ACTION THÉRAPEUTIQUE DE LA DOUCE-AMÈRE
Linné et Carrère la donnaient avec avantage dans le rhumatisme chronique; CuUen, qui reconnaît son efficacité, admet pourtant qu'elle ne
réussit que dans le plus petit nombre de cas. Starke, Bergius et Carrère, que nous venons de citer, affirment que, par son emploi, on calme les douleurs violentes de la goutte. Dehaen l'a vue réussir dans l'asthme, et calmer l'oppression qui accompagne certaines affections pulmonaires. Dans <3 journal de Hufeland, on trouve quatre observations sur son heureuse application dans la coqueluche ; Werlhoff, Boerhave, la rega.rdent comme très-utile dans la phthisie pulmonaire. Il est probable que cette plante, comme les autres solanées, soulage certains accidents nerveux et spasmodiques qui surviennent dans le cours de la fonte tuberculeuse des poumons ; mais il est plus probable encore que Boerhaavc a guéri parce moyen des catarrhes chroniques et non des phthisies, comme il le prétend.
Mais un très-grand nombre d'observateurs ont été d'accord sur ce point que la Douce- Amère était particulièrement utile dans le traitement des maladies que l'on attribuait avec juste raison à un vice particulier des humeurs. Les témoignages de Garrère, de Bertrand, de la Gresie, de Starke, de Poupart, de Swediaur, permettent d'ajouter foi aux propriétés de la Douce-Amère dans le traitement des dartres, des scrofules, des véroles constitutionnelles, et de toutes ces affections qui assiègent les malades lorsque des affections cutanées se sont supprimées et que l'économie semble en souffrir profondément. De nos jours, Chrichton a publié un travail fort important sur l'efficacité de ce médicament dans le traitement de la lèpre, et M. Gardner le conseille surtout dans les maladies de la peau accompagnées d'une vive irritation, telles quels prurigo, le psoriasis, le lichen. M. Bretonneau, de Tours, dont le témoignage est si grave en thérapeutique, regarde la Douce-Amère comme un des agents les plus utiles dans le traitement de toutes les affections chroniques dont nous venons de parler, et il la considère comme le dépuratif le moins infidèle. Résumons-nous : la Douce-Amère, en tant que substance vireuse, est de beaucoup inférieure aux autres solanées, et surtout à la straraoine, à la belladone et à la jusquiame; mais c'est surtout comme dépurative qu'elle devra être employée, et à ce titre elle se recommande au choix des praticiens.
Les tiges seules de cette plante sont employées en médecine, bien que toutes les parties de la plante jouissent de propriétés à peu près identiques.
On donne la Douce-Amère en infusion, en décoction, en poudre, en extrait.
En infusion et en décoction, depuis 2 grammes jusqu'à 123 grammes pour 1 kilogramme d'eau.
En poudre et en extrait, depuis 50 centigrammes jusqu'à 8 grammes.
Mais il est important, dans l'administration du médicament, d'observer les préceptes que donne M. Bretonneau : commencer par la dose la plus faible et augmenter graduellement jusqu'à ce que le médicament produise un léger trouble de la vue, des vertiges, des nausées ; rester à