‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 50 sur 335 · ACIDE CYANHYDRIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE CYANHYDRIQUE

rons MM. Poupeau, Houbert, Cazenavc, Devergie, etc. Ce niédicamens possède une action sudorifique et diurétique des plus marquées; et, à ce double titre, il mérite d'être classé parmi nos meilleurs dépuratifs.

M. Devergie a constaté les bons effets de l'hydrocotyle asiatica dans le traitement des eczémas chroniques rebelles, il en a guéri plusieurs ; il emploie de préférence l'extrait hydro-alcoolique, qu'il prescrit à la dose de 25 milligrammes par pilule, et il en fait prendre de 1 à 6 par jour. La plante est aussi donnée en infusion à la dose de 8 grammes par litre d'eau; on en prend trois verres par jour.

M. Gazenave, médecin de l'hôpital Saint-Louis, a amélioré un cat d'éléphanliasis des Arabes, et il a obtenu des guérisons dans les cas d'éruptions papuleuses (lichen et prurigo).

Nous devons ajouter que ce même médicament a donné de bons résultats dans le rliuraatisme chronique, et dans les ulcbres chroniques dépendant de la diathèse scrofuleuse.

La vellarine, trouvée par M. Lépine dans l'hydrocotyle, parait être le principe actif de cette plante; c'est une huile épaisse, jaune pâle, d'une saveur amère, piquante, d'une odeur forte, se volatilisant à 100 degrés, qui s'altère par l'action de la chaleur ; d'où l'indication de faire à froid les préparations d'hydrocolyle.

CYANOGÈNE.

Le Cyanogène est un corps gazeux, composé d'un volume de vapeur de carbone et d'un volume d'azote condensés en un seul volume. Ce corps entre dans la composition des substances connues jadis sous les dénominations d'acide prussique et de pj-ussiaies, et dans les amandes et les feuilles d'un grand nombre de plantes de la famille naturelle des rosacées. Nous étudierons d'abord l'Acide Cyanhydrique, puis nous passerons à l'étude des végétaux qui contiennent du Cyanogène.

ACIDE GYANÏIYDRIQUE.

MATIÈKE MÉDICALE.

U Acide Cyanhydrique {Acidwm Cyanhydricum), acide -prussique, acide hydrocyanique, découvert par Scheele et Gay Lussac, est un liquide incolore, d'une odeur très-prononcée d'amandes amères, d'une saveur légèrement âcre. Sa densité est de 0,70b. Il entre en ébuUition à 26 degrés centigrades. Il est peu soluble dans l'eau.

Les expériences intéressantes de Millon nous ont fait voir l'Acide Cyanhydrique

doué d'une propriété de contact fort remarquable. Ainsi, par sa seule présence, en quantité même extrêmement petite, il empêche l'oxygénation de certains composés.

Or la respiration consistant essentiellement dans une série de combustions, les iatrochimistcs se sont demandé si les effets foudroyants de l'acide prussique ne seraient pas dus à l'anéantissement instantané des phénomènes chimiques qui

s'accomplissent dans l'économie sous l'inlluence de l'oxygène.

Cet acide, suivant le mode de préparation, suivant quelques autres circonstances qu'il est souvent difTicile d'apprécier, se décompose avec une extrême rapidité, et quelquefois même en quelques heures.

Cette décomposition se fait trés-rapidement, surtout sous l'influence de la lumière, et même spontanément lorsque l'acide est renfermé dans un vase clos et complètement ;i l'abri des rayons solaires. Mélangé à l'eau, il se décompose plus promptement encore, mais la décomposition est encore plus rapide lorsque l'Acide Cyanhydrique est administré dans des tisanes, des loochs, des sirops, ou autres préparations pharmaceutiques.

L'odeur d'amanJes amères peut être assez forte, et cependant l'acide être presque entièrement décomposé : cette altération se constate de la manière la plus simple par le changement de couleur de l'acide, qui prend une teinte bleuâtre.

Mode de préparation :

Pr.: Cyanure de mercure . . 100 gram. Chlorhydrate d'ammoniaque 'la —

Acide chlorhydrique à 1,17 90 —

Réduisez chacun des deux sels en poudre fine, et faites-en un mélange intime que vous introduirez dans une petite cornue de verre tubulée. Adaptez au col de cette cornue un tube de 50 centimètres de longueur sur 13 millimètres de diamètre. Remplissez le premier tiers de ce tube avec des fragments de marbre bien blanc, et les deux autres tiers avec des fragments de chlorure de calcium desséché et fondu. A ce premier tube, disposé horizontalement sur un support, ajoutez-en un deuxième d'un plus petit diamètre, courbé à angle droit, et plongeant par sa branche verticale dans un petit matras à long col destiné à servir de récipient. Ce matras doit être entouré d'un mélange de sel marin et de glace pilée.

L'appareil étant ainsi disposé et les bouchons herméliquement joints, versez par la tubulure de la cornue l'acide chlorhydrique, et bouchez parfaitement.

Chauffez ensuite graduellement et avec ])récaution pour que la réaction soit lente et successive. L'Acide Cyanhydrique

ne tarde pas à se dégager en abondance et îi se condenser dans le tube horizontal. On promène à distance un char bon ardent dans toute la longueur do ce tube, afin d'en chasser cet acide et de le forcer à se rendre dans le récipient.

Lorsque, le liquide de la cornue étant toujours en ébullition, on ne verra plus la moindre trace de vapeur se condenser à la partie postérieure du tube horizontal, on arrêtera l'opération.

Pour éviter l'absorption, qui ne manque pas de se produire, si l'extrémité du tube abducteur plongeait dans le liquide distillé, on a soin que l'extrémité de ce tube arrive aussi bas que possible dans le col du récipient, sans pénétrer dans sa partie renflée, qui doit avoir une capacité d'au moins 50 centimètres cubes.

Le poids de l'Acide Cyanhydrique recueilli dans le matras est de 20s'',5 environ, ce qui représente 95 centièmes de la quantité théorique. (Codex.)

On prend alors un flacon de verre noir bouché à l'émeri de 200 centimètres cubes environ; on en fait la tare exactement, et l'on y verse l'acide avec précaution, en ayant soin de boucher immédiatement le flacon pour ne pas respirer la vapeur d'Acide Cyanhydricpie pendant la pesée. On connaît ainsi le poids de l'Acide Cyanhydrique obtenu; on y ajoute un poids d'eau neuf fois plus considérable, et l'on agite parfaitement. C'est ce mélange qui constitue l'Acide Cyanhydrique au dixième, ou l'acide prussique médicinal. L'Acide Cyanhydrique est excessivement délétère. Il est très-volatil et très-altérable. On doit le conserver dans des flacons bouchés à l'émeri, et le placer à l'abri de la lumière. Comme, malgré ces précautions, il s'altère assez promptement, il est indispensable d'en vérifier le titre de temps en temps, et de le renouveler dès qu'il n'a plus le degré de force exigé.

Sirop d'Acide Cyanhydrique {Syrupus cum Acido Cyanhydrico).

Pr. : Acide Cyanhydrique médicinal au dixième . . 1 gram.

Sirop de sucre incolore. 199 —

Mêlez très-exactement. Ce sirop ne doit pas être préparé d'avance.

20 grammes (une cuillerée à bouche) contiennent 10 centigrammes d'Acide Cyanhydrique médicinal, ou 1 centigramme d'acide anhydre.

ACTION PHYSIOLOGIQUE DE l'aCIDE CYANHYDRIQUE.

L'action de l'Acide Cyanhydrique pur est tellement énergique, qu'il suffit d'en respirer la vapeur pour éprouver des accidents nerveux fort graves, tels que vertiges, oppression, céphalalgie, etc., etc. Administré

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à l'intérieur et à l'état de pureté, il produit des effets presque aussi rapides que ceux de la foudre. Deux chevaux dans la bouche desquels nous avons placé un morceau de coton imbibé de 6 gouttes d'acide prussique pur, sont tombés comme morts après dix secondes, et pendant une heure ils ont présenté les phénomènes nerveux les plus graves, tels que convulsions, spasmes, vertiges, paralysie, stupeur, etc., etc. Il suffit d'en déposer une goutte sur la langue, sur la conjonctive ou sous la peau d'un chien pour qu'il tombe au bout de quelques secondes, et qu'il périsse peu de minutes après. Nous avons donné un jour à un homme atteint d'hydrophobie 36 gouttes d'acide hydrocyanique de Scheele d'un seul coup. Dix secondes après il parut mort; cependant, il revint graduellement à lui, et, deux heures après, nous lui en redonnâmes 6 gouttes ; cette fois, le liquide ne toucha pas plutôt la langue que le malade sembla être frappe de la foudre, et il resta plusieurs minutes avant de recouvrer ses sens.

Nous avons observé chez l'homme trois empoisonnements par l'acide prussique. Il n'y a point de convulsions. Une stupeur profonde et une extinction immédiate et presque complète des phénomènes delà vie animale ont été observées dès l'abord : le pouls était insensible aux artères radiales et temporales, sensible aux carotides, et c'était avec peine qu'on le sentait au pli delà cuisse. La respiration était très-rapide et sans aucun effort, et, de temps en temps, il survenait de grands soupirs. Les pupilles étaient largement dilatées. L'haleine exhalait une odeur évidente d'amandes amères.

Coullon a fait sur lui-même, et avec un courage bien digne d'éloges, des expériences avec l'acide hydrocyanique. 11 se servait de l'acide de Scheele, et il en prit successivement 20, 30, 40, 50, 60, 80 et jusqu'à 86 gouttes étendues d'eau. Après avoir pris les dernières, il éprouva quelques petites nausées et une excrétion de salive plus abondante, produite peut-être par la nausée elle-même. Son pouls s'éleva en dix minutes de cinquante-sept à soixante-dix-sept pulsations, et revint au bout d'une heure à son état primitif. Il sentit, pendant quelques minutes, une pesanteur de tête et une légère céphalalgie; enfin, pendant plus de six heures, il éprouva de l'anxiété précordiale.

Nous en avons administré plusieurs fois à nos malades ; et les seuls phénomènes que nous ayons observés ont été de la céphalalgie, de l'abattement, et quelquefois un état incommode d'éréthisme nerveux. Il nous a été impossible de rien constater relativement à l'influence que l'acide prussique exerce soit sur la circulation, soit sur les sécrétions ; il est vrai que nous l'administrions toujours à des doses faibles, 10 ou 12 gouttes d'acide de Scheele dms les vingt-quatre heures.

Dans le travail fort intéressant de M. Becquerel sur l'Acide Cyanhydrique {Mémoire sur les effets physiologiques et thérapeutiques de l'Acide Cyan/iydrique, Paris, 1840), les effets physiologiques de cette substance ont été notés avec grand soin, et, en défmitivc, tant que le médicament

est administré à doses convenables, ces effets sont de peu d'importance, et se réduisent aux suivants : sensation de chaleur dans la région de l'estomac et des intestins, quelquefois un peu de diarrhée ; palpitations de cœur, aucun changement appréciable dans le pouls; élévation delà température de la peau, lorsque la dose est un peu trop élevée ; quelquefois un peu de dyspnée, vertiges, étourdissements, céphalalgie légère, fatigue, tendance au sommeil.

Les accidents produits par l'Acide Cyanbydrique sont tellement prompts, que l'on arrive rarement à temps pour les prévenir, et on doit savoir que lorsque cet agent toxique ne tue pas immédiatement, peu à peu l'économie s'en débarrasse et le calme se rétablit. Les expériences sur les animaux domestiques nous ont prouvé que souvent un animal qui avait semblé devoir périr au bout de quelques secondes, était complètement rétabli deux heures après. Le carbonate d'ammoniaque passe pour l'antidote de l'acide prussique; et M. Dupuy, d'Alfort, a surtout contribué à accréditer cette singulière idée. Or nous avons été témoins de l'expérience de M. Dupuy, qui fut faite, conjointement avec nous, sous les yeux de M. Lassaigne et de M. Bigot, tous deux professeurs à l'école vétérinaire d'Alfort, et en présence de plus de trente élèves de cette école. Un cheval fut amené dans la cour des opérations ; nous lui plaçâmes dans la bouche une éponge imbibée de 36 gouttes d'acide prussique de Scheele, qui tv»us avait été donné par M. Lassaigne, professeur de chimie. Le cheval tomba au bout de quelques secondes ; il resta à terre, pendant dix minutes, agité de mouvements convulsifs, puis il se releva seul, se mit le nez en terre, et tourna en rond toujours du même côté, pendant près d'une demi-heure. 11 paraissait aveugle, mais il frémissait et s'agitait violemment lorsqu'on le battait. Enfin, quarante minutes après le début de l'expérience, il s'arrêta d'un air hébété, avec les attitudes d'un animal ivre. On le reconduisit alors à son écurie, qui était à une grande distance, et, une heure après y être revenu, il se mit à manger l'avoine, ne témoignant pas la moindre souffrance.

Le lendemain, à la même heure, nous recommençâmes la même expérience sur le même cheval, qui était parfaitement bien portant; on plaça sous le tissu cellulaire du flanc une éponge imbibée comme la veille de 36 gouttes du même acide. L'animal éprouva les mêmes accidents, se releva également au bout de dix minutes, recommença à tourner en pivotant sur son nez, comme il avait fait la veille; et, lorsque les accidents étaient sur le point de cesser, et que très -évidemment ils allaient cesser comme le jour précédent, M. Dupuy, malgré nos instances réitérées, injecta dans la veine jugulaire de l'animal 4 grammes de sous-carbonate d'ammoniaque dissous dans de l'eau distillée. Nous devons à la vérité de dire que le cheval fut jeté à terre par cette injection, plus rapidement encore qu'il ne l'avait été jjar l'Acide Cyanbydrique; qu'il se releva pourtant à grand'peine trois quarts d'heure après, et qu'il resta malade une heure de plus que la veille. Or, lelendemain^ M. Dupuy entretint l'Aca-

ACIDE CYANHYDRIQUE. m

démie de médecine de l'heureux effet des sels ammoniacaux dans l'empoisonnement pnr l'acide prassique; et c'est une telle expérienca qui a accrédité cet antidote!

Ajoutons qu'il est certain aujourd'hui qu'on peut faire revivre rapidement un animal empoisonné par l'Acide Cyanhydrique, même lorsqu'il est arrivé à la troisième période des symptômes, au moyen des inhalations de chlore et des aspersions d'eau froide que l'on fait tout le long de l'échiné, surtout au niveau des vertèbres cervicales. Enfin, Smith a proposé un antidote qui agit bien, mais qu'il faudrait préparer au moment du besoin, ce qui toujours serait perdre un temps très-précieux. On obtient ce contre-poison en précipitant un mélange de sulfate de protoxyde et de sulfate de sesquioxyde de fer, par le carbonate de soude; c'est le magma formé de carbonate ferroso-ferrique qu'on administre.

Malgré les dangers extrêmes attachés à l'administration de ce médicament, beaucoup de praticiens ont cherché, dans ce nouveau moyen, une voie de guérison pour la plupart des affections rebelles contre lesquelles l'art a été jusqu'ici impuissant. Ces tentatives n'auraient rien que de louable et de légitime; mais nous ne pouvons également approuver les essais qui ont été faits pour substituer l'acide prussique à d'autres substances dont l'efficacité, dans certaines maladies, n'était contestée par personne.

Maladies des centres nerveux. L'Acide Cyanhydrique a été conseillé dans le tétanos par Bégin, dans l'épilepsie par Ferrus; mais aucun fait n'est cité à l'appui. Nous l'avons nous-mêmes essayé à l'Hôtel-Dieu dans un cas d'hydrophobie, et, si nous avons pu calmer les spasmes convulsifs, il est certain, d'autre part, qu'il ne nous a pas été possible de retarder la mort.

AifectionA de îa peais. Dans les affections de la peau, l'acide prussique a été employé uni à d'autres médicaments. Thompson le conseillait mêlé à deux parties d'alcool et à vingt parties d'eau pour calmer la douleur de l'impétigo. Schneider cite cinq observations qui semblent constater l'efficacité de cet acide dans certaines maladies cutanées. Une femme de cinquante ans, et une autre de quatre-vingt-quatre, qui portaient aux parties génitales externes une dartre ancienne trèsdouloureuse, accompagnée de prurit, furent guéris en quinze jours par des lotions composées ainsi qu'il suit : Acide lîydrocyanique médicinal, 2 grammes; alcool, 150 grammes. On ajoute de l'eau distillée de roses, si ce mélange est trop irritant. Il rapporte encore trois autres cas de guérison obtenue par le môme moyen.

maladies des cunductears nerveux. Nous l'avons appliqué topique-

ment dans les névralgies superficielles de la face, avec beaucoup moins d'avantage que le cyanure de potassium, que les solanées vireuses et que les préparations d'opium.

maladies de l'appareil de la circulation et de la respiration.

Bréra, Macleod, Ileincken, ont dit que l'acide prussique calmait les palpitations du cœur; il est possible que ce résultat s'obtienne quelquefois, mais M. Bally et nous, de notre côté, nous avons fait des expériences qui n'ont pas confirmé celles des médecins que nous venons de citer.

C'est surtout dans les maladies de poitrine, tant aiguës que chroniques, que l'on a préconisé l'Acide Cyanhydrique avec un engouement que rien ne saurait justifier. Borda et Bréra le regardèrent comme un puissant sédatif de la circulation, et, à ce titre, comme très-utile dans les maladies inflammatoires de la plèvre et des poumons, et, à ce sujet, Manzoni cite l'histoire de quelques péripneumonies guéries par l'usage simultané de la saignée et de l'acide prussique, comme s'il était possible de rien conclure de pareils faits.

On conçoit mieux son utilité dans la coqueluche, et les faits rapportés par Fontanelle, Granville, Heincken et Heyward ne permettent pas de nier que les accès spasmodiques de la toux convulsive ne puissent être modifiés par l'Acide Cyanhydrique; mais ce médicament, conseillé aussi dans l'asthme nerveux par Granville, est beaucoup plus infidèle que les préparations de belladone, de stramoine et d'opium.

maladies de l'appareil digestif. Elliotson a cité quarante cas de dyspepsie, avec ou sans vomissements, guérie par l'acide prussique ; mais qu'a voulu dire Elliotson par dyspepsie avec ou sans vomissements ? C'est ce que nous ne pouvons savoir, et ce n'est point ici une question de mots, attendu que le mot dippepne a été détourné de son sens ancien et ne représente plus aujourd'hui ce qu'il représentait jadis. On a encore conseillé l'Acide Prussique comme anthelminthique.

Cancer. Il suffisait que ce médicament fût dangereux pour qu'on l'essayât dans le traitement du cancer; il suffisait qu'il eût été essayé pour qu'on voulût citer quelques cas de guérison. Bréra prétend avoir guéri, par l'usage interne et externe de l'Acide Cyanhydrique, une femme atteinte en même temps d'une maladie syphilitique et d'un cancer de l'utérus ; mais Bréra ne nous dit pas à quels signes il distingue un engorgement syphilitique d'un engorgement carcinomateux du col de la matrice. Berndt dit avoir guéri un squirrhe de l'estomac par des lavements d'Acide Prussique, auxquels plus tard il joignit de la belladone ; mais encore ici les signes diagnostiques manquent de précision. Que maintenant Frick de Nyborg vante ce médicament dans le traitement du cancer comme propre à calmer les douleurs quand on l'applique topique

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