ETHER CHLORHYDRIQUE CHLORE
(ETHER CHLORHYDRICUS CHLORATUS). GWCL^.
Ce composé est incolore, très-fluide, ayant une odeur aromatique cthérée analogue à celle du chloroforme, ou mieux encore îi celle de la liqueur des Hollandais, une saveur sucrée et poivrée à la l'ois ; il est complètement sans action sur le papier de tournesol bien sec, mais il l'ait sensiblement virer au rouge quand il est humide ; il est peu soluble dans l'eau, se dissout parfaitement dans l'alcool, dans l'éther sulfurique et la plupart des huiles fixes et volatiles ; il n'est pas directement inflammable,ce qui ledistmgue de la liqueur des Hollandais et des éthers officinaux, et ce qui le rapproche au contraire du chloroforme ; il présente une densité variable et un point d'ébullition également variable, oscillant entre 10 et 130 degrés centigrades : ce qui indique évidemment que ce corps n'est pas constitué par une substance unique, mais bien par la réunion de plusieurs éthers, de densité et de tension élastique différentes. Comme ces divers Éthers chlorhydriques chlorés jouissent tous des mêmes propriétés anesthésiques, et que d'ailleurs il serait impossible de songer à les séparer exactement les uns des autres, M. Mialhe
a proposé de désigner le liquide qu'ils constituentsous le nom générique d'Èlher chlorhydrique chloré.
Telles sont les principales propriétés de ce nouveau liquide anesthésique, qui, d'après les résultats obtenus par M. le docteur Aran, paraît être appelé à jouer un rôle important parmi les sédatifs locaux.
L'Ether chlorhydrique chloré s'emploie à la dose de 15 à 30 gouttes versées sur la partie douloureuse, ou sur un linge humide que l'on applique immédiatement sur elle, et que l'on maintient en contact avec un morceau de toile cirée et un tour de bandes. Il calme d'ordinaire très-rapidement la douleur et détermine l'aneslhésie en quelques minutes.
Bien que cet Éther soit moins irritant que le chloroforme, il n'est cependant pas dépourvu de toute action locale. Par un contact prolongé avec une peau fine, il donne au contraire assez souvent lieu à une rougeur érythémateuse non équivoque. Employé en onctions sous la forme de pommade (6 grammes pour 30 grammes d'axonge, il offre rarement ce léger inconvénient.
lODURE DE METHYLE.
Ce corps (C-H^) se présente sous la l'orme d'un liquide incolore, doué d'une odeur agréable, il bout à 43 degrés, sa densité est de 2,199 à 0 degré. Lorsqu'on le conserve! im peu longtemps, il se dé-
compose en mettant de l'iode en liberté.
Il se prépare en distillant un mélange de phosphore amorphe, d'esprit de bois et d'iode. On précipite le liquide distillé par l'eau.
SESQUICHLORURE DE CARBONE.
Sesquichlorure de carbone, trkhlorure de carbone , chloride carbonevx (C*CL^). Le Sesquichlorure de carbone a été découvert par Faraday. Ce corps est le produit final de l'action du chlore sur la liqueur des Hollandais ou sur l'éther chlorhydrique.
Il est formé, en 100 parties, de 10,17 parties de carbone et de 89,83 parties de chlore, ce qui correspond à 2 équivalents de carbone et 3 équivalents de chlore. Sa composition est donc analogue à celle de l'acide oxalique.
Le Sesquichlorure de carbone est sans couleur et presque sans saveur, mais il a une odeur aromatique analogue à celle du
camphre. Sa densité est presque double de celle de l'eau. Il entre en fusion à -f-160 degrés et en ébuUition à -(-180 degrés. A la chaleur rouge, il absorbe l'oxygène et se convertit en gaz chlore et acide carbonique. Il est à peine soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles fixes et volatiles.
D'après les recherches cliniques de M. le docteur Aran, le Sesquichlorure de carbone jouit des mêmes propriétés anesthésiques locales que les liquides éthérés dont il dérive ; seulement son action est beaucoup plus lente à se manifester. La meilleure manière de l'employer est la suivante :
Pommade au Sesquichlorure de carbone (Mialhe).
Sesquichlorure de carbone ... 4 gram.
Ether sulfurique 8 —
Axonge 20 —
On dissout le Sesquichlorure dans l'éther, et on l'ajoute à l'axonge préalablement fondue dans un flacon bouché îi l'émeri. Cette pommade s'emploie en frictions ou simplement en onctions sur les parties malades.
BENZINE ou BENZOLE.
La Benzine ou Bensole, Benzène, Phène [Benzina reclificata) , C'^H^, etc., est un liquide incolore et transparent, d'une saveur sucrée ; son odeur est agréable et étiiérée ; sa densité est de 0,85, celle de sa vapeur est de 3,78 ; elle bout à 86 degrés, à 0 degré elle cristallise ; elle est insoluble dans l'eau et se dissout dans l'acool et dans l'éther.
La Benzine détermine ranesthésie,mais en produisant un bruit dans la tète qui précède et suit l'inhalation. D'après
M. Snovv, elle détermine aussi des tremblements couvulsifs.
Préparation. La Benzine prend naissance dans un grand nombre de cas dan»
la distillation des substances organiques et surtout celle de la houille et des huilea grasses ; Faraday l'a obtenue le premier en comprimant le gaz oléfiant. M. Péligot la prépare en distillant le benzoate de chaux, mais avant lui, M. Mittscherlich l'avait obtenue en chauffant 1 partie d'acido benzoïque et 3 parties d'hydrate de chaux.
BISULFURE DE CARBONE.
Le Bisulfure de carbone, alcool de soufre, liqueur de Lampadius (CS') correspond par sa composition à l'acide carbonique ; c'est un liquide incolore, transparent, volatil, inflammable, plus pesant que l'eau, d'une odeur forte, fétide, alliacée ; sa saveur est acre et brûlante; insoluble dans l'eau, mais soluble dans l'alcool et dans l'éther; c'est le meilleur dissolvant du soufre, du phosphore, de l'iode, et celuici en petite quantité lui donne une belle coloration rouge pourpre.
Ce produit s'obtient en faisant passer de la vapeur de soufre sur du chaibon chauffé au rouge et placé dans un tube en porcelaine ; le produit est reçu dans un réfrigérant; on le purifie par une seconde distillation.
Le iHilfure de carbone, connu en Allemagne sous le nom de carbure de soufre, alcool de soufre, a été employé contre les
rhumatismes, les tumeurs arthritiques, et à l'intérieur comme emménagogue, îi la dose de 1 à 2 gouttes.
D'après M. Simpson, c'est un anesthésique puissant ; il a vu qu'il donnait lieu îi des visions désagréables, et qu'il produisait des marux de tête et des éblouissemcnts.
L'odeur seule du Sulfure de carboiie devrait le faire rejeter malgré la précaution que l'on prend de la masquer avec quelques gouttes d'essence de menthe.
D'ailleurs, les recherches très-intéressantes de M. le docteur Delpech ont démontré que les inhalations de Sulfure de carbone pouvaient devenir la cause d'accidents très-graves résultant de l'action qu'exerce ce Sulfure sur le système nei'veux. Ces accidents sont très-communs chez les ouvriers en caoutchouc.
( Voir, pour la matière médicale, l'article Sédatifs. )