‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 8 sur 335 · FÈVE DE SAINT-IGNACE · texte numérisé non relu

FÈVE DE SAINT-IGNACE

Fève de Saint-Ignace, Slryrhnos sanrti Ignalii, Ignatia ainara. Plante de la famille des Apocynées (Logoniacées).

La Fève de Saint-Ignace est la graine de l'Ignalia arnara; ces graines sont grosses comme des olives, arrondies et convexes d'un coté, anguleuses et à trois ou quatre faces de l'autre, offrant îi une extrémité la cicatrice d'un point d'attache. Leur substance intérieure est cornée, demi-transparente, plus ou moins brune et très-dure; elles sont opaques à leur surface et comme recouvertes d'une efflorescence grisâtre qui y adhère ; elles ont une saveur très-amère et sont inodores.

Ces graines sont entassées au nombre de vingt environ dans une enveloppe ligneuse et épaisse, qui constitue une baie uniloculaire du volume d'une grosse poire.

La Fève de Saint-Ignace est formée des mêmes jîrincipes que la noix vomique, mais dans des proportions différentes ; elle contient trois fois autant de strychnine que cette dernière, et beaucoup moins de brucine.

Aussi les propriétés toxiques et thérapeutiques de la Fève de Saint-Ignace sontelles identiques à celles de la noix vomique, à la dose près, et, par conséquent, nous renverrons à ce que nous avons dit plus haut de la noix vomique.

Par cela même que la Fève de Saint- Ignace contient trois fois plus de strychnine que la noix vomique, elle devra se donner à une dose deux ou trois fois moindre que celle-ci. (Voir plus haut.)

Les gouttes amères de Baumé ont pour principe actif la Fève de Saint-Ignace.

Voici la composition de ces gouttes amères :

Gouttes amères de Baumé.

Pr. : Alcoolé d'absinthe. . . 1000 gvam.

Fèves de Saint-Ignace. 500 Carbonate de potasse

liquide 15

Suie pure S

Faites à une très-douce température pendant quinze jours, exprimez et filtrez.

1 à 6 gouttes dans quelques cuillerées d'eau.

Nous avons vu, à l'article Noix vomique, que ces gouttes amères étaient tré>^utilesdans certaines dyspepsiesou gastralgies. On les donne encore avec avantage dans les coliques venteuses spasmodiques.

Toutefois le mode de préparation de ces gouttes est mal conçu; il doit donner un produit très-variable, selon que la concentration a été plus ou moins grande.

RHUS TOXICODENDRON. — RHUS RADIGANS.

Le hhus toxicodendron est une espèce du genre Rhus, de la famille des Térébinthacées, pentandrie trygynie de Linné.

Les deux seules espèces employées en médecine sont le Rhus toxicodendron et le Rhus radicans, qui ne sont, au point de vue thérapeutique, qu'une variété l'un de l'autre, et qui ont des propriétés identiques.

Cararlères gMriques Calices à cinq divisions; corolle pentapétale; cinq étamines; trois styles courts; une drupe spliérique; un noyau osseux.

Caractères spécifiques du Rhus toxicodendron : feuilles ternées, folioles pétiolées, incisées, anguleuses, pubescentes, tige radicante : — du Rtius radicans :

feuilles ternées, folioles pétiolées, ovéos, nues, très-entières, tige radicante.

Ces deux espèces sont dioïques, grimpantes, et sont originaires de l'Amérique septentrionale.

Comme l'emploi médidal du Rhus radicans est beaucoup plus fréquent, nous allons en indiquer les diverses préparations.

Poudre de Rhu^ radicans.

On pulvérise à la manière ordinaire les feuilles séchées du Rlius radicans.

Tisane de Rhus radicans.

Pr. : Feuilles récentes. ... 4 gram.

Eau bouillante 1000

Faites infuser.

RHUS TOXICODENDRON. — RHUS RÂDICÂNS. 23

Extrait de Rhus radicans.

On prépare cet extrait avec le suc non ^dépuré de la plante. Cotte préparation «exige des précautions de la part de l'opérateur, à cause des accidents qui peuvent résulter du contact du suc avec la peau. 11 faut se munir de gants et se couvrir la (figure, pour ne pas être atteint par le suc de cette plante vénéneuse et même par les vapeurs qui s'en dégagent.

On met les feuilles mondées dans un mortier de marbre, on les pile avec un pilon en bois ; on ajoute une petite quaniité d'eau.

On exprime et l'on évapore le suc en

couches minces sur des assiettes, à la chaleur de l'étiivc (Soubeiran.)

Teinture alcoolique de Rlius radicans.

Pr. : Feuilles sèches de Rlius radicans 1 part.

Alcool à 210 Cartier 5

Faites macérer pendant quinze jours, passez avec expression et filtrez.

On prépare ainsi une alcoolature de Rhus radicans avec les feuilles fraîches et l'alcool à 21 degrés Cartier, parties égales.

Cette préparation paraît plus active que les autres.

Le Rhus radicans, que l'on ?cp^ë[\eB.ussi Sumac vénéneux, passe, comme Tindique cette épithète, pour être fort dangereux; le fait est que ses feuilles, ses tiges, le lait qui en découle au moment de la floraison, n'ont, au rapport de Fontana {Traité de la Vipère), aucune action malfaisante lorsqu'on en fait usage à l'intérieur ; et d'ailleurs les expériences plus récentes tentées de nos jours ont mis hors de doute les résultats auxquels était arrivé Fontana.

Ce dernier, auquel la science doit tant et de si curieuses expériences, constata sur lui-même qu'on ne peut toucher longtemps et souvent les i'euilles de cet arbrisseau sans qu'il se produise dans l'économie une modification telle qu'il survient au bout de peu de jours une affection vésiculeuse et comme érysipélateuse à la face, aux mains, et surtout aux parties génitales. Van Mons {Observ. sur les Propriétés du Rhvs radicans, Act. de la Soc. deméd. de Bruxelles, t. I, p. 136) et Bulliard [Plantes vénéneuses) vont plus loin : ils affirment qu'il suffit de rester exposé aux émanations de cette plante, sans y toucher d'ailleurs, pour éprouver des accidents analogues à ceux dont parle Fontana.

Ces émanations, nulles, ou du moins sans effet pendant le jour, sont, au contraire, très-actives pendant la nuit, et les expériences de Van Mons ne laissent aucun doute à cet égard.

Nous avons vu tout à l'heure que les effets fâcheux du Rhus rudicans ne se manifestaient ordinairement que peu de jours après qu'on y avait été exposé ; les expériences que M. Lavini {Journal de Chimie médicale, juin 1823) a tentées sur cet objet confirment ce singulier mode d'inoculation. M. Lavini appliqua deux gouttes de suc de Rhus sur la première phalange de son doigt indicateur ; il ne les laissa que deux minutes, et cependant, au bout d'une heure, elles avaient produit deux taches noires. Vingt-cinq jours après, se manifestèrent subitement les symptômes suivants : grande ardeur dans la bouche et dans le gosier ; enflure rapidement croissante de la joue gauche, de la lèvre supérieure et des paupières. La nuit suivante, tuméfaction des avant-bras, qui avaient acquis le double

de leur volume naturel ; peau coriace, prurit insupportable, chaleur trèsforte, etc.

Cette action curieuse du R/ius 7'adicans sur l'économie a engagé les homœopathes à employer cette substance dans les maladies de la peau ; mais déjà, avant eux, Dufresnoy, de Valenciennes ( Ancien Journal de Médecine, t. LXXX, p. 136), avait publié une brochure dans laquelle il préconisait les propriétés de cette plante employée contre les dartres, et, plus tard, contre les paralysies. Il donnait par jour de 50 centigrammes à 4 grammes d'extrait.

Depuis lors, on a publié de temps en temps des travaux sur cette substance dans les divers recueils périodiques, et beaucoup de médecins recommandables ont confirmé les expériences de Dufresnoy.

Nous-mêmes avons souvent fait usage du Rhus radicans contre la paralysie ; nous dirons tout à l'heure à quels résultats nous sommes arrivés ; mais les essais que nous avons faits contre les maladies de la peau sonl encore si peu nombreux et si peu concluants, que nous nous dispenserons de les mentionner ici.

Quant aux paralysies, les seules que nous ayons vu traiter par M. Bretonneau, de Tours, et que nous ayons traitées nous-mêmes, sonl celles des membres inférieurs qui succédaient à une commotion de la moelle, ou à une lésion de cet organe qui n'en avait pas détruit le tissu. Nous avons, sur ce point, recueilli des faits assez nombreux pour que l'efficacité thérapeutique du R/ms radicans soit pour nous hors de doute.

Les doses auxquelles nous l'administrons sont de 23 centigrammes le premier jour à l'heure du repas, et nous augmentons tous les jours de 25 centigrammes jusqu'à ce que nous soyons arrivés à 4 grammes dans la journée.

Il ne résulte de l'administration de ce remède aucun inconvénient appréciable. Les fonctions digesliv^es ne sont pas troublées et au contraire elles acquièrent plus d'activité. Nul phénomène nerveux ne se manifeste, si ce n'est quelquefois un spasme de la vessie, en vertu duquel les malades éprouvent un besoin fréquent d'uriner et une sorte de ténesme vésical. Cet inconvénient, si c'en est un, cesse sous l'influence de quelques lavements émollients et de quelques bains généraux.

ERGOT DE SEIGLE

h'Erffot de seigle, auquel on donne souvent et très ù tort le nom de Seigle rrgoté, est considéré maintenant par beaucoup de naturalistes comme une es])èce de champignon iScicrulium clavns, Spharelia segetum). C'est de Candolle qui le jjremier a émis cette opinion. M. Dobourge jK-i/se que l'Ergot est un produit animal, ou du

moins le produit d'un animal. Cet animai est un insecte, lequel va déposer une liqueur de sa composition sur un grain de seigle et y produit l'Ergot; d'où il s\iit qu'on peut produire l'Ergot à volonté, en exprimant cette liqueur sur tous les grains de seigle qui ne sont ni trop pi'ès ni trop éloignés de leur maturité.

ERGOT DE SEIGLE

Les expériences de M. Debourge, ainsi que sa théorie sur l'Ergot, nous paraissent très-problématiques.

D'après M. Parola, la genèse de l'Ergot ne serait due ni à un cryptogame, ni !i une maladie du grain: ce serait, d'après cet auteur, une substance amorphe produite par une maladie des graminées, et qui consiste probablement dans une sécrétion accidentelle du pédoncule de répillet. Le même auteur admet que l'Ergot ne renferme qu'un seul principe, cj^ui est de nature résineuse.

D'ailleurs, de Candolle a parfaitement démontré que l'Ergot était une production végétale^ ce que les analyses chimiques n'ont fait que confirmer. L'Ergot de seigle a l'odeur du champignon, et il renferme les principes immédiats des champignons.

Disons cependant quelques mots des travaux récents des botanistes sur l'Ergot de seigle. En 1823, M. Pries composa de l'Ergot du seigle, et d'une autre espèce observée, le t'usputum, un genre de champignons auquel il donna le nom de Spermœdia.

MM. Philippart, Phaf;sus et Kett, ainsi que la plupart des auteurs, ont adopté l'opinion que l'Ergot est une maladie du seigle causée par la présence d'un champignon, sur la nature duquel on est loin d'être d'accord.

L'apparition de l'Ergot est précédée d'un suc mielleux qui constitue, d'après M. Léveillé, un champignon de l'ordre des Gymnomycetes, et qu'il a nommé S/i/iacclia segetum. Il naît au sommet de l'ovaire; de sorte que l'Ergot serait formé de l'ovaire altéré et non fécondé du seigle, surmonté du Sphacetia, qui est la seule partie active; et l'Ergot est inerte lorsqu'il est privé de cette sphacélie. (ilémoires de la Société linnéenne de Paris, t. V, p. 5G5).

M. Fée, le dernier botaniste qui s'est occupé de l'Ergot, admet. plusieurs opinions sur la nature de ce corps singulier; il nomme nosocaria (grain malade) l'ovule anormal et hypertrophié; il nomme sacculus la feuille carpellaire destinée k former le péricarpe, détachée et soulevée par la sphacélie qui se développe, dans la fleur des graminées, entre l'ovule fécondé ou non ; aussi l'auteur dit d'abord qu'avec M. de Candolle, il regarde l'Ergot comme un champignon, et il conclut que c'est une production pathologique, une hypertrophie du périsperme.

M. Guibourt se range à l'opinion généralement admise, que l'Ergot est un champignon qui, après destruction de l'ovaire, s'est greffé sur le pédoncule.

M. Gendrot, pharmacien à Rennes, a recueilli des Ergots qui ont donné naissance, sur un grand nombre de points do leur surface, à des champignons terminés par un corps charnu sphérique et quelquefois didyrae.

L'Ergot de seigle {Secale cornulum) se développe particulièrement dans les an-

nées pluvieuses ; il est en général allongé, ce qui lui donne une certaine ressemblance avec l'Ergot du coq ; il est d'un gris et d'un noir violacé à l'extérieur, d'un blanc nuancé de violet à l'intérieur; il a une odeur vireuse, une saveur légèrement styptique.

UKrgiii du seigle est seul employé en médecine. Il y a une immense différence entre l'Ergot de seigle et le Seigle ergoté. On entend pav Seigti' ergoté du seigle contenant une quantité plus ou moins grande d'Ergot; et par Ergot de seigle, l'Ergot lui-même.

Analyse de l'Ergot de seigle. — D'après M. Wiggers, il contient :

Huile grasse particulière, matière grasse cristallisée, cérine, Ergolirie, osmazôme, mannite; matière gommeuse extractive; albumine, fongino, phosphate acide de potasse, chaux et silice.

Depuis, M. Bonjean a fait un travail étendu sur l'Ergot de seigle. Suivant lui, le principe actif de l'Ergot ne serait pas un alcaloïde, mais il y aurait deux matières, de propriétés bien différentes, l'une qui produit l'action thérapeutique, et l'autre qui rend compte de l'action toxique. La première, qu'il nomme tirgoline, et qu'il ne faut pas confondre avec la poudre que Wiggers a décorée du même nom, est un extrait mou, rouge-brun, très-soluble dans l'eau froide. L'autre est une huile fixe, incolore, très-soluble dans l'éther froid, insoluble dans l'alcool bouil- ' lant.

Il est facile, par conséquent, d'isoler ces deux principes, ce qui est d'un avantage immense pour la pratique.

M. Bonjean affirme que l'Ergot blanc ;i l'intérieur est aussi énergique que celui qui est violacé. Le travail de M. Bonjean a été infirmé sur plusieurs points; les prospectus et les annonces ont achevé de jeter un grand discrédit sur cette préparation.

Poudre d'Ergot de seigle (Pulvis Sclerotii clavi).

On fait sécher l'Ergot de seigle iil'étuve, et on le pulvérise sans résidu.

Comme il est toujours fort difficile deconserver cette poudre avec ses propriétés actives, il est bien préférable de pulvériser l'Ergot de seigle au moment même de l'administration. L'Ergot de seigle étant lui-même fort altérable, il est nécessaire de le conserver dans dos flacons bien secset bouchés exactement. M. Bonis conseille, pour conserver l'Ergot de seigle, de mettre un peu de mercure dans le flacon qui le renferme. L'alcool a été proposé dans le même but.

D'après M. Rams Botham, l'infusion d'Ergot de seigle reposée doit être limpide et avoir une couleur de chair foncée; si l'infusion était lacto-mncilagineuse, ce serait une preuve que l'Ergot qui a servi à faire cette infusion était alléré.

Sirop d'Ergol de seigle.

(Sirop do Calcar).

Pr. : Ergot do seigle pulvérisé. 48 gr.

Vin blanc 350

Sucre 500

Faites macérer l'Ergot de seigle dans

le vin pendant liuit Jours; passez avec expression, filtrez, préparez avec la liqueur et, le sucre un sirop par solution.

32 grammes de ce sirop représentent 2 grammes d'Ergot de SL-igle. L'Ergotine est un produit très-variable dans sa nature ; on doit préférer celle qui a été obtenue sèche dans le vide.

ERGOTISME.

Il a été fait peu d'expériences autres que les expériences thérapeutiques sur l'action de Y Ergot de seigle: mais de nombreux travaux existent sur l'action du Seigle ergoté employé comme aliment, et nous devrons h cet égard entrer dans l'examen d'une question qui a été soulevée par Dezeimeris, et qui offre un véritable intérêt.

Autrefois, des populations entières se nourrissaient de Seigle ergoté. -C'est un fait irréfragable, et nous ne craignons pas de dire que, dans six ou sept départements de la France, les paysans n'ont pfis d'autre nourriture. Dans les étés froids et humides, les épis de seigle contiennent une énorme quantité d'Ergot, et lorsque le blé a été battu, les paysans, avant de le faire moudre, n'enlèvent que les Ergots les plus gros, et le reste va au moulin avec le bon grain. Le pain, pendant toute l'année, est fait alors avec du Seigle ergoté, et c'est l'aliment qui entre pour la plus grande portion dans la nourriture des habitants de la campagne.

Le symptôme le plus commun qui se manifeste chez ceux qui mangent du pain de Seigle ergoté, c'est un enivrement auquel se complaisent ceux qui l'éprouvent. Cet enivrement, tout à fait semblable à celui que procurent les boissons alcooliques, s'accompagne de gaieté, et n'est ^uivi d'aucun de ces symptômes de dégoût et de malaise qui survieVinent après l'ingestion d'une grande quantité de liqueurs fermentées. Les paysans savent très-bien que les phénomènes qu'ils éprouvent sont dus au pain qu'ils mangent habituellement, et, loin de s'en dégoûter, ils s'en font une habitude, comme les fumeurs et les mangeurs d'opium.

L'inébriation dont nous venons de parler ne se manifeste que dans les années où le seigle est fortement ergoté ; mais quand il ne contient que peu d'Ergot, on n'observe aucun accident notable, lors même que pendant longues années cet aliment fait tous les jours la base de la nourriture.

Mais l'Ergntisme se se borne pas à l'enivrement; un peu plus tard survieiment des phénomènes convulsifs, dont nous empruntons les détails à Heusinger, qui a observé une épidémie d'ergotisme dans la haute Hesse on 18o5-56 (traduction de M. Lasègue, sirch. de méd.i 1857).

Les malades éprouvent des fourmillements aux doigts et aux orteils, et de là à tout le corps. Des contractures ne tardent pas à se manifester; les doigts se rétractent vers la paume de la main et ne peuvent être étendus qu'avec un effort violent ; l'avant-bras se retire vers le bras et

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les deux mains se serrent contre la poitrine; les orteils se rétractent également vers la pointe des pieds; le cou-de-pied, les genoux sont fortement infléchis. Les muscles thoraciques et abdominaux, le diaphragme même sont contractés, et le malade respire avec peine; les muscles mêmes du larynx paraissent participer par accès à ce spasme, et il en résulte une sorte d'accès d'asthme thymique; on observe des contractions diverses des muscles de la face. Le système musculaire, indépendant de la volonté, n'est pas soustrait à l'action convulsive ; plusieurs malades se plaignent de coliques, sans qu'on ait eu à constater une seule fois des contractures utérines, que l'utérus fût à l'état de gestation ou de vacuité. Le pouls est petit, ramassé, jamais il n'existe de mouvement fébrile ; la digestion est lente, le ventre paresseux, l'appétit presque toujours bon. rarement exagéré; les urines sont normales, quoique un peu foncées.

Un fait important à signaler et qui n'avait été noté jusqu'ici que superficiellement, c'est l'existence d'une anesthésie manifeste, surtout aux extrémités des doigts et des orteils, mais occupant parfois de plus grandes surfaces et pouvant envahir tout le corps. Cette anesthésie succède toujours aux contractures à un degré plus ou moins avancé. C'est chez les malades ainsi soumis à une anesthésie profonde que des gangrènes partielles, d'ailleurs fort rares et peu étendues, se produisent ordinairement. Les organes des sens sont aussi affectés : aveuglement subit et passager, perte de l'odorat, surdité, perte du goût, revenant par accès plus ou moins prolongés et ayant une seule fois affecté la forme hémiplégique. Les pupilles sont ordinairement dilatées, rarement inégales. Dans l'épidémie de Hesse, la maladie marchait habituellement par crises séparées par des intervalles plus ou moins longs; l'attaque allait croissant d'intensité, et, à son paroxysme, on observait des raideurs tétaniques, des convulsions épileptiformes, de la perte absolue de connaissance, du délire d'une'durée variable.

En général, les épidémies d'Ergotisme ne se bornent pas aux phénomènes convulsifs ; des gangrènes peuvent apparaître et ces dernières sont tantôt superficielles et peu étendues, laissant prédominer les symptômes convulsifs ; tantôt elles prennent une importance telle que le fourmillement, les contractures, l'anesthésie, les troubles des sens et de l'intelligence ne sont pour ainsi dire que les prodromes de la gangrène. Dans l'épidémie de Hesse en 1836, rapportée par Heusinger, il n'y eut que des gangrènes rares et superficielles, bornées à la chute des ongles des doigts. Dans l'épidémie de 1771, observée par Wichmann et décrite par Traube, il n'y eut pas, il est vrai, un seul fait de gangrène , mais dans les épidémies signalées en Bavière par Brunner, en Italie par Ramazzini, à la fin du dix-septième siècle, en Russie par J. Franck, à la fin du dix-huitième, l'Ergotisme franchement convulsif s'est accompagné plus souvent de sphacèle; et enfin dans les épidémies de la Sologne, de l'Orléanais, du Blésois, qui ont depuis été étudiées par Thuillier, Dodart, Noël, Sa-

lerne, etc., la gangrène a été le fait capital, comme dans la maladie du canton de Berne, dont Lange a donné la description, si souvent citée ou reproduite.

On ne tardera pas sans doute à découvrir le mécanisme suivant lequel se fait cette gangrène, mais jusqu'ici le seul observateur qui ait examiné les lésions vasculaires produites par la gangrène est M. Courhaut [Traité de l'Ergot , Chàlon-sur-Saône , \ 827) , et cet observateur n'a pu constater qu'une chose, c'est que le calibre des vaisseaux était de beaucoup diminué par la rétraction des parois.

Ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que dans ces différentes épidémies, on n'a pas observé que les avortements aient été plus fréquents, et que l'on a cru voir que des cataractes pouvaient être attribuées à l'intoxication.

Maintenant, faut-il attribuer au Seigle ergoté les épidémies terribles décrites sous les noms à' Ergotisme, à.' Ergot, de Convulsio cerealis epidem2ca, etc., etc.? Nous ne le croyons pas. Bance [Dictionnaire de médHcine, 2^ édit., p. 522) a parfaitement fait ressortir la ressemblance de ces épidémies diverses avec celle qui a régné à Paris en 1828 et 1829, et qu'il a décrite sous le nom à'acrodynie. Or, de toute évidence, l'acrodynie ne tenait pas à l'usage du Seigle ergoté, car la population de Paris n'emploie jamais de seigle comme aliment.

Fort heureusement, l'Ergotisme exige, pour se produire, que l'on prenne des doses énormes d'Ergot de seigle, et cela d'une manière continue pendant plusieurs mois. A dose médicinale, l'Ergot est loin d'être aussi dangereux que pourrait le faire croire la description précédente. Nous en donnerons pour preuve l'observation du docteur Lalerque [Traité de l'Ergot, par Levrat-Perroton, 2" édition, 18.^3), qui a fait prendre à des femmes 250 à 300 grammes de poudre d'Ergot dans l'espace de vingt jours, et cela sans qu'il soit survenu de phénomènes d'Ergotisme.

11 nous reste maintenant à parler des effets thérapeutiques de l'Ergot de seigle, effets si précieux et récemment découverts.

Si nous remontons seulement jusqu'à Murray, le plus complet de tous les auteurs de matière médicale, nous ne voyons notée aucune des propriétés médicales de l'Ergot de seigle. Ce n'est pas que les traditions populaires n'eussent appris à quelques empiriques les vertus obstétricales de cette substance; mais la médecine n'a conquis que tout récemment un médicament qui désormais prend rang parmi les plus utiles que nous possédions.

De toutes les propriétés de l'Ergot de seigle, la plus importante et la plus inconteslahle est certes celle de solliciter des contractions utérines dans le cas d'inertie de la matrice. Elle était connue de quelques; ma-

ERGOT DE SELGLE.

trônes et de quelques empiriques; mais le docteur Stearns est le premier qui ait éveillé sur ce point l'attention des médecins dans une lettre adressée au docteur Akerly et imprimée dans le Magasin de Médecine de New-York. Peu après, Olivier Prescott écrivit, dans le Médical and Physical Journal (XXXII, p. 90), une monographie fort détaillée sur l'emploi de l'Ergot de seigle dans l'inertie de la matrice, la leucorrhée, les pertes utérines. En France, à la même époque et même longtemps auparavant, Desgranges (de Lyon) instruit par des matrones, constatait, par de nombreuses expériences, les vertus obstétricales de ce médicament. (Nouveau Journal de Médecine, 1. 1, p. 54.) Peu après, Chaussier et M""" Lachapelle publièrent une série d'observations tellement contradictoires avec tout ce qu'on avait avancé des effets avantageux de l'Ergot de seigle dans l'inertie de la matrice, que les meilleurs esprits furent tentés de révoquer en doute les résultats des expériences antérieures. De nouvelles recherches furent entreprises, et MM. Goupil [Journal des Progrès, t. III, p. 168) et Villeneuve {Mémoire historique sur l'emploi du Seigle ergoté) publièrent chacun un mémoire fort étendu oià, de l'analyse scrupuleuse des écrits des divers auteurs et de l'exposition de leurs expériences propres, il résultait conflrmation pleine et entière des travaux des médecins de New-York.

Aussi aujourd'hui, malgré l'entêtement routinier de quelques médecins qui dénient à l'Ergot des propriétés presque aussi évidentes que le sont celles du quinquina, on est convenu généralement de l'utilité de ce médicament employé dans les circonstances suivantes :

Inertie de la matrice dans l'accouchement, délivrance tardive, caillots dans la matrice, héraorrhagies utéi'iues. Quant à quelques autres propriétés, nous les examinerons plus tard.

Inertie de la matrice dans l'accouchement. Dans le résumé des travaux thérapeutiques entrepris sur l'Ergot de seigle, que M. Bayle a publié, il se trouve que, sur 1,176 cas d'accouchement ralentis ou empêchés par l'inertie de la matrice, 1,031 ont été plus ou moins promptement terminés après l'emploi du médicament; dans 111, l'Ergot a échoué; dans 14, le succès a été modéré. (Bayle, Bibliothèque thérapeutique, t. III, p. 534.) Les contractions utérines sollicitées par l'Ergot de seigle se manifestent avec une promptitude extraordinaire ; elles ue surviennent guère avant dix minutes ni après une demi-heure.

Sur 18 cas, Prescott a vu {loco citato) cette action se manifester :

1 fois après 8 minutes.

7 fois après 10 —

3 fois après 11 —

3 fois après 15 —

4 fois après 20 —

La durée d'action du médicament varie d'une demi-heure à une

heure et demie environ. Prescott [loco cilato)^ d'après l'analyse de 59 cas, la fixe en moyenne à une heure à peu près. Cette action va s'affaiblissant au bout d'une demi-heure ; mais elle reprend une intensité considérable si l'on veut donner une nouvelle dose, alors même que toutes les contractions utérines sollicitées par la première dose avaient cessé depuis quelque temps. L'extrême intensité de ces contractions ne saurait se concevoir quand on n'en a pas été témoin. Elles ne présentent plus ces intervalles de repos qui ont lieu dans l'état ordinaire ; mais elles se pressent et se succèdent avec une violence extraordinaire, au point que quelquefois, pendant une heure de suite, l'utérus semble se contracter incessamment.

Prescott, Stearns, Desgranges, Villeneuve, veulent que l'Ergot de seigle ne soit administré que lorsque le travail est tout à fait languissant, lorsque les douleurs se suspendent au moment où la tête a franchi le détroit supérieur. Presque tous sont aussi d'accord sur ce point, que la dilatation du col utérin est une condition sine quâ non de l'emploi du médicament; mais Desgranges [Nouv. Journ. de Méd., 1. 1, p. 54, 1818), Haslam [The medico-chirurgicnl Review, année 1827), et quelques autres, citent des faits desquels il résulte évidemment que l'Ergot a parfaitement réussi dans les cas oîi le col n'était pas dilaté. Dans cette circonstance, nous croyons que l'on doit, une demi-heure ou une heure avant d'administrer l'Ergot de seigle, faire sur le col de l'utérus des frictions avec l'extrait de stramoine ou de belladone.

Délivrance tardive. Quand l'arrière-faix tarde à sortir, et surtout que sa présence détermine des hémorrhagies ; quand, en plaçant sa main sur l'hypogastre, l'accoucheur ne sent pas l'utérus se contracter au-dessus du pubis, l'emploi de l'Ergot est encore indiqué, et rend quelquefois des services que d'autres médicaments n'auraient pu rendre. C'est du moins ce qu'il est permis de conclure des faits recueillis par Bordot, Davies, Balardini, Duchâteau, Morgan (Voyez la Bibliothèque thérapeutique de Bayle), Benton [Arch. gén. de Méd., t. XXIII, p. 577), Maurage [ibid., t. XVIII, p. 557).

Caillots dans la matrice. C'est de la même manière qu'agira l'Ergot de seigle pour favoriser l'expulsion de caillots considérables qui s'accumulent quelquefois après l'accouchement chez les femmes dont l'utérus tarde à se contracter.

C'est ici le lieu d'examiner si l'administration de l'Ergot dans le cas d'inertie de la matrice est toujours exempte de dangers et pour la mère et pour l'enfant. Les adversaires de ce médicament n'ont pas manqué d'invoquer à l'appui de leur opinion quelques cas malheureux qui s'étaient offerts sort dans leur pratique, soit dans celle des partisans de l'Ergot. Mais ici il faut songer, avant tout, que le médicament n'est en général

ERGOT DE SEIGLE

employé que dans les accouchements laborieux, dans ceux où la longue durée du travail a épuisé les forces de la mère et fatigué le fœtus, dans des cas où une conformation vicieuse soit du bassin, soit du produit de la conception, met obstacle à l'accouchement; dans des cas enfin où l'état de maladie de la mère est la cause de l'affaiblissement de la contractihté utérine. Est-il surprenant alors que, dans des circonstances aussi défavorables, on ait eu plus d'accidents à déplorer que dans les cas ordinaires? Il nous paraît donc bien difficile de prononcer d'après les faits qui ont été indiqués. Toutefois, il semble raisonnable de croire que la précipitation du travail, que la pression permanente et violente de l'utérus contre le fœtus, et du fœtus qui réagit contre l'utérus, puisse n'être pas quelquefois sans préjudice pour la mère ou pour l'enfant. C'est au praticien de juger si ces inconvénients sont de nature à contrebalancer ceux qui pourraient résulter de l'expectation ou de certaines manœuvres chirurgicales.

A notre avis, le plus grand danger est dans l'excessive violence des douleurs expultrices auxquelles donne lieu l'ingestion de l'Ergot. Les fem.mes contriiintesà pousser sans cesse font des efforts immenses, et les poumons et le cerveau restent dans un état de congestion qui peut être dangereux.

Aussi croirions-nous contre-indiquée l'administration de l'Ergot dans les convulsions puerpérales, à moins que l'on ne jugeât que de faibles efforts dussent suffire pour l'expulsion du fœtus ; encore, dans ce cas, malgré l'autorité de Waterhouse, de Michell, de Roche, de Brinkle, de Godquin (Yoyez Bayle, Bibl. thér., loc. cit.], conseillerions-nous de préférence l'emploi du forceps.

Pourtant nous n'irons pas plus loin sans donner le résumé d'une note du docteur Blariau {Gaz. médicale, 1839) sur certains accidents dus à l'emploi de cette substance dans les accouchements.

Tout en reconnaissant l'utilité incontestable de l'Ergot de seigle, dont il est lui-même grand' partisan, l'auteur de cette note appelle l'attention sur les effets funestes de cette substance, non sur la mère, mais sur l'enfant. Il pose en fait, d'après sa propre observation, que l'emploi de l'Ergot de seigle chez les femmes en couches fait mourir un enfant sur cinq naissances, et cela par la compression incessante qu'éprouve le cordon ombilical sous les contractions continues de la matrice que le médicament provoque. Ces contractions artificielles ou provoquées n'ont, d'après l'auteur, un résultat aussi fâcheux que parce qu'elles ne sont pas intermittentes comme les contractions naturelles. La permanence des contractions ergotiques fait éprouver au corps de l'enfant une compression continue, qui, jointe à la compression du cordon dans la matrice ellemême, finit souvent par lui devenir funeste.

M. Blariau est allé plus loin : il a fait un relevé à l'état civil de la ville de Gand du nombre des enfants mort-nés depuis l'année 1826 jusqu'à l'année 1835, relevé qu'il a comparé au nombre des enfants mort-nés de l'année 1836, et il a trouvé que depuis un an et demi le nombre des

enfants mort-nés avait augmenté du double dans la ville de Gand, résultat qu'il ne peut attribuer qu'à l'usage fréquent de l'Ergot.

L'observation relative à l'action nuisible de l'Ergot sur l'enfant n'est certainement pas neuve, mais le résultat que M. Blariau signale semblera exagéré à beaucoup de praticiens.

Hémorriiagies utérines. Nous diviserons les hémorrbagies utérines en métrorrhugies puerpérales et métrorrhagies non puerpérales.

Il était naturel de penser que si, après l'accouchement, l'inertie de l'utérus, en laissant béants dans la cavité de la matrice les sinus utérins, était la cause de la métrorrhagie, l'Ergot de seigle, dont l'action était si puissante, resserrerait les fibres de l'organe, rapprocherait les parois des vaisseaux, et favoriserait l'expulsion des caillots qui pouvaient être retenus dans le viscère. Le succès justifia cette prévision, et les faits rapportés par Mandeville, Balardini, Bordot, Goupil, etc., etc. {loc. cit.), démontrent de la manière la plus évidente l'heureuse et rapide intlucnce de l'Ergot dans cette grave complication de l'enfantement . Mais on n'était pas également d'accord sur les propriétés de ce médicament dans le cas de métrorrhagie non puerpérale.

Prescott (I) dit positivement que l'Ergot n'a d'action sur l'utérus que quand les fibres de cet organe sont dilatées ;

Que l'utérus non imprégné [unimpregnated] ne sera point affecté par l'Ergot ;

Que l'Ergot ne doit pas être employé dans une hémorrhagie dépendante d'une action artérielle augmentée, attendu que^, dans ce cas, le volume de l'utérus est près de son minimum.

Bien que ces assertions ne soient appuyées sur aucun fait, la plupart des auteurs qui ont calqué leurs travaux sur ceux de Prescott ont professé les mêmes opinions. Ou bien ils n'ont point parlé de l'emploi de l'Ergot dans les hémorrbagies utérines indépendantes de l'accouchement, ou bien ils n'en ont fait mention que pour le condamner! M. Mandeville (2), à la suite d'une observation de ménorrhagie arrêtée par l'Ergot de seigle, dit : « Pourrait-on attendre quelque avantage de son administration dans les ménorrhagies passives? Je ne le crois pas, car, dans ce dernier cas, la cause de l'hémorrhagie paraît avoir son siège dans le système exhalant; tandis que le seigle ergoté paraît porter son action seulement sur le système musculaire. »

M. Villeneuve (3) dit que « le Seigle ergoté ne paraît avoir d'action

(1) Dissertation on the natural history and médical efTects of Secale cornutum or Ergot, by Oliver Prescott [Médical and physical Journal].

(2) Gazelle mrdicale, 1827, p. 124.

(3) Mémoire historique sur l'emploi du Seigle ergolé pour accélérer ou déterminer l'accouchement oit la délivrance dans le cas d'inertie de la matrice, ^y^av A.-G.-L. Villeneuve, p. 73.

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prononcée sur l'utérus que lorsque cet organe, contenant le produit de la conceplion, est au moment de l'expulser, n

M. Goupil (1) rapporte que plusieurs auteurs, qu'il ne cite pas, ont dit avoir obtenu de bons résultats dans la ménorrhagie, mais qu'ils n'ont point donné de faits détaillés, et que M. Andrieux, après avoir, dans un cas de ce genre, employé tous les moyens usités, voulut essayer le Seigle ergoté, dont il n'a obtenu aucun effet avantageux.

Plusieurs écrivains cependant ont parlé de la propriété antiménorrhagique de l'Ergot. Chapman (2) dit avoir vu deux dysménorrhées dans lesquelles le Seigle ergoté apporta beaucoup de soulagement, puis il ajoute : « On en retire plus d'avantages dans l'hémorrhagie utérine : je ne l'ai jamais employé, mais on ne peut se refuser à croire qu'il soit utile. )y

M. Peronnier (3) énonce la propriété antiménorrhagique de l'Ergot.

On lit même dans un ouvrage latin' du dix-septième siècle (4) que l'on s'est bien trouvé de l'administration de l'Ergot de seigle [Clavus secalinus) dans les ménorrhagies.

Mais jusque-là ce ne sont que de simples indications.

Quelques auteurs récents ont été plus loin : ils ont cité des faits.

Cabini, Pignacca, Bazzoni, médecins italiens, dans des travaux insérés dans le journal d'Omodéi (5), rapportent plusieurs observations de ménorrhagies guéries par l'Ergot de seigle.

Mais outre qu'élles sont excessivement courtes et peu détaillées, ces observations se trouvent accolées à d'autres d'épistaxis, d'ématémèse, de pneumorrhagie, de leucorrhée guéries de même par l'Ergot. Or ce rapprochement était peu fait pour inspirer la confiance.

Il n'en est pas de même des expériences de Sparjani. Cet auteur avait, dans un excellent mémoire inséré dans le journal d'Omodéi (6), rapporté sept cas très-détaillés de ménorrhagies guéries par l'Ergot de seigle.

Nous avons, en 1832, de concert avec M. Maisonneuve, publié, dans le Bulletin de Thérapeutique, le résultat de nos propres expériences, résultat qui, déjà si satisfaisant à cette époque, a été confirmé depuis par des faits plus nombreux.

Nos premières expériences ont été faites sur vingt-deux femmes; et laissant de côté tout ce qui, dans ces faits, n'intéresse que la pathologie, nous étudierons ici ce qui a trait à la thérapeutique. Nous examinerons l'action de l'Ergot de seigle, en passant en revue les phénomènes variés qu'il a déterminés dans les différents organes; puis nous essayerons d'établir quelques propositions générales relatives aux effets toxiques et mé-

(1) Journal des Progrès, 1837, t. III, p. 183.

(2) Chapman, Eléments of Therapeulics, t. I", p. 48-2.

(3) Peronnier, Thèses de Montpellier, pour 1825.

(4) Sylvia Hernicia.

(5) Annali universali di Medicina, 1831.

(6) Idem, 1830

dicamenteux, et au mode d'administration de cet agent thérapeutique.

Au premier rang se trouvent, tant pour leur importance que pour leur existence constante, ceux qui ont pour siège l'utérus. On peut les réduire à deux : la suppression de l'écoulement sanguin et les coliques.

1° Suppression de Vécoulement sanguin. Dans aucun cas, l'hémorrhagie ne s'est montrée rebelle à l'action de l'Ergot de seigle, quel qu'ait été du reste l'état de l'utérus. Nous ne prétendons pas en tirer la conclusion que cette action soit infaillible, nos expériences eussent-elles été dix fois plus nombreuses; mais au moins nous nous croyons en droit de conclure que cette action est évidente, et ne saurait être révoquée en doute.

Si le résultat général a été identique, il n'en a pas été de même des résultats partiels. De nombreuses variations ont eu lieu, tant dans la rapidité que dans la succession et même dans l'existence des effets produits par chacune des doses du médicament; et, comme nous allons le voir, la cause de ces variations est extrêmement difficile à déterminer.

En considérant le mode d'action de l'Ergot dans l'inertie de la matrice, en se rappelant l'opinion de Prescott et de Yilleneuve que nous avons rapportée plus haut, on aurait pu croire que les effets thérapeutiques eussent été d'autant plus sensibles que l'état de l'utérus se serait plus rapproché de ce qu'il est pendant la gestation; qu'après un avortement, par exemple, ou bien chez les femmes qui avaient eu plusieurs enfants, et chez lesquelles par conséquent le tissu de la matrice conserve quelque chose de j)lus musculaire, les héinorrhagies eussent dû céder plus rapidement.

L'expérience n'a pas confirmé cette présomption. En effet, d'un côté, chez sept femmes dont l'utérus n'avait jamais contenu de produit de conception, nous avons vu l'écoulement sanguin s'arrêter au bout d'un quart d'heure, et en six, sept, huit, douze, seize, vingt-quatre heures; d'un autre côté, chez les femmes qui venaient d'avorter, ou qui avaient eu des enfants, la suppression a eu lieu au bout d'un qunrt d'heure, d'une demi-heure, et en quatre, six, huit, seize, dix-huit, vingt, vingtquatre, trente-six heures. Or, la proportion, loin d'être défavorable aux utérus non imprégnés [unimpregnated], selon l'expression pittoresque de Prescott, est plutôt à leur avantage. Mais la différence est trop minime pour qu'on doive en tenir compte autrement que pour en conclure que la rapidité d'action de l'Ergot de seigle est toujours à peu près la môme, soit que les fibres de l'utérus aient été distendues par des grossesses antérieures, anciennes ou récentes, soient qu'elles n'aient jamais éprouvé de distension.

Bien plus, dans cinq cas où l'écoulement sanguin était symptomatique d'un cancer de la matrice, nous avons vu la perte s'arrêter en moins de trente-six heures. Ces faits sont remarquables; nous y reviendrons quand nous discuterons le mode d'action de l'Ergot de seigle sur l'utérus. Mais déjà nous pouvons, en les rapprochant des faits que nous avons analysés plus haut, en tirer cette conclusion, que l'aptitude de l'utérus à recevoir

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l'influence de l'Ergot de seigle ne dépend pas d'une manière très-marquée de l'état des fibres de cet organe.

Le temps depuis lequel existe la maladie ne paraît pas non plus avoir beaucoup d'influence sur la rapidité de la guérison. Dans plusieurs circonstances nous avons vu l'hémorrhagie, durant depuis un mois ou six semaines, céder en six, sept heures, et même en un quart d'heure, tandis que, dans des circonstances semblables, elle ne s'est arrêtée qu'au bout de vingt et trente-six heures. D'un autre côté, l'hémorrhagie durant depuis moins de quinze jours s'est arrêtée tantôt au bout d'un quart d'heure ou d'une demi-heure, tantôt seulement au bout de vingt ou vingt-quatre heures.

Nous pourrions faire les mêmes réflexions relativement à l'âge des malades.

Dans quelques cas. l'hémorrhagie, après avoir été complètement suspendue, s'est reproduite, mais avec des caractères tout différents de ceux qu'elle présentait d'abord. Le plus souvent ce n'était pas un flux sanguin pur, mais bien un flux séro-sanguinolent analogue à l'écoulement lochial, dont il a même quelquefois présenté l'odeur; et d'ailleurs ce n'a jamais été une véritable métrorrhagie, mais seulement un suintement de sang moins abondant que celui qui constitue les règles. Aucun état particulier de l'utérus, aucune circonstance relative, soit à la durée de la maladie, soit tà l'âge ou au tempérament des malades, ne paraît avoir exercé d'influence sur la production de ce léger accident; le plus souvent, il a reconnu pour cause quelque imprudence de la part des malades, quelque erreur dans le mode d'administration du médicament, ou bien quelque circonstance fortuite. Nous avons remarqué encore, sans pouvoir l'expliquer, que, lorsque la récidive a eu lieu, elle s'est manifestée de préférence le matin, et surtout entre quatre et six heures.

Dans presque tous le« cas, dès les premières prises d'Ergot de seigle, on a pu remarquer des modifications sensibles dans la nature ou l'abondance de la perte; plusieurs fois même, 60 centigrammes ont suffit pour la supprimer complètement. Cependant, dans quelques circonstances, nous avons administré 2 à 3 grammes sans produire aucun effet appréciable, les phénomènes ne commençant à paraître qu'à la quatrième, cinquième ou sixième dose, et même une fois la perte a augmenté, malgré l'ingestion de 4 grammes d'Ergot de seigle. Ce fait, quoique exceptionnel, est cependant important, en ce qu'il prouve : l" que l'Ergot ne doit pas être considéré comme impuissant parla seule rfiison que 00, 120 ou 180 centigrammes n'ont produit aucun effet ; 2° que, dans les cas urgents, il ne faut pas compter aveuglément sur les effets d'une certaine dose de ce médicament, mais bien surveiller son action, afin de redoubler promptement les doses, si les premières sont restées inactives.

2" Coliques utérines. La suppression de l'hémorrhagie ne s'est, dans aucune circonstance, présentée comme effet unique, isolé de tout autre phénomène utérin : toujours nous l'avons vue précédée ou accompagnée

de coliques plus ou moins violentes. Ces coliques, constantes dans leur existence, paraissent essentiellement liées à la diminution de l'écoulement sanguin, et peuvent même singulièrement servir à en éclairer le mécanisme. Toutefois, chose remarquable, si d'un côté nous n'avons jamais vu l'hémorrhagie se supprimer, ni même se modifier sans coliques préalables, d'autre part, ce n'est pas toujours après les coliques les plus violentes que se sont déclarées les modifications les plus sensibles dans l'écoulement sanguin. Cependant, en thèse générale, des coliques intenses sont ordinairement les précurseurs d'une diminution ou d'une modification notable des perles utérines. Cette coïncidence pourrait même faire penser que le mode d'action de l'Ergot de seigle serait le même dans la guérison des ménorrhagies et dans celle de l'inertie de la matrice, ou des métrorrhagies qui en sont la suite. Dans l'une comme dans l'autre circonstance, le médicament agirait en déterminant la contraction des fibres de l'utérus. En effet, nous voyons que, dans l'expulsion du produit de la conception, quelle que soit du reste l'époque delà grossesse, les coliques et les contractions utérines ont entre elles une relation telle, que l'existence des unes indique infailliblement l'existence des autres. Dans le langage des accoucheurs, ces deux mots sont même regardés comme synonymes : or pourquoi n'en serait-il pas ainsi dans le cas qui nous occupe ?

Il est vrai qu'au premier coup d'œil il paraît difficile de concevoir l'existence de contractions dans un tissu compacte et serré comme celui d'un utérus vierge, par exemple ; mais nous ferons remarquer : 1° que cet organe, quand il est le siège même d'une simple congestion, se trouve dans un état de dilatation remarquable; 2° que cette dilatation doit être encore j)lus prononcée quand cette congestion est portée au point de produire une hémorrhagie ; 3° enfin que, dans ce cas, à la cause physiologique de la dilatation il se joint souvent une cause mécanique, telle que la rétention et l'accumulation du sang dans la cavité de l'utérus. Or, pour peu que cet organe soit dilaté, il devient facile d'y concevoir des contractions. Leur mécanisme serait le même que celui des contractions qui accompagnent un avortement après trois semaines ou un mois de grossesse. A cette époque, en effet, les changements qu'a subis le tissu de la matrice sont encore fort obscurs, et peuvent très-bien être comparés à ceux que présente cet organe après un mois ou six semaines de congestion active. Quelques faits cependant semblaient se plier difficilement à cette explication; nous voulons parler de la guérison des métrorrhagies carcinomateuses. Dans ces cas, peut-on dire que la cause de la suspension de l'hémorrhagie ait été la contraction des fibres utérines, dont une partie était déjà comprise dans la dégénéralion cancéreuse? Si nous considérons, d'une part, que le col utérin est ordinairement seul envahi par le cancer ; d'autre part, que la plupart des artères qui fournissent le sang h l'utérus traversent les fibres du corps de cet organe avant d'arriver à son col, nous pourions concevoir que la

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contraction des fibres restées saines a pu suspendre l'Iiémorrhagie. De cette manière, ces faits, en apparence exceptionnels, rentreraient dans la loi commune.

Mais les coliques utérines, considérées indépendamment de leur relation avec la suppression des hémorrhagies, présentent par elles-mêmes des particularités intéressantes. D'abord elles sont presque toujours le premier symptôme apparent de l'action de l'Ergot de seigle; puis elles se renouvellent presque constamment après l'administration de chaque dose; enfin, le temps qui sépare leur apparition de l'ingestion du médicament est toujours le même. Nos observations nous les montrent apparaissant toujours après dix minutes ou un quart d'heure ; et en cela fnous sommes parfaitement d'accord avec Prescott, que nous avons cité plus haut. Relativement à leur durée, elles ont offert beaucoup de variations. Ainsi, nous les avons vues, tantôt continues, persister une demi-heure, une heure et même deux heures ; tantôt véritablement intermittentes, ne durer alors chaque fois que quelques minutes.

Maintenant, si nous considérons, d'une part, combien est rapide la production de ces coliques, d'un autre côté, de combien peu de temps esf leur durée, nous aurons pour conclusion que l'Ergot de seigle n'a sur l'utérus qu'une influence forte, mais passagère. Tous les accoucheurs avaient déjà fait cette remarque ; ils avaient constaté qu'après trois ou quatre heures l'action obstréticale de ce médicament se trouvait épuisée. Ce fait avait même été considéré comme un des plus concluants on faveur de l'innocuité de l'Ergot de seigle ; en effet, comment attribuer des effets toxiques graves à un médicament dont l'action est si rapide, et par conséquent si facile à calculer? Nous verrons plus bas, en parlant des phénomènes cérébraux, que cette conclusion n'est pas rigoureuse ; mais ce fait nous fournira d'importantes considérations, relatives au mode d'administration de l'Ergot de seigle dans la ménorrhagie.

Quant a la nature das coliques que nous avons étudiées, elles sont évidemment utérines. Toutes les femmes qui avaient eu des grossesses les ont comparées aux cohques qui précèdent l'accouchement ; celles dont l'utérus était encore vierge les ont assimilées aux coliques qui accompagnent une menstruation laborieuse. Une seule exception s'est présentée, et le cas est d'autant plus remarquable, que tout porte à croire que pendant ces coliques il s'est fait un avortement. Mais, dans cette circonstance même, si les coliques n'ont pas présenté tous les caractères des douleurs utérines, elles ont été bien plus loin encore d'offrir ceux des coliques intestinales. Dans aucun cas nous n'avons observé de diarrhée, de borborygmes, ni d'autres symptômes d'irritation du gros intestin.

Action de l'Ergot de seigle sur les organes autres que l'utérus.

De tous les phénomènes résultant de l'action de l'Ergot de seigle sur les organes autres que l'utérus, les plus remarquables sont ceux fournis

par l'appareil cérébro-spinal : ce sont la dilatation des pupilles, la céphalalgie, les vertiges et l'assoupissement. Le plus ordinairement ils ne se manifestent qu'après les phénomènes utérins, mais ils se prolongent beaucoup plus longtemps, et prennent quelquefois plus d'intensité à chaque nouvelle dose. Ce nouveau fait nous fournira des considérations intéressantes, relatives au mode d'action de l'Ergot de seigle sur l'organisme.

La dilatalion des pupilles. C'est de tous les phénomènes cérébraux le plus constant ; il commence à se manifester douze ou vingt-quatre heures après le commencement de la médication, et se prolonge quelquefois plusieurs jours après sa cessation. Cette dilatation toutefois est beaucoup moindre qu'après l'emploi des solanées vireuses. Dans aucun cas la vision n'a paru altérée.

La céphalalgie et les vertiges, plus irréguliers dans leur existence, varient beaucoup dans leur intensité; les vertiges surtout sont quelquefois portés au point de simuler complètement l'ivresse. On les remarque plus fréquemment quand les coliques sont modérées que lorsqu'elles sont violentes ; toujours ils se prolongent plus longtemps que ces dernières, et se continuent insensiblement avec un autre phénomène, l'assoupissement.

Assoupissement. Le plus souvent nous avons vu ce phénomène se manifester après des coliques violentes, des vertiges intenses, ce qui pourrait faire croire d'abord que la fatigue produite dans ces circonstances a pu entrer pour quelque chose dans sa production. Sans nier complètement cette influence, nous remarquerons que ce phénomène a toujours été signalé comme un des plus constants dans les épidémies d'Ergotisme décrites par les divers auteurs; or, si l'on rédéchit que les hommes chez lesquels il n'y a jamais eu aucune douleur abdominale l'ont éprouvé aussi fréquemment que les femmes, on restera convaincu qu'il est le résultat d'une action spécifique de l'Ergot de seigle sur le cerveau.

L'Ergot de seigle détermine encore quelques phénomènes dont le siège paraîtrait d'abord exister dans quelque organe spécial, tel que l'estomac, l'organe cutané, les muscles des membres, mais qui, lorsqu'on les examine avec soin, semblent devoir être, en dernière analyse, rapportés au cerveau : ce sont les nausées, les vomissements, les démangeaisons, les engourdissements, la fatigue des membres. Ces divers phénomènes nous paraissent tenir à un trouble particulier de l'innervation bien plus qu'à une irritation locale de l'estomac ou de la peau. En effet, dans aucun des cas où nous avons observé des nausées, des vomissements, nous n'avons trouvé de signes d'irritation d'estomac. La langue n'était aucunement rouge ni sèche, l'épigaslre nullement douloureux ; aucun sentiment d'ardeur ou de pesanteur n'existait derrière le sternum, il n'y avait pas de diarrhée ; l'appétit même n'était pas modifié. Ces vomissements ressemblaient parfaitement à ceux que l'on observe dans l'ivresse pro-

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duite par les alcooliques, les médicaments stupéfiants, les plantes de la famille des solanées.

Nous en dirons autant des démangeaisons, des engourdissements des membres ; la peau ne présentait aucune élevure, aucune rougeur, rien qui pût faire croire à l'existence d'une inflammation; il n'y avait pas même de modification de la sécrétion cutanée.

Les autres organes ne paraissent pas avoir éprouvé d'influence appréciable. Dans un cas, nous avons observé une légère augmentation de la sécrétion urinaire; dans plusieurs autres, un ralentissement sensible de la circulation; mais on peut expliquer ces phénomènes sans admettre d'action spéciale de l'Ergot de seigle sur les reins et sur le cœur. En effet, le premier peut bien n'être qu'une coïncidence fortuite, et le second peut dépendre de la suspension de l'hémorrhagie. Tout le mondfr sait que la circulation devient plus rapide dans les bémorrhagies, et, par conséquent, elle se ralentit quand on les arrête.

Dans l'analyse rapide que nous venons de faire des phénomènes produits sur les différents organes sous l'influence de l'Ergot de seigle , il résulte que ce médicament possède deux actions fort remarquables : l'une, rapide et passagère sur l'utérus, l'autre, lente et durable sur l'organe nerveux central. La première, tout à fait spéciale, paraît s'exercer surtout sur les fibres de l'utérus en y déterminant des contractions; l'autre, au contraire, analogue sous beaucoup de rapports à celle des médicaments narcotiques, s'exerce sur le cerveau, en y déterminant une sorte de stupéfaction semblable à l'ivresse.

Maintenant, si nous comparons ces deux séries de phénomènes sous le point de vue de la rapidité de leur production, nous en tirerons une conséquence importante pour le mode d'administration du Seigle ergoté : c'est que, lorsqu'on veut produire une contraction longtemps continuée des fibres de l'utérus, il faut fractionner les doses et les donner à decourts intervalles. De cette manière, on peut soutenir pendant longtemps l'action médicatrice, sans cependant donner des quantités énormes d'Ergot de seigle, et sans délerminer des symptômes cérébraux trop intenses. C'est de cette manière qu'il faut agir dans les ménorrbagies. En efl"et, dans ces cas, le tissu de la matrice, dense et serré, n'est susceptible que de contractions lentes et graduelles; or, si au lieu d'un agent approprié à cette disposition, l'on emploie un moyen énergique, mais dont l'action s'évanouit rapidement, tel qu'une forte dose d'Ergot de seigle, il est évident que l'on manque son but. Nous avons cru remarquer que le mode d'administration le plus convenable était d'abord de donner 4 grammes d'Ergot de seigle en six doses, à prendre de quatre en quatre heures; de cette manière, les doses sont encore assez fortes, et n'agissent pas à des intervalles très-éloignés. On continue le médicament pendant quatre ou cinq jours, en diminuant et en éloignant graduellement les doses. En continuant ainsi la médication, la guérison est plus assurée.

De tout ce qui précède, nous croyons devoir conclure : Que l'Ergot de seigle exerce sur l'utérus une action puissante, m;m passagère ;

Que cette action porte principalement sur les libres de cet organe, et y détermine des contractions ;

Que ces contractions, constamment accompagnées de douleurs, amènent rapidement la suspension des métrorrhagies, quelle qu'en soit la cause ;

Que î'état de l'utérus n'influe en rien sur leur production ;

Qu'on les observe même quand une partie des fibres du col de cet organe se trouve envahie par le cancer ;

Que l'Ergot de seigle agit sur l'organe nerveux central à la manière des stupéfiants;

Que les phénomènes qui en résultent sont lents, mais assez durables ;

Que jamais ils ne présentent aucune gravité quand on se borne à combattre la métrorrhagic ;

Qu'on peut, sans inconvénient, porter la dose de l'Ergot de seigle à plusieurs grammes dans quatre ou cinq jours ;

Que, lorsqu'on veut combattre une métroi'rhagie, il est bon de fractionner les doses et de les donner à des intervalles égaux ;

Enfin, qu'il, ne faut pas craindre de débuter par une dose un peu forte, 4 grammes, par exemple, en vingt-quatre heures.

Congestions utérines. Si l'on voyait l'utérus se contracter peu après l'accouchement sous l'influence de l'Ergot de seigle, il serait raisonnable de penser que, dans l'état de vacuité, la cessation des métrorrhagies •s' opérant parle même mécanisme, il devenait moins singulier d'essayer, avec Sparjani, de combattre par les mômes moyens les congestions utérines qui sont le plus souvent le début des phlegmasies chroniques de la matrice, {'.a praticien essaya, en effet, l'Ergot de seigle dans quatre cas bien évidents de congestion utérine et même de métrile commençante; les trois premières malades qu'il traita, dont l'affection avait résisté aux remèdes ordinairement employés, furent guéries immédiatement; la quatrième ne fut que soulagée par l'Ergot de seigle. {Annali miversali di Medicina da Omoddei, tnnrzo 1830.)

Hémorvhagies diverses. Le succès presque constant de la poudre d'Ergot dans le traitement de la métrorrhagic fit croire à Sparjani que les autres hémorrhagies obéiraient à la même médication. Ce médecin essaya donc ce remède dans l'épistaxis, l'hémoptysie, l'hématémèse, l'hématurie, etc.; Pignacca et Cabini (lo. cit.) répétèrent ces expériences. Les faits d'épislaxis qu'ils ont rapportés sont au nombre de quatre : deux appartiennent à Sparjani, deux à Cabini. De ces quatre faits, deux seul' ment semblent assez probants. Nous avons analysé huit faits d'hémoptysie qu'ils ont également indiqués : cinq ont été recueillis

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par Spiujani, deux par Pignacca, un par Cabini. Il n'y en a qu'un qui nous ait paru véritablement concluant. Enfin un fait d'hématémèse a été cité par Cabini, et un fait d'hématurie par Sparjani, qui l'un et l'autre ne nous ont semblé avoir aucune valeur. Nous dirons maintenant qu'ayant essayé nous-mêmes l'Ergot de seigle pour arrêter les hémorrhagies autres que celles de la matrice, nous n'avons pas obtenu de succès, ou, si nous en avons obtenu, nous n'avons pu l'attribuer au médicament. Il est en effet bien difficile déjuger l'influence d'une médication sur une hémorrhagie, accident essentiellement temporaire et variable.

Leucorrhée. Bazzoni [loc. cit.) rapporte trois observations de leucorrhées rebelles qui ont cédé avec une telle rapidité à l'emploi de l'Er-' got de seigle, qu'il est impossible de ne pas reconnaître l'influence heureuse de ce médicament. Mais la leucorrhée tient à tant de causes diverses, elle est si souvent sous la dépendance d'une excoriation du museau de tanche ou de toute autre phlegmasie soit du col, soiL du vagin, qu'il est impossible de croire qu'on puisse guérir de la même manière et ces lésions externes et les congestions utérines qui sont la cause des flueurs blanches.

Lorsque l'utérus est distendu par un polype ou par une môle, l'action de l'Ergot de seigle peut encore être utile pour en bâter l'expulsion ; plusieurs faits rapportés par Davies, par Macgill, par Hagerstown (Bayle, loc. cit., p. 547), sembleraient donner quelque autorité à cette médication.

Incontinence nocturne d'urine. M. Millet, de Tours, ayant eu à

traiter des jeunes filles anémiques atteintes d'incontinence d'urine chez lesquelles les médicaments ordinaires avaient échoué, a eu l'idée d'associer l'Ergot au fer, et a pbtenu des résultats très-remarquables.

N'oublions pas, en terminant, de dire que, dans ces derniers temps, l'Ergot de seigle, soit seul, soit associé à l'opium, a été plusieurs fois administré avec avantage pour combattre la polydipsie.

Gomment agit l'Ergot de seigle ? est-ce en modifiant le système nerveux, qui lui-même réagit sur certains ordres de muscles? c'est ce qui paraît fort probable. Pénétré de cette idée, Barbier, d'Amiens, crut devoir administrer ce médicament dans les cas oîi les préparations de noix vomique réussissent si bien, c'est-à-dire dans les paraplégies. Il traita donc par l'Ergot deux malades atteints de paraplégie, et il en guérit un; tous les deux éprouvèrent dans les deux jambes et dans les cuisses des secousses analogues à celles que déterminent les strychnos.

MODE d'administration ET DOSES.

On donne l'Ergot en poudre à la dose de 30 à 60 centigrammes, quatre à huit fois par vingt-quatre heures, en infimun, à la dose de 4 grammes

pour 500 grammes d'eau bouillante, à prendre par tasses de deux ou de quatre en quatre heures ; en décoction, à k même dose et de la même manière. Quand on veut employer l'Ergot pour infusions ou pour décoctions, on le fait seulement concasser.

L'Ergot peut être administré sans danger deux, quatre et même quinze jours de suite; et il ne faut pas s'effrayer des précautions puériles que quelques auteurs ont recommandées pour l'emploi de ce remède.

PRINCIPES IMMÉDIATS DE l'eRGOT DE SEIGLE.

Les analyses exactes de l'Ergot de seigle sont très-récentes, aussi les expériences physiologiques faites sur les principes immédiats de cettesubstance sont à peine connues.

M. Sée (Thèse inaugurale sur les propriétés du Seigle ergoté, etc., 15 juillet 1846) a très-bien fixé l'état de la science sur ce point. On a expérimenté d'abord : ,

1° La résine que l'Ergot cède à l'éther, et on l'a trouvée entièrement inerte, même à des doses très-considérables. On a expérimenté ensuite :

2" L'huile d'Ergot. Samuel Wright et Hoolker lui attribuent des propriétés vénéneuses très-marquées; mais M. Bonjean n'a pas reconnu de différence entre elle et le seigle proprement dit, pourvu qu'on ait eu soin de la préparer au moyen de l'éther. M. Legrip (Mémoire lu à l'Académie de Médecine, séance du 4 juillet 1844) va plus loin, et il refuse à cette substance toute propriété toxique.

3° Vergotine de Wiggers a attiré également l'attention des expérimentateurs. Wiggers l'administra à un coq à la dose de 45 centigrammes, qui suffit pour déterminer des accidents mortels ; mais, entre les mains de M. Bonjean, cette substance ne produisit, même à la dose de l^',25, aucun phénomène notable sur les animaux ; et après l'avoir essayée sur luimême, il n'éprouva aucun symptôme, si ce n'est un peu d'àcreté à la gorge. Mais dans ces derniers temps, M. Parola [Annaliuniversidi Medi cina, 1844) a fait des expériences qui démontrent que cette substance pro duit un ralentissement notable du pouls. Un étudiant en pharmacie, qui était affecté d'une hypertrophie du ventricule gauche, prit 10 grains d'ergotine de Wiggers : le pouls, qui était à 67, dur et plein, devint plus mou, et tomba à 61. Après une deuxième dose, il y eut une diminution notable des battements du cœur avec prostration assez marquée. Après la troisième dose, qui cependant ne fut que de 3 grains, les effets furent bien plus remarquables encore; le pouls tomba à 46. Le sujet se trouvait faible comme si on lui eût tiré du sang ; la face devint pâle et abattue, et, pendant plusieurs jours, les pulsations habituelles cessèrent. Nous verrons plus tard l'importance de ce fait, qui a été nié par M. Bonjean ; ses expériences l'amenèrent même à conclure que l'activité du seigle ne résidait dans aucun de ses principes élémentaires, et il fut ainsi amené à essayer l'extrait aqueux que nous avons décrit plus haut»

ERGOT DE SEIGLE

4» Ergotine de Bonjean. Or toutes les expériences qu'il tenta sur les animaux lui démontrèrent que c'était dans cet extrait que résidait la vertu hémostatique du seigle, et ses effets furent tellement constants, qu'il engagea plusieurs praticiens de Chambéry et d'Aix, entre autres MM. Chevallan, Carrât, Barion, Blanc et Revêt, à l'employer chez l'homme. Les résultats ne furent pas moins concluants que les premiers, surtout dans les hémorrhagies utérines, et M. Bonjean les consigna dans un mémoire adressé à M. Gap. La Société de pharmacie chercha de sou côté à en faire vérifier l'exactitude, et MM. Nonat, Guérard et Depaul furent chargés de répéter ces expériences. Ces médecins conclurent que, dans plusieurs cas, les accidents hémorrhagiques avaient été calmés ou suspendus après l'emploi de l'ergotine, mais qu'il devait rester du doute sur son innocuité.

Plus tard, M. Bonjean, confirmant ses premiers essais, l'employa dans diverses espèces d'hémorrhagies, savoir : dans les épistaxis, hémoptysies, hématémèses, hématuries. Il prétendit réussir dans tous ces cas.

Il la donna encore, avec un succès inespéré, dans un cas de spermatorrhée, et à un malade affecté de vomissements opiniâtres qui avaient résisté à toutes les autres médications.

« Enfin, l'ergotine, dit-il, peut être donnée dans tous les cas oii l'Ergot de seigle est jugé convenable, excepté quand on veut agir sur les centres nerveux. »

C'est tout ce qu'on savait de l'ergotine, lorsque M. Arnal (1) vint à l'employer dans les affections chroniques de l'utérus.

Il administra le médicament, pendant des mois entiers, à trente-six femmes, à la dose de 60 centigrammes, et même de 1 gramme tous les jours; c'est-à-dire à une dose qui représentait 8 grammes d'Ergotde seigle, et il guérit ainsi trente-six femmes. Les effets qu'il produisit sur les divers organesfurentvariés. Ala dose de30ou40 centigrammes, quelquesfemmesressentirent des douleurs abdominales ou lombaires, analogues à celles qui précèdent les règles. Ces douleurs, que M. Arnal regardait comme un signe favorable, se développaient brusquement comme des éclairs, puis cessaient tout à coup pour reparaître au bout d'un temps variable, quelquefois avec une telle intensité, qu'on était forcé de joindre à l'Ergot diverses substances calmantes; mais cet effet ne se montra que chez quelques-unes d'entre elles, il n'augmentait nullement avec la dose, se déclarait à des époques très-variables, tantôt à une heure, tantôt à une autre, et cessait même des journées entières, bien qu'il n'y etit aucune interruption dans la médication, et que les malades prissent le remède tous les jours indistinctement à des intervalles très-réguliers.

Du côté des autres organes, du côté du système nerveux, par exemple, jamais il n'y eut de phénomène direct, jamais d'agitation, de spasmes, de mouvements convulsifs, d'insomnie, ni de somnolence.

(1) Arnal, De l'emploi de l'extrait aqueux de Seigle ergoté dans quelques cas d'affec lion clironique de l'utérus, in Gaz. des Itôp., juin 1843.

ii EXCITANTS DU SYSTÈME MUSCULAIRE.

Une seule malade éprouva des fourmillements dans les mains el dans les pieds, et six autres, sur trente-six, ressentirent une douleur profonde et opiniâtre à la partie postérieure de la tète et du cou.

Le pouls fut compté à diverses époques de la journée, soit par M. Arnal, soit par les malades; jamais on ne constata de différences, excepté, chez deux malades, qui présentaient des battements de cœur plus forts qu'avant le traitement ; mais, à ce sujet, M. Arnal dit : « Nous n'oserions assurer que cette différence, si elle n'était pas une illusion, dépendait de l'absorption du médicament ou de quelque influence extérieure ou intérieure. » L'aspect du sang est toujours resté le môme. Les organes digestifs n'ont point non plus éprouvé de dérangement appréciable, l'appétit s'est conservé, les digestions ont continué de se faire comme par le passé, les selles n'ont pas été augmentées, le ventre est resté insensible, et les urines n'ont subi aucune modification.

11 y a plus : chez quelques malades, il existait depuis longtemps des affections variées qui se modifièrent très-heureusement pendant l'usage de l'Ergot de seigle. L'une de ces malades était tourmentée par une gastralgie opiniâtre; une autre était tourmentée par des borborygmes; une troisième par une tympanite très-considérable et douloureuse qui se modifia; enfin une quatrième par une incontinence d'urine idiopathique, suite de grossesse. Toutes ces maladies disparurent ou s'amendèrent sous l'influence de l'ergotine.

Ainsi donc, d'après ce qui précède, l'ergotine serait utile ;

i° Dans les hémorrhagies ;

2° Dans les engorgements du col ;

3° Dans certaines gastralgies et entéralgies ;

■i" Dans certaines incontinences d'urine.

M. Bonjean, de Chambéry, lorsqu'il eut préparé ce qu'il appela Yergotine, crut avoir trouvé un hémostatique d'une puissance extraordinaire, et il publia des expériences qui n'avaient pas toujours été faites avec le soin désirable. Mais M. Sée, reprenant les expériences de M. Bonjcan, el les répétant sur des malades soumis sans cesse à son observation, n'obtint pas des résultats à beaucoup près aussi brillants.

Nous voyons, d'après lui, que l'hémorrhagie a été modifiée immédiatement après la première ou la seconde dose chez la plupart des malades, qu'on ait eu affaire à des hémoplysies, à des métrorrhagies ou à d'autres hémorrhagies. Trois malades atteints d'hémoptysies firent seuls exception à cette règle, car le médicament n'agit qu'après la première potion ; mais dès que cette action se manifesta, l'hémorrhagie, qui avait été assez abondante, fut arrêtée complètement pour ne plus revenir pendant tout le temps qu'on continua le médicament.

Au contraire, quand l'hémorrhagie ne faisait que se modifier (ce que l'on ne pouvait attribuer ni à la constitution des malades ni à leurs maladies), l'écoulement diminuait de moitié ordinairement, et quand il ne s'agissait plus que d'une petite quantité de sang, la modificiition porta

ERGOT DE SEIGLE

plutôt sur les qualités du liquide que sur son abond;ince; il semblait que le médicament perdait son action sur ces hémorrhagies légères que les anciens appelaient stillicidia; car leur cessation complète fut très-tardive, principalement dans les hémoptysies ; il y en eut, en effet, qui ne s'arrêtèrent qu'au bout de trois et même cinq jours et à l'aide de 7 à 8 grammes d'extrait ; et un exemple plus frappant encore sous ce rapport fut une hématurie légère qui persista indéfiniment malgré les doses progressives qu'on lui opposa, tandis que les autres hémorrhagies se tarirent dans un laps de temps de vingt-huit à quarante heures et à l'aide de 2 à 4 grammes. Quand une fois l'hémorrhagie était terminée, que l'on suspendit ou non la médication, il est arrivé dans quelques cas que l'écoulement s'est reproduit au bout d'un à quatre jours. Ce furent principalement les hémoptysies qui récidivèrent ; mais la récidive n'a jamais consisté que dans une très-petite quantité de sang à la fois ; l'on a cru observer qu'elle était moins marquée chez les malades chez lesquels la fluxion sanguine s'est éteinte peu à peu, plus marquée au contraire dans les hémorrhagies qui ne se sont modifiées que tardivement, mais qui ont cessé dès la première modification.

L'influence de l'ergotine sur la circulation est assez évidente; ainsi, chez tous les malades, excepté dans un cas d'hémorrhagie intestinale, le pouls subit, dès les premières doses du médicament (c'est-à-dire après l'emploi d'environ 15 à 40 centigrammes d'ergotine), un ralentissement immédiat qui variait entre 6 et 36 pulsations ; mais qui paraissait bien plus manifeste quand les malades présentaient auparavant beaucoup de fréquence dans la circulation, sans qu'on pût cependant rattacher cette circonstance à aucune cause rationnelle ; ce premier effet ne se modifia guère pendant les doses suivantes, à moins toutefois qu'on ne mît un intervalle de plus de quatre heures entre une dose et l'autre ; dans ces cas-là, le pouls remontait de quelques pulsations, mais sans jamais atteindre le chiffre qu'il présentait avant le commencement de la médication.

Quand on continuait ou que l'on augmentait progressivement, ou mieux encore quand on doublait ou triplait la dose, le ralentissement devenait bien plus manifeste qu'il ne l'était d'abord ; arrivé à un certain degré, il s'arrêtait constamment, et le chilfre 64 fut sa limite extrême, mais cet effet, que l'on pourrait appeler consécutif, était toujours moins marqué quand le changement avait été complet dès le commencement.

Quant à l'influence du médicament sur les fonctions nerveuses, ou sur l'utérus, dans l'état de vacuité, M. Sée ne peut rien constater d'important ; cet auteur résume ainsi ce qu'il a constaté du mode d'action de l'ergotine :

1° Une modification constante et presque immédiate, mais passagère, très-rarement une guérison définitive de l'hémorrhagie ;

2° Une absence complète de toute influence active sur les divers appareils organiques, excepté sur le système circulatoire et nerveux, et encore celui-ci ne s'est-il modifié que d'une manière passagère et accidentelle ;

3* La circulation seule a éprouvé des changements profonds et constants non-seulement dans l'état de santé, mais même dans les cas d'hypertrophie, de sorte que l'expérience conduisit naturellement à prescrire ce médicament comme succédané de la digitale dans les affections du cœur; c'est ce qae fit M. Piedagnel dans quatre cas qui se sont présentés dans son service.

L'ergotine est employée avec avantage en solution dans l'eau; à l'extérieur, comme moyen hémostatique. D'après M. Sédillot, la solution d'ergotine se place à la tête des liquides hémostatiques qui ne coagulent pas le sang; en d'autres termes, ce serait, suivant cet habile chirurgien, un hémostatique dans la véritable acception du mot, et non un hémoplastique, comme le sont les acides, le perchlorure de fer, etc. Les expériences de M. Flourens sembleraient venir à l'appui de cette manière de voir ; s'il est vrai, comme il n'a pas craint de l'affirmer, que l'arrêt du sang dans les vaisseaux divisés a lieu sans oblitération de leur calibre.

L'ergotine n'est pas seulement utile au moment de la blessure pour arrêter l'écoulement du sang, mais elle trouve encore son application dans un grand nombre d'autres circonstances : ainsi quand il existe une disposition à la mortification des parties; ou bien quand les vaisseaux qui donnent lieu à l'hémorrhagie sont plongés au milieu de tissus enflammés et ramollis; et puis encore dans les hémorrhagies qui sont consécutives à la chute des eschares, etc., etc.

La solution employée pour l'usage externe se prépare en faisant dissoudre 10 grammes d'ergotine dans 100 et 200 grammes d'eau. On en imbibe la charpie et les compresses, et on les applique sur la plaie en f^xerçantune compression modérée. Si l'hémorrhagie résulte de la division de quelques vaisseaux importants, il faut avoir soin d'arroser de temps en temps la charpie avec la dissolution d'ergotine pour entretenir un contact immédiat et permanent entre le liquide cicatrisant et les lèvres de la plaie.

Ajoutons enfin que l'usage de la solution d'ergotine a paru encore utile dans les plaies saignantes et gangréneuses, dans les ulcères sordides, notamment dans les ulcères scrofuleux, dans la suppuration fétide des moignons, etc.

Il importe de savoir que les dissolutions d'ergotine s'altèrent avec une grande facilité, et qu'en conséquence il est nécessaire de les renouveler chaque jour. D'ailleurs cette préparation est loin d'être un principe immédiat comme pourrait le faire croire le nom qu'on lui a donné.

MODE d'administration ET DOSES.

L'ergotine peut être donnée en potion, ou sous forme pilulaire, à la dose de 1 à 5 grammes plusieurs jours de suite.

ERGOT DE BLÉ

Depuis les travaux de Desibntaines en 1816, ceux de Décandolle et de M. Tulasne en i853, il est démontré que le froment produit des Ergots comme le seigle. Cette excroissance morbide est particulière aux plantes monocotylédonées glumacées et surtout aux graminées. Plusieurs naturalistes en ont vu dans l'orge, l'avoine, l'ivraie et le maïs. Ghristison prétend en avoir rencontré sur plusieurs cypéracées et même sur des palmiers.

L'Ergot de froment est plus rare que celui du seigle, il se produit comme lui pendant les années pluvieuses et se montre surtout du côté de l'épi où soufflent les vents humides. Cet Ergot conserve la forme du grain qu'il remplace; il est court, mais beaucoup plus gros que celui du seigle; il m^esure de 20 à 25 millimètres, il est fendu très-profondément et souvent même partagé en deux ou trois fragments à sa partie supérieure.

En 1844, M. Fourcher, médecin de la clinique d'accouchement de Clermont-Ferrand, l'a administré à ses malades et lui a trouvé la même action sur l'utérus qu'à l'Ergot de seigle, avec une intensité peut-être plus grande. Plus tard, M. Grand-Clément, également de Clermont-Ferrand, a pris cette étude pour sujet de sa thèse inaugurale, et il a annoncé, d'après M. Gautier-Lacroze, que l'Ergot de blé avait sur l'Ergot de seigle l'avantage de se conserver beaucoup plus longtemps sans s'altérer. Enfin, dans ces derniers temps, deux pharmaciens, M. Gonod, 1860, et M. Ch. Leperdriel (Thèse de Montpellier, 18C2) sont venus faire une nouvelle campagne en faveur de l'Ergot de blé.

Pourtant la rareté ordinaire de l'Ergot de blé ne pourra guère permettre de l'employer en thérapeutique ; il faudra, en outre, pour être bien sûr qu'on se sert d'Ergot de blé, le recevoir en morceaux entiers, car il est impossible de distinguer les deux Ergots une fois qu'ils ont été réduits en poudre.

HISTORIQUE

Magnétisme. Les peuples les plus anciens connurent de bonne heure les propriétés physiques de l'aimant, et il suffisait que dans l'action magnétique il y eut quelque chose de merveilleux et d'inexplicable pour que la médecine et le sacerdoce, unis alors, cherchassent à faire naître et à accréditer des erreurs dont ils savaient habilement profiler. Aussi les

liistoires politiques et sacrées de l'Egypte, de la Perse et de la Judée fontoUes foi des idées superstitieuses que l'on attachait, dans les premiers âges, aux vertus médicales et surnaturelles de l'Aimant. Il paraît cependant que l'Aimant n'était porté qu'en amulette, et il faut arriver aux premiers siècles de l'ère chrétienne pour trouver les traces de l'emploi un peu plus raisonnable de l'Aimant.

C'est à peine si jusqu'en 1763 il fut question de l'Aimant dans les auteurs et dans les journaux scientifiques. Cependant Hollmann, en 1700, avait publié une thèse sur les remèdes antiodontalgiques, au nombre desquels il plaçait l'Aimant ; et quelques faits isolés avaient été racontés dixns le M eixure de France (1726), dans la Gazette salutaire, etc., etc.

En 1763, l'abbé Lenoble, qui s'occupait de physique expérimentale avec talent et succès, imagina des Aimants artificiels et fit des baguettes et des batteries d'acier aimanté qui eurent une grande vogue pendant douze ans, et qui guérirent miraculeusement, dit-on, presque tous les maux de dents. Klarich, médecin du roi d'Angleterre, confirma par l'expérience les résultats annoncés par Lenoble; Weber, Ludwig et d'autres observateurs étendaient encore cette médication à quelques autres maladies nerveuses, mais avec un succès au moins équivoque.

De graves el longues controverses s'élevaient de toutes parts au sujet de l'Aimant. On convenait généralement que l'application des baguettes et des batteries aimantées, ou même de la pierre d'Aimant elle-même, calmait ou guérissait quelquefois les douleurs de dents ; on applaudissait encore à l'heureux parti qu'avaient tiré des propriétés physiques de cette substance l'illustre Morgagni, et avant lui Fabrice de Hilden et Kerkringius, qui s'en étaient servis avec le plus grand succès pour extraire des parcelles de fer enfoncées dans l'épaisseur de la cornée. Mais on reléguait avec raison parmi les absurdités les emplâtres aimantés, que les alchimistes du moyen âge appliquaient sur les diverses parties du corps, soit pour guérir les plaies, soit pour retirer des fragments d'épée, de flèche ou de lance qui étaient restés au fond des blessures; on doutait avec raison des guérisons miraculeuses de la goutte, des cancers, des hernies, etc., etc., dont les partisans du magnétisme grossissaient sans cesse l'importance par le scandale et le zèle de leurs publications.

Tel était h peu près l'état de la science, quand le père Hell, célèbre astronome de Tienne en Autriche, inventa les armures aimantées, c'est-àdire des plaques d'acier qui, en deux ou plusieurs pièces, s'adaptaient à la forme des parties sur lesquelles on les appliquait. Cette idée se propagea avec rapidité, et l'année suivante, Mesmer, en Allemagne, et l'abbé Lenoble, en France, propagèrent la médication par les armures magnétiques, avec un zèle inspiré peut-être moins par une confiance fanatique que par des sentiments qu'un médecin honnête craindrait d'avouer. L'influence de la mode les seconda merveilleusement, et le sort du magnétisme minéral fut plus brillant encore à cette époque que ne le fut celui du magnétisme animal quelques années plus tard. 11 y avait pourtant cette difi'érence entre

MAGNÉTISME. — ELECTRTGITÈ.

Hell, Lenoble et Mesmer, que les deux premiers, avec de véritables connaissances physiques, furent entraînés par l'engouement du public au delà des conclusions légitimes auxquelles l'observation les aurait conduits, tandis que Mesmer, mêlant à d'absurdes idées en physique des rêveries astrologiques dignes du quinzième siècle, employa his plus honteuses jongleries pour faire connaître un moyen qui ne tomba dans le discrédit qu'à cause des exagérations mensongères à l'aide desquelles on voulut le soutenir. Cependant Unzer, d'Altona; Deimann, d'Amsterdam; Hensius, de Sorau; et surtout de Harsu, de Genève, propagèrent les idées de Mesmer en n'y apportant que peu de modifications, et racontèrent un grand nombre de faits qui ne sont pas toujours croyables. Ainsi leurs écrits fourmillent d'histoires de guérisons chez des malades atteints de crampes, de convulsions, de paralysies, de rhumatismes, etc., etc., par l'usage de l'Aimant. Mais en lisant ces observations on reste convaincu que ceux qui les ont faites avaient, d'une part, des connaissances médicales incomplètes, et, d'autre part, trop peu de défiance des malades auxquels ils donnaient des soins. Cependant l'abbé Lenoble, qui croyait peut-être à la vertu des plaques aimantées, soumit, en 1777, un mémoire sur ses travaux physiques et thérapeutiques à la Société royale de médecine de Paris : ce corps savant saisit avec empressement l'occasion d'apprécier à sa juste valeur un remède trop universellement vanté pour ne pas devoir inspirer quelque défiance. Andry et Thouret, dont la probité médicale et le talent d'observation offraient toutes les garanties désirables, furent chargés par la Société de suivre les expériences de Lenoble, et d'en faire eux-mêmes un assez grand nombre. Ces savants estimables rendirent compte de leurs travaux dans un mémoire dont on ne saurait trop louer l'esprit philosophique. Ils purent constater des guérisons non équivoques de névralgies, d'hémicranies, de tics douloureux, de maux de dents, d'ophthalmies intermittentes, de rhumatismes, de gastralgies, de paralysies hystériques. Oe mémoire eut pour effet de ramener à leur juste valeur les prétentions des magnétiseurs, et de préciser les circonstances dans lesquelles l'Aimant pouvait être, sinon le meilleur moyen de guérison, du moins une arme thérapeutique qu'il ne fallait pas négliger lorsque les médications ordinaires avaient échoué.

Depuis lors, Kumpel en Prusse, Thouret, dans V Encyclopédie méthodique, et plusieurs bons observateurs de notre époque, parmi lesquels on doit citer Marcellin, Hallé, Laennec, Alibert, Cayol, Chomel, Récamier, Alexandre Lebreton et plus récemment M. Burq, ont constaté la vérité de la plupart des observations publiées par Andry et par son collaborateur. Pour nous, qui nous sommes quelquefois servis de l'Aimant, nous pouvons affirmer que cet agent thérapeutique exerce sur les parties avec lesquelles il est en contact une influence qu'il est impossible de rapporter seulement à l'imagination des malades. Nous avons vu des douleurs névralgiques modifiées, des accès de dyspnée nerveuse rapidement arrêtés, etc.

8* Éi). — T. u, 4

Électricité. Découverte à peine depuis deux siècles, l'Électricité resta pendant longtemps dans le domaine des physiciens; mais au milieu du siècle dernier, en 1740, Jalabert, médecin de Genève [Expériences sur l'Électricité^ Paris, 1740), l'introduisit dans la thérapeutique médicale. Ses essais furent répétés un peu plus tard par Lindhulf, médecin suédois, et par le célèbre de Haen. Le peu d'avantage qu'on en retira fît négliger ce moyen; mais vers 1778, la Société royale de médecine ayant nommé,^ dans son sein, une commission pour examiner avec soin la question de l'Électricité, il se fit, sur cette matière, une multitude d'expériences, et il se publia une infinité d'écrits, dans lesquels on trouve plus d'enthousiasme ou de prévention qu'il ne devrait y en avoir dans les questions scientifiques.

11 faut toutefois juger avec moins de sévérité les travaux de Mauduyt, qui fut chargé par la Société royale de médecine de la direction du traitement par l'Électricité. Il faut encore mentionner honorablement le mémoire publié en 1782, dans le Journal de Médecine de Vandermonde, par Duboueix de Clisson, en Bretagne (t. LVIII). Mais le plus beau travail qui ait été fait sur la matière est certes celui que Poma et Arnaud de Nancy publièrent, en 1787, dans le même journal (t. LXXII et LXXIII).

Les maladies contre lesquelles Poma et Arnaud ont employé l'Électricité sont les rhumatismes, les paralysies, la surdité, les scrofules, la chlorose, le rachitis, l'ankylose et la goutte sereine. Leurs observations sont nombreuses et très-bien détaillées,' mais malheureusement elles ont été faites à une époque oii manquaient les éléments du diagnostic anatomique, important surtout quand il s'agit de juger de la nature d'une affection nerveuse.

Leurs malades furent aussi soumis à divers traitements en même temps que l'Électricité fut employée ; mais on doit dire que cette dernière médication ne fut employée, en quelque sorte, qu'en désespoir de cause, de manière qu'il ne serait pas logique d'imputer aux moyens employés antérieurement les bons effets observés seulement après qu'on eut commencé l'usage de l'Électricité.

Ces faits précieux, et quelques autres observés par quelques praticiens honnêtes, et entre autres par Hallé (Dictionnai7-e des Sciences médicales, art. Électricité), ne permettent pas de douter que cet agent thérapeutique ne puisse rendre de très-importants services, principalement dans le traitement du rhumatisme et des paralysies.

Vers 1787, époque à laquelle fut publié le travail de Poma et Arnaud, la. valeur pratique de l'Électricité était assez bien connue ; mais on s'éloigna de l'observation : des faits on passa à la théorie, et bientôt furent bâtis des systèmes tellement absurdes que les physiciens en firent avec raison l'objet de leurs railleries, et le juste discrédit jeté sur les explications des médecins rejaillit sur un moyen utile.

Cependant les découvertes de Galvani et de Volta offraient à la médecine une nouvelle source d'Électricité bien précieuse pour la physiologie

et la thérapeutique. Mais, soit qu'on n'en sût pas tirer parti, soit qu'on n'en connût pas les propriétés spéciales, soit enfin que les appareils alors en usage (les piles de Volta et de Cruikshank) fussent insuffisants, ou d'une action irrégulière, ou d'une application difficile et incommode, l'Électricité dynamique ne fut employée que dans certains cas exceptionnels, et ne put sauver l'Électricité médicale, sinon d'un complet abandon, du moins d'une indifférence générale.

Tel était l'état de l'Électricité médicale à l'époque oîi Sarlandière eut l'ingénieuse idée de faire servir l'acupuncture à diriger et à limiter la puissance électrique dans la profondeur des organes. Cette méthode, qui suppléait à la faiblesse des appareils, en augmentant la puissance de l'action physiologique de l'Électricité sans exposer le malade aux effets foudroyants de la bouteille de Leyde, remplaça bientôt les procédés anciens et donna une nouvelle vie à l'Électricité médicale. Magendie contribua puissamment, par l'autorité de son nom et par ses belles recherches, à la vulgariser.

Mais les inconvénients de l'électro-puncture sont tels, ainsi que nous l'établirons à l'article Electro-puncture, que l'usage doit en être de plus en plus restreint et réservé principalement au traitement de certaines affections chirurgicales, par exemple, à la coagulation du sang dans le traitement des anévrysmes.

Grâce aux travaux récents du docteur Duchenne, de Boulogne, l'Élec- . tricité médicale est entrée dans une ère nouvelle. Cet expérimentateur, ayant démontré que chaque espèce d'Électricité possède des propriétés spéciales, a établi qu'on ne peut les appliquer indifi'érerament à l'Élec- Irisation.

Il a posé ensuite les principes qui doivent présider aux choix des appareils d'électrisation, et a imaginé des appareils qui réunissent l'ensemble des conditions nécessaires à leur application à la thérapeutique et qui sont plus au niveau des progrès récents de l'art de l'électrisation.

Ces connaissances électro-physiologiques et l'application de ces appa- ' reils de précision lui ont permis de créer une méthode d'électrisation qui consiste à limiter la puissance électrique dans l'organe malade sans exposer les organes sains aux dangers de l'excitation.

Enfin, cette méthode d'électrisation a trouvé dans ses mains de nombreuses et heureuses applications.

Les travaux du docteur Duchenne, de Boulogne, ont acquis une telle importance, surtout au point de vue thérapeutique, que tout en lui empruntant de nombreux fragments des publications qu'il a faites en 1830 et 1831 dans les Archives générales de Médecine, nous serons obligés de renvoyer, pour la partie purement physique et physiologique de ses tra-; vaux, au bel ouvrage qu'il a publié depuis sous ce titre : De l'Électricité localisée et de son application à la Physiologie, à la Pathologie et à la Thérapeutique, Paris, Baillière, 1855 ; ouvrage qui, depuis, a été entièrement refondu et complété dans une seconde édition (1861).

EXCITANTS DU SYSTÈiME MUSCULAIRE.

Enfin, depuis la septième édition de cet ouvrage, il a paru sur l'emploi de l'Électricité en thérapeutique des travaux importants dont nous mentionnerons les principaux :

1861. Remak, Galvano-thérapie ou de V application du courant galvanique

constant, traduit par Morpain.

Darand (un certain nombre d'articles dans le Courrier médical).

Hiffelsheim, Des applications médicales de la pile de Volta^ précédé d'un exposé critique des différentes méthodes d'clectrisation.

Tripier, Manuel d' Electro-thérapie., exposé des applications médicales et chirurgicales de l'Électricité.

1862. Bougard, Surdité nerveuse. — Guérison parrélectrisation{BT\ixel\es). Duchenne (de Boulogne), Album de photographies pathologiques. Hanca, Manualc teorico-pratico di Elettro-therapia.

Nivelet, De l'électrisation localisée. — Guide pratique du médecin électricien. — Delà goutte sciatique et de son traitement par 1 Electricité.— Etude sur les paralysies et leur traitement par l'Electricité. — Mémoire sur la différence d'action des pôles positif et négatif dans les courants continus et dans les courants d'induction.

Stacqucz, Conférences sur l' Electro-thérapie [Liège). 1864. Bastings, Etude sur la phthisie pulmonaire (Bruxelles).

Scliivarsi, Manuele teoinco-pratico di Elettro-terapia (Milan).

1866. Cinîselli, De V action chimique de l'Electricité sur les tissus vivants

et de son application à la thérapeutique (Milan).

Ducbennc (de Boulogne), Physiologie des mouvements démontrée à l'aide de l'expérimentation électrique et de l'observation chimique et applicable à l'étude des paralysies et des déformations.

Xuradelli, Studj sulla contrattilita elettrica et volontaria (Milan).

1867. Althans, On the electrolytic treatment of tumours and other sur-

gical diseases (Londres).

Carlo, La Pila di Volta (Florence).

Tripier, Des applications de l'Electricité à. la médecine. — Etude sur le galvano-caustique appliqué aux rétrécissements de l'uréthre.

1868. Van Holsbeck. Compendium d' Electricité médicale, 3' édition (Bruxelles et Paris).

Nous ferons connaître successivement les différents appareils magnétiques et électriques qui ont été employés, en les classant d'après leurs propriétés physiques.

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