MODE D ADMINISTRATION ET DOSES
Alcool rectifié Eau distillée. ,
1 gramme.
20 grammes.
doit pas dépasser un demi-milligramme au début, puis on arrive à 1 milligramme.
FronmucUer n'a jamais vu survenir d'accidents par suite de l'ingestion de cette substance ; quelquefois seulement les malades ont accusé un peu de mal de tête et des vertiges, bien qu'il ait continué l'emploi du médicament pendant des mois entiers.
La conicine se recommande particulièrement dans la thérapeutique des enfants, par celte circonstance tout à fait précieuse qu'elle n'a point de saveur désagréable. Aussi Fronmueller ne balance-t-il pas à lui prédire avant peu un des premiers rangs parmi les agents de la médication antistrumeuse, et il engage les médecins à multiplier les essais sur cette préparation.
Jl termine en disant que la conicine lui paraît appelée à rendre aussi d'importants services dans le traitement de la coqueluche ; mais il se hâte d'ajouter qu'il l'a encore trop peu employée contre cette affection pour pouvoir se prononcer avec certitude à cet égard.
Nous devons ici une mention spéciale aux travaux remarquables qui, depuis quelques années, ont été publiés par MM. Devay et Guillermond, de Lyon, sur la valeur relative des diverses préparations de Ciguë. Ces habiles expérimentateurs sont arrivés à démontrer, ce qui déjà avait été remarqué avant eux, que les préparations de Ciguë, tirées de la plante sèche et même fraîche, avaient généralement une action très-irrégulière, et souvent même nulle. Ils ont fait voir que, surtout, ce grave inconvénient tenait, d'une part, à ce que le principe actif de la Ciguë est volatil et très-altérable à l'air, et d'autre part qu'il varie de quantité à chaque phase de la végétation. De plus, ils ont reconnu que les séminules ou fruits de la Ciguë renferment, à l'époque de leur entière maturité, la conicine en plus grande proportion, et que ce principe est contenu dans ces séminules sous un état concret tout particulier, qui le rend pour ainsi dire inaltérable, tandis que dans le reste de la plante, ce même principe, souvent assez abondant, se trouve dans un état qui en facilite l'évaporation et la prompte décomposition, môme par le seul effet de la manipulation pharmaceutique. Dès lors, ils ont été tout naturellement amenés à conclure que ces séminules devraient remplacer presque exclusivement, pour l'usage interne, toutes les autres préparations de cette plante. Toutefois cette substitution ne doit être réalisée qu'à la condition de s'assurer préalablement de la proportion de conicine que contiennent ces séminules. A cet effet, ces expérimentateurs indiquent le procédé à l'aide duquel on peut arriver à déterminer cette proportion d'une manière exacte et rigoureuse. Cette détermination obtenue, ils ont adopté deux formules dans lesquelles la dose des séminules varie suivant leur richesse en alcaloïde, et se trouve combinée de manière à maintenir dans leurs préparations une régularité parfaite ; ainsi les pilules n" 1 contiennent une dose de semences en nature qui équivaut à un demi-milligramme de conicine, et les pilules n° 2 à un milligramme.
CIGUË. 2So
Grâce à cette préparation, ces deux auteurs ont la confiance d'avoir doté la thérapeutique d'une arme aussi sûre que puissante, dont ils espèrent qu'on devra tirer un grand parti dans le traitement des dermatoses, de la scrofule, dans les indurations de diverses natures, même dans les tumeurs cancéreuses, et généralement dans les affections nombreuses où nous avons vu que la Ciguë, employée sous les anciennes formules, avait produit de bons résultats.
Il importe d'ailleurs d'ajouter que M. Schroff, de Vienne, sans avoir connaissance des études faites par nos savants compatriotes, s'est livré, de son côté, à des expériences nombreuses dans le but de juger la valeur relative des diverses préparations de Ciguë, et qu'il est arrivé à des conclusions à peu près identiques, surtout relativement à la supériorité des semences de Ciguë. Cette confirmation, venant d'un aussi habile expérimentateur, ne peut qu'engager les médecins cà prescrire à l'intérieur, d'une manière sinon exclusive, au moins plus spéciale, les semences de Ciguë ; et cette préférence, en assurant les résultats thérapeutiques, aura sans doute pour heureuse conséquence de faire accorder désormais à ce médicament une valeur plus grande que celle qui lui est attribuée aujourd'hui parmi nous.
La CiGUE viREUSE {Cicuta virosa), confondûe à tort par Wepfer et par beaucoup d'autres aveclaCiguë aquatique {Cicuta aquatica, Phellandrium aqiiaticum], est une plante vivace, de la famille des ombellifères, quihabite le bord des ruisseaux, dans le nord et l'est de la France. On ne la trouve pas dans le Péloponèse et dans la Grèce, ce qui prouve, comme nous l'avons dit plus haut, que cette Ciguë n'était pas celle qui fit périr Socrate.
La Ciguë vireuse est un poison plus énergique que la grande Ciguë, les expériences de Wepfer en font foi {Cicutœ aquaticœ historia et noxœ}. Celui-ci fit avaler à beaucoup d'animaux de la racine de Ciguë contus" ou coupée en petits morceaux, et il en résulta des phénomènes cérébraux divers, tels que de l'assoupissement ou de l'agitation, des tremblements, des convulsions ; en même temps, soif, éructations, salivation abondante, vomissements, diarrhée, suppression d'urine, etc. L'activité de la Ciguë vireuse a fait bannir, peut-être à tort, cette plante de la matière médicale.
La plante fraîche a des propriétés vénéneuses fort peu actives, qui se perdent entièrement par la dessiccation.
Phellandrium aquaticl'm. Les fruits de Phellandrium aquaticum sont seuls usités en médecine. On les donne sans aucune préparation, ou bien pulvérisés, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, et même 4 grammes et davantage.
C'est dans le catarrhe aigu et chronique, dans la coqueluche, dans la puthisie pulmonaire que ces fruits ont été conseillés. Il est juste de dire que s'ils n'enrayent pas la fonte des tubercules, au moins calment-ils la toux et rendent-ils l'expectoration plus facile et moins abondante. Quant à ses avantages dans le traitement des tumeurs diverses, de la carie des
os, de la fièvre intermittente, ils sont indiqués par un si petit nombre d'observations et reposent sur des faits si peu concluants, que nous n'en parlerons pas.
La PETITE Gigue n'est pas employée en médecine. Son action toxique, beaucoup moins énergique que celle de la grande Ciguë et de la Ciguë vireuse, est d'ailleurs analogue à celle de ces plantes; elle a été souvent constatée par les auteurs. Vicat, Haller, Orfila, en ont démontré les propriétés mallaisantes.
PisciDi.v ERYTHUiNA. Syn. Jcimuica Dogwood (Angl.) Le docteur W. Hamilton, de Plymouth, a signalé cette plante comme jouissant d'un pouvoir narcotique très-grand, capable de produire le sommeil et de calmer la douleur. Aux Indes orientales, les indigènes emploient cette plante pour attraper le poisson, comme on fait chez nous avec la coque du Levant, et en Italie avec le pain de pourceau {Cyclamen Europœum). C'est la teinture de piscidia que le docteur Hamilton emploie : elle est préparée avec une partie d'écorce de cette plante et quatre parties d'alcool; la dose est de 1 à 4 grammes,
Delphine ou Delphinine. La delphine est un principe immédiat qui a été découvert en 1819 par Brandes, dans les graines de la staphysaigre {Delphiniumsfaphysagria), delà famille des renoue ulacées. MM. Lassaigne et Feneulle en ont étudié les propriétés ; M. Couerbe en a étudié les réactions et fait connaître un procédé de préparation, M. Orfila en a décrit les propriétés physiologiques, et le docteur TurnbuU l'a appliquée à la thérapeutique.
La delphine est une poudre blanche cristalline qui se combine aux acides pour former des sels difficilement cristallisables ; ces sels solubles ont une saveur acre et amère.
C'est surtout contre le tic douloureux et les névralgies de la face que la delphine a été employée ; on la donne en pilules à la dose de 15 à 20 centigrammes par jour, ou en frictions sous forme de pommade.
Rhododendron chrysanthum. Depuis longtemps, on prépare en Piémont, avec le rhododendron ferrugineux, ou lauriei'-rose des Alpes, une huile connue sous le nom à' huile de marmotte, qui est employée contre les douleurs articulaires.
Les rhododendrons cultivés dans nos jardins, où ils sont désignés sous le nom de rasages, sont des narcotico-àcres très-puissants.
Le rhododendron chrysanthum est originaire de Sibérie; il croît dans les lieux élevés et montagneux ; ce sont les feuilles que l'on emploie, à la dose de 8 à 10 grammes pour 300 grammes d'eau en infusion. Kopp a préconisé les bains de rhododendron contre la goutte.
Hydrocotyle asiatioa. Cette plante, qui appartient à la famille des ombellifères, est employée aux Indes orientales contre un grand nombre d'affections de la peau, et plus spécialement contre la lèpre vulgaire ; c'est à MM. Boileau et Lépine que nous devons de la connaître, elle a été expérimentée par plusieurs médecins, parmi lesquels nous signale-