. La Digitale amène la diurèse, mais l'amènet-elle d'une manière directe?

Une chose fort remarquable et à laquelle on n'a pas fait assez attention, c'est que tous les sédatifs de la circulation sont diurétiques, et réciproquement que tous les diurétiques sont sédatifs de la circulation, à commencer par le froid, jusqu'au nitrate de portasse, à la Digitale, à le scille, aux pointes d'asperges, à l'éther, etc. D'oii vient cette communauté de propriétés, cette liaison intime entre l'une et l'autre de ces actions ? car il y a là plus qu'une coïncidence; on ne peut y méconnaître

un rapport qui tient à ce que, entre le plus ou le moins d'activité de la sécrétion urinairc et de la circulation du sang, il existe une relation physiologique dont on n'a pas recherché la loi.

Un fait tout d'ahord doit frapper, fait opposé au précédent, c'est que toutes les causes qui stimulent la circulation, la calorification, les fonctions végétatives et l'action de la peau, diminuent la sécrétion de l'urine. Ainsi agissent les fièvres essentielles générales et les médicaments sudoriflques, échauflants, pyrétogénétiques. D'un autre côté, nous voyons tout ce qui agit dans un sens opposé, tout ce qui enraye les fonctions végétatives, ce qui diminue la chaleur organique et l'action cutanée, allaiblir l'action du cœur, etc., déterminer une diurèse copieuse. Dans ce cas sont la syncope, la peur, la période de frisson des fièvres, l'état qu'on désigne sous le nom de vapem^s, l'asthme nerveux, l'hypochondrie, les médicaments antispasmodiques, le froid, etc...., toutes circonstances qui diminuent la fonction de calorification, l'action du cœur, et qui en même temps font rendre des urines copieuses et limpides.

On peut donc mesurer la puissance sédative et antivitale d'un agent thérapeutique par sa puissance diurétique, et réciproquement. Mais estce l'action diurétique qui produit l'action sédative, ou bien la première est-elle due à celle-ci ? Nous pensons que c'est parce que la Digitale est un agent directement antivital et sédatif qu'elle produit la diurèse, au même titre que nous pensons qu'un bain frais ou le sentiment de la peur n'augmentent subitement la sécrétion et l'émission des urines que parce qu'ils ont primitivement causé une sédation profonde. Il semblerait que lorsque les fonctions végétatives et plastiques se ralentissent, comme dans les circonstances citées, lorsque l'action exhalante de la peau est diminuée, que le sang n'a pas une circulation périphérique bien énergique, toute la sérosité qui n'est pas employée par ces fonctions trouve à s'échapper à travers l'émonctoire uropoiétique ; et ce qui vient à l'appui de cette idée, c'est que dans ces diurèses dues à la sursédation de l'organisme, les urines sont limpides, peu denses, d'une pesanteur spécifique peu considérable, très-peu chargées de matière colorante. Il est à remarquer aussi que toutes les causes physiques ou morales qui enchaînent les manifestations d'activité vitale et jettent l'économie dans la sédution, comme les syncopes, la peur et certains agents de la Matière médicale, etc., augmentent considérablement l'absorption ; et comme cette absorption s'exerce d'abord sur les liquides les moins aniraalisés et les plus ténus, tels que la sérosité, on trouve encore dans cette circonstance une nouvelle condition de diurèse et une manière de concevoir l'action utile des médicaments analogues à la digitale dans le traitement deshydropisies ou des épanchements séreux.

Action sur le système nerveux. A petite dose, l'action de la Digitale sur le système nerveux est peu prononcée, mais à haute dose on observe les mêmes effets de sédation que donne le tartre stibié et que l'on trouvera détaillée à cette occasion. Ajoutons que les pupilles se dilatent.

SÉDATIFS ET CONTRO-STIiMULANTS.

Action sur les organes gmitauT, La Digitale a une action anaphrodisiaque évidente, pourtant elle excite la contractilité utérine, au point qu'elle a pu être utilisée dans certains cas pour arrêter des raétrorrhagies.

Action sur la peau. Au dire de Jaeger Schmils, la Digitale donnée à l'intérieur peut amener des petites plaques érythémateuses, mais à haute dose elle produit en même temps que le refroidissement des sueurs visqueuses.

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