‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 69 sur 335 · ACIDE CARBONIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE CARBONIQUE

los corps enflammés et de rougir en vineux le papiei' de tournesol humide. Ce gaz existe très-abondamment dans la nature ; on sait qu'il entre pour une fraction trèsminime dans la composition de l'air atmosphérique, environ 4/10000, et que s'il dépasse une certaine proportion, il produit des accidents d'asphyxie et la mort. A Vétat de dissolution liquide, il se retrouve dans un grand nombre d'eaux minérales que l'on utilise en médecine depuis un temps immémorial.

Quant au Gaz lui-même, il n'était employé en médecine que dans des cas trèsrares. Ainsi, à une certaine époque, on a proposé de le faire inspirer dans certains cas d'irritation pulmonaire îi l'effet de ralentir.la conversion du sang veineux en sang artériel.

Dans ces dernières années, M. Simpson, d'Edimbourg, a mis le Gaz acide carbonique en grand honneur comme anesthésique, et surtout comme anesthésique local dans la névralgie du vagin et de l'utérus et dans divers états morbides et déplacements des organes pelviens, accompagnés de douleurs et de spasmes. Il l'a trouvé quelquefois utile également dans les irritations des organes voisins.

Ainsi que l'a fait remarquer très-judicieusement M. Simpson, l'application de l'acide carbonique comme anesthésique local n'est pas aussi nouvelle qu'on pourrait le croire; en elTet, en considérant les choses d'un peu près, on trouve qu'un grand nombre de pratiques populaires, rejetées à tort par les savants comme ridicules, peuvent trouver leur justification et leur raison d'être dans les propriétés anesthésiques, non encore soupçonnées, de l'Acide carbonique. C'est ainsi que la fumée d'herbes aromatiques et médicinales, portées dans le vagin ;i l'aide de tubes et d'appareils appropriés, moyen très-employé chez les anciens, n'agissait très-probablement comme sédatif que par le moyen de l'Acide carbonique et de ses propriétés anesthésiques locales.

C'est ainsi encore qu'on peut se rendre compte de l'efTicacité reconnue des eaux de Nauheim, de Marienbad, etc., administrées en injections dans le vagin, par l'action locale et sédative de l'Acide carbonique que ces eaux contiennent en abondance. Comment agit encore le calaplasma cerevisiœ ou cataplasme de levure, qui avait si grande réputation dans le traitement des ulcères irritables et sordides, si ce n'est pas la vertu calmante et antiseptique du Gaz acide carbonique qui est incessamment exhalé par ce topique?

Ajoutons encore, avec M. Simpson, que la connaissance des effets topiques de l'Acide carbonique vient merveilleusement nous servir à expliquer son action calmante et tempérante, consacrée par la pratique la plus ancienne et la plus générale dans les irritations gastriques et in-

testinales. N'est-il pas probable, en effet, que toutes los eaux gazeuses et effarvescentes, si utilisées dans l'irritabilité gastrique, les nausées et les vomissements, tirent leur etricacité, au moins en trèsgrande partie des propriétés anesthésiques du Gaz acide carbonique?

Dans la pratique, M. Simpson fait usage, pour obtenir l'Acide carbonique, d'une bouteille commune dans laquelle il mélange environ 20 grammes d'acide tartrique cristallisé avec une solution de 28 grammes environ de bicarbonate de soude dans 180 à 210 grammes d'eau. Un long tube flexible en caoutchouc conduit le gaz de la bouteille dans le vagin. Le bouchon, au moyen duquel ce tube est fixé dans le goulot de la bouteille, doit être adapté de manière à empêcher la déperdition du gaz ; et pour atteindre ce but, il est préférable que le liège soit traversé par un tube métallique et recouvert en dehors par une couche de caoutchouc.

[Union médicale, novembre 185G.)

En France, les essais de M. Simpson sur l'emploi du Gaz acide carbonique comme anesthésique local, ont été répétés et vérifiés par un certain nombre de chirurgiens. M. Follin a obtenu de ce moyen des résultats très-remarquables chez des femmes en proie aux atroces douleurs qui; détermine le carcinome utérin, et il a proposé un nouveau mode d'application de ce moyen.

Toutefois il faut dire que ce même moyen donnait le plus ordinairement des résultais très-variables, tels qu'un soulagement de très-courte durée et souvent même nul, tandis qu'entre les mains d'autres chirurgiens il procurait aux malades le calme et le repos qu'elles avaient perdu depuis très-longtemps.

M. le docteur Demarquay, de concert avec M. Monod, se livra à ce sujet ?i de frès-nombreuses expérimentations, et il crut avoir trouvé la cause de ces différences dans les résultats. D'après les faits constatés par ce chirurgien, il paraît établi que, lorsque la muqueuse est détruite et qu'une ulcération a envahi le col utérin, les conditions sont les plus favorables pour obtenir une action sédative; quand, au contraire, les parties sont dans un état d'intégrité complet et que la douleur est le seul symptôme appréciable, l'expérience serait le plus souvent négative.

Pour obtenir le dégagement de l'Acide carbonique et l'administration des douches vaginales, M. Demarquay a fait construire par MM. Mondellot un appareil très-ingénieux dont l'usage paraît trèssimple et très-commode, et dont on trouvera la description dans le journal l'Union médicale (7 mars 1857).

M. Fordos a également fait connaître un appareil fort commode pour pratiquer les injections ou douches gazeuses.

iMÉDICAMENTS ANESTHÈSIQUES.

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