‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 197 sur 335 · COLCHIQUE · texte numérisé non relu

COLCHIQUE

MATIÈRE aiÉlJlCALE.

Le Colchique d'automne, Colchicum cutumnale (vulgairement appelé Tuechien, Salran bâtard), est une plante de la famille des Colchicacées hexandrie trigynie de Linné. Elle croit dans les prés humides.

Les bulbes et les graines sont seules usitées.

Les caractères génériques du Colchique d'automne sont: une spathe; calice coloré, longuement tubulé, trois capsules réunies ren. ées.

Les caractères spéci/iques : feuilles planes, lancéolées, droites.

Le bulbe de Colchique se présente dans (e commerce sous la forme d'un corps ovoïde, de la grosseur d'un marron, convexe d'un côté et présentant la cicatrice occasionnée par la tige; creusé longitudinalement de l'autre, d'un gris Jaunâtre à l'extérieur, et marqué de sillons uniformes causés par la dessiccation ; blanc et farineux à l'intérieur. Son odeur est nulle à l'état sec, sa saveur est âcre et irritante.

Storck pensait que les propriétés médicinales du bulbe de Colchique étaient en grande partie annihilées par la dessiccation et la vétusté j aussi l'employait-il à l'état frais.

Les graines ou semences sont sphériques, d'un brun noirâtre, rugueuses, grosses environ comme la tète d'une épingle, d'une saveur d'abord amère, puis très-àcre. Elles sont difficiles à pulvériser à cause de l'endosperme corné, élastique, dont elles sont formées à l'intérieur. L'époque de la récolte des Colchiques est au mois d'août, c'est lorsque le bulbe est en pleine vigueur.

Analyse. MM. Pelletier et Caventou ont trouvé dans les bulbes: matière grasse, acide volatil, gallate de vératrine, gomme, amidon, inulin ', ligneux.

Dans 11 s graines, MM. Geiger et Hesse ont découvert un alcali végétal, la colchicine, qui, d'après eux, se distingue de la vératrine par des caractères assez tranchés.

Teinture de semences de Colchique {Tinclura de seminibus Colchici).

Semence de Colchique pulvérisée 100 gr.

.\lcool à 60 degrés 1,000

Faites macérer pendant dix jours, pas-' sez avec expression et fiUrez.

Cette préparation est plus constante dans sa composition que la teinture préparée avec les bulbes secs.

Teinture de bulbes de Colchique {Tinctura de bulbis Colchici).

Bulbes de Colchique.

100 gr.

Opérez comme pour celle de semences.

L'eau médicinale d'Husson, remède célèbre contre la goutte, est faite avec 1 partie de bulbes fraîches et 2 parties d'alcool à 36 degrés.

Vin de bulbes de Colchiqun.

Pr. : Bulbes secs 1 pf rt.

Vin de Malaga. ... 16 —

Faites macérer pendant douze jour?, passez avec expression et filtrez.

On prépare do môme un vin de semences de Colchique, dont les effets sont, dit-on, plus doux et plus sûrs que ceux du vin de bulbes.

Le plus grand nombre des jirétendus spécifiques contre la goutte ont pour base le Colch que, bulbes ou semences; le vin de Colchique est un médicament très-infidèle en raison des proportions très-variables d'alcool que renferment les vins blancs qui servent fi le préparer; il en résulte souvent des accidents très-graves.

Formule de la liqueur de Laville^

Vins généreux d'Espagne. . . HOOsrjOO

Alcool rectifié 100 ,00

Eau 85 ,00

Principe actif de la Coloquinte. 2 ,50

Quinine et cinchonine 5 ,00

Matière colorante 3 ,00

Sels calcaires sans importance. 4 ,50

Vinaigre de Colchique de Slorck.

Pr. : Bulbes récents 1 part.

Vinaigre fort 12 —

Gi

SÉDATIFS ET CONTRO-STIMULANTS

Le vin du Codex se prépare avec le Colchique sec.

11 paraît démontré aujourd'hui que le Colchique blanc ou hermotiacies Colchicum illyricum était le seul employé autrefois contre la goutte.

Faites cuire en consistance de sirop.

Onguent Colchique.

Pr. : Vinaigre de Colchique. ] pnrt.

Miel 2 —

HISTORIQUE

Loué avec une exagération que rien ne pouvait justifier, rejeté de la thérapeutique avec une sévérité peu méritée, le Colchique d'automne , après de nombreuses et rapides vicissitudes, est aujourd'hui tombé au rang des médicaments qui évidemment ne sont pas sans utilité^ mais dont le médecin pourrait négliger l'emploi sans avoir beaucoup à le regretter. Il est môme remarquable que les auteurs sont loin d'être d'accord non-seuleinent, sur les propriétés thérapeutiques du Colchique, mais encore sur son action physiologique.

Toutefois comme le Colchique doit très-probablement à la vératrine ses principales propriétés thérapeutiques et que cet alcali végétal se distingue surtout, ainsi que nous le verrons tout à l'heure, par ses vertus sédative et contre-stimulante, il nous a paru logique de ne pas séparer ces deux médicaments, et de les ranger l'un à côté de l'autre dans la classe des contro-stiraulants.

Nous remarquons d'abord que le Colchique, suivant la saison, le pays où il a été recueilli, renferme des principes essentiellement différents; qu'ainsi, un principe sucré et amylacé à une certaine époque est remplacé plus tard par un poison énergique, la vératrine; cela sert à expliquer la divergence d'opinions des auteurs, qui administraient à des animaux des bulbes de Colchique; les uns ont signalé leur action vénéneuse, les autres ont contesté qu'elles continssent autre chose qu'un principe irritant qui n'était pas à beaucoup près aussi dangereux qu'on se plaisait à le dire.

Lorsqu'on a pris une dose un peu élevée de Colchique, il y a, suivant la plupart des expérimentateurs, de la chaleur d'estomac, des nausées, et même une sorte de strangulation, phénomène qui s'observe toutes les fois qu'on a pris un médicament qui contient de la vératrine ; la fréquence du pouls diminue, la peau devient chaude, sèche; les urines deviennent copieuses ; il y a des coliques et de la diarrhée. Si la dose est très-élevée, il survient un véritable empoisonnement, lipothymies, tremblements, roideurs tétaniques, convulsions, vomissements, superpurgations, etc .. (Mérat et de Lens, Dict. de T/iér., t. Il, p. 338.)

Suivant d'autres médecins, des doses même élevées de Colchique ne donnent lieu qu'à quelques vertiges, à des vomissements, à de la diarrhée, et à une plus abondante évacuation d'urine.

.\CTI0N PHYSIOLOGIQUE DU COLCniQUE.

COLCHIQUE. lOH

Que si maintenant nous' résumons ce qui a été dit sur l'action physiologique du Colchique, nous dirons que, d'un accord presque unanime, ce médicament produit, à des doses modérées, de légers vertiges, de la diarrhée, quelques nausées et une plus grande abondance d'urines.

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